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7 jours de randonnée dans le cirque de Mafate

Récit de nos 7 jours de randonnée dans le cirque de Mafate en bivouac, de Cilaos à la Plaine sur l'île de la Réunion. Téléchargez la Trace GPS.

Focus Rando :7 jours de randonnée dans le cirque de Mafate
7 jours+4597 m/-5357 m50,1 km3
RandonnéeLigneBivouac
Forêt, MontagneAvril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre

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Voici le récit de nos 7 jours de randonnée dans le cirque de Mafate de Cilaos à la Plaine, avec nuits en bivouac, rencontres, paysages, efforts, moments de bonheurs et des surprises…

Nous ne connaissons pas du tout l'île de la Réunion mais avons la chance cette année de pouvoir y retrouver de la famille au sud (Saint Pierre) et des amis au nord (La Possession). Mais comment faire pour aller de l'un à l'autre ? A pied bien entendu ! Et en passant par le cirque de Mafate que tout le monde nous a décrit comme incontournable.

Nous décidons d'y consacrer 7 jours au milieu de nos vacances. Après un peu de logistique (achat d'une bouteille de gaz pratiquement introuvable sur l'île, horaires de bus, réserve de nourriture, transfert des serviettes de plage, robes, masques, et autres affaires inutiles en rando),  nous sommes prêts pour le grand départ de notre randonnée dans le cirque de Mafate.

En complément de ce récit, lisez également la traversée de la Réunion par le GRR2 par GregOutdoor et celui sur le trekking de Mafate, Cilaos et le Piton des Neiges de Thesundayadventurer.

Eclipse totale de lune du 27 juillet 2018

 

Mais avant de partir, on profite de l’éclipse totale de lune qui a lieu cette nuit, le 27 juillet, l'île étant un des sites privilégiés dans le monde pour l'observer.

Nous devons pourtant nous lever très tôt, car nous voulons prendre le bus de 7h30 à Saint-Louis. Nous achetons nos billets, 1€50, cela reste raisonnable pour 1h30 de bus sur une petite route magnifique avec ses 400 virages, et nous les remettons à un employé qui nous fait monter par l'arrière car le bus est en retard. Sauf que, à l'arrivée, des contrôleurs entrent en nombre dans le bus et nous honorent d'un “ça ne marche pas comme ça à La Réunion” lorsqu'on leur explique qu'on a donné nos billets à une personne au départ. Quelques coups de fil et l'aide des habitants nous permettent tout de même de faire valoir notre bonne foi, et nous pouvons enfin démarrer notre randonnée dans le cirque de Mafate.

Jour 1 : Cilaos – Ilet des Salazes

 + 848 m / – : 495 m   6,5 km  5h40

Un peu groggy après tous ces virages, nous sommes tout heureux de démarrer sous le soleil, et nous prenons la direction de la cascade de Bras Rouge par le GR R2 au nord de cette jolie ville de montagne.

Surprise, au moment de quitter la route (D242), un panneau nous indique que le sentier est interdit. Il est pourtant assez fréquenté et nous décidons de continuer, on n'a pas très envie de marcher le long de la route. Un peu plus loin, des éboulements expliquent la raison de cette interdiction. Comme il ne pleut pas, cela reste assez facile à franchir et nous pouvons continuer.

éboulement sur GR R2 avant Bras Rouge

D'emblée, la végétation luxuriante nous étonne, c'est très différent des Pyrénées ou des Alpes où nous marchons habituellement.

végétation luxuriante, Cilaos - Ilet des Salazes

La cascade de Bras Rouge est un site très agréable avec des petits bassins en pierre, mais pour voir la cascade il faut s'approcher du bord qui peut être très glissant, la prudence s'impose !

Vers l'amont, nous voyons très bien ce qui nous attend par la suite : la tête de Pluto et les trois Salazes, qui marquent l'entrée dans le cirque de Mafate.

