Tour du Cézallier

Destination : France » Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne : Massif Central | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 5 jours | Difficulté : 2 | Dénivelé : +2250 m/-2250 m | Type d'itinéraire : Boucle | 
Ecosystème : Campagne, Forêt, et Montagne | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Mai, Juin, Septembre, et Octobre
Tour du Cézallier en 5 jours de randonnée en bivouac. Découverte pédestre de ce vaste plateau d'altitude ponctué de petits cratères, lacs, volcans et prairies
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Le Cézallier est un vaste plateau volcanique d’altitude, ponctué de petits cratères. Situé dans le Massif central en région Auvergne-Rhône-Alpes, entre les monts Dore et les monts du Cantal, il offre de nombreuses possibilités de randonnées itinérantes, notamment grâce aux sentiers des vaches rouges, réseau de chemins balisés d’une tête de vache vermillon, et aux GR 4A et 30. Je vous propose ici ma libre interprétation du tour du Cézallier, parcouru en un circuit en 8, en 5 jours.

La Godivelle – Montcineyre

+ 406 m/ – 436 m 14 km

Début juin, nous quittons le village de La Godivelle, situé à près de 1100 m d’altitude. Le thermomètre affiche 12°C. Empruntant le GR30 direction nord-est, le sentier traverse une petite tourbière. Le vent agite de spasmes frénétiques les houpes cotonneuses des linaigrettes. Face à nous, le paysage s’ouvre en une immensité herbeuse que ponctuent, ça et là, quelques fermes d’estives, appelées burons. Elles donnent, avec les troupeaux de vaches salers et aubrac, l’échelle de ces prairies à perte de vue. Il y a là indéniablement des airs de steppes mongoles.

Le GR30 flirte ensuite avec les limites du plateau et s’abaisse en vallons. Au fond de l’un d’eux nous rejoignons le village de Compains et sa chapelle du XIII au clocher couvert de tuiles de bois. Abrités du vent, nous en profitons pour marquer une pause “fruits secs”. La halte se prolonge et la journée est bien avancée quand nous reprenons la sente raide qui monte en forêt. La hêtraie bruisse de l’effervescence de la vie sauvage qui s’éveille avec la fin du jour. Un lièvre nous observe, à l’abri d’un tapis de feuilles de jacinthes tandis qu’un pic noir se laisse surprendre par notre marche silencieuse. Comme figé à quelques mètres de nous à peine, ce grand pic de la taille d’une corneille laisse admirer les détails de sa houpe rouge vif, son bec ivoire, … avant de s’enfuir dans un cri d’alarme éclatant.

Nous sortons enfin du sous-bois que la pénombre gagne pour atteindre le Montcineyre. Celui dont le nom signifie littéralement “mont de cendre” est un des volcans les plus récents du plateau. Il y a à peine six mille ans, son éruption barra un cours d’eau, donnant naissance à un petit lac en croissant de lune. Nous plantons la tente non loin, avalons rapidement notre repas avant de nous abriter du vent glacial et humide.

Montcineyre – La Godivelle

+ 668 m/ – 612 m 30 km

Six heures du matin, un étrange silence règne. Je m’extirpe de mon sac de couchage pour découvrir un paysage noyé d’une brume épaisse qui absorbe les sons. Vite, un thé chaud, quelques fruits secs avant de reprendre la route pour se réchauffer. Le GR30 traverse de nouvelles étendues herbeuses. Un troupeau d’aubracs barre le passage. La charge d’une vache, essuyée il y a une semaine sur les chaumes du Forez, m’incite à la prudence. Détour pour éviter le taureau et ses quelques vaches accompagnées de leurs veaux. À vrai dire, il y a bien plus à craindre de l’instinct maternel des dernières que du géant débonnaire. Bordé de genêts en fleurs, le chemin nous mène sur la lèvre supérieure du volcan Pavin, vue sublime sur son lac outremer, merveille géologique que sublime le soleil qui perce enfin.

