Tour des Cerces en 3 jours et en bivouac

Destination : Provence Alpes Côte d'Azur » France | Montagne : Alpes ; Cerces | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 3 jours | Difficulté : 3 | Dénivelé : +2730 m/-2730 m | Type d'itinéraire : Boucle | 
Ecosystème : Montagne | Hébergement : Bivouac et Refuge
Meilleures Périodes : Juin, Juillet, Août, Septembre, et Octobre
Tour des Cerces en 3 jours durant un week-end d’automne. Récit et trace GPS de la randonnée réalisée en bivouac depuis la vallée de la Clarée.
Posté le :



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Le Tour des Cerces n’est pas ma première randonnée dans le massif des Cerces dans les Hautes-Alpes en région PACA. Je suis déjà venu ici à plusieurs reprises, été comme hiver. La première fois c’était lors de ma traversée en raquettes entre Chamonix et Briançon, puis l’été lors de ma randonnée autour du Thabor. J’y suis venu aussi pour des randonnées à la journée et un long week-end multi-activités autour de Névache.

Le Tour des Cerces était sur mes tablettes depuis bien longtemps. Quand Simon m’a proposé ce week-end de randonnée de 3 jours au moment où la montagne se pare de ses couleurs automnales, je n’ai pas hésité longtemps. Loïc s’est joint à nous les deux premiers jours. A cette époque de l’année, les refuges sont fermés, on est donc parti avec la tente. En saison d’été, les refuges sont ouverts et peuvent être réservés via le site www.refugesclareethabor.com. Récit de mon tour des Cerces en 3 jours et en bivouac.

J1 – Refuge Laval – refuge des Drayères

 + 1187 m / – 1017 m  14 km  6h20

Nous garons le véhicule au bout de la route de la vallée de la Clarée, un peu au-delà du refuge Laval. Il est 10h00 lorsque nous démarrons notre tour des Cerces. Nous avons des difficultés à quitter les lieux, c’est tellement beau. La vue sur le fond de la vallée de la Clarée est époustouflante. Je pourrais m’assoir ici des heures à regarder la lumière modifier le paysage.

Au lieu de poursuivre dans la vallée de la Clarée, nous passons le pont du Moutet et entamons la montée vers le lac des Béraudes.  Rapidement, nous quittons la lisière de la forêt et ses couleurs d’automne ainsi que les Roches de Crépin dont j’apprécie l’esthétisme.

Je suis rapidement et anormalement fatigué. Essouflé, j’ai aussi des vertiges. « Peut-être une fringale » me dit Loïc. Possible, je suis levé depuis 5h30. Je m’alimente. Nous reprenons le chemin. Au lac des Béraudes, nous décidons de manger. On se trouve un petit coin au soleil et à l’abri du vent. Une pause salvatrice pour moi. Le lac des Béraudes est encore en partie à l’ombre. A cette époque de l’année, il n’est que très peu de temps complètement au soleil.

On reprend notre route jusqu’au col des Béraudes (2 770 m). Globalement, la montée a été raide. Même après le repas, j’ai continué à avoir des vertiges, la nausée même et le ventre ballonné. Mais quel spectacle ! Depuis le col, la vue porte sur le massif des Ecrins et ses glaciers. Un jour, il faudra que je m’aventure sur le tour des Ecrins. Quelques sommets autour de nous ont leur cime saupoudrée de la neige qui est tombée deux semaines plus tôt.

Nous poursuivons en balcon sous le Pic de la Moulinière (3073 m) et passons près des lacs de Crouserocs et de la Ponsonnière. Au col de la Ponsonnière (2 613 m), nous discutons quelques minutes avec une randonneuse, la première que nous croisons depuis le début de la journée.

Mais il nous faut repartir car le soleil décline déjà. Lorsque nous atteignons notre troisième col de la journée, celui des Rochilles, les lacs du Grand Ban et Rond sont déjà en partie à l’ombre. Il ne reste plus qu’à descendre tranquillement jusqu’au refuge FFCAM des Drayères (2180 m). En dehors de sa période de gardiennage, il reste ouvert pour un total de 40 couchages. Il restait un peu de gaz, un peu de vaisselle et il y avait de l’eau via un tuyau extérieur et quelques couvertures pour les frileux. Un grimpeur et deux autres randonneurs sont aussi présents.