Nous repartons après une pause repas bien méritée, et commençons à monter sérieusement. Le sentier rejoint le GR R1, puis, un peu frustrant, la route qui mène à Ilet à Cordes. Sans doute un deuxième bus aurait pu nous amener jusque là, mais nous ne regrettons pas cette première partie de rando très variée.

Nous quittons définitivement les routes asphaltées et commençons la montée vers le Taïbit, l'un des rares points d'entrée au cirque de Mafate. Le sentier est très bien tracé mais un peu monotone, et nos sacs à dos de 12 et 15 kilos sont encore bien lourds avec le matériel de bivouac et la nourriture pour environ 5 jours.

Cilaos - Ilet des Salazes

Arrivés à Ilet des Salazes, où nous espérions bivouaquer sommairement, nous discutons avec la personne qui gère la petite tisanerie (deux versions sont proposées, relaxante pour ceux qui descendent ou tonifiante pour ceux qui montent…). Elle nous propose d'aller en contre bas, et nous avons la joie de découvrir un site plutôt grand et très bien entretenu. Il y a même des toilettes dans une cabane en plein champ, avec l'eau courante. Un camp de jeunes réunionnais a déjà investi les lieux mais nous accueille très gentiment, et nous pouvons monter notre tente.

bivouac ilet des Salazes

La température descend très rapidement, aussi nous sommes heureux de rejoindre le groupe près du feu, il s'agit de jeunes de 7 à 15 ans et leurs moniteurs, qui réalisent une découverte de Mafate avec l'association Bouillon d'Aventures. Nous sympathisons et partageons quelques moments avec eux avant d'aller nous coucher vers 20 heures, enchantés par cette première journée de randonnée dans le cirque de Mafate.

Jour 2 : Ilet des Salazes – Les trois Roches

 + 620 m / – : 916 m  8,5 km  6h00

Nous hésitons à sortir de nos duvets, ma montre indique qu'il fait 3 degrés ce matin ! Heureusement, le feu est déjà allumé du côté des jeunes, et nous pouvons les rejoindre pour prendre notre thé / café / pain au lait.

Nous sommes prêts les premiers et souhaitons bonne route au groupe. Nous avons hâte de grimper pour nous réchauffer au soleil. La montée est agréable et offre de belles vues sur Cilaos ou sur les sommets qui se rapprochent.

vue sur Cilaos, Ilet des Salazes - Les trois Roches

tête Pluto, Ilet des Salazes - Les trois Roches  Le col du Taïbit n'est plus très loin et nous l'atteignons vers 11 heures.

panneau col du Taïbit, Ilet des Salazes - Les trois Roches

Nous découvrons avec beaucoup d'émotion le théâtre de nos prochains exploits, le cirque de Mafate se dévoile enfin devant nous.

vue Mafate, Ilet des Salazes - Les trois Roches

Nous plongeons avec joie dans ce site naturel, et arrivons vers 13 heures à Marla, après avoir aidé une chèvre à brouter des branches pleines d'épines et néanmoins délicieuses, qu'elle n'arrive pas à atteindre à cause de sa laisse trop courte.

chèvre, Ilet des Salazes - Les trois Roches

Le premier bar restaurant est fermé mais heureusement, au centre du village, se trouve un café très animé avec musique, boissons, frites et carry d'agneau ! Nous nous y arrêtons bien volontiers, et voyons bientôt arriver le groupe Bouillon d'Aventures rencontré la veille, nous discutons encore avec les animateurs et les jeunes qui nous connaissent bien maintenant.

Il est temps de repartir, et nous prenons le chemin des Trois Roches. Le sentier est moins fréquenté et beaucoup plus sauvage, néanmoins nous n'avons aucune difficulté d'orientation, tout est bien fléché. De plus, cette année, mon investissement principal est une montre Suntoo dans laquelle j'ai pu entrer tous les itinéraires et variantes prévues. La trace GPX fournie avec ce carnet provient d'ailleurs de l'enregistrement de cette montre. D'après mes calculs, elle devrait tenir une semaine sans recharge.

