Nos randonnées au Landmannalaugar

Destination : Islande » Europe | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 4 jours | Difficulté : 3 | Type d'itinéraire : Etoile | 
Ecosystème : Montagne | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Juillet et Août
La région du Landmannalaugar est une des plus spectaculaires d'Islande pour le trekking. Récit et traces gps de nos randonnées, chamboulés par la météo.
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Rares sont les trekkeurs qui ne reviennent pas subjugués d’un voyage en Islande. Marcher, bivouaquer au cœur de ces paysages superlatifs, sous une météo parfois dantesque, marque durablement les esprits. Il faut dire que cette île située en cœur de l’Atlantique Nord, juste sous le cercle arctique cache des richesses et une diversité qui dépassent l’imagination.

Préparation au Laugavegur

Lors de mon dernier séjour, après 14 jours à explorer la péninsule du Hornstrandir en slow-hike et kayak de mer, nous avions, ma femme et moi, décidé de nous rendre dans les montagnes du Fjallabak. Rien ne diffère en effet plus des étendues vertes et pleine de vie du Hornstrandir que ces hautes terres minérales, volcaniques et glaciales. Après de longues heures de bus 4×4, nous atteignions enfin la vallée la plus connue du Fjallabak, appelée Landmannalaugar. De là, nous avions la ferme intention de parcourir le Laugavegur, mythique sentier rejoignant la côte Sud en un peu moins de cent kilomètres.

Cet itinéraire, dont le nom signifie “la route des sources chaudes” parcourt quelques uns des paysages les plus emblématiques des hautes terres islandaises. Réalisable de la mi-juin à la mi-septembre, il passe en cinq à sept jours des montagnes rhyolitiques du Landmannalaugar, au canyon de Markarfljótsgljúfur, puis à la vallée de Þórsmörk – entourée par des glaciers – pour finir par les gorges de la rivière Skoga et enfin, la célèbre cascade de Skogafoss. Si certains comparent parfois le Laugevegur au GR20 Corse, les difficultés sont de nature bien différentes. Sur l’itinéraire islandais, elles sont moins liées au relief ou à la technicité du parcours qu’aux conditions météorologiques. Bien sûr, il y a quelques passages à gué à prendre très au sérieux et certaines années les névés peuvent imposer d’avoir un équipement spécifique, mais ce trek est globalement accessible à des randonneurs entraînés. Entraînés, nous l’étions raisonnablement, et bien équipé également avec le matériel classique pour affronter des conditions pouvant vite devenir hivernales en plein été : Tente, sac de couchage -10°C confort et matelas adapté, système 3 couches et pantalon imperméable, sans oublier gants, bonnets et … sandales pour les gués. Côté alimentation, un bon réchaud, quelques lyophilisés, une solide provision de fruits secs et quelques en-cas chocolatés en cas de moral défaillant.

Landmannalaugar : randonnée sur la montagne brûlée

Arrivé à Landmannalaugar, un coup d’œil au paysage environnant nous fit tout de suite mesurer ce qu’il y aurait d’incongru à ne pas pleinement explorer la région avant d’entreprendre le Laugavegur. Ici, l’activité volcanique a dessiné des paysages multicolores, le noir des laves rencontre le jaune des souffres, les ocres pâles, rouges et même parfois bleues des ryolhites. La terre bouillonne, souffle, vit, comme nulle part ailleurs. Une fois la tente posée au camp et les formalités d’enregistrement auprès du Parc national accomplies, la journée était déjà bien avancée, ce qui nous décida à nous lancer sur le plus court des itinéraires, dit de Brennisteinsalda, “la montagne des pierres brûlées”. Après quelques lacets tracés dans une coulée de lave aʻa, le sentier s’ouvre sur la vaste plaine du Vondugil. Un espace immense, parcouru de cours d’eau qui serpentent parmi les mousses d’un vert presque fluorescent. La Vondugil est entourée de montagnes ocres, émaillées de névés. Notre chemin reste collé contre le pied des collines, contourne quelques mares au bleu électrique avant de glisser dans un étroit vallon. Le vent, déjà fort dans la plaine, ronfle ici comme en furie. Beaufort 4, peut-être 5 qui se transforment ici, avec l’effet Venturi, en rafales à plus de 100 km/h. Difficile de tenir debout sur la ligne de crête qui nous conduit au Brennisteinsalda. Mais de là, quel panorama ! A perte de vue des montagnes colorées, entrecoupées de profondes vallées au fond souligné du vert des mousses. Les névés apportent une touche de blanc. De minuscule points mobiles, blancs également, donnent l’échelle du paysage : ce sont des moutons ! La redescente se fait face à la montagne bleue, Bláhnjúkur. Une gigantesque accumulation de laves et de cendres bleu-grises qui écrase le paysage et rend modeste face à la puissance de la nature. Une immense coulée volcanique noire se dessine plus bas avec,à son pied, le camp. Nous voici, après trois heures trente de balade, revenu au camp.

