Rivière du Béna – Estany de Pradella

Destination : Occitanie » France | Montagne : Pyrénées | Activité : Randonnée  | 


Rivière du Béna – Estany de Pradella - Tour du Carlit
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Carnet : Tour du Carlit
  • D+ : 945 m
  • D- : 650 m
  • Temps de marche : 6h15
  • Trace GPS

Nous nous réveillons lentement lorsque les rayons du soleil viennent lécher la toile de la tente. Il est 7h30. Nous ne sommes pas pressés. Nous nous préparons tranquillement. Un troupeau de chevaux vient cependant nous faire comprendre qu’il est temps de prendre la poudre d’escampette et de les laisser brouter paisiblement l’espace que nous leur avions emprunté pour la nuit. Ils vont jusqu’à renifler nos plats lyophilisés. Seraient-ils tentés par un muesli au chocolat ?

Le chemin longe la rivière Béna, rejoint un parking et descend sur le hameau de Feners et de Brangoli avant de remonter sur la colline de Juell.

Un peu plus loin, nous passons la chapelle de Santa Maria de Belloc construite au milieu du XIIIe siècle. Elle domine le village de Dorrès que nous rejoignons. Le site a été habité dès l’époque néolithique mais il est aujourd’hui davantage connu pour ses bains romains. L’Eglise Romane Saint Jean de Dorrès édifiée au XIIe siècle, puis maintes fois modifiée, mérite qu’on aille y jeter un œil. Elle était justement en réfection lors de notre passage.
Face à l’Eglise, nos regards s’attardent sur le panneau Hôtel / Restaurant Marty.Il est 11h15. Pas besoin d’hôtel. Il est un peu tôt pour manger mais nous décidons de nous poser et d’attendre 12h00 pour prendre le menu à 15,00 €. Et, nous ne le regretterons pas. C’était copieux et délicieux.

La panse bien remplie, on rempile notre rando pour l’après-midi. A hauteur des Escaldes, nous prenons plein nord par un sentier qui grimpe à travers la garrigue par quelques restes de voies romaines. Le soleil tape comme une chape de plomb. Nous avons bien fait de refuser le petit rosé que nous proposait la serveuse du resto.

Nous passons un réservoir et une cabane et empruntons une piste forestière. A l’est, une espèce d’Ovni tout droit sorti de Star Trek émerge de la montagne. C’est en réalité la centrale thermique de Thémis sur la commune de Targasonne. Située à quelques kilomètres du four solaire d’Odeillo, elle constitue un des grands projets solaires de France. Avec 2400 heures de soleil par an en Cerdagne, un vent très faible limitant les temps de non-fonctionnement des installations de la centrale, et une altitude (1650 à 1690 m) favorisant la réception du rayonnement solaire direct, le terrain est idéal pour accueillir la centrale à tour. Elle fait partie du projet Pégase (Production d’électricité par turbine à gaz et énergie solaire), piloté par le laboratoire Promes du CNRS à Odeillo.

En poursuivant sur la piste, nous arrivons à la chapelle Sant Mart d’Envalls qui constituait encore il n’y a pas si longtemps une étape sur le chemin vers Saint-Jacques de Compostelle. Une cabane a d’ailleurs été aménagée près de l’Eglise pour y accueillir un ou deux randonneurs maximums.

Nous remontons la vallée d’Angostrina. Le sentier est détrempé par la fonte des neiges. De la boue, partout. Heureusement que de grosses pierres le jalonnent ; nous pouvons ainsi poser nos pieds de pierre en pierre et éviter de se dégueulasser.
A hauteur du télésiège de la Calma Nord, le vent se met à souffler. Nous traversons le Pla de Bones Aures. Nous aurions pu aller directement à l’Estany de Pradella mais nous ne l’avons pas fait pour deux raisons. Premièrement, nous voulions voir le lac des Bouillouses. Secundo, nous ne savions pas encore que nous allions y passer la nuit.

Les eaux du lac sont agitées par le vent. L’hiver dernier, je suis venu ici même faire de la raquette et des rafales de vent à 120 km/heure nous avaient drôlement chahutées. A croire que le vent est une constante ici.
Nous faisons une halte au refuge des Bouillouses pour boire un coup et décider où nous allons poser le bivouac. Nous optons pour l’estany de Pradella que nous rejoignons par le GR10. Nous y arrivons en fin de journée. Nous pensions nous installer dans la cabane qui jouxte la rive est du lac mais elle est déjà occupée. Nous posons donc le bivouac plus à l’ouest. Les zones de bivouac ne sont pas si nombreuses car le terrain est humide si ce n’est marécageux. C’est sans doute li aux récentes chutes de neige.

A 23h00, lorsque nous nous couchons, il fait 2°C à l’extérieur et 6°C dans la tente. Il est temps de se glisser dans le sac de couchage bercé par les eaux du lacs et les lueurs scintillantes de la pleine-lune.

Grégory Rohart
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales.Ambassadeur Fujifilm...



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