Snertsee – Pishu

Destination : Inde » Asie | Montagne : Himalaya ; Ladakh | Activité : Randonnée  | 


Snertsee - Pishu - Traversée du Zanskar
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Jour 7

D+ : 1100 m
D- : 1350 m
Temps de marche : 9h00
Altitude arrivée : 3470 m

La journée commence par une descente vers le pont sur le Zingchan Tokpo, qui sépare le Ladakh et le Zanskar, suivie par une raide remontée (-400m, +500m) vers le Purfi-La. Nous doublons un groupe déjà assez éparpillé, à cause d’un retardataire bien lent. Avant ce pont et en venant du Ladakh, il y a de nombreux endroits pour camper. Jolie vue depuis le Purfi-La. Descente vers la vallée de la rivière Zanskar. C’est aussi le nom de l’ancien petit royaume dans lequel nous avons pénétré. Dorénavant le terrain sera beaucoup plus plat, car nous allons longer presque jusqu’à la fin du trek cette large vallée du Zanskar. Le paysage est encore plus désertique. En descendant, nous croisons un autre groupe de randonneurs. Un peu plus loin, nous sommes surpris par une explosion ! C’est l’armée qui est occupée à faire avancer la route de Padum à Leh. On peut dire qu’il y a beaucoup de travail et que ces impressionant travaux vont prendre encore des années, lorsque l’on voit le bulldozer si insignifiant à côté de l’immense falaise verticale où il déblaie les matériaux explosés. Nous poursuivons la route qui est assez pénible. Nous arrivons à Hanumil où nous mangeons à l’ombre d’un pont juste après le site de campement. Il fait très chaud. Le reste de la randonnée paraîtra interminable jusqu’à Pishu où nous esperons bien pouvoir trouver un restaurant qui nous requinquera.

Mais Pishu s’avère plutôt petit. C’est un prototype de village Zanskari : à l’entrée se dresse sur deux piliers une stupa, un long mur de pierres délimite les contours des cultures, les habitants récupèrent les excréments des animaux dans des petites fosses pour en faire des galettes qu’ils font sécher sur les murets extérieurs de leur propriété. Les animaux sont très présents.

Notre arrivée devient vite le centre d’intérêt du village. Tous les enfants nous entourent. Ayant cherché sans succès un quelconque endroit où manger quelque chose, nous demandons à un homme parlant un peu anglais s’il est possible de dîner quelque part. Il nous invite alors à venir chez lui d’ici une heure. Cela nous laisse le temps de monter la tente entre le village et les cultures, alors que le soleil se couche. Des enfants nous aident et nous leurs montrons des objets qu’ils ne connaissent pas. Nous évitons de donner des stylos ou des bonbons pour les remercier, préférant leur offrir juste quelques abricots secs, même si c’est moins à leur goût. Ces enfants sont en tout cas mieux élevés que bien d’autres, car ils ne réclameront rien.

A 19h30 nous allons donc dîner chez notre hôte qui s’appelle Theckjay Angchok. Il nous présente à sa femme et un de ses enfants, sa dernière fille. Il a 33 ans et 5 enfants. Il parle en fait bien anglais car il a appris à l’ école et participe souvent à des treks comme accompagnateur muletier. Sa fille révise ses cours en même temps que nous mangeons. C’est l’Urdu qu’elle apprend, la langue officielle au Zanskar comme dans tout l’état du Jammu & Kashmir, parlée par les musulmans d’Asie Centrale mais pas dans le reste de l’Inde, cela n’aide donc pas à l’intégration de cette région. Son père l’aide un peu. Nous discutons pendant environ une heure en nous emplissant de ‘dale-bat’ (le grand plat classique du pays : lentilles ou pois épicés et riz). Nous évoquons entre autre l’éducation des enfants du village. Il y a bien depuis quelques années une école ici, mais l’unique enseignant ne suffisait pas, grâce au soutien d’une association européenne un deuxième maître d’école, privé celui-ci, peut désormais être payé. Très vite, les jeunes enfants doivent quitter ce trop petit village pour pousuivre leur enseignement dans de plus importants bourgs, ils ne rentrent alors qu’en fin de semaine. Il nous parle également du manque de neige au Zanskar depuis 2 ou 3 ans, ce qui pose de gros problèmes pour se procurer de l’eau potable à la belle saison. Nous pourrons effectivement le constater demain en allant à la seule source du village, qui coule bien peu. Les gens y font la queue et il faut compter près de 20 minutes pour remplir un de leur grand bidon.

Après avoir remercié notre hôte et lui donné 100 Rs pour le repas, nous partons nous coucher, très heureux de notre soirée.

nicotravel
A propos de l'auteur

Sportif, contemplatif et amoureux des voyages, a la recherche de paysages inedits et de rencontres d'autres cultures...



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