Des nuages commencent à se former sur la crête à gauche, entre le Grand Benare et le Maïdo. Il va nous falloir trouver un lieu de bivouac, et cette fois il n'y a pas de camping… L'endroit est même très sauvage, la descente parmi les rochers devient plus difficile et nous devons franchir notre premier gué.

descente vers les trois roches, Ilet des Salazes - Les trois Roches

Nous rejoignons la rivière des galets, qui porte bien son nom par ici : petits ou gros galets, il y en a pour tout le monde !

Ilet des Salazes - Les trois Roches Ilet des Salazes - Les trois Roches

Un petit terrain plat de quelques mètres carrés s'offre à nous un peu plus bas. Étant donné que c'est plutôt rare dans cette zone, nous décidons de nous arrêter juste avant d'arriver aux Trois Roches. Nous sommes absolument seuls et pouvons profiter d'un repas chaud avant la tombée de la nuit, qui survient ici très rapidement vers 18h.

campement trois roches Un couple passe à ce moment sur le sentier, il n'hésite pas à monter à Marla. Nous les prévenons que c'est assez loin, ils nous répond “pas de problème, on a des lampes”. Soit.

De notre côté, nous profitons d'un petit feu avant de nous coucher rapidement, on a décidé de s'adapter aux heures du soleil.

Jour 3 : Les Trois Roches – Roche Plate

 + 349 m / – : 456 m  7,9 km  4h50

En réalité, on s'est bien adaptés le soir, mais le soleil est beaucoup plus matinal que nous ce matin. Nous avons dormi près de 12 heures, sans doute peu habitués au grand air et installés confortablement sur nos matelas auto-gonflants.

Nous faisons à peine quelques dizaines de mètres et arrivons sur le site des Trois Roches. Ça n'est pas vraiment l'heure de s'arrêter, mais après tout nous sommes en vacances et nous ne faisons pas la diagonale des fous ! Nous profitons du temps magnifique pour admirer le site, très reposant mais aussi très dangereux si l'on fait n'importe quoi, en particulier lorsqu'il pleut, avec les rochers qui peuvent se transformer en toboggan infernal.

deux des trois roches, Les Trois Roches - Roche Plate

cascade trois roches, Les Trois Roches - Roche Plate

Nous sommes étonnés de voir plusieurs chats évoluer dans le coin, nous les observons un moment puis repartons enfin… pour nous arrêter au bout de 5 minutes : La tisanerie des Trois Roches nous tend les bras, c'est un écrin de verdure avec avocats, agrumes, un accueil chaleureux, une crêpe, un jus d'orange et une citronnade comme nous n'en avons jamais goûtés.

  citronnade et jus d'orange, Les Trois Roches - Roche Plate

Il est presque midi lorsque nous démarrons enfin ! Le GR R3, comme les autres, est surtout constitué de marches qui montent ou de marches qui descendent ! Il offre de belles vues sur le cirque et les remparts qui l'entourent, sauf que, une fois de plus, des nuages arrivent vers 14 heures et masquent les sommets.

nuages sur Mafate, Les Trois Roches - Roche Plate

Nous arrivons à Roche Plate et commençons à chercher un gîte qui pourrait nous proposer un petit bout de terrain pour notre tente. Ceux-ci ouvrent tous à 16 heures, cela tombe bien, nous n'avons que un quart d'heure à attendre. Attirés par un panneau, nous entrons dans un gîte avec des escaliers partout, aucun endroit où planter la tente. Arrive un jeune homme qui nous propose son jardin. Nous le suivons, il nous amène à Ti Kaz Bleu, un gîte avec plusieurs bungalows, et nous propose pour cinq euros un endroit plutôt pas mal avec une vue sympa.

