Traversée de la Vanoise

Destination : France » Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne : Alpes ; Vanoise | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 6 jours | Difficulté : 3 | Dénivelé : +4367 m/-4070 m | Type d'itinéraire : Ligne | 
Ecosystème : Montagne | Hébergement : Refuge
Meilleures Périodes : Juin, Juillet, Août, et Septembre
Traversée de la Vanoise à pied et en refuges en 6 jours de randonnée des gares de Landry à Modane. Un itinéraire hors-norme. Récit et trace GPS.
Posté le :



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Voici le récit et la trace GPS de ma traversée de la Vanoise des gares de Landry à Modane. 6 jours de randonnée de refuge en refuge. L’itinéraire est aussi réalisable en bivouac avec une légère adaptation.

Parc national de la Vanoise

Premier parc national français créé en 1963, le parc national de la Vanoise a été créé pour empêcher la disparition du bouquetin. Aujourd’hui, la protection concerne l’ensemble du milieu naturel des alpages aux glaciers, les 1700 plantes vasculaires et la faune aussi variée que le loup, le bouquetin, le chamois, le tétras-lyre ou le gypaète barbu.

Ma traversée à pied de la Vanoise traverse le cœur du parc national principalement en suivant les GR5 et GR55. Il convient de respecter la règlementation liée au parc national qui vise à protéger cet écosystème exceptionnel.

Gare de Landry – Refuge de Rosuel

+ 848 m / – 35 m 11 km  3h45

4h00 et 3 TER plus tard, je suis face à la gare de Landry, point de départ de ma traversée de la Vanoise à pied. Je quitte Landry sous le cagnard par l’Eglise Saint-Michel et son magnifique clocher à bulbe qui marque mon entrée dans la vallée du Ponturin.

Le GR5, raide, coupe les lacets de la route qui monte à Peisey-Nancroix. Les mollets brûlent, rapidement, mon visage est plein de transpiration. Je suis parti un peu vite, je ralentis le rythme et le cale sur mon cardio. Rien ne sert de se presser. L’étape est courte.

Je rejoins le village de Peisey-Nancroix après 2h00 de marche. Au niveau de Le Moulin, le panorama s’ouvre davantage sur les sommets de la Vanoise en fond de vallée. Le chemin passe près de la chapelle Sainte-Agathe, fondée en 1449 et dédiée d’abord à Saint Grat pour protéger les récoltes avant de l’être à Saint-Agathe.

Je rejoins le ruisseau du Ponturin et le longe. A pente est déjà bien moins raide qu’en début d’étape. Je passe près de l’ancienne mine de plomb de Saint-Victor. Un filon de galène (sulfure de plomb argentifère) y fut exploité jusqu’en 1866. Saviez-vous que Peisey était nommé les monts d’Argent à cette époque ?

Je traverse le hameau de Beaupraz. C’est d’ici que j’avais démarré mon week-end randonnée autour de la crête des Lanchettes avec une nuit au refuge du Mont Pourri. Pendant quelques minutes, tout en marchant, plein de bons souvenirs remontent à la mémoire. Dans le même secteur, le tour du Mont Pourri est une très belle randonnée en Vanoise de 2, 3, 4 ou 5 jours selon vos envies.

La fin de journée se passe en roue libre : 1,5 km pour atteindre le chalet refuge de Rosuel (1556 m). Une courte première étape, parfait pour démarrer dès la sortie du train.

Ce soir là, le ciel s’embrase sur le Beaufortain. Un spectacle incroyable. Il y a une touche volcanique dans ce paysage, vous ne trouvez pas ?

Le refuge de Rosuel

Refuge de Rosuel – Refuge du col du Palet

+ 997 m / – 0 m 9,5 km  4h00

A cause de la Covid-19, les refuges ne fournissent plus de couettes ou de couvertures. Le sac de couchage est fortement conseillé car même à 1556 m, mon drap thermolite n’a pas été suffisant. Il fait généralement très chaud dans les dortoirs mais avec la distanciation sociale, il y fait beaucoup plus frais. Du coup, en pleine nuit, j’ai dû ajouter ma doudoune et ajouter des chaussettes. J’ai fait cela chaque nuit sur toute ma traversée de la Vanoise.

