Nice – Briançon à ski

Destination : Provence Alpes Côte d'Azur » France | Montagne : Alpes | Activité : Ski de Randonnée  | 


Récit de douze jours de traversée en ski de randonnée entre Nice et Briançon, au cœur des montagnes des Alpes du Sud : Mercantour, Ubaye et Queyras. Il existe un monde d'espace, d'eau libre, de bêtes naïves où brille encore la jeunesse du monde et il dépend de nous, et de nous seuls, qu'il survive (Samivel)
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Carnet : Nice - Briançon à ski

Gialorgues, 11 mars, un mardi après-midi.

Le fidèle réchaud à alcool(0) a tourné tout l’après-midi, délivrant imperturbablement toutes les demi-heures à trois-quart d’heures son litre et demi de thé tantôt Earl Grey, tantôt au citron. On ne lui laissera pas de répit et on enchaînera sur les soupes, trois bols chacun ce soir, puis sur les nouilles chinoises rallongées avec de la purée et, suprême délice, avec une petite boîte de thon à l’huile d’olive abandonnée ici par des randonneurs.

Belle étape aujourd’hui, presque alpine ; les crampons en avaient marre d’être trimbalés depuis déjà 4 jours, alors on leur a fait une petite sortie pour passer du vallon de Demandols au Bolofré. Le piolet en a aussi profité, ça permet de faire des révisions : "Eh, Coco, un piolet ça se plante" – "Mais, Nico, on va pas tomber là !". Trois sommets pour le prix d’un, un pique-nique qui se prolonge au soleil, le tout en bonne compagnie : on peut l’aimer la vie…

(0) Si quelqu’un a quelque chose contre les réchauds à alcool (lent, lourd, peu efficace, ringard), on peut s’expliquer : je propose un défi par -10 °C avec un petit vent ; au pire on sera ex-aequo, au mieux j’aurai le plaisir de vous offrir le thé. La dernière fois c’est moi qui ai gagné.

C’est déjà notre quatrième jour de raid, le titre c’est "Nice-Briançon à ski", en tout cas c’est pour ça qu’on a signé. C’est presque un peu pompeux comme nom, ça veut surtout dire qu’on va traverser le Mercantour, l’Ubaye et le Queyras.
Nice on n’y est même pas allé, faut dire qu’il n’y avait pas de neige et comme on a horreur du portage on a préféré se faire déposer au premier point skiable d’où on peut définitivement quitter la civilisation. Définitivement, ça signifie une semaine, c’est déjà pas mal, non ?
Briançon, c’est déjà plus véridique comme arrivée. On aurait pu l’atteindre sans moyens mécaniques, mais avouons que le stop c’est nettement plus rapide et efficace que 10 km en coques le nez dans les gaz d’échappements.

trois × 4 =