Tour de l’Illampu en Bolivie

Destination : Bolivie » Amérique | Montagne : Andes | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 6 jours | Difficulté : 4 | Dénivelé : +4400 m/-4000 m | Distance : 76,5 km | Type d'itinéraire : Demi-boucle | 
Transport : Bus | Ecosystème : Forêt, Montagne, et Rivière et fleuve | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Juillet, Août, et Septembre
Le Tour de l'Illampu abrite les cimes les plus hautes de Bolivie. Récit et trace GPS de mon trekking de 6 jours au plus près des glaciers andins.
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Durant l’été 2023, j’ai réalisé le trek du tour de l’Illampu en Bolivie. C’est un itinéraire exigeant de 6 jours situé à une centaine de kilomètres de la Paz. Il contourne l’imposant Nevado Illampu, qui culmine à 6368 m. Il côtoie au nord un climat instable et humide, et plus au sud l’altiplano avec un temps bien plus sec. Un massif unique, accueillant les plus hautes cimes de Bolivie qui révèle bien des nuances… Récit d’un trek de 6 jours au plus près des glaciers andins au départ de Lacathiya.

Depuis Sorata jusqu’à Chajolpaya, premiers pas en haute montagne

La journée ne commence pas très bien pour certains. En effet 5 d’entre-nous sont malades. Mais bien malades. Après quelques kilomètres en taxi 4×4 sur une route sinueuse et poussiéreuse à souhait, nous arrivons au départ du trek à 3890 m sur une plaine dégagée. Pas une âme qui vive, les muletiers sont déjà là, alors c’est parti pour les 870 m de dénivelé jusqu’au col Illampu ! Nous faisons connaissance avec toute l’équipe : nos deux guides, cuisiniers et aides de camp, ainsi qu’avec les 10 mules qui nous suivront pendant 6 jours. Une dizaine de personnes au total va nous accompagner.

Le paysage est déjà lunaire et dépaysant… nous apercevons les hauts sommets dans une brume partielle. Cette étape n’est pas si raide par rapport à ce que nous faisons en France, mais quand on est malade… la montée est interminable. Les mules finissent par dépasser le groupe des éclopés et nous atteignons le col vers midi pour déjeuner tous ensemble. Depuis ce point, il ne restera plus que de la descente pour atteindre notre premier bivouac, déjà installé, près de l’Estancia Utjana.

La première nuit se déroule bien, nous sommes deux par tente, il n’a pas fait froid même si nous étions à 3500 m d’altitude.

Nous partons le lendemain en direction du col Khorvasini (4475 m) pour une étape de 712 m de dénivelé. Deux d’entre-nous sont encore fébriles et vont faire le trajet de contournement de ce col en 4×4 avec les cuisiniers. Nous nous retrouvons tous à midi où la table est posée sur un champ marécageux entouré de sinueux cours d’eau, et avec nappe s’il vous plait ! Puis, après quelques kilomètres à longer la rive gauche de la rivière, nous atteignons Cocoyo, petit village adossé à flanc de montagne à 3520 m. De nombreuses mines — certaines toujours exploitées — parsèment la vallée ; et le village a été désenclavé grâce à une large piste. Nous sommes étonnés, il est très peuplé. Les enfants nous dévisagent et quelques tiendas proposent toutes sortes de choses à acheter : chips, biscuits, etc. Je doute que beaucoup d’étrangers comme nous traversent ce village en plein hiver austral !

À la sortie de Cocoyo, nous remontons une piste pour atteindre notre bivouac. Pas de chance cette fois, des paysans font ce qui semble être de l’écobuage, et notre bivouac est pile dans le sens de la fumée ! Le lendemain, une montée très progressive nous attend pour atteindre le col de Sarani (4520 m). Nous évoluons sur une large piste cette fois encore, mais le temps s’est bien bouché et nous passons le col sous la neige ! La descente sur Chajolpaya (4162 m) est douce, nos pas feutrés. Nous nous abritons environ 20 min sous une cavité rocheuse pour laisser passer l’averse de neige. Nous reprenons la descente, et nous installons le bivouac dans une jolie plaine bordée d’une rivière (très) froide. Certains s’essayent à la toilette de chat, mais ne s’éternisent pas ! Le temps se dégrade encore un peu et il se remet à neiger en début de soirée. La nuit sera plus froide et humide.

De Chajolpaya à Chojna Kota, à la découverte des vallées reculées

Le lendemain, nous partons à l’assaut du col de Calzada (5050 m), point culminant de notre trek. La neige s’est invitée cette nuit et a gelé nos tentes. Le départ est un peu frais ! Nous quittons tranquillement cette vallée étroite et verdoyante de Chajolpaya. Toutes les couleurs sont rehaussées par le temps qui s’améliore. Nous passons progressivement sur le versant altiplano, et ça se voit ! L’air devient plus rare à mesure que nous progressons, ça se ressent. Nous marchons sur de larges lacets interminables… mais l’ascension est progressive. La barre des 5000 m atteinte, nous déjeunons sous la tente mess, bien fatigués. Mais une mauvaise nouvelle s’annonce… Deux de nos copains ont atteint leur limites et nous quittent pour retourner à La Paz en 4×4 pour se reposer.

