Petite traversée du Jura en ski pulka

Destination : France » Bourgogne-Franche-Comté | Montagne : Jura | Activité : Ski de randonnée nordique  | 
Nombre de jours : 5 jours | Difficulté : 1 | Dénivelé : +1000 m/-1000 m | Type d'itinéraire : Ligne | 
Ecosystème : Forêt et Montagne | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Janvier et Février
Petite traversée du Jura en ski pulka entre Giron et Prémanon sur l'itinéraire de la GTJ. Une micro-aventure sans montre pour le plaisir d'être dans la nature.
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J’ai profité du temps libre lié à cette année covid pour tester pas mal de nouvelles expériences. C’est ainsi que mi février, j’ai semé une petite graine en envoyant un message à ma mère et à ma sœur en mode pour effectuer la traversée du Jura. Ça vous dit ? leur ais-je demandé. Et voila que 15 jours plus tard, nous sommes à Giron avec les skis et les pulkas, du matériel grand froid, le chien, prêt pour une micro aventure qui a des airs de grand voyage.

Préparation de notre petite GTJ

Revenons un peu en arrière. D’abord décider du moyen de déplacement et de l’hébergement. J’avais vraiment envie de dormir sous tente pour une multitude de raisons : parce qu’avec le chien c’est plus facile (à ce sujet lire aussi le dossier sur I-Trekkings pour randonner avec son chien). Parce qu’on est libre de nos déplacements et libre de gérer le temps comme on le veut. Avec le couvre feu, être coincé dans une chambre d’hôtel à 18 heures en ne mangeant que des plats à emporter ne nous plaisait pas du tout. Dormir sous tente en hiver, c’est vraiment l’aventure et une grande première pour ma mère et ma sœur. Bref on est toutes les trois d’accord la dessus, on va vivre une grande aventure avec du bivouac hivernal ! De plus c’est super facile parce qu’un copain nous prête tout le matériel grand froid (duvet, matelas), ainsi que les pulkas.

Pour le déplacement nous avons choisi les skis. Nous n’avons que des skis de randonnée classique (ski de piste) avec les peaux de phoque. Un peu lourd, et pas super confortable dans les chaussures de ski, mais tellement facile parce que c’est du matériel que nous avons à la maison, que nous maitrisons. Pas besoin de courir après les loueurs (surtout que c’est les vacances scolaires et qu’avec les stations de ski fermées,  le ski de fond à la cote !).

Pour l’itinéraire, je demande conseil à un jurassien. Nous sommes d’abord tentés par la Suisse car il y a plus de neige et les montagnes sont plus sauvages. Mais encore une fois, avec le covid, les frontières à moitié fermées, les tests PCR, les navettes en transport en commun… Bref toutes ces incertitudes nous font choisir le coté français. Seul petit problème, il fait 15 degrés et il n’a pas neigé depuis un mois ! Donc il n’y a de la neige qu’entre Giron et Prémanon. Parfait ça sera notre itinéraire. Nous irons à contre sens de la GTJ (Grande Traversée du Jura), car si nous sommes en avance sur le planning, nous pourrons toujours prendre la voiture et aller aux Rousses, car il y a de nouveau de la neige là bas. Alors que Giron est la fin de l’itinéraire balisé.

Pour la logistique matériel, c’est très facile. Par contre pour les navettes entre le point de départ (Giron) et l’arrivée (Prémanon), c’est un peu la galère. Il n’y a pas de transport en commun, seule une compagnie de taxi privé organise les navettes. On décide d’abord de partir à deux voitures pour en déposer une à l’arrivée, puis de revenir au départ et commencer notre périple. On sera finalement sauvé par mon père, qui décide de nous déposer à Giron, puis d’emmener la voiture à Prémanon pour enfin rentrer en vélo à Chamonix (135km de bon matin, un grand motivé !). Cela nous arrange fortement et surtout pour la planète c’est quand même mieux).