Contournant le volcan par l’ouest, le sentier redevient forestier puis flirte avec la tourbière de Clamouze d’où la vue s’ouvre sur le massif du Sancy, tout proche. Traversant la zone marécageuse sur un sentier sur pilotis hors d’âge nous atteignons un nouveau lac de cratère, Chauvet. Le relief de ses berges, très érodé, souligne le grand âge (150 000 ans) du volcan qui accueille notre pause pique-nique. La journée avance et l’étape s’allonge. Bosquets de hêtres et burons se succèdent, le sentier redescend vers le village d’Eglise-Neuve d’Entraigues avant de remonter sur le plateau, passant le hameau d’Espinchal. C’est au terme d’une journée de 30 kilomètres et près de 700 mètres de dénivelés positifs que nous atteignons le lac de Godivelle Haut pour notre second bivouac. Malgré le froid piquant, la tentation est grande d’y tremper les pieds pour un bain défatigant.

La Godivelle – Signal du Luguet

+ 551 m/ – 377 m 24,1 km

Nouveau lever aux aurores, pour attaquer la boucle Sud de notre itinéraire. Le sentier, balisé d’une tête de vache rouge, s’élève au dessus de la réserve naturelle des “sagnes de Godivelle”. 24 ha de tourbières qui abritent une faune et une flore reliques des dernières glaciations.

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Nous poursuivons au cœur d’un océan d’herbes qui ondulent avec le vent. Après quelques heures, le soleil réchauffe les versants sud des collines. Comme surgis de nulle part, 1, 2, 10, 20 et bientôt 30 vautours fauves nous survolent, accompagnés bientôt d’un circaète, cet aigle mangeur de serpents ! Le nez toujours en l’air, nous arrivons vers 11h au hameau de Parrot. Un peu tôt pour casser la croûte mais le chaleureux accueil de la tenancière de la buvette du centre nordique nous convainc de nous y arrêter malgré tout.

Empruntant le GR 4A nous plongeons au fond du cirque d’Artoux. Au quaternaire, une petite calotte glaciaire s’installa au sommet du strato-volcan du Luguet et s’épancha dans les creux du relief, créant ici l’une des principales vallées glaciaires du Massif central. Sortis du cirque, c’est une longue piste facile qui nous conduit au travers du plateau. Les kilomètres s’égrènent, à peine ponctués de la liste des burons dévoilée sur la carte topographique : burons d’Artoux, des Jugnaux, des Chirols, de Sianne Haut, … magie de la toponymie des campagnes françaises.

Quand vient l’heure dorée, nous sommes tout proche du signal du Luguet, sommet du strato-volcan qui créa le plateau du Cézallier. Nous plantons le bivouac parmi les graminées, bénissons notre filtre MSR Trailshot qui nous permet de partager, sans danger, avec quelques têtards de crapauds, larves de syrphes et autres moustiques, l’eau douteuse d’un abreuvoir. Nous nous laissons bercer par les chants des oiseaux, alouettes des champs, pipits et chouette chevêche et sombrons vite dans le confort de nos duvets.

Signal du Luguet – buron de Marquisat

+ 176 m/ – 392 m 17,4 km

Boire un thé chaud en regardant le soleil se lever, sentir le corps d’éveiller aux premiers rayons de lumière, humer l’odeur de l’herbe couverte de rosée, plier le camp en savourant, l’âme tranquille, le fait qu’il ne reste pas la moindre trace de notre passage. Petits plaisirs insignifiants et qui font tant de bien.

Notre journée commence par une succession de noms de montagnes, celle de Palassière ou de Fortunier haut. Mais le relief est bien celui d’un plateau et les vraies montagnes se laissent admirer au loin, chaîne du Sancy dans notre dos, monts du Cantal face à nous. Au village de Pradiers, notre itinéraire atteint son point le plus méridional avant de poursuivre, vers l’ouest puis plein Nord jusqu’à un vieux buron isolé. Une source fraîche et translucide, une barrière pour nous prémunir de la curiosité des bovins, un terrain presque plat et un panorama inouï sur les monts du Cantal, il n’en faut pas plus pour nous décider à poser notre dernier bivouac ici.

Buron de Marquisat – Godivelle

+ 429 m/ – 439 m 20,1 km

Dernière journée de notre boucle. Les quatre-vingt cinq kilomètres et bientôt 2000 m de dénivelés positifs accumulés au cours de ces quatre premiers jours commencent à se faire sentir. Heureusement les sacs, chargés du strict minimum, et de très peu d’eau – les sources sont nombreuses et nous filtrons au fur et à mesure des besoins – finissent de se délester de la nourriture transportée en raison des faibles possibilités de ravitaillements.