Problème, il y a plein de cailloux au sol. Nous lui demandons pourquoi on ne peut pas s'installer juste à côté, il y a plus de place et surtout pas de cailloux. Il nous explique qu'un groupe va arriver et qu'on sera gênés, puis s'en va. On choisit de monter notre tente sur l'herbe, tant pis si on est ennuyé par le groupe. Notre tente à peine montée, on entend des rires d'enfants avec des “ouf, enfin arrivés”. On se retourne, c'est le groupe “Bouillon d'aventures” qui a loué l'ensemble du gîte. Incroyable de les retrouver comme cela, complètement par hasard. Du coup, on passe une soirée vraiment inattendue et bon enfant avec eux, notre tente juste à côté de leur grande table de repas.

Jour 4 : Roche Plate – Grand Place

 + 610 m / – : 775 m  5,5 km  5h50

Aujourd'hui, nous avons choisi de sortir des sentiers battus, en l'occurrence des trois GR qui sillonnent le cirque. Nous voulons rejoindre Grand Place par le sentier Darcele (sentier du facteur) et Roche Ancrée. Nous savons que la rivière peut être difficile à traverser, mais nous sommes en saison sèche et il n'a pas plus depuis quelques jours, alors on se lance.

Roche Plate - Grand Place

Comme toujours, un panneau très complet nous indique le chemin à prendre, et nous précise que nous en avons pour 4h30. Mais d'expérience, nous savons que nous mettons bien plus de temps à chaque fois.

Nous alternons entre passages ensoleillés et ombragés, pour atteindre assez rapidement un petit cimetière encore un peu entretenu, au bord duquel se trouvent quelques tangors très difficiles à atteindre car au milieu d'une zone de broussailles épineuses. Après plusieurs tentatives nous réussissons à en attraper deux. Enfin des fruits pour ce soir !

Il fait de plus en plus chaud et nous trouvons un petit bassin à l'ombre pour une halte rafraîchissante.

bassin avant ilet à cordes, Roche Plate - Grand Place

Nous bifurquons sur la droite à Ilets à Cordes, laissant le difficile chemin vers les Lataniers sur notre gauche. Quelques centaines de marches encore, et nous arrivons enfin à Roche Ancrée. Cette fois c'est une vraie rivière, on pourrait tenter de sauter de rocher en rocher mais, avec nos gros sacs, cela parait dangereux. Nous choisissons de passer en maillots de bain par la zone sans courant. Le départ est très glissant et j'avance avec de multiples précautions car j'ai un sac sur le dos et je n'ai pas envie qu'il tombe dans l'eau. Arrivé de l'autre côté, je reviens pour prendre le deuxième sac. Isa m'accompagne et glisse au premier pas. C'est fait, elle est mouillée, il suffit maintenant de nager ! A mon tour, une fois les sacs à l'abri, je ne résiste pas à l’attrait d'une eau claire et fraîche.

baignade à Roche Ancrée, Roche Plate - Grand Place

 

sentier ruisseau, Roche Plate - Grand Place

Il nous faut maintenant remonter, encore des escaliers, puis un peu plus loin le sentier emprunte la même voie que le ruisseau. Ce n'est pas difficile en montée, heureusement pour nous.

Arrivés sur la crête, il y a un joli point de vue, mais comme tous les après midi, nous le savons maintenant, les sommets sont masqués par une couche de nuages blancs.

Nous arrivons vers 15h30 à Grand Place Les Hauts, et découvrons un magnifique terrain plat au bord du chemin, avec une belle vue et des chèvres, juste à côté d'un gîte. Nous décidons d'entrer pour demander la permission d'y camper, le site est très beau et on n'est pas sûr de trouver quelque chose plus loin. La gérante hésite longuement, nous questionne, regarde sa montre. Finalement, elle nous remercie d'être passés la voir (certains s'installent sans vergogne), elle nous donne l'autorisation et accepte même de nous accueillir avec ses hôtes le soir pour le repas.

campement Grand Place

L'attente est un peu longue, nous avons l'habitude maintenant de manger avant la nuit or le repas est servi à 19h30. Celui ci est copieux et délicieux, nous avons le choix entre rougail saucisse ou canard, ou les deux ! Les autres convives sont intéressés par notre mode de visite (il y a finalement très peu de bivouac dans le cirque), et de notre côté nous sommes impressionnés par tous ces sportifs, trailers le plus souvent, qui en général traversent le cirque en un ou deux jours.

