Valais : randonnée sur le tour du val d’Anniviers

Destination : Suisse » Europe | Montagne : Alpes ; Alpes valaisannes | Activité : Randonnée  | Agence : Allibert Trekking 
Nombre de jours : 4 jours | Dificulté : 3 | Type d'itinéraire : Boucle | 
Ecosystème : Montagne | Hébergement : Hôtel
Meilleures Périodes : Juin, Juillet, Août, Septembre, et Octobre
Au cœur du Valais, le tour du val d’Anniviers occupe une place à part. Adossé à la célèbre Couronne impériale avec ses cinq « 4 000 », il offre des paysages d’une grande beauté, parmi les plus remarquables des Alpes. C’est aussi une région dont les villages restent solidement ancrés dans la tradition.
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Le tour du val d’Anniviers figure parmi les itinéraires pédestres les plus prisés de toute la Suisse. Evoluant entre 1 000 et 2 900 m, le randonneur découvre des panoramas somptueux. Une alternance de pâturages, de forêts et des paysages de haute montagne avec en toile de fond des glaciers et sommets enneigés.

La Couronne impériale, avec ses cinq sommets de plus de 4 000 m.

Les « 4 000 » de la Couronne impériale

Visibles de presque partout, ceux-là forment une large muraille blanche, là-bas au fond de la vallée. Au premier plan, les pointes jumelles du Besso et le glacier de Zinal. A l’arrière, disposés en arc de cercle, les sommets de plus de 4 000 m, dont le mythique Cervin, qui forment la Couronne impériale.

Notre petit groupe de randonneurs a des ambitions beaucoup plus modestes même s’il a aussi, d’une certaine manière, la tête dans les étoiles. L’une des premières étapes de ce tour du val d’Anniviers, dans une version raccourcie à quatre jours et trois nuits, sera Saint-Luc. Sur les hauteurs du village –qui conserve par ailleurs un ensemble de superbes moulins à eau du XVIIIe, témoignage de l’ingéniosité des habitants mais aussi de leur remarquable organisation sociale–, se trouve à 2 200 m l’observatoire astronomique François-Xavier Bagnoud. Il porte le nom du jeune pilote d’hélicoptère qui a trouvé la mort dans le désert malien, avec notamment Daniel Balavoine et Thierry Sabine, et dont la famille finance les installations.

Le tour du Val d'Anniviers se réalise en 6 jours © Patrik Stedrak - Fotolia.com

L’une des régions les plus ensoleillées

Le val d’Anniviers est l’une des régions les plus ensoleillées de Suisse, donc particulièrement propice à l’étude de cette étoile qu’est le soleil. Ici, au travers d’équipement sophistiqués, le public en découvre la complexité tout au long de l’année lors de passionnantes séances de vulgarisation. Pour nous, pas question de s’attarder très longtemps. La randonnée continue sur… le Sentier des Planètes. Imaginé par l’équipe de l’observatoire, il représente en quelques km la traversée du système solaire. Les différents astres sont symbolisés par des œuvres d’art.

L’itinéraire mène droit à l’hôtel Weisshorn, monumental, qui domine la vallée tel un phare. Construit au sommet d’une montagne, vers la fin du XIXe, il impressionne par ses dimensions ! De sa terrasse s’offre une vue imprenable que l’on apprécie en dégustant une tarte aux myrtilles. De quoi redonner du cœur à l’ouvrage, s’il en était besoin. Le sentier coure ensuite à flanc de montagne. Pas très loin au-dessus de nos têtes plane un aigle, majestueux. Ce tronçon est l’un des plus agréables. Le plus aisé aussi, au moins jusqu’à la redoutable descente plongeant droit dans la forêt sur Zinal, vers le bout de la vallée.

La terrasse de l’hôtel Weisshorn, construit à la fin du XIXe s en pleine montagne, offre une vue magnifique.

Ella Maillart, une grande dame du voyage

Dominant les toits de Chandolin, un chalet discret et joliment fleuri au nom curieux : Atchala. Cette grande dame du voyage qu’est Ella Maillart l’a fait construire vers la fin des années 1940. Elle l’a baptisé ainsi en souvenir de la colline sacrée voisinant avec cet ashram du sud de l’Inde où elle vient de passer cinq ans. C’est ici, dans les montagnes valaisannes, qu’Ella Maillart s’éteint en 1997 à l’âge de 94 ans, au terme d’une vie d’aventure et de quête spirituelle.

