Turquie : fin de notre randonnée au long cours à travers l’Europe

Destination : Turquie » Moyen-Orient | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 17 jours et + | Difficulté : 3 | Type d'itinéraire : Ligne | 
Ecosystème : Campagne, Forêt, Littoral, et Montagne | Hébergement : Bivouac
Après deux ans et plus de 10 000 km à sillonner les sentiers, notre randonnée au long cours à travers l'Europe se termine à Istanbul en Turquie.
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Après un long passage de frontière depuis la Bulgarie, nous voilà en Turquie ! Nous venons de passer la dernière frontière d’une aventure de deux ans, nous sommes évidemment partagés entre tout un tas de sentiments contradictoires mais celui qui prime reste l’excitation de découvrir ce pays qui nous a demandé de marcher plus de 10 000 km pour l’atteindre.

Edirne

Nous arrivons dans la ville d’Edirne et ne pouvons pas ignorer le changement d’atmosphère. Après plus de 3 mois dans l’austère Bulgarie, la chaleur des Turcs nous frappe de plein fouet. Les rues grouillent de monde, les étals des marchands débordent de couleurs et de senteurs, des plateaux chargés de thé nous filent sous les yeux, le muezzin appelle à la prière… On devrait se plaire dans ce pays !

Et pour bien commencer l’expérience, quoi de mieux qu’un passage aux bains turcs après avoir marché des mois dans les montagnes ?

La vie dans les villages

On récupère Catherine, la mère de Marie, qui nous rejoint pour la seconde fois et nous quittons la ville pour découvrir la vie rurale dans la région de Marmara, cette partie de la Turquie géographiquement située sur le continent européen. Dans chaque village, on trouve un café. C’est le lieu de sociabilisation numéro 1, tous les hommes du village y passent au moins une fois dans la journée pour prendre le thé ou un café. Pendant le mois que nous avons passé en Turquie, nous n’y avons jamais vu de femmes.

La grotte Dupnica

Le jour du deuxième anniversaire de Deux Pas Vers l’Autre, nous sommes arrivés à l’entrée de la grotte Dupnica. L’endroit était désert et se couvrait lentement de neige. Si nos premiers jours en Turquie se sont fait sous un beau soleil, le climat se chargeait de nous rappeler que nous n’étions que fin février finalement.

Nous avions lu qu’une partie de la grotte restait officiellement ouverte en hiver. Nous laissons nos affaires dans une petite cabane où nous dormirons et partons explorer les environs. Nous trouvons l’entrée de la grotte et la visitons à la lueur de nos frontales. Des milliers de chauves-souris couvrent le plafond, nous ne voulons pas les déranger et ne restons pas trop longtemps. Le lendemain, deux gardes arrivent, ils nous offrent le thé et nous proposent de nous éclairer la grotte, nous partons pour une seconde visite et réalisons que la veille nous avons visité une partie interdite en hiver… Oups !

Les forêts et la plage d’Igneada

Pendant les jours qui suivent, la neige nous montre qu’elle a bel et bien envie de s’installer. Un matin, nous nous sommes réveillés sous une tente couverte de neige, les chaussettes qui séchaient dans les absides sont raides de gel. Quelques kilomètres plus loin, nous débouchons dans les forêts d’Igneada, les plus grandes forêts inondées d’Europe. Si la plupart des gens viennent découvrir cet endroit en été, quand il y a peu d’eau, nous étions au milieu de l’hiver et nous pataugions parfois jusqu’aux mollets, mais la neige donnait à l’ensemble un aspect bleuté sublime.

A la sortie de la forêt, nous l’avons atteinte, la Mer Noire. Nous avons rallié l’océan Atlantique à la Mer Noire et la surprise qu’elle nous a réservé pour fêter ça, valait le détour ! Le ciel sombre, la mer bleu-vert et la plage couverte de neige. Tout aurait été parfait sans cet estuaire que nous avons choisi de traverser plutôt que de faire un détour de 12 km pour atteindre le village d’Igneada. De l’eau de mer glaciale jusqu’au-dessus du nombril, ça nous a fait tout drôle…

Le drame

Là-bas, nous avons dit au revoir à Catherine et accueilli nos deux prochains invités : Noé et Julie. Si c’était déjà le troisième séjour de Noé avec nous, c’était une première pour Julie. Nous marchons quelques dizaines de minutes dans la forêt quand Nil enjambe un arbre mort en travers du sentier et atterri de tout son poids dans un tapis de feuilles mortes qui cachaient de grosses pierres. Sa cheville se tord dans un bruit qui nous glace tous le sang, il pâlit, transpire, manque de tourner de l’oeil. C’est une entorse et une belle. Vous y croyez ? Aucune blessure sérieuse pendant deux ans et il se fait ça à 10 jours de notre destination !

Les pierres de Monopetra

Nil insiste pour continuer. Nous sommes à 10 jours d’Istanbul, plusieurs personnes doivent nous rejoindre dans quelques jours pour marcher les derniers kilomètres avec nous, certains arrivent de très loin, impossible de faire autrement.

Notre route nous amène à découvrir le site de Monopetra. Monopetra signifie Roche Unique en bulgare (nous sommes encore très proches de la frontière). Bien que le site ne se compose pas d’une seule pièce comme son nom l’indique, c’est une masse rocheuse qui s’élève comme un château dans la forêt.

