Test tente MSR Carbon Reflex 3

Test de la tente MSR Carbon Reflex 3 pendant plusieurs bivouacs en Normandie, en Corse et dans le Jura. Avis après 7 nuits de cette tente poids plume de 3 places (1,19 kg).


Caractéristiques du produit testé

  • Type produit testé : Tentes
  • Double toit : nylon 7D ripstop enduit silicone renforcé DuraShield sur la face externe et induction polyuréthane sur la face interne - étanchéité 1200 mm
  • Toile intérieure : nylon micromesh 10D
  • Tapis de sol : nylon Ripstop 15D PU DuraShield polyurethane traité DWR étanchéité 1200 mm
  • Description : dôme rectangulaire non autoportant - 2 entrées, 2 absides, 2 arceaux Easton en Carbone Ion, 10 piquets Needle™ MSR en alu, 2 pigeonnières d'aération de chaque côté de la structure, haubans inclus avec boucles de serrage
  • Saisonnalité: 3 saisons
  • Capacité : 3 personnes
  • Dimension: intérieures (L x P x H): : 213 x 167 x 114 cm - Taille au sol (L x P) : 213 x 289 cm - Dimensions de l’emballage (L x P) : 46 x 15 cm
  • Poids (donnée fabricant): 1190g
  • Poids (produit pesé par le testeur): 1190 g (double toit : 390 g ; chambre : 435 g ; arceaux : 245 g ; les 10 piquets : 100 g) + 275 g pour le footprint
  • Couleurs: kaki/bordeaux
  • Garantie: 3 ans ( Voir sur le site de MSR pour plus d'infos
  • Entretien: Pas de lavage nécessaire
  • Prix: 759,00 €

Conditions du test

  • Lieux du test: Normandie, Corse, Jura
  • Activités: Randonnée
  • Ecosystème: Campagne, Littoral
  • Durée du test (nombre de jours): 7 nuits
  • Conditions météorologiques: NC

 

MSR Carbon Reflex 3

Issue de la gamme « Expérience » de MSR, spécialisée dans les tentes trois saisons légères et spacieuses, la Carbon Reflex 3 modèle 2016 est le poids plume absolu de cette catégorie avec ses 1,19 kg. Sur le papier, la marque américaine promet une tente « parfaite pour deux personnes, avec un volume supplémentaire pour vous étirer à votre aise ou pouvoir stocker vos affaires et avec la possibilité d’inviter une troisième personne quand vous le souhaitez. » Après 7 nuits de test, du doux littoral corse aux humides plateaux jurassiens en passant par la plaine normande, voici mon retour.

Qualité de fabrication 9/10

Quand on sort la Carbon Reflex 3 de son étui étroit, cette tente surprend par sa légèreté et par la technicité extrême de ses composants. Par exemple, le ripstop utilisé pour le tapis de sol et le double toit, qui varie de 15 à 10 deniers, semble fragile quand on le prend en main pour la première fois. Heureusement, à l’usage, le ressenti est différent. S’il ne faut pas brutaliser le matériel -le constat vaut de toute façon pour des tentes bien plus lourdes-, les finitions de la Carbon Reflex 3 sont impeccables. Coutures thermocollées imperméables, attaches pour les piquets et les haubans, fermetures par Velcro et crochet des absides : tout cela respire le travail bien fait et bien pensé.

Evidemment, pour atteindre un poids hallucinant d’1,19 kg, MSR a dû alléger à l’extrême les matériaux. Cela implique donc d’être soigneux lors de l’installation. Attention par exemple à ne pas abimer le double toit, taillé dans un ripstop très fin de 7 deniers, contre des branches ou des bruyères. Le tapis de sol en ripstop 15 deniers est tout aussi ténu et il est clair qu’un sol abrasif le détériorerait assez rapidement. Pour ma part, je me suis servi systématiquement du footprint (50 euros, 275 grammes), particulièrement solide et rassurant. Revus et corrigés pour cette édition 2016, les arceaux en carbone semblent avoir fait des progrès, eux qui avaient montré des signes de faiblesse les années précédentes. Seul un piquet en aluminium a cédé (torsion) quand j’ai insisté avec le pied pour le planter dans un sol faussement mou. Mais il sera possible de le redresser sans peine dans mon atelier.

Praticabilité 8/10

Planter les quatre coins de la tente avec les piquets. Mettre en place l’arceau central grâce aux clips puis le demi-arceau latéral. Fixer le rainfly (la paroi imperméable) sur le demi-arceau grâce à deux attaches, puis le rattacher aux quatre piquets précédemment rivés dans le sol. Quelques ajustements dans les coins grâce aux sangles. Puis, enfin, installer les absides avec un piquet de chaque côté. Et s’il y a du vent, les quatre suspentes permettent d’haubanner très solidement la Carbon Reflex 3. De prime abord, cela peut sembler long mais le montage ne prend pas plus de 5 minutes à deux. Le rangement, de même, se fait rapidement aussi si vous enroulez soigneusement les toiles autour des arceaux. A noter que si vous achetez le footprint, vous pouvez utiliser le rainfly en mode tarp en fixant les arceaux par l’intérieur à l’aide de scratchs. Le poids passe alors de 1,19 kg à 870 grammes… Voilà qui est MUL !

A l’usage, c’est moins facile en raison des économies de poids très poussées. Par exemple, une fois que vous êtes dans la chambre intérieure, la fermeture des portes -à l’aide de deux bandes adhésives type Velcro et de deux crochets- est plus compliquée que sur la Mutha Hubba HP et ses fermetures à glissières. Bien qu’ayant de l’envergure, il me fallait poser un genou sur le sol extérieur pour atteindre l’attache à enrouler autour du piquet, puis reculer progressivement dans la tente pour fixer les crochets et bien aligner les scratchs. Mes genoux humides ont ainsi fini à plusieurs reprises dans la tente. Gênant si le sol est vraiment boueux.

