Un peu de montagne

Destination : Islande » Europe | Activité : Randonnée  | 


Un peu de montagne - Traversée de l'Islande à pied
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16ème jour: Un peu de montagne

JEUDI 31
Bon anniversaire ma chérie! Tiens il pleut pas. On sort prendre notre petit déj dans la baraque, c’est cool. Il fait mitigé: gris et trouées de ciel bleu. Départ 9h45. Des anglais sont partis à 9h tout droit à travers la rivière. Un gué dès le matin non merci, on longe la rivière vers un pont que j’ai cru voir sur la carte au 50000 du refuge. Nico me demande si je suis sûr… je dis rien pour tester sa confiance. 5min plus tard le voilà. On traverse la rivière les pieds au sec.
On commence la montée à 10h30 et là ça devient tout de suite grandiose.

Montée raide par un étroit chemin sous les branches et arbustes encore mouillés puis chemin à flanc donnant une vue presque surplombante sur une vallée immense. Les glaciers perchés en haut dominent tout, on va monter jusqu’à eux.

Puis le chemin rejoint une crête et ça devient vachement excitant.

C’est dangereux. On fait vraiment gaffe. En cas de chute, on est mort ( 600m de chute). Par endroits le chemin ne fait que 50cm de large, sur la crête! Je prends une photo de mes pieds à cet endroit et manque de me casser la gueule!
Les filles qu’on vient de passer arrivent, on s’arrête à 150m car elles semblent peiner. Elles hésitent, passent en
crapahutant accrochées à flanc… Pas le plus simple! Je les prends en photo. Une fois passées, on applaudit en criant bravo et en levant le pouce. Elles sourient. On repart.

Le groupe d’anglais est en vue. Malgré des poses photo on les rattrape: on a des ailes aujourd’hui, on les dépasse. Arrivé en haut, zut les nuages sont déjà là. C’est glauque.

Il est 13h on continue jusqu’au refuge à 13h30. L’ambiance est sinistre mais dès l’entrée tout change: il y fait chaud, on est les premiers pourtant, il est décoré, mezzanine, le plus beau qu’on ai visité.
On s’installe , on mange notre repas de midi: cacahuètes terminées, barres choco finies, heureusement il reste plein de croquants au sésame. Les anglais arrivent, ils sont en sueur. Ils nous demandent si on dort là, on leur dit qu’on a une tente, on préfère dormir dehors car il faut payer (1200kr). L’eau est dans un bidon dehors, ça doit être de l’eau de pluie.
Sur la carte du refuge, un autre est indiqué plus bas. On décide d’aller voir sans sac avec seulement la veste (on est monté en t-shirt/short). En sortant on l’aperçoit en contre bas. Shuss! Arrivés devant oh qu’il est moche! Arrivés dedans, oh qu’il est glauque! Il y a 3 sacs à l’étage. On lit le carnet, il y a des témoignages vraiment marrant. Les filles arrivent. Elles sont complètement nazes, mais nous disent qu’elles continuent jusqu’au refuge en bas (3h de marche). On les félicite pour leur passage acrobatique, on rigole. Elles repartent trempées de bruine et de sueur (elles fumaient de vapeur d’eau). Il est 15h30. Les pauvres…

On sort, gros brouillard: on voit pas à 25m! On décide quand même de remonter par où on est venus. Au flair on retrouve sans trop de problème le refuge. Un anglais est en train de faire fonctionner les 4 réchauds XGK à fond parce qu’ils ont trop d’essence, d’autres se sont fait une piste de ski avec bâtons pour portes! Excellent. Ils nous invitent, on leur dit plus tard: on monte la tente. On met ensuite les guêtres et ouaouh c’est raide. Je me lance…jusqu’en bas presque debout. Nico arrive, pas motivé. Il a l’air fatigué. Il fait les ¾ de la descente sur le cul. C’est tellement raide qu’il est impossible de s’arrêter au milieu de la pente. Les anglais (qui sont remontés se laver) se marrent. Je prends l’appareil photo, on recommence. 4 descentes chacun, on est naze (dur de remonter) mais on trouve le moyen de faire la course à la dernière remontée. On s’est bien marrés "great fun" on dit aux anglais qui approuvent.
Ensuite on hésite à aller manger dedans, même si j’ai demandé tout à l’heure si on pouvait (ils ont tous dit "of course"). On y va , ça se passe chacun dans son coin: nous on mange, eux ils jouent aux cartes ou discutent.
Petit coup de blues après nos deux pâtes au boeuf chacun. Je crois que je suis triste que ça se termine. La bruine est partout maintenant. Tout à l’heure elle se dissipait par endroits ce qui avec le soleil donnait une lumière irréelle mais maintenant c’est gris partout. On se glisse dans nos sacs de couchage. La tente est placée ouverture vers le sud, peut-être que demain matin on aura une belle vue sur la mer au loin. Tout à l’heure j’ai cru la voir mais ce n’était qu’une mer de nuages, magnifique tout de même.
Je rêve d’un pudding anglais olala il faut absolument que je demande à Man de m’en faire un… non deux pour mon retour. J’espère que j’ai penserai en arrivant à Paris. Bien sûr que j’y penserai j’en ai l’eau à la bouche.
J’espère que les deux Ecossaises sont bien arrivées, il doit bien pleuvoir en bas.

Il va peut-être faire froid cette nuit: je mets mon Helly. (on est à 1040m). Demain matin on pourra peut-être profiter du refuge, vide et chaud. Ce serait chouette. Je me rends compte ces jours-ci que ces moments de tranquillité dans la tente le soir vont nous manquer dans quelques temps. On est si bien parfois. Surtout depuis qu’on sait que c’est presque gagné. On oublie vite les grosses galères, pourtant on sait qu’on en vécu.
Le mot qui résume le mieux notre périple est "d i v e r s i t é" : d’état d’esprit, de moral, de paysages bien sûr, de condition physique, de situation. Rebondissements, surprises, moments longs et ennuyeux se sont succédés. C’est vraiment une bonne chose: pas de gros bobos, ma main est bien abîmée mais ça va mieux même si elle s’ouvre de temps en temps, mes ongles tomberont ou pas, on verra en tout cas ils ne me font pas trop mal. J’espère que la jambe de Steph est guérie. Elle doit être heureuse d’avoir fini de bosser. J’espère que je pourrai lui parler demain soir. Bon aller, croquants au beurre et dodo. Il est 20h45.

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