Petite traversée du Jura en ski pulka
Nos pulkas et les skis

1er jour : Giron – quelque part entre la Pesse et Bellecombe

+ 385 m/ – 205 m 8,45 km

Il est 9h30 lorsque nous arrivons au village de Giron. Première frayeur il n’y a pas de neige, mais alors pas du tout. C’est un peu le stress, et on se demande vraiment comment on va pouvoir avancer avec nos skis et nos pulkas. Surtout qu’il a fait très chaud ces derniers jours, qu’il n’a pas neigé depuis longtemps. Mais on croit le site www.gtj.asso.fr, qui est la bible concernant la GTJ. Et si on regarde l’info neige, c’est praticable entre Giron et Prémanon (un peu moins de neige dans la forêt de Giron, mais assez pour passer, et ensuite c’est complètement praticable).  Donc on est quand même bien surpris quand on arrive au village et que tout est vert. Mais le départ est deux kilomètres plus haut, on y croit. C’est au détour d’un virage que l’on voit enfin la station de ski de fond et la neige tant attendu. C’est un grand soulagement, on peut commencer notre aventure là où on l’avait prévu !

Départ de Giron
Départ de Giron

On décharge, on charge nos pulkas, on harnache le chien, on met nos chaussures de ski, on se prépare tranquillement. Les gens commencent déjà à nous poser des questions, il faut dire que l’on détonne par rapport aux skieurs de fond. Je vais acheter nos pass hebdo spécial GTJ (46€ par personne). La pisteuse n’est pas très sûre des conditions de neige entre Giron et la Borne au Lion. Elle nous conseille plutôt de partir de la Pesse. Tant pis, on est là, on est prête, et s’il faut marcher un peu en portant les pulkas, on est prête !

10 heures, on commence à marcher. Le plan initial était de faire la GTJ en ski de randonnée nordique. Malheureusement il n’y a clairement pas de neige. On suivra donc les pistes de ski de fond. C’est très bien balisé, on avance dans la forêt de Giron. Les paysages me font penser à la Finlande, de grandes étendues assez vides, et même si c’est les vacances, il y a beaucoup beaucoup moins de monde qu’à Chamonix ! C’est très dépaysant pour nous.

On s’habitue assez bien aux pulkas, même si le premier démarrage est assez drôle. On a l’impression d’être collé au sol. Notre choix était de prendre une pulka par personne pour mieux répartir le poids, et parce que chacune est libre de prendre ce qu’elle veut en affaires personnelles, elle doit juste les tirer. Iskut, mon chien, nous aide en nous tractant. Lorsqu’on est attaché à lui, c’est comme si la pulka n’existait pas et qu’on utilise un remonte pente. C’est très pratique et presque reposant.

Petite traversée du Jura en ski pulka
C’est plus facile lorsque l’on est tiré par le chien

Notre convoi attire l’œil, tous les skieurs de fond nous posent des questions sur notre aventure, sur le chien… Trois nanas, trois pulkas et un chien de traineau, ça détonne !

On quitte rapidement des pistes de ski pour monter en direction de la Borne au Lion. Loin des sentiers damés, on est seul au monde. On commence a maîtriser notre pulka, ce qui n’est pas aisé dans les descentes. Elle nous tape dans les jambes, monte sur les skis, nous double… Bref c’est sportif mais très drôle. Et quand on rajoute le chien dans l’histoire, c’est encore plus de fun !

Par moment la neige manque un peu, on déchaussera trois fois 50 mètres. Rien de pire, on est contente d’être passé par là et de ne pas avoir suivi les conseils d’aller à la Pesse. Vers 14 heures, on arrive à la Borne au Lion. Ici, on recroise du monde, on est de nouveau sur les pistes de fond, et c’est un joli point de vue. On fait une pause bien méritée, un snack à base de graines et un thé chaud. Iskut visite les lieux, chasse les taupes. C’est son occupation préféré : se mettre devant un trou et attendre de longues minutes, et puis c’est tout. Il n’en attrapera aucune pendant les cinq jours d’aventure.

