Canyon d’Ordesa




Canyon d'Ordesa - Cirques et Canyons du Mont Perdu
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Carnet : Cirques et Canyons du Mont Perdu

Au départ de Torla, les excursions aux abords du massif franco-espagnol de Gavarnie sont multiples. Le Canyon d’Ordesa est l’attraction touristique la plus connue. Merveille de la nature, véritable Colorado pyrénéen, Henry Russell disait de lui qu’il était "capable de donner aux anges la nostalgie de la terre" ! Parois vertigineuses, cascades et torrents tumultueux, immense couvert forestier en lutte avec l’univers minéral…

Le canyon fait partie intégrante du Parc National d’Ordesa et du Mont Perdu, situé au coeur des Pyrénées aragonaises. Grandiose, creusé dans d’énormes plis calcaires couchés, il concentre des merveilles naturelles (hautes falaises, gouffres), ainsi qu’une incroyable variété de la flore et de la faune (bouquetin des Pyrénées, aigle royal, isard). Nous allions goûter à la force de cette nature, parcourant ses flancs rocheux et ses abîmes herbeuses.

L’entrée au Parc est interdite aux véhicules motorisés, preuve d’une sauvegarde réfléchie et assidue. Son accès est facilité par un transport en car, en une vingtaine de minutes depuis Torla, permettant ainsi de découvrir en belvédère le canyon. Depuis le parking du Parc, l’ascension se fait à partir d’un sentier forestier en aval. Deux heures suffisent pour atteindre un promontoire, après une promenade agréable et ombragée.

Désormais, nous longions des parois vertigineuses, sur un sentier sinueux et horizontal en sous-bois. Tout autour pins, mélèzes et sapins – quelques-uns hauts de 25 mètres – couvrent les basses pentes, protégeant un tapis parfumé de buis, aubépines et sorbiers. Par endroits, nous étions face à une perspective plongeante sur la vallée d’Ordesa, avec sa végétation exubérante de hêtres et d’érables.

Ailleurs, à un virage, un gouffre nous fit affront ; son relief calcaire, découpés en strates horizontales couleur gris acier ou ocre rouge, semblait en totale opposition avec la frondaison. Depuis son épicentre, toutefois, nous pouvions puiser de l’eau ruisselant entre les roches. Retour ensuite sur une pelouse émeraude, à ciel ouvert. Au déjeuner, une halte s’imposa dans l’inclinaison d’un versant, sur l’herbe fraîche et à l’ombre des pins ; se prélasser après un repas copieux, sous les feuillages ou au soleil, fut le summum de la fainéantise. Notre environnement végétal nous insufflait cette simple mélancolie, sans la moindre hésitation. Au loin, un bourdonnement sonore – sans doute celui d’une cascade – berçait nos rêveries. Le silence, rien que le silence, en ces lieux chargés d’histoire et d’une beauté naturelle du massif.

Le départ fut d’autant plus rude. Plus nous évoluions sur ce chemin horizontal, plus nous étions au bord de certains précipices. Qu’importe ! notre regard s’éternisait vers les entrailles du canyon d’Ordesa, et tout crainte du vertige était oubliée. Parfois, des passages aériens nous contraignaient à une prudence extrême. Là encore, les difficultés s’effaçaient dès l’instant où apparaissaient, en hauteur sur les roches, des isards. Les suivre du regard, assister à leur déplacement à une pareille altitude, nous impressionnait. Emblème des Pyrénées, l’isard est reconnu pour être un animal montagnard, alliant rapidité, agilité et résistance. Ce que nous voyions contribuait à cette description sans faille.

A l’entrée d’un sous-bois, une fourche propose une continuation, soit en amont vers la brèche de Roland, soit en aval vers le parking de la Pradera. Notre guide s’engagea vers cette seconde direction. Quelques mètres plus bas, nous voici au bord de la cascade Cotatuero, cerclée d’immenses falaises. La tentation fut alors trop grande : certains d’entre nous se déchaussèrent et trempèrent les pieds dans l’eau glacée et tourbillonnante, sous une passerelle verte. Après ce bain de pied, nous reprenions notre descente à travers un couloir forestier. Cet itinéraire en lacets menant à la vallée dure environ une heure. A l’arrivée, un espace verdoyant et dallé nous entraîna directement à… des rafraîchissements ! Assoiffés, attablés à un bistrot, nous levions nos verres à cette quatrième journée enrichissante.

Le soir même, après deux longues heures de route, nous franchissions la frontière espagnole pour basculer en France. Le poste frontalier du Portalet relie la Vallée de Tena avec la vallée française d’Ossau, dans les Pyrénées-Atlantiques. Nous avons élu domicile pour la nuit à Gabas, dans un chalet refuge situé à 1060 mètres d’altitude. Il s’agit d’une étape du GR10 et du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, face à l’impressionnant Pic du Midi d’Ossau. En attente du dîner, nous prîmes d’assaut une terrasse pour apprécier une bouteille dont je me tairai le nom 🙂 Aux abords du refuge, la départementale 934, formant des boucles interminables, était ce soir-là envahie par une lignée d’automobilistes : le lendemain, l’arrivée du Tour de France était prévue dans la région.

Fiche hébergement

  • Hébergement:Chalet-Refuge du CAF de Gabas
  • Adresse:Route du Pourtalet 64440 Gabas
  • Téléphone:05.59.05.33.14
  • Web:http://www.ffcam.fr
manael
A propos de l'auteur

Je suis un passionné de montagne. J'aime prendre de l'altitude, à l'instar de ceux qui prennent du recul. Ma pratique du trek se compose en solitaire depuis de nombreuses années, en semi-autonomie sur plusieurs jours, souvent l'été, rarement l'hiver. Photographe passionné, j'apprécie de faire des reportage-photos pour exprimer la beaut...



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