La journée démarre à l’ubac. C’est agréable de monter à l’ombre accompagné par le chant des pinsons du nord et des mésanges boréales. Sur la gauche, j’aperçois le refuge du Mont Pourri et son toilette extérieur. Je récupère le soleil sur le Plan de la Plagne et rejoins les chalets à 2100 m d’altitude. Jusqu’ici, je marchais avec Thierry qui est sur le GR5 et avance d’un bon pas pour effectuer la portion lac Léman – Nice en trois semaines environ. Je le laisse poursuivre à son rythme car mon étape est courte. Si je le suis, je serai au refuge du col du Palet avant midi.

Sur le bord du chemin au niveau du rocher des Mindières, je photographie mes premières marmottes. Pas une ne lance de cris d’alerte. Elles semblent habituer à croiser des randonneurs. Je ne le savais pas encore mais ce n’était que le début du festival des marmottes.

Sur le Plan de la Grassaz, les marmottes sont partout. Je me pose sur un rocher pour les observer. Deux gardiens du refuge de Rosuel arrivent. Tout en discutant, une marmotte s’approche et vient nous lécher la peau. On ne s’attendait pas du tout à un tel comportement. Voir des marmottes de prêt est monnaie courante dans les parcs nationaux mais à ce point, nous sommes plus que surpris. Je resterai près d’une heure avec la marmotte. Un moment privilégié et unique. J’en avais presque la larme à l’œil.

Je parle beaucoup de marmottes. Mais la vue depuis le GR5 sur le lac de la Plagne et le refuge Entre le lac est superbe et les parterres de fleurs alpines sont magnifiques, notamment les orchis vanillés qu’on nomme aussi la nigritelle noire.

Je me pose pour déjeuner sur le haut du lac du Plan de la Grassaz. D’autres marmottes viennent me rendre visite, plus attiré par mon pique-nique que par ma présence. Mais que nenni, elles n’auront rien. Je ne nourris jamais les animaux sauvages.

Il reste un peu plus de 200 m de dénivelé positif pour atteindre le refuge du col du Palet. Je passe le lac Grattaleu sans même m’y arrêter. Il est paraît-il riche en truite fario. Je pose mes affaires dans le dortoir et monte au col du Palet (2652 m) pour partager une photo sur le compte instagram du blog. Je retourne au refuge et je m’autorise une tarte aux myrtilles accompagnée d’une boule de glace à la vanille. Je suis bien là sur la terrasse baignée par le soleil. La fin de journée s’égraine lentement entre lecture, discussion avec Bérengère la gardienne, la toilette et le nettoyage du t-shirt… La petite tambouille du randonneur itinérant. Laver ses vêtements quotidiennement permet d’avoir un sac à dos léger. Les gardiennes du refuge sont sympas et enthousiastes. Belle ambiance de refuge.

Le refuge du col du Palet a une particularité. Il utilise une pile à hydrogène pour stocker sur une longue durée l’énergie emmagasinée par les panneaux solaires photovoltaïques. Cette technologie installée en 2015 permet d’éviter l’utilisation d’un groupe électrogène.

21h15, extinction des feux.

Le refuge du col du Palet

Refuge du col du Palet – Refuge de la Leisse

+ 686 m / – 809 m 12,8 km  4h45

Il est 8h00 quand je quitte le refuge du col du Palet. On ne puisse pas dire que je me sois levé tôt ce matin. Mon regard se porte directement en direction du col. Sur la continuité de la crête en direction du col de la Croix des Frêtes, j’observe un petit groupe de chevreuils. C’est étonnant de les voir aussi haut à 2600 m d’altitude.

J’atteins le col rapidement et le soleil du même coup. Le refuge, lui, est encore baigné dans l’ombre. Je poursuis sans plus attendre vers la station de Tignes. Sur le haut de la station, il y a de beaux points de vue sur l’Aiguille Noire du Pramecou (2977 m). Puis, je rejoins les pistes de ski et descends jusqu’à la croix de Lognan qui surplombe Tignes et son lac artificiel. Ici, je quitte le GR5 pour le GR55. Direction Val Claret. Je remonte ensuite le vallon du Paquis sous le télésiège de Fresse. Dans la pente, je joue quelques secondes à cache cache avec une marmotte à la fois craintive et curieuse. Elle est positionnée à l’entrée de son terrier et sort la tête toutes les 10 secondes pour m’observer. Je la laisse tranquille et je reprends mon chemin en direction du col de la Leisse.