A l’intérieur, la bonne longueur utile (2,13 m) laisse suffisamment d’espace à trois personnes -même pour mon 1,90m- pour poser leurs vêtements bien pliés. Par contre, la tente est dépourvue d’un rangement suspendu, qui est toujours bien pratique pour faire sécher ses vêtements humides. Il faudra donc les déposer dans les absides dont le volume appréciable permet, de chaque côté, de ranger trois sacs de 60L sans difficulté et des paires de chaussure. A noter que deux petites poches latérales bien tendues peuvent accueillir couteau, livre, lunettes, lentilles de contact ou mouchoirs. Toujours sympa.

Enfin, le confort est excellent à deux mais un peu juste à trois personnes. Bien sûr, avec une largeur utile de 1,67m, trois matelas de 51 cms peuvent cohabiter. Mais comme les côtés de la tente sont assez inclinés, les personnes dormant de chaque côté de la chambre intérieure auront l’impression de « finir » la tête contre le ripstop. C’est certainement le prix à payer pour pouvoir dormir à trois dans une tente pesant seulement 1,19 kg.

Résistance au vent 7/10

Avec son arceau et demi en carbone ultraléger et ses matériaux fins, la Carbon Reflex 3 semble moins résistante au vent fort qu’une Mutha Hubba HP, qui dépasse les 3 kilos avec ses trois arceaux solidaires. Clairement, il ne s’agit pas d’une tente d’expédition mais rappelons son poids dérisoire de 1,19 kg !
Toutefois, ses flancs penchés et sa taille basse (101 cm contre 117 pour la Mutha Hubba) lui donnent une allure très aérodynamique. Et les quatre sustentes, solidement fixés à la toile extérieure, lui assurent une bonne tenue face au vent, a fortiori si le rainfly est bien tendu. Ainsi, aucun « claquement » de la toile de tente n’a été perçu, même dans le vent.

Imperméabilité 9/10

Avec une colonne d’eau annoncée à 1200 mm -1000 mm pour la Mutha Hubba HP destinée au mauvais temps- le rainfly de la Carbon Reflex 3 s’est montré particulièrement performant sous la pluie normande et jurassienne. Nous sommes restés parfaitement au sec en dépit de deux nuits où il a plu sans discontinuer.

L’imperméabilité du tapis de sol -1200 mm contre 10000mm pour la Mutha Hubba HP- semble par contre un peu juste sur des sols meubles et très humides. Je vous conseille de vous tourner vers le footprint de belle qualité (275 grammes, 50 euros).

Ventilation et isolation: 7/10

Avec un rainfly un peu court sur les côtés, le vent latéral peut légèrement se faire ressentir à l’intérieur de la tente. Si cela limite la Carbon Reflex 3 à un usage 3 saisons, cette relative « ouverture » sur les côtés facilite la ventilation, d’autant que les fermetures particulières -scratchs, crochets- des absides laissent passer un peu d’air. Conséquence : le modèle ultraléger de MSR n’est que très peu sujet à la condensation.

Par contre, sa chambre intérieure (en nylon 10 deniers) ne coupe pas du froid, contrairement par exemple à la moustiquaire épaisse (20 deniers) de la Mutha Hubba HP… qui pèse deux kilos de plus. On ne peut pas tout avoir !

  • 90%
    Qualité de fabrication - 90%
  • 80%
    Ergonomie - 80%
  • 90%
    Imperméabilité - 90%
  • 70%
    Résistance au vent - 70%
  • 70%
    Ventilation - 70%
  • 70%
    Isolation - 70%
  • 100%
    Poids - 100%
  • 90%
    Volume - 90%
83%

Mon avis

Poids plume sidérant, la Carbon Reflex 3 de MSR surprend par sa conception intelligente, simple et efficace. Facile à monter, agréable à vivre, elle est un peu petite pour trois gros gabarits et montrera ses limites en hiver. Mais elle attirera un public exigeant, soigneux et fan de randonnée légère, d’autant que ses matériaux semblent conçus pour durer malgré des deniers assez bas.

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Verdict
Avis après plusieurs mois

Points forts
  • Très facile à monter et à démonter
  • Poids incroyable de 1,19 kg voire 870 grammes en mode tarp !
  • Volume réduit dans le sac
  • Conception simple mais solide
  • Ventilation impeccable
Points faibles
  • Manque de rangements intérieurs
  • Isolation limitée au froid
  • Un peu petite pour trois personnes
  • Kit de réparation non fourni
Minacz
A propos de l'auteur

I-trekkeur depuis trois ans, la randonnée est une passion qui occupe la plupart de mes vacances avec, pour point d'orgue, un sacré trek en Laponie suédoise, le long du Padjelantaleden.Cette année, je commence aussi le trail (Oxfam) et je vais redécouvrir les Alpes via le fameux plateau d'Emparis... Au plaisir d'échanger :)...



2 Responses
  1. johnK

    Bonjour, je n’ai pas compris l’expression : utiliser le rainfly en mode tard. Peux-tu préciser. Pour le footprint, j’utilise la couverture de survie "épaisse" que je prends dans toutes les randonnées

  2. Anonyme

    Le rainfly, c’est la deuxième couche de la tente, celle qui est imperméable. Ici, tu peux la fixer seule, sans la moustiquaire, aux arceaux. C’est pas mal s’il fait beau, s’il pleut très légèrement et, surtout, s’il y a peu de vent.

    Sinon, en effet, ta couverture de survie -surtout si elle n’est pas déchirable- suffit en guise de footprint. Mais elle peut glisser sous la tente et elles font souvent du bruit…

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