Randonnée à Madère : levadas, picos et côtes sauvages

Destination : Portugal | Activité : Randonnée  | Agence : Chamina Voyages 
Nombre de jours : 5 jours | Dificulté : 3 | Dénivelé : +4 000 m/- | Type d'itinéraire : Etoile | 
Ecosystème : Campagne, Littoral, et Montagne | Hébergement : Chambre d'hôtes et Hôtel
Meilleures Périodes : Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre, Octobre, et Novembre
Madère est une destination de randonnée par excellence : un climat agréable tout au long de l’année, une végétation luxuriante et surtout des paysages somptueux où s’imbriquent mer et montagne. Récit de ma semaine de randonnée ver les plus beaux sites, notamment le long des canaux d’irrigation, les fameuses levadas.
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L’instant d’avant, il paressait dans le léger courant. Vif, le poisson disparaît en un clin d’œil. Une petite truite. Je n’en reviens pas d’en voir ici. Certes, le décor s’y prête : un endroit sauvage, une gorge rocailleuse. Mais dans une « levada », ce petit canal d’irrigation, large de cinquante ou soixante cm, profond de dix au plus ? Si les truites y vivent, c’est que l’eau en est très pure.

Des levadas, il y en a partout, jusque dans les endroits que j’aurai jurés inaccessibles. Quelque 3 000 km de ces caniveaux serpentent à flanc de montagne dans toute l’île. Ils viennent apporter l’eau aux cultures en terrasse, d’ailleurs souvent mélangées dans un même champ : patates douces, maïs, choux, haricots, tomates… Leurs murets de soutènement font d’agréables sentiers, parfaits pour découvrir Madère au plus profond.

Levada de Caldeirão Verde

La levada emprunte plusieurs tunnels

Celles où j’ai découvert la truite se trouvent sans doute dans le plus beau site qu’il m’ait été donné de voir. Ce n’est pas un hasard. Je randonne en effet avec Chamina, un voyagiste à pied qui est l’un des « découvreurs » de Madère et ne s’en est jamais détourné. Il a choisi de nous faire partager ses coups de cœur, une sélection de morceaux choisis de l’île.

Ici, nous nous trouvons sur la levada do Caldeirão Verde. Avant d’arriver au « Chaudron vert », une cuvette où s’abat une cascade d’une centaine de mètres, nous longeons cette levada impressionnante à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle domine des à-pics vertigineux donnant sur le ravin de la ribeira de São Jorge. Surtout parce qu’il s’agit d’une véritable œuvre d’art, datant du XVIIIe, façonnée par la main de l’homme. En chemin, je contemple quelques arbres magnifiques, notamment de hauts cèdres séculaires. A plusieurs reprises, la levada emprunte des tunnels –il faut alors avancer en s’éclairant à la frontale– creusés à la pioche qui ajoutent encore à la magie de l’endroit.

Pointe de São Lourenço.

Madère est une douce parenthèse qui séduit dès les premiers instants. Pour notre petit groupe, les choses ont commencé comme elles finiront, en bord de mer bien sûr. En l’occurrence devant les plus belles falaises de l’île, sur son extrémité Est, à la pointe de São Lourenço. Leurs couleurs, de l’ocre strié de noir, sont magnifiques. Entre ciel et mer, les promontoires et les gros rochers fichés dans l’eau se détachent sur une palette de bleus. Bon nombre de phoques vivent là, mais ce jour-là ils ne montreront pas leur museau.

Le lendemain, j’admire encore une fois la pointe en grimpant vers le col de Boca do Risco par un impressionnant sentier. Il court à flanc de falaise, laissant le regard s’échapper vers le large. La vue est superbe. A mes pieds, le ravin dégringole vers les blocs de pierre battus par les vagues. Sur quelques tronçons, il faut s’aider d’un câble métallique fixé dans la roche. Au passage, j’admire de larges joubarbes à plateau en forme de rosace, accrochées à la falaise. Avec la haute vipérine bleue, c’est sans doute la plante emblématique de l’île. Seul le randonneur peut la contempler, elle ne pousse que dans ces endroits perdus.

Distillerie

La descente sur l’autre versant du col est tout aussi escarpée. Les pentes donnant sur la mer sont vraiment très raides. Je découvre ainsi une remontée mécanique, semblable à ce que l’on voit dans les stations de ski, qui dessert une vigne plantée tout en bas, près de l’eau !
Le retour à la civilisation se fait de manière bien sympathique. Dans le petit village de Porto Da Cruz nous attend en effet une pittoresque distillerie de rhum. Toute pimpante avec ses murs blanchis à la chaux, c’est une survivante d’une autre époque. Datant de près d’un siècle, elle est l’une des dernières de Madère. Elle fonctionne avec des machines à vapeur bien plus anciennes encore, récupérées ailleurs. Justement, les installations tournent à plein régime car dehors attendent des monticules de canne à sucre. Je ne me lasse pas du spectacle. Bien sûr, j’achète un peu de la production : ma contribution à la sauvegarde de ce monument historique, en quelque sorte.

Pico Ruivo

L’ascension est gratifiée de magnifiques points de vue

Autres témoins d’un temps révolu, ces belles maisons triangulaires à toit de chaume dont quelques unes datent du XVe. Très colorées, certaines de ces « palheiros » sont mêmes toujours habitées. J’en aperçois bon nombre à Santana, un gros village un peu plus au nord, avant de m’enfoncer vers l’intérieur de Madère. Direction le Pico Ruivo, le point culminant avec ses 1 862m.

randonnée à madère

L’ascension est gratifiée de magnifiques points de vue sur les sommets alentour. Souvent, leurs pointes acérées s’élèvent par-dessus une mer de nuages du plus bel effet. La descente fait ensuite faire connaissance avec la forêt laurifère, des lauriers qui atteignent 30 ou 35 m. Elle vaut à Madère le privilège d’être classée patrimoine mondial naturel de l’Unesco. Des endroits comme celui-ci font naître en moi un étonnant sentiment de plénitude. Marcher dans cette île est un plaisir chaque jour renouvelé.

Sur la côté sud, voilà maintenant Jardim do Mar. Un village jardin en bord de mer, comme son nom l’indique. Pas de voitures. Chaque famille a son lopin de terre où poussent, entre autres, ces succulentes bananes tellement appréciées à Lisbonne. De belles balades sur les hauteurs, notamment pour aller au village voisin de Paulo do Mar. L’endroit rêvé pour conclure un séjour dans cette île jardin qu’est Madère.

Randonnée à Madère

Informations pratiques

Grand spécialiste de Madère, Chamina Voyages, qui est basée en Auvergne, propose une dizaine de circuits de 3 à 13 jours dans cette île avec différentes formules : randonnée itinérante, en étoile, en accompagné ou en liberté…

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Un guide : le Guide du Routard Madère, 13,90 euros

Une carte au 1:30 000 par les éditions Freytag

A propos de l'auteur

Journaliste professionnel venant de la presse régionale, j'ai toujours aimé bouger. Au fil de mes pérégrinations, j'ai découvert le voyage à pied et à vélo, que j'apprécie énormément. Et plus j'en fait, plus j'en redemande !...