Procession des neuf lieues

Ce sujet a 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Anonyme, il y a 10 ans et 3 mois.

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
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  • #18761

    Anonyme

    Salut salut.

    Je vais d’ici peu faire la Procession des neuf lieues avec un ami et je vous en parle au cas où vous seriez intéressé par cette marche.

    Comme c’est la première fois que je vais à cet évènement (la onzième pour mon camarade) je ne connais pas encore tout les détails mais je vais essayé d’être le plus précis possible.

    La Procession des neuf lieues (ou Procession de Saint Maximin) est un évènement lié à l’Eglise Catholique et est organisée par la Confrérie de St Maximin à Magnac Laval, chez moi, en Haute Vienne (Limousin). N’étant pas croyant, j’effectuerai cette randonnée « en touriste » et ne pourrai pas vous expliquer la signification profonde de cette marche mais je sais qu’elle est réalisée, depuis quatre cent dix-sept ans, en l’honneur de Saint Maximin, évêque du IVème siècle passé par Magnac Laval. Organisée le Lundi de Pentecôte, au départ de Maganc Laval (Haute Vienne) et longue de 54km cette procession est épuisante puisqu’elle démarre juste après la messe de minuit et qu’elle se termine à 21h, le soir. Il est donc conseillé de partir léger, avec un simple sac pour l’eau et la nourriture (bien qu’il y est un point de ravitaillement) et de prévoir un à plusieurs jours de repos. Il semble qu’elle ne suive pas un chemin mais qu’il faille couper à travers champs et forets.

    Il n’est pas obligatoire de marcher les 21h, plusieurs personnes ne participent que l’après midi, lorsque leur condition physique ne leur permet pas de faire le parcours en entier.

    Avis aux amateurs.

    Pour ce qui est de la pratique : je vous donnerai mes impressions vers le 15 mai.

    Voial voila.

    #19246

    Anonyme

    Salut salut.

    Ayé ! Me voila reviendu de la procession pour vous faire part de mes impressions.

    Après une rude journée à jouer au boules, je suis parti avec un ami pour la randonnée, qui commença vers 1h du matin. A peine parti, on se dit : « Tiens ! J’irais bien me coucher moi. » La marche est assez facile malgré le terrain. On ne suit en effet aucun chemin en particulier : sentiers, routes, champs, ruisseaux… Tout y passe. Le rythme est lent, et il ne faut en aucun cas dépasser la bannière en tête de convoi. Nous sommes donc environ deux cents à suivre et à s’arrêter à chaque croix pour y prier. N’étant pas croyant je me contente de suivre et de regarder. Les gens chantent aussi, une chanson en l’honneur de Saint Maximin. Enfin un chanson… une phrase en latin qui devient pour celui qui n’a pas la foi, très vite insupportable. Du type : « 20 km à pied. Ca use. Ca use… » (C’est clair. Ca use… 😆 ) . Bref cela fut pour pour moi une des grandes difficultés de la randonnée. D’autant plus qu’il me semble que plus elle était gueulée forte et fausse, plus elle devait pénétrer les voies du seigneur… Bref, le matin arrive et jusque là tout ce passe bien, je ne suis pas encore trop fatigué et le petit déjeuné arrive vers 6h. Une fois reparti, arrive le premier effet Kiss Cool, la fatigue se fait sentir, et l’on se dit après un petit quart du chemin effectué, je vais crever avant la fin. Déprime générale, déjà, cela chante moins. Puis l’on continu, en se disant : « Si la vieille devant moi y arrive, je vais bien y arriver ! ». A la différence que moi je n’avais pas la divine foi qui donne des ailes. La marche continue, puis la pause de midi, les kilomètres passent, on reprend des couleurs, c’est assez facile malgré le soleil qui tape. Le rythme ralentit encore avec la venue des touristes en espadrille qu’il faut attendre parce qu’ils se sont embourbés dans la boue… C’est dur d’attendre. De devoir mettre vingt heures pour une distance parcourue en moins de trois par un marathonien. Puis vers 17h, vient le second effet Kiss Cool, qui est cette fois ci destructeur. Il reste entre dix et quinze kilomètre et c’est foutu. Je suis personnellement mort. C’est à ce moment la que tout ce passe dans la tête. Et de toutes façon il faut bien rejoindre la voiture ! Bien qu’un ami nous suive pour nous amener boissons, nourriture et assistance. Je sais que si je ne tombe pas dans les pommes ou si je ne me casse pas une guibole, j’irai au bout. Nous continuons donc à marcher. Parti à deux cents, puis arrivés vers cinq cents au milieu de la journée, nous ne somme plus qu’une cinquantaines d’irréductibles à essayé d’atteindre notre but. Certains guides (chasseurs et autres paysans) m’énervent. Fumant clopes sur clopes et picolant à chaque villages, ils ne semblent pas ressentir la fatigue. Il n’y a pas à dire la campagne, ça forge. Toujours sur mon nuage je parcours les derniers kilomètres en supportant la maudite chanson latine et en attendant les derniers ce qui coupe bien le rythme et à pour effet d’user mes dernières ressources. J’arrive tout de même à terminer l’épreuve et reprends la voiture en esquivant une nouvelle messe donnée à l’église du village. J’arrive chez moi après plus de trente heures sans dormir et plus de cinquante kilomètres dans les pattes. Tout ça pour reprendre le boulot le lendement pour une semaine de folie, dont je vous passerai les détails, mais qui fut très très difficile… Monde du spectacle oblige. Heureusement que le patron connait l’événement et est, du coup, indulgent envers mes performances physiques comme intellectuelles.

    En définitif, une marche usante et difficile pour ceux qui courent après la performance ou après Dieux.

    Voila voila.

    #19248

    Anonyme

    Ton récit m’a bien fait rire 😉

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