Un peu plus bas, au centre du village –l’un des plus hauts d’Europe avec ses 2 000 m–, l’ancienne chapelle a été convertie en un espace dédié à cette femme étonnante. Née dans la bonne bourgeoise genevoise, Ella Maillart devient une sportive accomplie. C’est une passionnée de voile et de ski.

Nobles Khalkas sous la yourte, Mandchourie, 1934. © Fonds Ella Maillart, Musée de l'Elysée, Lausanne

Nobles Khalkas sous la yourte, Mandchourie, 1934.
© Fonds Ella Maillart, Musée de l’Elysée, Lausanne

Mais c’est Ella Maillart écrivaine et photographe qui s’illustre le plus. De 1930 à 1940, elle sillonne l’Union soviétique, l’Asie pour le compte de différents journaux. Avec un certain Ian Fleming, le père de James Bond, elle fait notamment un long périple de Pékin à Srinagar, au Cachemire. Après la Seconde Guerre mondiale, Ella Maillart devient conférencière et guide culturel. Elle accompagne de petits groupes en Asie tout en continuant à publier. Sans manquer de revenir chaque année passer la belle saison à Chandolin.

Espace Ella Maillart à Chandolin ; expo permanente. Les heures d’ouverture sont communiquées par l’office de tourisme de Chandolin.

 Le village de Grimentz, avec ses chalets de bois datant pour beaucoup du XVIe, est l’un des plus typiques de tout le Valais. © Lukasz Janyst - Fotolia.com

Zinal, un hameau de « mayens »

Jusque dans l’entre-deux-guerres, Zinal était un hameau constitué de « mayens », de rustiques chalets que les habitants de Grimentz occupent en certaines périodes de l’année. Comme tous les Anniviards, ils se partagent entre plusieurs endroits : leur village de la vallée, mais aussi la plaine, autour de Sierre où ils cultivent des vignes, ainsi que les pâturages de montagne. Plusieurs fois dans l’année, la population déménage –elle « remue »– au gré des besoins. Tout le monde suit : le curé et le maître d’école aussi !
Grimentz, justement, nous y voilà le lendemain matin. Ses grandes maisons de bois, dont beaucoup datent du XVIe, se serrent les unes contre les autres. Joliment fleuri, le village, qui au cours des siècles n’a jamais connu les affres de l’incendie, est l’un des plus typiques de tout le Valais. A la sortie, une remontée mécanique –comme la plupart des autres villages du val d’Anniviers, Grimentz est une station de ski– conduit sur les hauteurs.

Pour boucler le tour, cette dernière journée de rando va s’achever à Vercorin. Pour cela, une belle grimpette mène d’abord au roc d’Orzival, à 2 852m. L’occasion de découvrir en chemin le délicat coussinet de silène acaule, une plante dont la première fleur n’éclôt qu’après un siècle et demi !

Il faut ensuite gagner le Crêt du Midi, par un spectaculaire sentier sur la ligne de crête, entre ciel et terre. D’un côté le sauvage vallon de Rechy, un secteur protégé, de l’autre le val d’Anniviers, dans toute sa splendeur.

Panorama sur le glacier de Zinal © Patrik Stedrak - Fotolia.com

Informations pratiques

Office de tourisme du val d’Anniviers : De la mi-juin à la mi-octobre, l’office vend des forfaits tout compris de 4 à 10 nuits (en hôtel, gîte et refuge) avec transfert de bagages et pension complète, transports en cars postaux.

Allibert Trekkings a dans son catalogue le tour du val d’Anniviers en six jours.

TGV Lyria www.tgv-lyria.com propose quatre trains quotidiens entre Paris et Lausanne à partir de 25 euros.

wolff
A propos de l'auteur

Journaliste professionnel venant de la presse régionale, j'ai toujours aimé bouger. Au fil de mes pérégrinations, j'ai découvert le voyage à pied et à vélo, que j'apprécie énormément. Et plus j'en fait, plus j'en redemande !...