Petite traversée du Jura en ski pulka
Petite pause relaxation

Le vent et le froid nous font repartir en direction de Bellecombe. On passe ici de vallon en vallon magnifiques, immenses et déserts. On n’a pas l’habitude à Chamonix d’avoir d’aussi grand espace sans personne. Alors on se régale, on en profite. On se croirait vraiment en expédition dans un autre pays, loin de tout, tout ça à moins de 100 km à vol d’oiseau de la maison.

Vers 16 heures, on décide de monter le camp. D’abord changer de chaussures (bye bye les chaussures de ski !), monter les tentes, puis gonfler les matelas, installer les duvets, faire de l’eau pour le soir et pour le lendemain matin. C’est toute une logistique à avoir, une organisation à trouver. Un bivouac hivernal ne s’improvise pas, surtout que ce soir il fait bien froid avec le vent. Un jeune homme avec deux malamutes vient à notre rencontre. Il fait aussi la GTJ avec ses deux chiens, et a prévu d’aller à Métabief en 5 jours, soit 120km plus loin. Pour cela il a adapté sa remorque à roues avec des skis, c’est pratique et efficace.

Petite traversée du Jura en ski pulka
Il y a de la place dans ces vallons

Nous avons choisi de manger des lyophilisés le soir, car c’est plus pratique. Pas besoin de faire la vaisselle, seulement de rajouter de l’eau. Nous avons trouvé des plats végétariens très bons chez Lyo, comme celui de ce soir : un daal de lentilles bio. C’était top !

Ce n’est pas la nuit mais le froid qui nous pousse dans nos tentes ce soir. Je suis très contente d’avoir la doudoune Mammut Eigerjoch Pro que j’avais testé pour le blog. Iskut fait un sketch car il ne veut pas aller se coucher dans la tente. Il ne comprend pas le principe et trouve beaucoup plus drôle de courir partout et de faire des sprints que d’aller se coucher… Ce qui fait beaucoup rire ma mère et ma frangine qui sont déjà bien au chaud dans leur duvet ! Après 20 minutes, j’y arrive enfin, le chien est plus coopératif. Au lit à 19 heures!

Bivouac, Petite traversée du Jura en ski pulka
Bivouac du premier soir

 

Jour 2 : Quelque part entre la Pesse et Bellecombe – quelque part après Bellecombe

+ 160 m/ – 205 m 5 km

On s’était dit qu’en se couchant aussi tôt, on allait se lever au aurore… Et non, il est 8 heures lorsque l’on émerge. Incroyable, on a dormi plus de 12 heures ! Je crois que la pulka ça fatigue. Bonne nouvelle le vent est tombé dans la nuit, il fait plus chaud. On déjeune tranquillement, puis on plie le camp. Le soleil nous accompagne dans la démarche, c’est tellement agréable de le sentir chauffer. Il nous faut deux heures pour lever le camp.

Petite traversée du Jura en ski pulka
Heureusement que les pistes de ski de fond sont praticables

On commence par une descente qui nous amène dans un vallon sans neige, seule la piste de ski est praticable. On se dit que si hier on avait fait 200 mètres de plus, le bivouac aurait été complètements différent : au sec et avec le soleil beaucoup plus tôt le matin. Mais on est contente d’avoir eu notre bivouac hivernal, c’est ce qu’on recherchait !

On avance bien, les pistes sont gelées et dures donc la glisse est top. On passe de vallons en forêts, le domaine skiable est immense. Les gens que l’on croise sont supers sympas. Toujours un bonjour, on ne se fait jamais engueuler parce qu’on est au milieu avec nos pulkas (on essaie d’être sur le coté des pistes, surtout que l’on est souvent à contre-sens, mais parfois dans les descentes, on ne contrôle pas encore tout). On passe Bellecombe puis on entre dans une immense vallée que l’on doit remonter (ou descendre, on ne sait pas trop). Il fait de plus en plus chaud et on finit rapidement en tee-shirt. On croise des chiens de traîneau. Iskut sera super, en mode observateur, sans un aboiement. En même temps 30 chiens, ça intimide !