Ljótipollur : La vilaine petite mare

Le lendemain nous nous lançons sur un autre “classique”, le circuit de Ljótipollur, ce qui signifie “la vilaine petite mare”. Quatre à cinq heures qui nous immergent à nouveau dans quelques unes des expressions les plus spectaculaires du volcanisme islandais. D’un bon “coup de cul” et par une météo relativement clémente pour la région, notre chemin nous mène à un col surplombant le lac de Frostastaðavatn. Entouré de coulées de laves, dominé par le sommet rhyolitique de Suðurnámur c’est la plus grande étendue d’eau du Landmannalaugar. Quelques couples de cygnes chanteur semblent trouver les berges à leur goût. Le sentier se fraie un chemin entre cônes rouges-pourpres et champs de bombes volcaniques. On croirait marcher sur Mars, a fortiori en atteignant le sommet du Ljótipollur. Ce maar, enserré dans son cratère rouge pourrait servir de décor à un film de science-fiction ! Mais nous sommes bien sur terre et quelques kilomètres plus loin, le chant familier d’un lagopède appelant ses poussins nous rappelle à quel point la vie sur terre a su s’adapter aux conditions les plus austères. Quelques kilomètres encore et nous rejoignons les bains chauds naturels de Landmannalaugar dans lesquels nous plongeons avec délice. Quelques flocons virevoltent dans l’air, deux phalaropes, minuscules échassiers, barbotent dans l’eau non loin et semblent également savourer les délices thermaux.

Randonnée au pied de la montagne bleue

Alors que nous nous apprêtons à gravir les pentes du Bláhnjúkur, réputées offrir une vue unique sur six glaciers différents et profiter du reste de cette journée pour peaufiner nos derniers préparatifs pour la Laugavegur, nous notons une agitation et la présence inhabituelle de plusieurs véhicules 4×4 et hélicoptères de la sécurité civile. Le verdict du ranger est sans appel : “Violent storm expected for few days”. Des vents constants au-dessus de 100km/h attendus sur plusieurs jours sur les hautes terres. Conditions exceptionnelles, les sentiers sont fermés, les hélicoptères évacuent les randonneurs engagés sur le Laugavegur, le camp doit être vidé de ses occupants par des bus arrivant en renfort. En attendant le nôtre, nous faisons une balade dans la plaine du Laugahraun, au pied du Bláhnjúkur. Le vent est déjà fou et sur la colline en face de moi, quelques tâches sombres semblent dessiner le visage moqueur d’un troll malfaisant.