Nous mangeons devant le refuge à l’abri du vent et retournons à l’intérieur sous les coups de 20h00. Ce Tour des Cerces est déjà une réussite avec cette belle première (et anormalement difficile) journée.

J2 – Refuge des Drayères – Lac Lavoir

 + 712 m / – 607 m  9 km  4h00

La nuit a été longue et chaude. Le thermomètre n’est pas descendu sous les 11°C. J’ai dormi avec mon sac de couchage Valandré Bloody Mary ouvert. La nuit a été bonne.

Nous déjeunons dans le réfectoire du refuge. On prend vraiment tout notre temps. Loïc me fait vraiment marrer avec ses chaussons à la Chewbacca et sa veste mappemonde multicolore. On ne décolle qu’à 10h00, ce qui m’a laissé le temps d’admirer le lever du soleil sur la vallée de la Clarée. Plutôt que de longer le torrent de brune complètement dans l’ombre, on part à l’adret pour profiter des rayons du soleil.

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Après une bonne nuit, je pensais que ça irait mieux mais pas du tout : nausée, vertige et ballonnements sont toujours bien présents dès que je suis en plein effort. On avait évoqué l’idée de faire une bonne journée de marche via le sommet du Mont Thabor. Du coup, on écarte cette idée. Je monte tranquillement sans forcer, histoire de prendre plaisir à marcher.

On passe le lac Rond. On fera une pause un peu plus haut au lac des Muandes (2 580 m). On se délecte de ce soleil d’automne. C’est sympa aussi de profiter de la montagne sans forcer comme un bourrin.

L’étape suivante, c’est le col des Muandes (2 828 m). On y fait un bon arrêt photo. Belle vue sur le Mont Thabor et la vallée par laquelle nous allons descendre. On mange à l’abri du vent.

Sur le coup de 14h30, Loïc nous quitte comme prévu. Il retourne au parking de Laval. Avec Simon nous poursuivons par le vallon qui descend vers l’est. On avait en tête de poursuivre par le GR57 qui contourne le Grand Adret (2 750 m) mais ma forme n’étant pas du tout revenue, on poursuit la descente du vallon le long du ruisseau de la vallée étroite pour trouver un lieu de bivouac autour du lac Lavoir. On exclut les bords du lac, trop encaissé. Il y a pas mal de zones de plat mais le vent s’est levé et il risque de faire vite froid. On cherche donc un lieu abrité du vent. En cette saison, ça passe. L’été, la zone doit être bien humide. On jette notre dévolue sur une zone plane sans trop de bouses de vache et près du ruisseau.

A 16h30, la tente est montée. On ramasse du bois mort en vue de la soirée. A 17h00, la MSR Access 2  est déjà à l’ombre. Le froid vient s’immiscer. Du coup, on file s’abriter sous la tente pour éviter de se refroidir avant le repas. Je m’endors quelques minutes et me réveille d’un coup sec comme si j’avais oublié quelques choses. J’ouvre la porte de la tente. Le soleil éclaire de ses dernières lueurs les pointes du Grand Séru (2 888 m). Je n’ai pas le courage de sortir pour prendre la photo. Je la prends depuis mon sac de couchage, dans la tente.

Sur le coup de 19h00, alors que la nuit s’installe inévitablement, nous sortons pour aller prendre le dîner. Simon allume le feu. On ne s’en éloigne pas trop pour rester au chaud. Dehors, la température approche les 3°C mais le vent est tombé. J’enfile mes plats lyophilisés jusqu’à ce que les nuages venant de la vallée étroite envahissent le ciel. Nous partons dans la tente, il est 20h00. Nous discutons de tout et de rien jusque 21h00 peut-être, jusqu’à ce que les yeux se ferment naturellement de fatigue. Fin de cette seconde journée sur le tour des Cerces.