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Petite traversée du Jura en ski pulka
Les rencontres avec les chiens locaux

Vers 14 heures, on s’arrête pour le lunch. On a choisi des nouilles chinoises, c’est rapide et varié. Puis on fait la sieste au soleil, on est tellement bien. Iskut nous fera encore beaucoup rire, il vole tous les emballages de nouilles pour aller les manger à 10 centimètres de maman qui fait la sieste ! Puis vers 16 heures, on décide de bouger, ou pas finalement. On restera là pour le bivouac de ce soir. C’est l’avantage de ne pas être pressé, on prend le temps. Donc ça sera yoga devant une vue magnifique, on est au top. Iskut chasse les taupes et mulots.

Les voisins viennent nous rendre visite. Ce sont des touristes qui sont venus dans le Jura faire du ski de fond, eux qui chaque année partent au ski (de piste) normalement. Ils nous proposent de l’eau chaude et ce qui nous ferait plaisir. C’est très drôle, ils nous prennent pour des aventuriers extrêmes (on dort dehors, on transporte notre maison dans notre pulka, on ne prend pas de douche pendant une semaine, on mange dehors… Un monde complètement nouveau pour ces citadins), alors qu’on a fait que 5 kilomètres aujourd’hui. Le contraste nous fait sourire, mais nous sommes touchés par leur gentillesse. Et prendre de l’eau au robinet est quand même beaucoup plus facile que de faire fondre de la neige.

Ce soir c’est chili sin carne en appréciant le coucher de soleil. Il fait moins froid donc on reste plus longtemps dehors. Iskut dort avec ma frangine, c’est plus facile de le mettre dans la tente cette fois-ci.

Bivouac, Petite traversée du Jura en ski pulka
Bivouac de rêve

Jour 3 : Quelque part après Bellecombe – Lajoux

+ 385 m/ – 205 m 8,45 km

Encore une bonne nuit de 11 heures de sommeil. Décidément on dort bien dans ces tentes. On se réveille dans la nappe de nuage, on est dans la brume totale. Tout est gelé autour de nous, et lorsque le soleil se montre, ça devient mystique et magnifique. Iskut joue le loup dans la brume (toujours en train de chasser les mulots, il n’abandonne jamais !).

Vers 10 heures, on décolle. Rapidement on doit déchausser sur de petites parties sans neige. Les pulkas sont très dures à tirer sur l’herbe, on se fatigue. Et il fait chaud, on est en tee-shirt dès le matin. On prépare notre body summer début mars !!!

Petite traversée du Jura en ski pulka
On a trouvé le loup du Jura

A un moment, on choisi de quitter l’itinéraire balisé de la GTJ pour suivre un vallon qui nous parait plus enneigé. On vise Lajoux pour prendre un café. Au début c’est une bonne idée, on avance bien. Parfois il faut laisser la pulka pour aller voir en haut d’une butte par où passer. Mais on avance. Puis ça devient compliqué, il faut déchausser… Je vois venir la galère, donc on décide de faire la pause repas. On croise à ce moment là deux raquettistes qui remontent la route à pied, les raquettes à la main. Ils sont partis 5 jours plus tôt de Metabief avec des pulkas, qu’ils ont abandonnées le premier jour à cause du manque de neige. Maintenant ils marchent avec un gros sac à dos, leur objectif est de rejoindre Giron en deux jours. Ils sont pressés, mangent des barres de céréales « dopantes » et savent exactement le poids de leur sac. C’est exactement l’extrême opposé de nous, qui avançons tout doucement, en prenant le temps, sans regarder l’heure, qui faisons des pauses dès que l’une de nous a envie… deux aventures bien différentes !