Le repas fini, nous repartons en descente pour atteindre un vaste territoire très minéral, jonché de pierres aux multiples nuances, mais surtout… nous revoyons l’Illampu immensément haut et d’un blanc éclatant. Déjà plusieurs jours que nous n’avions pas vu de hauts sommets. Le paysage est saisissant ! Cette descente est d’autant plus agréable que nous retrouvons du sentier au lieu de larges pistes, et un ciel enfin complètement dégagé. Nous arrivons ensuite sur un belvédère qui restera pour moi une des plus belles vues de ce trek : la laguna Carizal. Un bleu éclatant, des glaciers d’un blanc immaculé mêlés aux tons rouges de la roche, et cette lagune glaciaire d’une couleur indéfinissable… Le spectacle est magique ! L’occasion de faire des photos de groupe… et d’exulter en images !

Nous poursuivons pour rejoindre l’équipe et le bivouac près de la laguna Chojna Kota. Ravis d’avoir enfin du grand beau temps ! Le repas est une très bonne surprise puisqu’on nous prépare de la viande grillée ! La nuit s’annonce par contre bien plus froide avec ce temps dégagé. Au réveil, nous regardons le 4×4 s’éloigner car il cesse de nous suivre à partir de maintenant. Les vivres qu’il reste jusqu’à la fin du trek peuvent être aisément portées par les 10 mules, et l’équipe de cuisine va nous suivre à pied.

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De Chojna Kota à Challuyo, au cœur de l’altiplano

Les températures ce matin sont bien descendues. Nous repartons après avoir tenté de se réchauffer. S’engage alors un longue série d’ascensions de cols. Pas moins de trois vont s’enchaîner, avec à chaque fois une vue mémorable sur ce massif glaciaire. Nous déjeunons (chaud !) au beau milieu d’une prairie… incroyable ! Nous sommes reconnaissants et impressionnés par l’équipe locale qui nous accompagne. Pour eux, il est naturel de porter une marmite de pâtes chaudes à 5000 m. Nous essuyons encore une petite averse de neige après le déjeuner.

Repus, nous arrivons en début d’après-midi au bivouac. Le temps est mitigé, mais assez doux. Une fois arrivés au camp, les guides nous invitent à rejoindre un de leurs « secret spots » à 200 m de là… et à apporter une serviette. Nous voilà une dizaine à s’exécuter et à découvrir un grand bassin alimenté d’une eau à 30 °C. Nous n’avons pas pu nous laver depuis 5 jours, c’est le bonheur à l’état pur… On pousse le vice à siroter une bière et à rester des heures pour certains dans ce bain délassant. Dans cette situation complètement insolite, nous nous sentons seuls au monde et très privilégiés.

Le lendemain, nous échangeons au petit-déjeuner sur la nuit la plus froide que nous venons de passer. La neige fraiche du matin nous rappelle que nous sommes à 4500 m. Et je dirais que nous avons avoisiné cette nuit les -10/-15 °C. Une fois prêts, nous entamons une montée à flanc de montagne pour rejoindre un dernier col sans nom.

En quittant le camp, les couleurs sont encore plus éclatantes que la veille. Le bleu du ciel contraste avec les roches ocre alentour. À l’approche du col, nous évoluons face à un dernier lac de montagne : la laguna San Francisco, immensément grande. Puis, après avoir regardé une dernière fois en arrière en direction de ces glaciers immaculés, nous entamons l’ultime descente pour rejoindre l’arrivée du trek. Nous apercevons le lac Titicaca au loin, le paysage est de nouveau lunaire. Le minibus est venu nous chercher au plus haut, mais il roulera encore une bonne heure pour nous faire rejoindre la civilisation. Un dernier adieu à nos hôtes et à ces 6 jours hors du temps sur ce tour de l’Illampu, et nous voilà repartis pour explorer cette fois le sud Lipez.

Informations pratiques – tour de l’Illampu

Comment s’y rendre ?

Vol international avec escales jusqu’à La Paz. Sorata, le point de départ du tour de l’Illampu se trouve à environ 150 km au nord-ouest de la capitale bolivienne. Des bus peuvent vous y conduire.

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Les étapes du tour de l’Illampu

  • Jour 1 : Lacathiya – Estancia Utjana (870 m D+ 940 m D- 12 km)
  • Jour 2 : Estancia Utjana – Cocoyo (709 m D+ 970 m D- 11 km)
  • Jour 3 : Cocoyo – Chajolpaya (870 m D+ 420 m D- 12 km)
  • Jour 4 : Chajolpaya – Kojna Kota (1030 m D+ 550 m D- 19 km)
  • Jour 5 : Kojna Kota – Laguna San Francisco (490 m D+ 650 m D- 10 km)
  • Jour 6 : Laguna San Francisco – Challuyo (380 m D+ 424 m D- 9 km)

Quelle difficulté pour ce tour de l’Illampu ?

Le tour de l’Illampu est un trek difficile à cause de l’altitude, même si les dénivelés ne sont pas trop importants.

Quelle est la meilleure période pour réaliser ce trek ?

La période idéale pour faire le trek du tour de l’Illampu est pendant la saison sèche de juillet à septembre.

Carte du tour de l’Illampu

La carte Cordillera Real Nord couvre la quasi totalité de l’itinéraire excepté la partie du trek la plus à l’est, ce qui représente environ 1 jour de randonnée.

Mylka_74
A propos de l'auteur

Dans mes montagnes en Haute-Savoie je pratique la randonnée et l'escalade l'été ; ainsi que le ski de rando l'hiver. Ultra-bookée par mes nombreux projets pro, je pars plutôt sur des treks courts, principalement dans les Alpes, du nord au sud, mais aussi en Suisse et en Italie. J'aime découvrir de nouveaux endroits, gagner en autonomie, amél...



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