Quand la montagne se mérite

Destination : Népal » Asie | Montagne : Himalaya ; Kangchenjunga | Activité : Randonnée  | Agence : Allibert Trekking 


Etape 9, 10 11 du tour du Kangchenjunga entre Tseram et Gunsa.
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J9 Vendredi 16 octobre – Tseram (3870m) Oktang (4530m) et retour : Quand la beauté se mérite

0° sous la tente au réveil a 5h et toile givrée. Il faut partir de bonne heure car l’ascension promet d’être longue.

Nous décollons a 6h15 dans la fraicheur du petit matin, dans la forêt puis dans la lande de rhododendrons qui exhale ce parfum enivrant si caractéristique des alpages népalais.

La première partie demande beaucoup d’attention car il y a pas mal de torrents à traverser dont les rochers sont couverts de glace. A tel point qu’au passage d’un petit pont couvert de givre et voulant aider Philippe, Lopsang, un des deux sherpas qui se tenait en contrebas a dérapé sur les rochers glissant et est tombé dans l’eau glacée. Heureusement nous n’étions pas loin du camp, il est retourné à toute allure au camp se changer et nous à rattrapé.

La marche se déroule entre moraine et pente avec deux très beaux lacs, la vue sur l’effilé Ratong et les Kabrus et, juste a la fin, après de longs plats montants on découvre les 3 Kangch sud central et nord (le point culminant 8598m) et le Yalung Kangch (8505m).

Nous atteignons Oktang a 11h30 nous y restons une heure et sommes de retour au camp à 16h.

Longue et belle marche d’acclimatation dans un cadre grandiose, beaucoup de distance.

  • M : 950m – 250m/h
  • D : 950m – 360m/h
  • Tps : 9h48
  • 71/101/130

J10 Samedi 17 octobre – Tseram (3870m) Selélé (4290) : Un balcon sur des merveilles

T° sous la tente 0° ce qui n’exclut pas un petit air de guitare pour un réveil en douceur.
Je me suis pris, hier soir, a regretter l’achat du Maddle à l’écoute d’un des porteurs manifestement débutant et dont le sens du rythme laisse encore a désirer. Tout comme l’acclimatation rythme et musique ne sont pas inscrits dans les gènes et je n’ai pas dans ce groupe de porteurs des virtuoses du tambour et du chant collectif… Dommage.

Nous démarrons a 7h15 car le froid est vif avant l’apparition du soleil. Nous allons a sa rencontre et c’est alors un véritable enchantement que cette lumière rasante du matin au milieu des bruyères colorées et des genévriers avec en toile de fond Ratong, Kabrus, et Kangch. Ce qui ne manque pas de déclencher une orgie photographique.

En arrivant a la première épaule l’air humide monte des vallées et le brouillard nous enveloppe. Le lunch a lieu a l’emplacement habituel après le premier col en dessous du gendarme caractéristique a tête de chat que nous n’apercevons qu’après notre départ. En chemin nous croisons un groupe de hollandais dont un des membres au look de routier arbore un débardeur turquoise portant l’inscription : "don’t drink water fisches fuck in it". Un adepte de Renaud sans doute, en effet il présente une corpulence à ne pas sucer que des glaçons, en tout cas il n’est pas frileux en débardeur dans l’air glacial.

Au deuxième col le Jannu nous fait l’offrande d’une courte et majestueuse apparition et le rideau des nuages retombe. Nuages qui ne me feront pas "zapper" la grande toilette dans une eau aussi limpide que froide dans ce bel endroit qu’est Selele.(4130m selon les syndicats 4000 selon la police).

Comme en 2006 j’ai calé l’altimetre à Bahrein (0m) et je suis toujours à 150/200m en dessous des altitudes de la carte.

En général avec le froid de la nuit l’altimètre descend d’une dizaine de mètres.

  • M : 1041m 340m/h
  • D : 695m 370m/h
  • Tps : 8h35

J11 Dimanche 18 octobre – Selélé (4290m) Gunsa (3595m)

0° sous la toile paradoxalement la même température qu’a Tseram 400m plus bas. Ce phénomène est lié à l’inversion des t° qui fait que l’air froid étant plus lourd que l’air chaud il stagne dans les vallées et se condense parfois ce qui nous vaut une superbe mer de nuages sur la vallée de Gunsa.

Porteurs et cuisiniers sont logés sommairement dans des baraques ouvertes à tous les vents et ce matin ils sont levés dés les 4h du matin et se mettent en action pour se réchauffer. Me rendant en cuisine a 5h30 j’en trouve un en Tongue je lui touche les pieds, ils sont chauds, non vraiment ils ne sont pas comme nous ces népalais !
La descente sur Ghunsa vous a comme un air de Provence et à l’arrivée un généreux soleil nous fait don de sa présence jusqu’à l’inévitable montée des nuages a partir de 16h. A la fin de la descente se trouve la centrale électrique qui alimente le village (possibilité de recharger) ainsi qu’un dispositif de distillation du genévrier qui produit une essence ou huile essentielle que les bouddhiste mettent dans le foyer comme encens. On y trouve également un gros moulin a prières mu par l’eau à l’abri tremblant.

La toilette dans le torrent en plein soleil restera comme une des plus délicieuses du séjour.
C’est la fête (Tihar après Dasain) à Gunsa et tout le monde chante et danse dans le village. Pour nous la soirée se prolonge autour d’un Yams endiablé qui vient remplacer les folles parties de Uno partagées avec les népalais. (bonne idée le jeu de Uno en Trek, ambiance garantie)

Nous sommes au même lodge qu’en 2006 et partageons la vie quotidienne de la famille ou 3 générations sont présentent autour du foyer dans ce chaleureux intérieur tibétain.

  • M :92m-240m/h
  • D : 845m-330m/h
  • Durée : 3h56

 

petraud
A propos de l'auteur

Guide de haute montagne, Vingt-cinq années d'itinérance dans les Alpes, l'Amérique du Sud et l'Himalaya en alpinisme, trekking, expéditions et l'émotion provoquée par  la fréquentation de paysages hors du commun ont trouvé un débouché tout naturel à une passion tenace...



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