On s’engage dans un vallon étroit, en dévers. Mais dévers et pulkas, ça ne rime pas bien ensemble. On galère un peu, puis on décide de rejoindre la route et de monter sur la colline au dessus. Ici il y a de la neige, et même si ça monte ce n’est pas déversant ! Arrivée en haut, on voit Lajoux et notre café tant désiré. Vu l’heure (15 heures), ca sera plutôt une bière ! Mais avant il faut descendre la côte et faire le kilomètre et demi qu’il reste. On commence à maitriser la descente, on raccourci les cordes des pulkas, on les met bien à coté de nous, on fait du chasse neige et surtout on s’arrête avant la route ! Cela fait des sensations ! Pour la seconde descente, qui est plus raide, on décide de lâcher les pulkas, elles descendent toutes seules. Après c’est plat donc elles s’arrêtent et nous attendent sagement en bas.

Petite traversée du Jura en ski pulka
La neige est la bas !

On rejoint la piste de ski de fond au lieu dit Manon. On est très contente de retrouver du damé, l’assurance d’avoir un peu de neige régulièrement et on se promet de ne plus quitter la piste de ski de fond, même s’il faut déchausser. Voici enfin Lajoux, il est 16 heures, on est HS. Enfin sauf maman qui a la motivation de marcher 200 mètres pour aller à la fromagerie acheter des vivres. Avec ma sœur, on aura seulement la motivation d’aller au bar acheter des sodas et des crêpes. Un tour à l’office du tourisme et nous voila rassuré, il y a de la neige sur la suite du parcours ! Ouf, on était (presque) prête à jeter l’éponge.

Iskut
Epuisé le ptit

On avance un peu pour trouver un spot à bivouac. Ce qui est génial dans le jura, c’est qu’il y en a partout ! C’est si vaste, il y a tellement de champs et de forêt. On met en général 5 minutes à trouver un coin idéal, avec le soleil le matin, plat, tranquille… C’est un sacré point positif ! Ce soir, ca sera des pâtes et une soupe au curry et légumes, très bon. Iskut est rentré tout seul dans la tente, il commence à comprendre où est son lit.

Bivouac, Petite traversée du Jura en ski pulka
Bivouac

Jour 4 : Lajoux – Chalet de la Frasse

+ 300 m/ – 200 m 8 km

Petite nuit à 10 heures de sommeil. Ma sœur a rêvé qu’elle était à Tahiti, c’est qu’il a fait bien chaud dans les duvets ! On est efficace dans le rangement du camp, c’est le 3ème matin, on commence à savoir comment s’organiser. Iskut fait la grève ce matin, les mulots ne l’intéressent plus, il préfère profiter des premiers rayons du soleil.

Nous croisons pas mal de skieurs ce matin, il faut dire que les conditions sont idéales : grand beau, chaud avec le soleil mais la neige bien gelée de la nuit, la glisse est optimale. On avance confiante, il y a de la neige ! Iskut fait la grève de la traction, il y a des choses intéressantes partout, donc il a mieux à faire que travailler. Malgré cela ma mère avance toujours plus vite que nous. A la pause de midi on a fait plus de kilomètres que hier, on a l’impression de voler !

Petite traversée du Jura en ski pulka
Immensité jurassienne

Les paysages sont magnifiques, encore une fois il y a tellement de place, c’est fou. Tous les gens sont adorables avec nous, on est plus près de la fin du périple qu’au début, et Giron parait tellement loin. On a des questions drôles, comme celle d’un enfant à sa mère : mais comment elles font pour respecter le couvre-feu (qui est à 18h) ? On a aussi beaucoup de questions sur le chien : est ce que vous l’avez loué pour la traversée ? Qu’est ce qu’il mange (viande 350 grammes + croquettes 300 grammes par jour) ?

On a l’impression avec les touristes qui n’ont surement jamais vu de gens voyager avec des pulkas que l’on fait une expédition comme Mike Horn ou Paul Emile Victor. C’est tellement drôle quand on pense que l’on fait 5 kilomètres par jour et que l’on dort 11 heures parce que l’on est HS. Comme quoi tout peut être une aventure.