Il n’y a pas à dire, dès que le sentier quitte les remontées mécaniques, c’est quand même plus sympas ! Je m’accorde une pause dans le secteur du Masuin vers 2500 m pour manger un morceau. Rien ne sert de se presser, cette étape aussi n’est pas très longue.

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Lorsque je reprends mon chemin, j’ai le glacier de la Grande Motte en point de mire. Des vacanciers s’y rendent en funiculaire pour skier l’été sur son glacier. Je sais que le col de la Leisse passe sur sa gauche (mais bien plus bas). En chemin beau panorama sur le Mont Pourri (3779 m) et même le Mont-Blanc.

Vers 2600 m, les névés s’invitent sur le chemin, jusqu’au col et même en plaques jusqu’au lac des Nettes (2641 m). Il est en partie encore gelé. Je pensais pique-niquer sur sa rive mais un vent glacial venant du glacier de la Grande Motte me décide à poursuivre un peu. Je m’arrête un peu plus bas dans une pente herbeuse. Après avoir avalé mon casse-dalle, je m’assoupis quelques minutes. A mon réveil, trois marmottes sont à 5/6 mètres de moi. La lumière est trop forte pour que je les immortalise.

Il me reste 30 minutes pour atteindre le refuge. Les traces du GR55 ont en partie disparues au niveau du torrent de la Leisse mais aucune possibilité de se perdre. Il est 14h30 quand j’arrive au refuge de la Leisse (2487 m). J’y suis déjà venu lors de ma traversée Chamonix Briançon à raquettes avec Pedibus.

Comme les jours précédents, limonade à mon arrivée, tarte à la myrtilles et douche. Félix, le nouveau gardien est vraiment sympa.

Au tour du refuge, des edelweiss feront le bonheur des botanistes et amoureux de la nature. Les joubarbes, en fleur, sont aussi superbes.

Le refuge de la Leisse

Refuge de la Leisse – Refuge de l’Arpont

+ 612 m / – 771 m 17 km  6h00

7h30, je quitte le refuge par le vallon éponyme. Direction le refuge d’Entre Deux Eaux. Beau panorama dans la descente sur la Pointe de la Réchasse (3212 m). Quelques marmottes sont déjà sorties du terrier mais elles détalent dès qu’elles me voient arriver. Dans les couloirs de la Grande Casse, j’aperçois des chamois.

J’atteins le refuge d’Entre Deux Eaux au bout d’1h45 de marche. Au point de la Renaudière (2043 m), je quitte le GR55 pour revenir sur le GR5. Après la captation EDF, le sentier grimpe sérieusement jusqu’au mont Para (2337 m). En chemin, j’observe trois faucons crécerelles sur un bord de falaise. Je les admire tout en mangeant un encas.

Je reprends ma route dans ce qui est pour moi l’un des plus beaux coins de la Vanoise. Toute l’approche vers la Roche Ferran (3096 m), le Mont Pelve (3261 m) et le Dôme de Chasseforêt (3586 m) est juste dingue. Ici, les prairies alpines se conjuguent avec les glaciers et les moraines. J’adore ce contraste des milieux montagnards.

Je déjeune allongé dans l’herbe face à ce spectacle de la nature. Je suis comblé. Je me souviens être passé sur ce chemin lors de mon tour des glaciers de la Vanoise, 15 ans plus tôt. A regret, je reprends la sente et passe les lacs de Lozières (2479 m). De nombreux névés jalonnent le chemin mais ils sont traversant et faciles à négocier à cette heure de la journée. Avec une neige gelé, les crampons seraient indispensables.

La fin d’étape est assez cassante. Mieux vaut en avoir encore sous les semelles pour négocier ce passage. J’arrive au refuge de l’Arpont vers 15h00. Je découvre nouveau bâtiment refait à neuf en 2014. Malgré sa taille, le refuge s’avère fonctionnel et plutôt sympa. Son réfectoire panoramique est superbe.

