Royaume interdit : quelques repères historiques

Destination : Népal » Asie | Montagne : Himalaya ; Mustang | Activité : Randonnée  | 


Royaume interdit : quelques repères historiques - Mustang : à pied au royaume interdit – Carnet de Trekking au Mustang (Népal)
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C’est Ame Pal (1380 – 1450), de race tibétaine et de foi bouddhiste, qui créa le Mustang après que son second fils Tsetin Trandul ait vaincu le démon Singe noir, chef du fort Mustang. Avec l’aide de ses fils il fondit la première capitale du royaume de Lo à Chenresi et déploya toute son énergie à unifier le peuple et vaincre les résistances des nombreux châteaux indépendants.

Lo Manthang, capitale actuelle fut créée, afin de protéger ses habitants derrières des murs épais, des invasions répétées venues du sud. Mais ils durent s’incliner devant l’insistance du Royaume de Jumla, puissant état du Népal occidental qui avait sous sa vassalité 44 petits Rajas du Népal et étendit son influence jusqu’en Inde du Nord. Vers 1760 des représentants reçurent l’autorisation de prélever des tribus qui provoqua une grande pauvreté dans le pays. Quelques décennies plus tard, en 1795 c’était au tour du roi de Gurkha, Prithwi Narayama Shah de conquérir le Népal occidental, Jumla et ses 44 royaumes vassaux. Il n’eut aucune prétention sur le Mustang mais celui-ci conscient de sa supériorité lui proposa de lui payer un tribu.

En 1855, lorsque qu’éclata la guerre entre le Tibet et le Népal, le Mustang se plaça aux côtés du Népal, le roi de l’époque envoyant même un de ses frère combattre aux cotés des troupes népalaises.

Cependant, tout au long de son histoire, jamais il ne perdit son indépendance politique. Au fil des siècles, les hauts châteaux forts furent abandonnés en faveur de la plaine. Chaque souverain ajouta qui un monastère, un chorten ou un nouveau palais.

En 1983 le Mustang a été rattaché au Népal. Il fait aujourd’hui partie d’un des 75 district qui forment l’ensemble du pays. Le roi actuel, Jigme Palbar Bista a été intégré dans l’armée népalaise au rang de colonel. Il n’a plus d’autre pouvoir que celui d’un chef féodal. Cependant, il conserve une certaine autorité sur les habitants du Mustang qui continuent à travailler sur ses terres. En effet dans chaque village, des terres qui lui appartiennent ont l’obligation d’être cultivées et les récoltes envoyées sur la capitale.

Si le Mustang est resté inexploré aussi longtemps, c’est principalement pour deux raisons : il ne faut pas oublier que le Népal lui-même ne s’est ouvert aux étrangers qu’en 1950 (la décision de fermer le Népal fut prise en 1816 à l’issu de la signature du "traité de l’amitié" qui mettait fin à deux ans de conflit entre les deux pays. Ce traité défavorable au Népal redéfinissait entre autre ses frontières, lui autant la partie du Cachemire et du Sikkim). D’autre part, après l’annexion du Tibet par la Chine, beaucoup de réfugiés s’installèrent au Népal et parmi eux les Khampas (nomades tibétains en rébellion) qui essayèrent d’organiser une rébellion notamment depuis le Mustang. C’est donc cette instabilité politique qui ferma le Mustang aux étrangers au moment ou le Népal s’ouvrait.

Parmi les plus anciennes références dans la littérature on trouve une allusion au Mustang dans un livre écrit en 1793 par W.J. Kirk-Patrick, un des premiers anglais à avoir pénétré au Népal, où il écrit à propos de la rivière Kali-Gandaki dont on lui a parlé ‘On dit que la source de ce fleuve est située au nord de Mookti, dans la direction du Moostang" et d’ajouter "Le Moostang est un endroit d’une certaine importance dans le haut Tibet".


Texte photos : Marie-Laure Vairelles, photographe (reportage et montage)

mlvareilles
A propos de l'auteur

 28 années à parcourir la planète, un pied sur chaque continent, une prédilection pour les marches dans les Alpes et l'Himalaya, mais aussi les deserts et les Andes... témoigner de la diversité des cultures de notre planète. Architecte d’intérieur de formation, j’ai parc...



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