J3 – Lac Lavoir – Refuge Laval

 + 834 m / – 1069 m  11 km  5h00

La nuit a été bonne malgré des températures fraîches. Il faisait 3°C dans la tente. On s’extirpe des sacs de couchage et de la tente un peu avant 8h00. La montagne semble endormie. Du givre recouvre la toile de tente. On range un peu nos affaires, on prépare le petit-déjeuner. On va pisser aussi. Le soleil arrive rapidement vers 8h20. On finit donc le petit-déjeuner au soleil.

Au moment du départ, une mer de nuages remonte la vallée étroite. C’est notre dernier jour sur le tour des Cerces. On prend la direction de la Pointe de l’Enfourant (2 700 m) pour remonter la combe minéral qui mène jusqu’au col du Vallon (2 645 m). Je me sens un peu mieux que les deux jours précédents. Tant mieux !

On passe sur l’autre versant illuminé par un soleil radieux. On fait une pause dans la prairie alpine à regarder le paysage. C’est beau mais il faut bien repartir. On quitte le GRP du Tour du Thabor pour monter au lac Blanc (2 695 m).

Dans la montée, la fatigue revient à grands pas. Je souffle, je râle. J’ai rarement autant été fatigué sur une randonnée et aussi longtemps. Ça commence à m’inquiéter même. C’est dans la douleur que j’atteins les crêtes des Guardioles. J’ai l’impression de gravir un 5 000 m sans être acclimaté. Mais quelle récompense là-haut. Le panorama donne à 360° : Mont-Blanc, Viso, Thabor, Ecrins. La vallée de Turin est sous une mer de nuages alors que nous sommes parfaitement au soleil.

On fera la pause déjeuner sur le bord d’un des lacs Guardioles. Simon ira même tremper ses pieds, pas longtemps vu la fraîcheur de l’eau. Puis on descend successivement près des lacs du Serpent, Laramon avant de remonter en balcon la vallée de la Clarée par le chemin de ronde.

Comme on doit impérativement être à Névache à 17h00 pour récupérer Célia qui finit un stage photo et qu’on risque d’être en retard, on décide de couper. On arrive en amont d’une barre rocheuse. On examine le terrain. Un peu rock n’roll. On décide de trouver un autre passage. On finit par en dégoter un qui descend par un bon sentier jusqu’à notre point de départ.

J’ai été en méforme tout le week-end. Mais je préfère 1000 fois être malade sur le tour des Cerces avec cette météo que de rester enfermé chez moi. Quelle magnifique randonnée que ce tour des Cerces !

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Tour des Cerces
Grégory Rohart
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales. Ambassadeur Fujifilm...



https://www.gregoryrohart.com
18 Responses
  1. max

    très beau récit et bravo pour l’épreuve de forces au regard de tes conditions physiques ces jours là.
    J’ai un projet de rando avec les caractéristiques suivantes.
    -Départ de Paris en train de nuit (jeudi soir au vendredi matin). Retour par la même gare. Départ et retour du trek possible depuis l’une de ces gares: Crest, Die, Montdauphin Guillestre, L’argentiere Les Ecrins, Briançon. (via surement un trajet en navette depuis la gare, si disponible);
    -Rando de 3 jours / 2 nuits bivouac (Maximum).
    -Avec un groupe d’amis sans expérience de trek notable (même si certains font un peu de trail); env. 40 ans; bonnes conditions physiques.
    – Train Retour le dimanche en fin d’après-midi

    Je pensais donc faire un tour et celui-ci me parait pas mal. Qu’en pensez vous ? Auriez vous d’autres idées nous correspondant?
    Merci d’avance

  2. Fred

    bonjour Grégory,
    merci beaucoup pour ce très beau compte rendu de rando agrémenté de magnifiques photos 🙂
    je vais aller faire cette rando mais en passant par le thabor, je sais que malheureusement tu n’as pas pu le faire, amis j’ai une question pour toi : est ce que tu penses que c’est possible de faire les drayères -thabor et aller jusqu’au lac du serpent dans la même journée, ou c’est trop long ?
    merci d’avance pour ta rèponse et à bientôt pour d’autres aventures.
    fred