Le tracé longe le joli vallon bocager de Bonjon jusqu’à une petite cascade, en contrebas du hameau de Saillant. Quelques bergeronnettes s’y affairent à chasser sur les rochers moussus. Nous quittons l’agréable fraîcheur des lieux pour un sentier au milieu des herbages, à perte de vue.

L’itinéraire est un peu paumatoire et ne semble guère avoir été emprunté ces derniers temps. Et pour compliquer les choses, vaches, génisses et veaux ont perdu l’habitude des humains suite au confinement. Inquiets, les bovins nous hument, beuglent, courent autour de nous en un ballet mi-paniqué, mi-provocateur et guère rassurant. C’est avec un certain soulagement que nous atteignons le buron de Grande Chaudière. Du petit sommet qui le domine, la vue s’ouvre au loin les monts du Cantal qui se dessinent dans une brume bleuté. De l’autre côté, on voit le massif du Sancy et même, par-delà, le Puy de Dôme. Tout près, le lac de Godivelle bas est comme un gros œil bleu au milieu du vert du paysage. Le village, compact, se fond presque dans l’immensité. J’y serai sous peu, et dégusterai une “bière de lave” pour fêter la fin de mon tour du Cézallier.

Carnet pratique – Tour du Cézallier

Quand randonner sur le Tour du Cézallier ?

Mai-juin avec leurs prairies fleuries et septembre-octobre et leurs douceurs automnales sont sans doute les mois les plus intéressants. Mais toujours situé au-dessus de 1000m d’altitude, l’itinéraire échappe aux pires chaleurs estivales et peut aussi s’envisager en juillet-août. L’hiver ? La neige est toujours possible mais se fait malheureusement trop rare pour envisager ce tour à ski de randonnée nordique.

Où dormir ?

Nous avons parcouru ce tour du Cézallier en bivouac. Respecter la règle du camp posé à la tombée du jour et levé à l’aurore et sans laisser la moindre trace est la garantie que les suivants pourront, à leur tour, vivre cette expérience unique. Le site hautes terres tourisme permettra à ceux préférant un hébergement en dur de trouver leur bonheur.

Comment y aller ?

Egliseneuve d’Entraigues et Marcenat (légèrement à l’écart du tracé) sont accessibles en transports en commun (car) via Clermont-Ferrand. Plus d’infos sur Oura.com
La Godivelle, situé à 70km au sud de Clermont n’est, malheureusement, joignable qu’en voiture.

Quel équipement prévoir ?

Le traditionnel système trois couches vous permettra de vous adapter aux variations météo et de vous abriter du vent qui souffle régulièrement très fort et frais. Un couvre-chef vous sera bien utile contre les ardeurs du soleil. Vous adopterez chaussures tiges hautes ou basses selon vos affinités personnelles, le terrain ne présentant pas de difficulté majeure.

Pour en savoir plus ?

Les topoguides du Tour des vaches rouges et tour des volcans et lacs d’Auvergne complètent utilement cet article.

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Tour du Cézallier


Avec qui randonner dans le Cézallier ?

  • Auvergne Le Parc des Volcans du Puy de Dôme au Sancy 390 €
  • Auvergne Le Parc des Volcans du Sancy au Cantal 580 €
  • Le Tour de l'Aubrac 620 €
  • Voir les autres voyages de La Balaguère

  • Grande Traversée du Massif central, du Puy-de-Dôme au massif du Sancy 550 €
  • Grande Traversée du Massif central, du massif du Sancy au Cantal 550 €
  • Parc des volcans d’Auvergne 680 €
  • 2 Responses
    1. Jean-Louis

      Tour réalisé partiellement (par rapport au tracé proposé).
      Un seul mot : MAGNIFIQUE !
      Pour celles et ceux qui aiment les grands espaces et la tranquillité.
      Il faut parfois chercher un epu son chemin, le balisage n’est pas toujours présent (quel bonheur !).

      1. fou de trek

        Merci Jean-Louis pour ce commentaire, et très heureux que nous partagions ce coup de coeur. “Espace et tranquillité”, vous résumez parfaitement deux des atouts majeurs de cet itinéraire.

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    Le Timelapse du Moment : Le Wilder Kaiser, Tyrol, Autriche
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