São Jorge, l’île brune

Destination : Portugal » Europe | Activité : Randonnée  | 


Au programme deux jours de randonnée dans la partie centrale de l'archipel, à la découverte de São Jorge, une île plus rurale où le marcheur entre véritablement au coeur de l'Histoire des Açores et de ses premiers colons.
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São Jorge – Fajã dos Vimes, Fajã do Santo João

  • D+ : 485 m
  • Distance : 10 km
  • Durée : 3h30

Il faut prendre l’avion pour rallier l’île de São Jorge, avec une escale à Terceira. São Jorge, c’est l’île brune, en rapport avec la couleur de sa terre et de ses chemins. C’est aussi une ambiance différente, plus orientée vers la ruralité. Vue du ciel, São Jorge est démesurément longue, mais relativement étroite. Un poignard effilé, jeté en travers de l’Atlantique. Une longue ligne de crête, verte, séparant deux longs versants plongeant vers l’océan, 1500 mètres plus bas. Un itinéraire pédestre de plusieurs kilomètres s’y enroule qui permet de profiter d’un panorama exceptionnel sur les autres îles de l’archipel, São Jorge occupant en effet une position centrale aux Açores. Mais c’est tout en bas que démarre notre randonnée, au point zéro du niveau de la mer.

Rejoindre le Fajã de Santo João et ses petites habitations typiques aux murs blancs étirées le long de l’océan, c’est tourner le dos à l’exubérance de São Miguel et s’immerger dans la vie d’antan de l’île, loin de tout sensationnalisme. Peut-être serez-vous invité à l’improviste pour partager un moment avec l’habitant d’un de ces petits carrés de terrain où ne se pratique qu’une agriculture de subsistance ? De ce côté de São Jorge, les locaux sont en effet ravis de voir les touristes visiter leur île et leur accueil est aussi généreux que sincère. Pour en bénéficier, se laisser aller, ralentir l’allure et se mettre au diapason de l’île tout au long de ces dix kilomètres de montagne russes évoluant au-dessus de l’océan. Les randonneurs contemplatifs et tournés vers l’humain apprécieront à juste titre cette île qu’il faut apprendre à feuilleter pour l’apprécier réellement. Et là, dans un bruissement de vagues, Fajã de São João sera là, signant la fin d’un voyage à pied pittoresque.

São Jorge – Serra do Topo, Caldeira do Santo Cristo, Fajã dos Cubres

  • D+ : 100 m D – : 820 m
  • Distance : 9 km
  • Durée : 2h30

Une randonnée toboggan plongeant au coeur d’une nature qui, de ce côté de l’île, a échappé à toute tentative de contrôle humain. Nous passons sous les nuages qui emprisonnent la partie supérieure de São Jorge au-delà de Serra do Topo. Presque aveugle il y a encore quelques instants, nous sommes désormais frappés par l’incroyable beauté des immenses versants de la face nord de l’île, échancrés en profonds ravins recouverts des gerbes vertes d’Erica Azorica. Eclatant. Une explosion végétale qui sert de décor à cette randonnée, parmi les plus prisées de l’île et qui, en une poignée d’heures, conduit le randonneur vers Fajã do Santo Cristo. Une longue descente vers le paradis des surfers, dans l’intimité d’un vaste canyon offrant en permanence des vues spectaculaires sur l’océan. Bien balisés, les itinéraires de randonnée des Açores sont faciles à suivre.

A l’abri au pied des falaises, fouetté par les rouleaux de l’Atlantique, le petit sanctuaire de Santo Cristo ressemble à s’y méprendre à un bout du monde bricolé par une sympathique bande de hippies. Ici on s’occupe de son bout de terrain avec les moyens du bord. A moins que l’appel de l’océan soit trop fort. Alors on embarque sa planche et on va surfer : le bricolage attendra. Il y a un petit côté paisible à Santo Cristo. Unie par les liens sacrés de l’océan, la communauté de surfers qui vit ici en autarcie ne semble pas avoir besoin de grand-chose de plus. Le lagon tout proche de Santo Cristo est également une réserve naturelle qui abrite l’un des trésors locaux : l’Amêijoa, une palourde commune. Sur ce qui sert de place, au débouché de la route qui remonte vers le haut de l’île, les hommes se rassemblent autour d’un verre. Ouvriers et surfers vont et viennent au rythme des quads qui leur servent de moyen de locomotion. Naufragés volontaires sur Sao Jorge qui regardent passer les touristes que nous sommes.


 

A propos de l'auteur

A force de voir gamin des grands avec des gros sacs, le moment est forcément arrivé où j'ai eu envie de faire comme eux. De randos à la journée en trek de plusieurs jours, je finis par tenter l'expérience des treks au long cours : traversée des Pyrénées (2002), GR5 français (2004...



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