Je prends une douche chaude (3,50 €) et fais ma lessive. En fin de journée, je me balade autour du refuge et photographie bouquetins et marmottes. Le secteur est réputé pour les observer. On peut savoir l’âge des bouquetins mâles  en fonction de la taille de leurs cornes. Celui-ci doit avoir entre deux et trois ans. J’observe aussi mais d’assez loin un renard qui chassait la marmotte. Il traîne souvent dans le coin car le refuge a des poules. Je fais la connaissance de Carole et Samuel, un couple de belges. La randonnée, même en solo, est toujours l’occasion de faire des rencontres sympas.

Le refuge de l’Arpont

Refuge de l’Arpont – Refuge Plan Sec

+ 777 m / – 774 m 14,4 km  6h30

Chaque jour, je me lève un peu plus tôt. Il est 7h00 quand je quitte le refuge. Les prévisions d’orage dans l’après-midi m’ont incité à prendre le petit-déjeuner à 6h30, dès le premier service. Super petit-déjeuner au passage avec gâteau à la semoule, charcuterie, jus d’orange, etc…

La très grande partie de la journée, je surplombe la vallée de la haute-Maurienne en compagnie de Carole et Samuel rencontrés la veille. Cette cinquième étape est plus monotone que les précédentes mais elle révèlera quand même son lot de surprises. Nous croisons plusieurs troupeaux de moutons avec leurs patous, borders collies et berger. L’un d’entre-eux, sac Osprey sur le dos et chapeau de feutre sur la tête, dirige son troupeau de petits sifflements et ordres courts au rythme endiablé d’un rock breton sorti tout droit d’une enceinte sans fil.

Depuis la Crête de Belle Place jusqu’au Roc des Corneilles, nous aurons la chance d’observer deux gypaètes barbus adultes et des vautours fauves. Je suis aux anges. Je photographie et encadre un séjour photo en Catalogne pour photographier les 4 espèces de vautours d’Europe. C’est toujours un plaisir de les observer en pleine nature. Pas de photo cette fois-ci, ils sont un peu haut dans le ciel.

On contourne la Dent Parrachée (3695 m) et le glacier de Belle Place. Au-delà de la Turra (2363 m), le paysage devient soudainement plus sec. On se croirait dans les Alpes du Sud ou le Verdon. Le ciel se couvre rapidement. Il est 13h30 quand j’arrive au refuge de Plan Sec. Samuel et Carole continuent jusqu’au refuge de la Dent Parrachée.

Toute l’après-midi, discussion à bâtons rompus avec plusieurs randonneurs. Cela fait quelques jours que l’on se croise sur le chemin. C’est très plaisant. Claire et Christian, les gardiens sont très sympas. Ouvert depuis 1982, le refuge est familial. La cuisine est excellente, de loin la meilleure de cette traversée de la Vanoise. Manger aussi bien après une bonne journée de marche apporte le sourire.

Le refuge Plan Sec

Refuge Plan Sec – Gare de Modane

+ 447 m / – 1681 m 14,6 km  6h00

La dernière étape n’est pas la plus sexy de la randonnée mais encore moins quand le brouillard s’invite sans prévenir. Je quitte le refuge et me dirige vers le lac Plan d’Aval. Je ne le vois même pas. Le chemin passe pourtant à côté.

Dans la bruine nuageuse, je monte au col du Barbier (2295 m). Le sentier est raide. Il ne fait pas trop chaud, c’est un avantage. Je suis au col, deux heures après être parti. Au col, j’ajoute une veste coupe vent et entame le sentier en balcon. Sous le Barbier, je croise deux gardes du parc national de la Vanoise. Nous discutons quelques instants. Il cherche le berger et son troupeau qui fréquente la zone. Je ne les ai pas croisés.

Je devais rejoindre la gare de Modane par le GR5. Vu la météo, je décide de couper par le sentier qui passe par le hameau d’Amodon. Aucun panneau ne le signale. Ne pas l’emprunter si vous n’aimez pas les descentes raides ou si votre genou est déjà douloureux.

En attendant mon train, je mange dans un des restaurants face à la gare.

Cette traversée de la Vanoise s’est largement révélée à la hauteur de mes espérances. J’aime beaucoup ce massif. Il me reste encore des zones et des itinéraires à parcourir. Je reviendrai…