Un monsieur fait notre journée. On arrive à un croisement et il nous dit : enlever vos peaux de phoque, ça descend jusqu’à Darbella. On écoute son conseil et enfin on a de la glisse ! Iskut nous tire à fond (il adore la descente !), les pulkas s’envolent derrière nous et on rigole tellement. Et puis après 4 jours, on les maitrise enfin ces pulkas, fini de se faire taper dans les jambes.

Descente, Petite traversée du Jura en ski pulka
Les descentes ne sont pas toujours faciles avec des pulkas

On décide de planter le bivouac à 3 kilomètres de la maison. En effet il nous reste encore une journée à faire, et puis on n’est pas bien motivé à précipiter la fin de cette aventure. L’endroit de bivouac sera encore chouette, on prend les derniers rayons de soleil de la journée en lisant nos livres.

Petite traversée du Jura en ski pulka
Power nap

Jour 5 : La frasse – Les Jacobeys

+ / m/ – 100 m 3 km

La nuit a été moyenne, seulement 10 heures de sommeil. On plie rapidement de camp, surtout que ce matin, c’est couvert donc on n’a pas de soleil. Les premiers skieurs de fond sont là à 7 heures du matin, les motivés !

C’est une grande descente qui nous attend, sans peau de phoque. Ca glisse à fond, c’est bien gelé. On croise pas mal de gens qui nous regardent passer, les yeux hallucinés ! Il faut dire qu’on est bien reposé, qu’on glisse à fond, qu’on maitrise les pulkas et qu’Iskut est survolté à l’idée de faire la course. On passe à coté d’un chenil que ni Iskut, ni ma sœur ne verront, trop occupé dans leur descente. On fait le slalom entre les skieurs, nombreux dans cette zone. On est vers les Rousses, donc c’est assez fréquenté. Enfin on arrive à Darbella très rapidement. Un vieux moniteur de ski nous demande pourquoi on a pris des skis de pistes et pas des skis de fond. On lui répondra qu’on avait que ça ou des raquettes. Il est finalement d’accord pour les skis de pistes.

Petite traversée du Jura en ski pulka
L’équipe au complet

On fait un peu de pas de patineurs sur la piste verte pour rejoindre la voiture. Les enfants veulent avoir un chien qui les tracte et les adultes veulent installer leur enfant sur les pulkas pour jouer à la luge. C’est bon enfant comme ambiance et on fait de l’animation.

On arrivera vers 10 heures à la voiture, après une montée bien gelée. On est très contente de notre micro aventure dépaysante et tellement reposante. Vivre sans montre, sans pression et sans aucune contrainte est un luxe, surtout en période de pandémie. Redécouvrir le Jura, loin des foules (même en période de vacances scolaire, tout est relatif !), bivouaquer en hiver, porter sa maison, c’est une vraie sensation de liberté, on a adoré. Et premier voyage avec le chien, qui est un vrai facilitateur de communication, c’était parfait et finalement assez facile (aucun taupe ou mulot n’aura été blessé pendant cette aventure)

Chasse aux mulots

Infos pratiques

Il existe un site référence pour organiser sa GTJ : www.gtj.asso.fr

La GTJ est réalisable en ski de randonnée nordique, en ski de fond, en raquettes, mais aussi à pied, en VTT et à cheval. Toutes les informations nécessaire à l’organisation sont présentes sur ce site qui est régulièrement mis à jour. On y trouve notamment les traces GPS, les dénivelés, les distances, les points d’intérêt, l’enneigement…

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svety74
A propos de l'auteur

J'ai eu la chance de faire de ma passion mon travail. Tous les matins, je suis contente d'aller travailler.  En même temps, mon travail consiste à vendre du rêve, et à emmener des petits groupes faire du chiens de traineau ou de la randonnée sur plusieurs jours ! Vous me trouverez plutôt dans les pays nordiques, du côté de la Finlande ou ...



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