Pailla – Tuquerouye – Petit Astazou

Destination : Occitanie » France » Europe » Espagne | Montagne : Pyrénées | Activité : Randonnée  | 


Pailla - Tuquerouye - Petit Astazou - De Gavarnie au Mont Perdu
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Deuxième jour : Pailla – Tuquerouye – Petit Astazou

Les choses sérieuses commencent: on rejoint le refuge de Tuquerouye par son fameux couloir. Pour ceux qui sont encore en forme, faites comme nous: allez au Petit Astazou.

La pluie a cessé, je range mes affaires restées bien au sec toute la nuit et on s’échauffe un peu violemment sur les pentes qui mènent au refuge des Espugettes. Des groupes sont en train de se préparer à partir, on les devance jusqu’à la Hourquette d’Alans. Une fois le col franchi, on emprunte sur la droite un raccourci qui descend en diagonale vers le port neuf de Pinède. Plus bas on rejoint le sentier qui monte du bas du cirque d’Estaubé vers le port neuf de Pinède. Peu après, il faut faire attention à ne pas manquer la bifurcation pour le quitter et monter vers Tuquerouye. Nous voici rapidement au pied du couloir.

J’avertis mes compagnons: il est plus raide qu’on ne le pense, surtout vers la fin et des gens s’y sont tués, donc attention !
La partie droite du couloir est assez déneigée, on préfère passer par le caillou. Domi est en forme, il grimpe seul devant. Je reste prendre quelques photos de Lolo en action 😉

On arrive au refuge vers midi, les nuages sont déjà là, mais une éclaircie ou deux nous permet d’admirer ce fantastique panorama en entier: lac glacé, Mont Perdu, col du cylindre, Cylindre…
Apparemment le refuge a souffert : des morceaux entiers du revêtement de la toiture se sont envolés cet hiver. Et il y a déjà du monde: une dizaine de personnes.
Domi et moi sommes encore en forme, on prend batons, appareil photo, doudoune (pour moi) et polaire (pour Domi) et piolet pour aller vers le petit Astazou. Lolo préfère rester dans le coin.
On se sépare près du lac: lui à gauche, nous à droite.
Certains disent que pour aller au Mont perdu par le col du Cylindre, il faut contourner le lac par la droite… Je ne suis pas vraiment d’accord: en passant à droite il faut d’abord contourner des dalles presques lisses en empruntant des vires que certains pourront trouver scabreuses, puis traverser un névé assez raide qui donne directement dans le lac, et enfin marcher à flanc sur névé pendant une bonne partie… L’itinéraire par la gauche parcourt certe plus de distance, mais ne comporte aucune difficulté ou passage pénible et est tout aussi joli. Vous jugerez par vous même.

Alors que nous progressons vers l’Est au jugé en restant à flanc de paroi, le temps se dégrade et il se met à pleuvoir. Heureusement le plafond se maintient au dessus du sommet du petit Astazou.
Je suis étonné de voir quel point le caillou reste adhérent, même trempé.
Voici le sommet, pour l’atteindre il faut emprunter une crête et faire quelques pas d’escalade en passant tantôt à gauche, tantôt à droite. Près du sommet, j’emprunte une vire côté droit de la crête, mais elle ne même nulle part. Demi-tour. Entre temps, un nuage est apparu de nulle part et quelques coups de tonnerre se font entendre. Hum. Mieux vaut pas trainer là… En revenant sur la vire, je trouve un passage pour grimper 5m et revenir sur la crête, mais Domi le juge au delà de ses capacités: il n’est pas sûr de pouvoir redescendre par là et préfère renoncer. On l’appellera désormais Domi le sage ! J’arrive rapidement au sommet – dans le brouillard… Dire qu’il y a normalement une vue superbe sur le cirque de Gavarnie d’ici… Tant pis, je vais pas attendre une éclaircie: l’orage approche.

Le retour se fait sous la pluie, mais on se marre bien: plusieurs névés nous permettent de descendre en glissade et Domi commence à bien maîtriser la technique !
Le soir on discute un peu avec les autres randonneurs et on se motive mutuellement pour aller se laver. Domi et Lolo s’y collent en premier sous les encouragements de tout le refuge et alors qu’ils sont dehors, une averse de grêle s’abat sur le refuge. A l’abri, on les plaint en rigolant: "Rhooo les pauvres….". L’averse s’arrête, ils reviennent tous rouges, bien revigorés !
A mon tour, mais coup de bol la pluie s’arrête et j’ai même droit à un peu de soleil 🙂
Deux autres randonneurs arrivent, nous voilà donc 12, capacité maximale. Mais en 2001, je lisais dans le carnet du refuge qu’il a déjà accueilli plus de 30 personnes un jour de mauvais temps !

trois × quatre =