Des gorges de la Skoga à l’Eyjafjallajökull

Quelques douze heures plus tard, après avoir vu notre bus secoué par les rafales, entendu les myriades de particules de cendre volcanique en poncer les vitres, senti les rivières gonfler sous ses roues, nous atteignons Skogar, à l’extrémité Sud du Laugavegur. A défaut de parcourir ce mythique itinéraire nous en remonterons la dernière étape, située hors d’atteinte de la tempête. Nous démarrons notre journée tôt, bien avant que les foules ne rejoignent ce qu’il faut bien qualifier d’une des plus belles cascades du monde, Skogafoss. Le sentier remonte, en rive gauche, un à un des 62 mètres de chute d’eaux blanches et écumantes. Parvenus au sommet, nous admirons les acrobaties aériennes de quelques fulmars boréaux qui semblent avoir élu domicile dans les pentes inaccessibles baignées d’embruns. Le sentier joue avec les berges, tantôt dominant le flux tumultueux de la Skoga, tantôt glissant dans la gorge, jouant avec le relief, variant les points de vues. Difficile d’accepter de faire demi-tour mais c’est finalement le panorama qui s’ouvre sur le glacier de l’Eyjafjallajökull qui sonne l’heure du retour.

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Informations pratiques pour randonneur au Landmannalaugar

Quand effectuer ces randonnées au Landmannalaugar ?

Le Laugavegur et les itinéraires évoqués dans ce récit sont praticables de la mi-juin à la mi-septembre. En début de période les névés peuvent encore être importants et leur fonte fortement compliquer les passages à gué.

Où dormir ?

Un bon réseau de refuges (huts) permet de parcourir le Laugavegur ainsi que les randonnées de cet article sans transporter de tente. Il faut cependant noter que la demande est forte et qu’il est capital de réserver à l’avance sur www.fi.is. Le bivouac est autorisé près des refuges moyennant une taxe de camp. Prévoir un matériel adapté au bivouac de montagne.

Quelles difficultés ?

Sans être difficiles, les randonnées au Landmannalaugar doivent être prises au sérieux du fait des conditions climatiques très changeantes et parfois extrêmes. Il est conseillé de bien maîtriser l’orientation, se renseigner à l’avance sur la météo et le niveau des gués.

Quel équipement prévoir ?

Le traditionnel système trois couches vous permettra de vous adapter aux variations météo et de vous abriter du vent qui souffle régulièrement très fort et frais. Prévoyez un complément chaud (doudoune, collants) et un duvet -5°C confort pour le bivouac.

Quelle faune ? Comment préserver la nature ?

L’itinéraire se déroule presque intégralement dans la Réserve naturelle de Fjallaback. Les conditions naturelles sont si extrêmes que rares sont les espèces animales présentes : renard polaire, grand corbeau et lagopède sont les seuls sédentaires. Quelques espèces d’oiseaux, pluviers dorés, phalaropes à bec étroit, bruant des neiges, cygnes chanteurs, … complètent la liste en été. Tous ces animaux sont particulièrement sensibles au dérangement qui les oblige à fuir et à consommer de précieuses ressources d’énergies, mettant parfois leur survie en danger. Avec l’augmentation du nombre de voyageurs, il est capital de respecter quelques règles de conduite, pour préserver la faune et pouvoir continuer à profiter de ces espaces en toute liberté.

  • lire les panneaux d’informations et de recommandations, respecter la signalisation sur place
  • rester impérativement sur les traces et itinéraires officiels pour que les animaux puissent trouver des zones de tranquillité.
  • noter que les sols de la région sont extrêmement fragiles et sensibles à l’érosion. Bivouaquer hors des zones prévues, quitter les sentiers conduit à des dégradations de la flore dont la restauration peut parfois prendre plusieurs décennies.

Quels itinéraires alternatifs ou complémentaires ?

Le trek d’Hellismannaleið

Moins célèbre que son cousin Laugavegur, l’Hellismannaleið part également de Landmannalaugar et fait le tour du volcan Hekla en 3 à 4 jours.

Le trek du Sprengisandur

Attention, itinéraire engagé ! Les 200 km du Sprengisandur auront sans doute raison des marcheurs physiquement et psychiquement peu préparés. Au menu, ce trek offre la traversée d’un immense désert volcanique. Paysages minimalistes, gués nombreux et expérience … unique !

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