  3. Philippe Manaël

    Ayant déjà effectué un trek dans la haute vallée de la Clarée depuis Névache, en été 2010, ce récit automnal me plonge dans mes vieux souvenirs… Lac des Béraudes, refuge des Drayères, le mont Thabor, vallée Etroite, vue sur les Ecrins…

    Je me rappelle que certaines ascensions aux cols se font sur des pentes abruptes ou de longs pierriers mais arrivé tout là-haut, le spectacle émerveille le regard à 360°. Et comme je le dis souvent, la montagne est mon médicament naturel : impossible d’être longtemps malade, la Nature est meilleure que les antibiotiques !

  4. Damien Schyns

    Bonjour Grégory, merci pour ce post très intéressant avec de superbes photos ! Je serais intéressé de faire ce tour en bivouac en juillet cette année mais je m’interroge sur deux passages que tu as emprunté.
    Le jour 2, au lac Chardonnet (un peu après le col des Muandes), tu sembles avoir pris un chemin (non répertorié sur les cartes IGN) qui va directement au lac Lavoir.
    Idem, le jour 3, au col du Vallon, tu es sorti du GR57 pour aller au lac Blanc et puis la crête des Gardioles. Je ne vois pas de chemin sur les cartes.
    Est-ce que ces deux zones sont bien balisées quand même malgré le manque d’infos sur les cartes ?
    Merci et bonne journée !
    Damien

    1. Grégory Rohart

      Salut Damien,

      Il y a bien des chemins. Le J2, on ‘est parfois un peu écarté du chemin mais globalement on l’a bien suivi. Après le col des Muandes, c’est de toute façon assez évident. Il suffit de descendre la vallée.
      Pour le J3. Après le col du Vallon, le chemin qui monte au lac blanc n’est pas très évident au niveau marquage. Il faut bien faire attention de ne pas trop descendre dans la vallée.
      Tu peux télécharger la trace gps si tu souhaites reproduire le même itinéraire.

  5. Bonjour, je pense faire cette boucle fin août, je voudrais savoir si le parking juste après le refuge de Laval est gratuit et peut on y stationner 3 jours ? Merci pour vos réponses.
    Cordialement, Jean Marie.

  6. Egg

    Bonjour,

    Je planifie de suivre tes traces très prochainement, merci pour la description et les idées ! Pourrais tu me dire quelle carte ign correspond à ce tracé stp ?

    Merci 🙂

  7. Gentet

    Bonjour,

    Je souhaite emmener 6 amis (entre 22 et 23 ans) sur ce tour mais seuls deux ont déjà fait du trek. Je n’ai pas envie de dégouter les débutants dès le début, est ce que tu penses que ce tour est adéquat ? Avant le départ nous feront quelques randos à la journée ce qui me permettra de voir un peu le niveau de chacun. Est il possible de diviser la première étape en deux si je vois que le niveau est trop juste ?

    Merci d’avance !

    1. Grégory Rohart

      Pour la première étape, ceux qui ont moins la caisse ne sont pas obligés de rejoindre le refuge des Drayères par le col des Béraudes. Ils peuvent rejoindre directement le refuge voire monter avec vous jusqu’au lac puis redescendre en fond de vallée pour remonter la clarée jusqu’au refuge des drayères.

  8. Bonjour, Voila circuit effectué avec deux pots du 9 au 11 août très belle trace on as juste galéré un peut sur le dernier km pour la descente au refuge de Laval mais si non tout le reste nickel. Perso j’en ai bavé avec un sac a 17kg (matos photos plus gros téléobjectif) 4kg de matos.
    Merci pour ta trace

    1. Grégory Rohart

      Merci Jean-Marie pour ton retour. Très belle rando en effet. Pas surpris par ta remarque sur la fin du parcours. “Un peu rock n’roll”…

      17 kg quand même. Pour cette rando, j’avais fait le choix de n’avoir qu’un boitier et un seul objectif. As-tu rencontré de la faune et utilisé le téléobjectif ?

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