Refuge de Shenavall

Destination : Europe » Ecosse | Montagne : Highlands | Activité : Randonnée  | 


Bivouac de Carnmore-Refuge de Shenavall - Highlands : rando willderness
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Vincent a regonflé son matelas percé, bataillé avec sa gourde renversée qu’il n’arrive pas à refermer, et tout cela pendant la nuit. Nicolas a eu de petits soucis gastriques qui l’ont sorti précipitamment de la tente à deux reprises. Ce matin il fait chaud, et les petits soucis de la nuit sont déjà oubliés. Le petit déjeuner en ce début de journée ensoleillée est un bon moment très apprécié. Les conditions sont optimales; le moral est à 150% ! Seules de petites ampoules chatouillent le talon de Vincent. Assi à l’abri du vent, on sent déjà une forte chaleur, et espérons un peu d’air pour nous rafraichir au cours de la marche.

Le sentier que nous devons suivre est visible depuis le bivouac, et s’élève au dessus du loch Dubh. On commence par une sacré grimpé avec une forte pente qui nous arrache de grosses gouttes de transpiration. Je me sens bien, en forme, et les jambes sont pleines d’énergie pour attaquer cette montée en force. De nouveaux lacs apparaissent au col et de nouveaux sommets pointent. C’est l’endroit idéal pour une pause, et un petit bain de soleil, torse nu sur les rochers. Repartant avec élan, nous entonnons un frère Jacques en canon, dans une procession à cinq. Sur la plage en face de nous, les deux écossais de la veille trempent les pieds dans l’eau du lac. Ils doivent s’amuser de nous entendre chanter, d’autant que s’ensuit un détonement qui vient de l’arrière: Nicolas vient de se tordre la cheville…aie aie aie!

Après avoir longé un long moment un sentier de cailloux sec, une vallée gigantesque s’ouvre. Nous pénétrons dans le berceau de l’humanité. Hallucination? Non. Seulement une évocation évidente tant le décors nous évoque l’Afrique de l’est par sa végétation, ses couleurs et sa grandeur. Ouah…bluffant! Une descente progressive amène à une nouvelle rivière. Omniprésence de l’eau. Nicolas traine la jambe. Sa cheville a gonflé. Une petite entorse viendra perturber le bon déroulement de la journée. C’est le moment de faire l’arrêt déjeuner, sous une forte chaleur. On reprend la descente le long de la rivière qui en rejoint une seconde plus importante. De nouveau nous longeons ses berges riantes, vertes, bordées d’arbres pour la plupart secs. De nouveau je suis plongé en Afrique, mais en Afrique australe à présent, au nord de la Namibie, près des chutes d’Epupa. Toujours des comparaisons…Les conditions climatiques sont exceptionnelles, ce qui entraine un niveau d’eau des rivière relativement bas. De ce fait nous pouvons franchir le guet sans se mouiller et sans avoir besoin de nous déchausser; ce qui en situation plus normale n’aurait pu être le cas.

Changement de cap vers l’est: En ligne de mire, le refuge de Shenavall. Avant de l’atteindre un second guet à passer sans encombre, en courant cependant pour ne pas laisser à l’eau le temps de traverser les guêtres et le tissus des chaussures. Entre les deux rivières, une immense vallée marécageuse est à traverser. Un territoire vaste, entouré de sommets à la réputation fameuse. Revoici l’Afrique et le Damaraland. Des cerfs courent un peu partout par groupe de quelques tètes. Un territoire de chasse préhistorique nous plongent dans un film d’époque. Des pièges se refermeraient sur celui qui ne prendrait pas garde à éviter les mares de sphaigne. Nous y enfonçons le bâton de marche de Vincent sur 1m40! Il est difficile d’évoluer sur ce terrain trempé. Qu’en serait-il si le temps n’était pas aussi sec, si le brouillard nous empêchait d’anticiper les obstacles? Mieux vaut ne pas l’imaginer. Pour être honnête, cette zone s’avèrerait très dangereuse.
Le refuge est grand, divisé en plusieurs pièces au rez de chaussée. A l’étage, un planché fait office de dortoir et sera notre chambre d’un soir, que nous partagerons avec nos deux compagnons écossais.

Des cerfs paissent devant l’entrée. La luminosité baisse, et le paysage revêt de nouvelles teintes. A droite, à 1,5 kilomètres, un lac. Au pied du refuge, un arbre vert, des murets de pierres érigés et des ruines en contre bas, la rivière fend le marécage. Que de paysages évoqués, traversés. Nous voulions une nature vierge, sauvage; nous sommes servis. Nous voici immergés dans nos lectures au contact de la nature, emplis de reconnaissance .
La soirée est ventée sur cette butte exposée et on s’habitue rapidement au confort, même relatif. Tout au moins on bascule dans la facilité dès lors qu’on a le choix, et ce soir le fait est que nous dormirons à l’intérieur plutôt que de déballer le matériel pour planter les tentes.

tieri24
A propos de l'auteur

Enseignant en sciences physiques, je profite de mon temps libre pour m'envoler vers de nouvelles destinations...Amoureux de voyages, passionnés par les rencontres, mon sac à dos n'est jamais bien loin...  ...



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