Tuquerouye – Mont Perdu

Destination : Occitanie » France » Europe » Espagne | Montagne : Pyrénées | Activité : Randonnée  | 


Tuquerouye - Mont Perdu - De Gavarnie au Mont Perdu
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Troisième jour : Tuquerouye – Mont Perdu

On enchaîne par l’ascension du Mont Perdu en passant le col du cylindre: ambiance haute montagne! Neige, glace, petite escalade et … petit, vent et brouillard pour nous.

Très mauvaise nuit pour Lolo, il a "pas dormi" et me raconte toute la nuit: les orages, les coups de tonnerre, un très très près, la chasse à la souris, etc. J’ai rien entendu, pourtant on dormait côte à côte !
Il fait assez beau ce matin , mais des nuages déjà présents font penser à une dégradation. Après avoir contourné le lac Glacé par la droite, on approche de la barre rocheuse sous le glacier du Mont Perdu. Nous la franchirons sur sa partie droite pour ensuite aller vers le col du Cylindre.
Trois passages sont recensés.

J’en ai déjà parcouru deux: celui de gauche (rouge) et celui au centre (vert), celui de gauche est plus facile et à peine plus long (5 min). Ne connaissant pas celui de droite (en bleu), je pose mon sac et vais voir. Aucune trace sur le névé (assez raide) qui y mène, le rocher est trempé mais je veux en savoir plus. Je m’engage donc dans la voie, mais tout de suite un pas puis un autre suffisent à me convaincre que ce passage est plus technique que les deux autres que je connais. Pas la peine de continuer, je rejoins les autres qui m’attendent.
Un groupe d’anglais commence à emprunter le passage du milieu, ils peinent et tirent sur une corde qui pend d’en haut sans aucune méfiance, sans être allé vérifier comment elle était fixée…
Nous on fait comme prévu: par la gauche. Quand on y arrive, je constate satisfait que le rocher est sec.

Lolo et Domi grimpent sans difficulté.
Plus haut on prend le temps d’aller voir la glace qui émerge avant d’entamer la longue remontée jusqu’au col du cylindre.
Le mauvais temps est arrivé, on avance dans le brouillard. On distingue par moment les Anglais qui sont 200m plus bas (apparemment ça a été moins facile pour eux).
Les éboulis sous le col sont toujours aussi pénibles, on est content de passer de l’autre côté. Pour descendre à l’Etang Glacé, il faut franchir une petite barre rocheuse en l’abordant d’abord par la gauche, puis en la longeant sur tout son long par une vire au bout de laquelle on termine la descente par une petite désescalade facile.
Malgré le temps pourri, il y a pas mal de monde. Il pleut, on ne voit pas le sommet et donc la vue là haut sera inexistante, mais on y va quand même !
Les éboulis du couloir de la voie normale sont physiques mais sans risque, Domi et Lolo sont heureux d’arriver au sommet, je suis heureux d’y retourner avec eux. En plus la nature nous offre une ou deux éclaircies pendant lesquelles on s’empresse de prendre des photos et commenter les paysages.
La descente du couloir est rapide, on doit maintenant descendre vers le refuge Goriz et trouver un endroit où bivouaquer. La pluie nous suit et nous poursuit pendant une bonne partie de la descente.

On passe près d’herbe accueillante mais on continue jusqu’à trouver un emplacement à l’abri de la pluie et du vent sous une immense paroi en surplomb. Un ruisseau coule non loin, ok c’est parfait.

Il est 16h, la toilette du soir est glaciale, mais je décide de faire une lessive: chemise, chaussette et caleçon y passent. Domi et Lolo font de même. Tout sera quasiment sec avant qu’on aille se coucher, même mes chaussures (Salomon Raid 2) pourtant bien mouillées pendant cette journée. Leurs chaussures de rando en cuir restent humides par contre.
Le soir on observe ce phénomène classique: l’air humide venant du côté français déferle en Espagne sous la forme d’une coulée de nuages gris ininterrompue, puis au contact de l’air chaud et sec ces nuages disparaissent comme par magie. Ensuite, au contact d’un pic espagnol, cet air toujours humide est dévié vers le haut, prend de l’altitude et un nouveau nuage apparait en forme de colonne. Fascinant !
Une souris vient nous rendre visite alors qu’on va se coucher, décidément elles sont partout !

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