Poët en Percip – col du rocher percé

Destination : France » Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne : Baronnies | Activité : Randonnée  | 


Poët en Percip – col du rocher percé - Tour des Baronnies
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Carnet : Tour des Baronnies
  • D+ : 1125 m
  • D- : 770 m
  • 15 km
  • Temps de marche : 6h30

A la recherche de l’eau de vie

Le camping nous a préparé des sandwichs et un fruit pour affronter la journée. Devant arriver sur Saint Auban de l’Ouvèze vers midi, il se pourrait bien que le commerce du village soit fermé. Mieux vaut donc être prudent.

Pour rejoindre Poët en Percip, environ 200 mètres plus haut que la Gravouse, nous optons par le chemin le plus court qui longe en partie la D527. Une piste forestière permet de quitter la route et de rejoindre le centre du village en un peu moins d’une heure.
Au village, ancienne capitale des Baronnies, nous nous désaltérons à la fontaine en face de l’Eglise. C’est qu’il fait lourd et le ciel menace. La commune dispose d’un gîte d’étape aménagé dans son ancien four permettant d’accueillir 10 randonneurs, soit une grande partie de la population de Poët en Percip.

Nous sortons du village par l’est et prenons un virage à angle droit qui grimpe au col des Tunes (1229 m). En chemin, une courte averse viendra rafraîchir nos corps ruisselants.
Descente à travers bois, taillis et champs de lavande. L’histoire de la lavande commence à la fin du XIXe siècle lorsque les paysans cherchent à trouver un complément à leur revenu. Mais c’est dans la première moitié du Xxe siècle que les vertus médicinales vont accroitre l’exploitation de la lavande, puis du lavandin qui donne jusqu’à dix fois plus d’essence de lavande bien que son parfum soit moins subtil que la lavande fine. En ce jour de mai, la lavande est encore vert tendre. Vers la mi-juillet, elle prendra sa couleur bleue mauve qui caractérise si bien la Drome provençale.

Nous apercevons le village de la Rochette du Buis et laissons le sentier qui part dans sa direction pour poursuivre notre descente jusqu’ à la combe de Bellonne. Jérôme ne dit rien et souffre en silence. C’est dans les descentes que sa hanche le lance le plus. Le soleil est au zénith quand nous posons le pied sur la départementale qui rejoint Saint Auban sur l’Ouvèze (640 m).
Village pittoresque, fief des Montauban, Saint Auban sur l’Ouvèze est un charmant village producteur de tilleuls. Nous entrons dans le village et posons les sacs près de la fontaine face à un gîte d’étape qui n’ouvre qu’à 17h00. Restauration rapide fermée. Nous croisons un gars de l’ONF qui nous confirme qu’il n’y a pas de commerce dans le village. Nous avons bien fait de demander au camping de la Gravouse de préparer nos casse-dalles. Il nous faut maintenant trouver des bouteilles vides à remplir pour avoir suffisamment d’eau pour préparer les plats lyophilisés de ce soir. C’est à l’auberge du village que nous allons mendier des bouteilles. On nous remet gentiment trois bouteilles d’un litre en verre ayant servi pour du jus de pomme. Je les case dans mon sac à dos et remet à Johanne mon sac de couchage et ma polaire.

On se remet en route. « Il fait trop chaud pour travailler » dit le dicton. Pour marcher, c’est du pareil au même. On finit par se poser sous un chêne un peu avant le hameau du Pouzet en attendant que la chaleur s’atténue.
On finit par redémarrer après une heure de sieste. On s’engage dans la forêt qui succède des épineux. Le sentier est franchement bien raide par endroit. Jérôme galope devant ; sa hanche ne lui faisant pas souffrir dans la montée ; Johanne traine les pieds derrières et à voir son visage rougit par l’effort et la chaleur, je vois bien qu’elle en chie grave. Et moi je sens bien les 3 litres d’eau en plus et suis finalement content de savoir que ça n’est que provisoire. Johanne finit par remettre à Jérôme mon sac de couchage. On finit temps bien que mal à atteindre la croupe de Serre de chante Duc puis le plateau de Gisfort (1119 m). Ici se dressait autrefois un village et un château fort au confluent de quatre vallées marchandes. Aujourd’hui, c’est une bergerie qui occupe les lieux mais personne à notre passage, ni berger, ni mouton.

L’itinéraire classique passe par le pas de Corbière puis le sommet de la Vanige (1390 m), ce qui ajouterait une heure trente à notre journée de marche. Nous décidons donc de rejoindre le col du rocher percé en vingt minutes par la piste qui monte plein nord.

Avant de monter les tentes, on fait l’inspection des gourdes. Johanne et moi avons quasiment bu nos deux litres d’eau dans la montée. Il doit rester à peu près la moitié à Jérôme. Et nous avons les 3 litres d’eau pour préparer les repas lyophilisés et boire un thé. On ramasse un peu de bois mort et on fait un petit feu pour l’ambiance.
Johanne part se coucher assez tôt. Je traine un peu avec mon appareil photo pour immortaliser le ciel qui s’enflamme comme un incendie d’été.

Informations pratiques :

  • Bivouac au col du rocher percé. Plat herbeux pour 2/3 tentes.
  • Fontaine à Poët en Percip et Saint Auban sur l’Ouvèze.
  • Pas de commerce à Saint Auban sur l’Ouvèze contrairement à ce qui est indiqué dans le topo-guide de la FFRandonnée
  • Restaurant à Saint Auban sur l’Ouvèze
  • Carte IGN 3139 OT
  • Topo guide FFRandonnée : Tours et traversées dans le Vercors, le Diois et les Baronnies (ref 904)
Greg
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer l...



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