Rencontre à Kizilagac

Si la journée ne se passe pas trop mal, le réveil est compliqué. La cheville a eu le temps de refroidir et de gonfler, Nil peut à peine poser le pied par terre. On décide de raccourcir notre trajet du jour pour rejoindre une route, faire du stop et emmener Nil à l’hôpital le plus proche pour faire une radio et récupérer une ordonnance pour des anti-douleurs.

Aucune voiture ne s’arrête… On finit par téléphone à un éco-lodge un peu plus loin pour leur demander de l’aide. Yusuf, le propriétaire, vient nous chercher en voiture. Il nous dépose tous les trois chez lui et emmène Nil à l’hôpital. Pendant ce temps-là, nous faisons connaissance avec Ayse, la femme de Yusuf, qui nous prépare un festin pour le déjeuner.

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La radio a confirmé qu’il n’y avait pas de fracture mais il faudrait passer une IRM pour en savoir plus, impossible dans cet hôpital de campagne. Nil est revenu avec une paire de béquilles et il passera les prochains jours comme ça.

En attendant, cet accident bête nous a permis de rencontrer des personnes fantastiques et généreuses !

La vie de groupe

Nous reprenons la route, nous ne pouvons pas nous permettre d’être en retard pour l’un des rendez-vous les plus importants de ces deux dernières années. Clémence et Hugues arrivent de Paris, Petar débarque de Bulgarie et Matt, Buzz et Benny atterrissent des Etats-Unis et nous avons rendez-vous ce soir au bord de la mer, dans le petit parc naturel de Cilingoz. Ce soir-là, nous montons notre premier camp de 10 personnes et 6 tentes et tout ce petit monde fait connaissance autour d’un feu de camp.

Le lendemain, certains se découvrent à la lumière du jour pour la première fois et nous prenons la route, accompagnés par 3 adorables chiens errants. Petit à petit, nous allons tous apprendre à vivre ensemble, trouver notre rythme commun et nouer de solides amitiés.

Walk the line, Turquie

Les chiens turcs

Comment vous parler de notre traversée de la Turquie sans mentionner les chiens. On nous avait prévenu de deux choses. La première : “En Turquie, c’est un jour, un chien”, les chiens errants sont partout, mais ils sont tous dociles, bien élevés et bien traités. Les municipalités les marquent, les soignent et les stérilisent. Ils sont nourris par les habitants et se plaisent à suivre les promeneurs sur quelques kilomètres. Les “nôtres”, nous ont suivi pendant plusieurs jours !

La seconde mise en garde était contre les Kangals, les bergers d’Anatolie. C’est l’une des races de chiens les plus puissantes du monde. Les Kangals peuvent peser jusqu’à 75 kg et mesurer plus de 80 cm au garrot. Les pauvres grillages et autres barrières n’arrêtaient pas toujours ces molosses qui nous ont souvent fichu une trouille bleue.

Seuls au monde

De tous les moments que nous avons passé à 10, les quelques dizaines de kilomètres que nous avons parcouru sur la plage font partie des plus marquants. Sans parler des efforts supplémentaires demandés pour marcher dans le sable, le fait d’avoir soudain beaucoup d’espace nous a permis de marcher côte à côte et non les uns derrière les autres. Forcément, ça a permis de communiquer différemment, de s’autoriser des rythmes différents, puisque nous ne risquions plus de nous perdre les uns les autres et des gens qui ne se connaissaient encore pas la veille, ont passé des heures à discuter. Entre la mer et les falaises ocres, nous filions plein est vers Istanbul.

Istanbul

Le 20 février, nous nous réveillons dans le pré de Kennan qui nous avait laissé dormir près de ses ruches et nous entamons notre dernière journée de marche de cette épopée, le 746 ème jour sur les sentiers d’Europe. Après presque 30 km, nous arrivons aux portes de la plus grande ville du continent. Istanbul est tentaculaire et nous avons encore une douzaine de kilomètres à parcourir avant d’atteindre notre destination : Hagia Sofia, monument multiculturel par excellence.

Si nous savions que la journée allait être longue, nous n’avions pas en tête qu’Istanbul était construite sur 7 collines et qu’en plus de 42 km de distance, il faudrait ajouter 1000 m de dénivelé positif.

Nous avons finalement atteint Sainte-Sophie de nuit, sous la pluie, les uns boitant, les autres jurant mais quand nous l’avons vue, la joie et l’émotion a pris le dessus !

S’il serait réducteur de résumer l’expérience que nous venons de vivre à une série de chiffres, quelques uns sont gravés dans notre esprit pour longtemps. 2 ans, 16 pays, plus de 10 000 kilomètres, la plupart des massifs montagneux du sud de l’Europe, des centaines de rencontres, 36 invités de 12 nationalités différentes…

Nous avons hâte de rentrer en France, nous avons plein de projets ! D’ailleurs, restez connectés sur notre chaîne Youtube, notre page Facebook, notre compte Instagram et notre site web pour connaître la suite et peut-être venir nous rencontrer dans l’un des festivals où nous serons présents prochainement !

Retrouvez l’ensemble de nos articles de cette traversée de l’Europe sur I-Trekkings :

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Igneada, Turquie
Deux Pas Vers l'Autre
A propos de l'auteur

Le 5 février 2018, nous avons démarré une aventure humaine unique : du Portugal à la Turquie, 10 000 kilomètres à pied, 500 jours, 17 pays, plus de 120 parcs naturels, par 4 saisons. Notre objectif : rencontrer les autres, nos voisins, donner une voix aux personnes rencontrées sur la route et dont nous n'aurions sans doute jamais entendu ...



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