Pic Maloqueste

Destination : Provence Alpes Côte d'Azur » France | Montagne : Alpes ; Queyras | Activité : Ski de Randonnée  | Agence : UCPA 


La dépression est toujours présente. Direction le Pic Maloqueste (2754 m) en montant par le Grand Bois qui longe la réserve de chasse et de faune sauvage de Ristolas où est protégé le tétras Lyre.
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Carnet : Ski de randonnée dans le Queyras
  • D+ : 903 m
  • D- : 939 m
  • Temps : 5h00

6h40. Le réveil sonne, une fois, deux fois, trois fois. Je tends le bras, l’éteins en poussant un râle de souffrance. Toute la chambrée dort encore. Incontestablement, les deux journées précédentes ont joué sur les organismes. Les muscles tirent encore. Par la fenêtre, la météo n’inspire pas à sortir. Il faut se faire violence pour s’extirper du lit.

Tels des robots, chacun part prendre son petit-déjeuner, se brosse ensuite les dents et prépare son matériel pour la journée : enfourcher les chaussons dans les chaussures et appliquer les peaux sur les skis. Vue la météo, Jean-Philippe nous emmène sur Ristolas pour une journée de ski de randonnée en forêt. Direction le Pic Maloqueste (2754 m). Les muscles se remettent tout doucement à fonctionner, les courbatures disparaissent. Patrick et Pierre sont partis devant comme des bombes. Tel un diesel, je reste à l’arrière avec d’autres camarades. « Qui va piano va sano » comme dit l’expression.

Nous finissons par longer la réserve de chasse et de faune sauvage de Ristolas. Créée en 1948, c’est l’une des plus anciennes aires protégées à vocation cynégétique des Alpes du Sud ; elle a pour vocation première la protection du chamois. Pour autant, la réserve possède des habitats d’une grande diversité qui attire une flore et une faune variées. L’hiver, la flore n’est pas très présente. Au-delà de ses populations de chamois, la réserve est un support expérimental pour de nombreuses recherches sur la faune de montagne (zone témoin pour le tétras-lyre et le lagopède, zone de présence permanente pour le Loup, zone de présence de la Salamandre de lanza et de réintroduction du bouquetin des Alpes…). La zone que nous longeons à ski est justement un espace de tranquillité pour le tétras Lyre. Y passer à ski fragiliserait les phasianidés car à chaque dérangement, les tétras lyre s’enfuient et creusent une nouvelle galerie dans la neige. Les déranger compromet gravement leur équilibre énergétique et diminue les populations. Voilà pourquoi nous n’y allons pas.

A la sortie des mélèzes, c’est le jour blanc qui nous cueille. Ce fameux phénomène optique atmosphérique où tout semble enveloppé d’une lueur blanche uniforme dans lequel les contrastes et la visibilité sont nuls.

Jean-Philippe, nous fait progresser 150 à 200 mètres dans cette purée météorologique. Il part vérifier l’état de la neige sur les crêtes, revient et nous invite à ranger les peaux : le vent a soufflé la neige créant des plaques à vent. A neuf, mieux vaut ne pas s’y rendre.

Lorsque nous finissons de nous équiper pour la descente, d’autres groupes de skieurs arrivent. Il est temps pour nous d’aller faire la trace. Pas facile de skier dans un jour blanc mais une fois dans les mélèzes, chaque skieur retrouve la banane. On s’enflamme un peu tellement la neige est bonne. Quelques gamelles et franches parties de rigolade. Même Jean-Philippe y va de sa petite chute.

Recherche des skis avec la pelle

Les bonnets sont gavés de neige, les masques de ski aussi. La fatigue de la matinée a presque disparue quand nous revenons sur Ristolas par un ancien passage de téléski. Encore une belle journée de ski, à défaut d’avoir une météo clémente.

Grégory Rohart
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales.Ambassadeur Fujifilm...



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