Vers l’Emi Koussi

Destination : Tchad » Afrique | Montagne : Sahara | Activité : Randonnée  | 


Vers l'Emi Koussi - Tibesti : de l'Émi-Koussi aux lacs d'Ounianga Kébir
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Les deux jours suivants sont employés gravir les pentes de l’Émi Koussi. C’est assez monotone, ce n’est pas la partie la plus intéressante du voyage. Le départ à Tigui Piton est à environ 500 m d’altitude, le bord du cratère à 3000 m. Mais la pente est extrêmement douce, c’est pourquoi il faut presque trois jours pour la remonter. Voici le paysage typique que l’on peut observer pendant ce long trajet. Pour ceux que la géologie intéresse, l’Émi Koussi est un volcan éteint depuis un million d’années environ, les premières éruptions datant de l’ère tertiaire. À la fin, la chambre magmatique s’est écroulée pour former la caldeira sommitale. Les roches volcaniques que nous rencontrons sont d’abord des coulées de tracites, puis des ignimbrites, rocher formé par la chute de nuages de cendres.

Pentes de l’Émi Koussi (17 février 1998)

Au bout de ces trois jours, lorsque nous débouchons sur le rebord de la caldeira, nous sommes enfin récompensés de nos efforts :

Vue générale du cratère de l’Émi Koussi (19 février 1998)

Un véritable paysage lunaire !

Au centre de la caldeira se trouve un petit cratère appelé Erra Kohor ou aussi trou au natron. Notre guide nous précise bien qu’il ne s’agit pas du trou au Natron que mentionnent les guides touristiques du Tibesti, lequel se situe plus au nord dans le massif (c’est pourquoi ce trou-là doit s’écrire sans majuscule !). Pour info le natron c’est du carbonate de sodium ; c’est la tache blanche au centre. Nous sommes descendus dans le cratère jusqu’au centre de la couche de natron.

Le tour au Natron ou Erra Kohor (19 février 1998)

Nous avons dormi à la belle étoile au bord du trou (nous n’avions pas emporté les tentes pendant la randonnée). Il faut savoir qu’à trois mille mètres d’altitude en février, même sous les Tropiques, il ne fait pas chaud. Le matin le contenu des gourdes n’est plus que glace. Nos chameliers, eux, n’ont pas de duvet, ils ont dû ramener une très grande quantité de bois pour faire du feu toute la nuit.

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Une autre vue du trou au natron dont nous avons fait le tour le lendemain :

En faisant le tour d’Erra Kohor (20 février 1998)

Et ce avant de faire l’ascension du sommet de l’Émi Koussi proprement dit, c’est à dire du plus haut point des bords de la caldeira.

Vue du sommet de l’Émi Koussi (20 février 1998)

Nous sommes là au point culminant du Sahara, à 3415 m l’altitude. Même si ce sommet ne présente aucune difficulté technique, assez peu d’Européens en ont fait l’ascension jusqu’ici (une centaine tout au plus).

La redescente des pentes du volcan est tout aussi monotone que leur montée. Et ce jusqu’à ce que nous atteignons la petite oasis de Yi Yerra coincée dans des gorges. Elle est alimentée par une source chaude, le seul résidu d’activité volcanique dans cette zone :

La petite oasis de Yi Yerra (22 février 1998)

Peu après nous rejoingnons nos véhicules : c’est la fin de la randonnée mais non du voyage.

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