Pluie diluvienne sur le Rinjani

Destination : Indonésie » Asie | Activité : Randonnée  | 


Pluie diluvienne sur le Rinjani - Lombok : Mont Rinjani (Indonésie)
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TREK – DEUXIEME JOUR.

J’ai commencé la journée en fermant mal mon camel-back : un demi litre d’eau a du se répandre dans mon sac. Mais c’est kiki avait tout mis sous plastique ? C’est kiki.. Même pas mal. Tous ces sacs pour se protéger de la pluie pour au final inonder soi même son sac et tout mouiller c’aurait été … ballot ?

Départ après le petit déjeuner à 6h40 (la banana pancake de l’année, des fruits et un café au lait). Grand soleil et mise en jambe de 1h 30 en montée bien assaisonnée jusqu’au POS IV où nous avons bien fait de ne pas dormir. D’abord parce que ce n’était pas loin. Ensuite parce qu’on était mieux en-bas !!

Ensuite nous sommes encore un peu montés et wahou : le lac et le volcan Rinjani. Bleu presque émeraude et le volcan noir : c’était magnifique. Les nuages commençaient à arriver : nous avons commencé la descente vers le lac. Pas évident parce que plutôt très abrupte, très glissant selon les endroits. J’ai failli me crouter 10 fois, y laisser douze genoux gauche. En revanche, le bleu et les égratignures, je ne les ai pas ratés.

Arrivés au lac, nous l’avons longé jusqu’aux sources chaudes. Et longer n’est pas un vain mot : le lac est à flanc de montagne et quelques fois, c’était à se demander s’il y avait un chemin entre la rive et la montagne. Quelques pieds dans l’eau plus tard, nous sommes arrivés à une grande cascade et sommes descendus aux sources chaudes : ouais, un bain !!! A défaut d’une douche, c’était plutôt bienvenu. 35-40 minutes à mijoter à petit feu et nous sommes remontés vers le POS V.

 

Dejeuner au POS V : c’est le drame.

Le POS V n’a qu’un seul abri et nous étions 4 groupes dont un qui partait, certes, mais beaucoup trop nombreux pour un si petit abri. Mon drame personnel a donc commencé quand mon poncho a fait gouttière directement dans ma chaussure gauche qui s’est transformée en piscine, alors que jusqu’à maintenant, j’avais réussi à les maintenir relativement au sec. Puis comme c’était la guerre pour être au sec, j’ai fini par me trouver une petite place « en cuisine » et pas sous la bâche parce que ladite bache affichait complet. Et parce qu’il n’était pas question que je mange debout avec mon sac sur le dos et mon poncho, comme une pauvresse que j’étais de toutes façon.

J’ai déchaussé à gauche. Ai essoré ma chaussette comme dans les films. Aucun poisson rouge n’est sorti de ma chaussure cependant. Je commençais à avoir froid aux pieds, et là, j’ai appris que ce soir, ce serait largement moins cool qu’hier soir parce qu’il n’y a pas d’abri à 2700m à cause du vent, donc les tentes sont à même le sol. Et sinon, cette nuit, c’était une nuit cool ? Ah. C’est marrant, j’ai plutôt eu l’impression d’avoir eu vraiment froid. Dans ce tableau, il ne manquait plus que je m’aperçoive que ma veste n’était pas imperméable pour que je tombe au fond du trou, quelque part entre le 36eme dessous et le bout du rouleau. Ah tiens, ma veste n’est pas imperméable. C’est bon, j’y suis. J’ai voulu envoyer un texto pour trouver du réconfort, mais évidemment, il n’y avait aucune couverture réseau. J’ai du me l’inventer.

Puis nous sommes repartis et avec la marche et surtout les deux heures de montée, ça allait beaucoup mieux, même avec mes deux piscines aux pieds (ma chaussure droite n’ayant pas résisté longtemps à la pluie diluvienne). Et quand je dis montée, comprenez quasi-escalade par moment : oui, quand on met les mains et quand on est quelquefois fois en équilibre, j’appelle ça de l’escalade.

C’était dur, encore, mais le paysage, wahou : des couleurs hallucinantes en arrivant, où un gars descendait, seul, sans sac à dos (vers 16h30) : avec la nuit qui allait tomber, je ne savais pas trop où il allait. Un physique entre Corti et M. Propre. Et en k-way de la tête aux pieds (prévoyant).

Je pense que la nuit va être rigolotte, parce que j’ai déjà froid alors que je suis presque au maximum de fringues, si on excepte la veste pas imperméable (donc très humide) et un tshirt manches longues qu’il me reste. Et j’ai mon sac à viande, comme une roumaine qui ferait la manche sur les Champs Elysées. Cela dit, vu que le réveil est à 2h30 pour une ascension by night de 3 à 6, elle aura beau être rigolotte, la nuit, elle va surtout être courte.

Mes chaussures sont définitivement trempées.

J’ai envie de faire pipi, mais il pleut et j’ai froid. Je songe à un récipient, mais j’ai pas. J’ai déjà réussi à oublier mon étui à lentilles (à mon avis, je l’ai  surtout perdu en route dans mon sac à dos qui doit sentir autant que le cirque Barnum.

Dîner en tente (servi à domicile) en écoute Nora Jones : non seulement c’est très bon, mais en plus ça réchauffe : légumes, riz blanc, chips de crevettes et oeuf !

Fausse bonne idée n°1 : enrouler ses chaussettes humides autour du thé bouillant pour qu’elles puissent sécher un peu et éventuellement réchauffer mes pieds. Des clous. Les pieds sont au chaud 2mn et ne se réchauffent pas d’eux meme. Les chaussettes ne sèchent pas.

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