Usciolu – Conca

Destination : France » Corse | Activité : Randonnée  | 


Récit de la quatrième et dernière section de notre randonnée sur le GR20, entre le refuge de Usciolu et le village de Conca.
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 Lundi 22 Juillet, Refuge de Usciolu

  • Section parcourue: Usciolu – Asinau – i Paliri
  • Distance: 35km
  • D+: 1274m
  • D-: 1975m
  • Temps indicatif – Référence Topo guide édition 2008: 15h00
  • Temps réalisé: 10h35

Ce matin nous partons à la frontale. Il est 05h, nous sommes debout depuis une trentaine de minutes. Les tentes sont pliées, le plein d’eau est fait. J’avale mes barres hypercaloriques, Yann termine de siroter religieusement son café, et nous partons pour ce qui s’annonce être une très longue journée. Aujourd’hui encore nous doublons, mais cette fois-ci il s’agit des deux étapes les plus longues du trac, en temps et en distance, de tout le GR20. Au total, 35 kilomètres pour 15 heures de marche d’après le Topo Guide. Il nous en faudra presque 11.

Le premier tronçon au départ de Usciolu nous fait déambuler sur les crêtes, alors que le soleil se lève. C’est l’un des petits bonheurs de partir tôt, on peut voir des choses qui nous échappent le reste du temps. Un autre aspect agréable est la température. Lorsque le mercure commence à monter au dessus des 20°C, nous avons déjà couvert ¼ de la distance de la journée si ce n’est plus. Après avoir quitté les crêtes, le GR serpente dans le maquis corse, pour la première fois depuis le début de l’aventure. L’odeur qui s’en dégage et qui nous était inconnue jusqu’alors est très agréable. Après avoir franchi une passerelle, nous commençons une douce ascension qui doit nous mener sur les crêtes puis jusqu’à un col d’où l’on redescendra sur le refuge d’Asinau. Une fois parvenu au point en question, on aperçoit au loin les aiguilles de Bavella qui se détachent nettement dans le ciel. C’est un panorama assez étrange, les aiguilles ayant un aspect très « acéré » qui rappelle le relief du tronçon Nord du GR20, mais qui se démarque de la topographie du sud, beaucoup plus arrondie. Après un arrêt rapide à Asinau, où la pause de midi du gardien ne nous permettra pas de nous ravitailler, nous repartons en direction des aiguilles. Comme tous les jours depuis le départ, les nuages arrivent. Nous décidons de passer par la variante alpine, là encore plus sportive que le tracé du GR20, que nous rejoindrons à nouveau au village de Bavella, de l’autre côté des aiguilles du même nom. Celles-ci attirent d’ailleurs énormément de touristes, l’accès y étant possible par une route récemment rénovée. Je ne le découvrirais que plus tard, à mon retour sur le continent, mais il s’agit de l’un des sites les plus visités de Corse. Du sommet, on a une vue imprenable sur la côte est de la Corse. Malheureusement pour nous, la météo a décidé une fois de plus de s’inviter. Nous essuierons un orage au pied de l’unique passage de chaîne des aiguilles, avec une visibilité inférieure à tente mètres. La redescente sur Bavella fut un calvaire à cause des rochers glissants. La dernière partie de la journée nous paru assez longue avant d’arriver au refuge de i Paliri.

Ce refuge nous a semblé être une exception en comparaison de tous ceux que nous avions vu auparavant. Les tentes de location y sont peu nombreuses, ce qui permet aux randonneurs qui bivouaquent d’avoir accès à un grand nombre d’emplacements plats. La vue est superbe, d’un côté sur la mer, de l’autre sur une chaîne de roches rouges d’un type que nous n’avions jamais vu ailleurs sur le GR. Le gardien des lieux, un amoureux de grimpe qui nous a fait penser à P. Edlinger, y était très accueillant et sympathique. Nous savions qu’il nous restait encore une étape le lendemain matin avant Conca, mais nous étions quand même soulagés et heureux d’être arrivés au dernier refuge dans les temps.

Mardi 23 Juillet, Refuge de i Paliri

  • Section parcourue: i Paliri – Conca
  • Distance: 12km
  • D+: 160m
  • D-: 963m
  • Temps indicatif – Référence Topo guide édition 2008: 05h00
  • Temps réalisé: 04h00

Nous y voici enfin. La dernière étape de notre défi, celle qui pour moi « ne compte pas » du fait de son très faible dénivelé positif, avec moins de 200 mètres. Et pourtant… Elle nous en a fait baver cette dernière étape. Les muscles endoloris et un relâchement psychologique trop rapide en ont fait un calvaire. Nous étions partis à 06h et pourtant moins de deux heures plus tard, la chaleur, du fait de notre retour à une altitude proche du niveau de la mer, était devenue accablante. La descente sur Conca se fait à découvert sur la plus grande partie de l’étape, et on n’aperçoit le village que quelques dizaines de minutes avant d’y arriver. Une fois au cœur de Conca, Yann et moi cherchons, en vain, un panneau, un signe, quelque chose qui « officialise » la fin du GR20. Nous ne voyons rien. Les balises ont subitement disparut. Finalement, ce sera une plaque, fixée à l’initiative d’un barman sur le mur de son propre établissement. « Félicitations, vous avez terminé votre odyssée ». Bon. Et bien c’est fini alors, défi réussi !

Goldwine
A propos de l'auteur

 Passionné de randonnée, je suis toujours à la recherche de nouvelles destinations !...