Nous prenons congé, tout le monde nous souhaite bon courage pour retourner dehors, or nous passons encore une excellente nuit, il ne fait pas très froid, le temps est calme et il ne pleut toujours pas, ce qui n'a pas été le cas la semaine précédente, où nous étions trempés sur le volcan…

Jour 5 : Grand Place – Ilet à Malheur

 + 602 m / – : 631 m  6,4 km  5h40

Petite étape aujourd'hui, nous voulons profiter de l'atmosphère particulière du cirque en prenant notre temps. Nous descendons à Grand Place et sommes confortés dans notre choix de la veille : pas d'emplacement de bivouac ici, des panneaux “camping interdit, ne pas entrer SVP” du côté de l'école, et des gîtes retranchés derrière une épaisse végétation, nous ne nous attardons pas.

Nous choisissons de contourner le piton Carré en passant par le plateau de Gousse, qui d'après mes recherches avant départ, offre de belles vues vers le nord. Pour l'instant, nous sommes en forêt et, pour une fois, il n'y a pas d'escalier !

vers plateau de Gousse, Grand Place - Ilet à Malheur

A la sortie du plateau, la végétation se raréfie, et nous arrivons sur un petit promontoire avec une vue à 360 degrés, dont on peut se faire une idée avec les deux panoramas ci-dessous, qui commencent et se terminent par le piton Cabris (derrière les arbres).

panorama, Grand Place - Ilet à Malheur

panorama, Grand Place - Ilet à Malheur

Nous rejoignons facilement le GR R2 puis atteignons Ilet à Bourse, très fleuri et coloré, un bel endroit pour notre pique nique du midi.

  fleurs, Grand Place - Ilet à Malheur

Le sentier devient alors majestueux, bordé d'arbres sans doute centenaires.

arbres sentier Ilets à Bourse, Grand Place - Ilet à Malheur

Un peu plus loin, nous sommes très surpris de trouver des bambous géants, oui, vraiment géants. Avec les écorces, nous nous offrons une petite pause déguisements.

bambous géants, Grand Place - Ilet à Malheur

Ici plus encore qu'ailleurs, la forêt est vraiment luxuriante. Et encore, nous sommes ici en hiver !

Nous descendons ensuite pour passer Grande Ravine à l'aide d'un petit pont suspendu d'aspect assez solide mais où il faut néanmoins passer un par un.

 Grand Place - Ilet à Malheur

Notre arrivée sur Ilet à Malheur se fait en hélicoptère, symbole du cirque côté touristique et moyen de ravitaillement le plus efficace pour les populations, mais aussi nuisance sonore non négligeable tous les matins pour eux. Enfin, celui-ci, ça va, il est écologique !

hélico, Grand Place - Ilet à Malheur

Nous trouvons aussi une zone entièrement recouverte de christophine, plus couramment appelé ici le chouchou, que l'on cuisine en purée, gratin, bouillie, poêlée, ou même en gâteau. Ça tombe bien, nous manquions justement de légumes…

Comme toutes les fins d'après midi, il nous reste à trouver un endroit sympa pour dormir. C'est chose faite dès notre arrivée au village, car nous voyons un jeune couple installé sur une belle aire de repos. Ils nous accueillent gentiment et nous passons la soirée à discuter avec eux. Ils ont prévu de traverser toute l'île de Saint Denis à Saint Philippe et ont des sacs de 18 et 23 kilos ! Comble du luxe (enfin si on veut…), ils ont même un petit marteau pour enfoncer les sardines !

Jour 6 : Ilet à Malheur – Cayenne

 + 597 m / – : 891 m  8,9 km  6h00

Départ à 9 heures ce matin, bien après nos compagnons d'une nuit qui font des étapes deux fois plus longues que nous en moyenne. Avant d'arriver à Aurère, nous bifurquons à droite pour voir le bassin La Noix, que l'on nous a conseillé avant le départ. Le sentier est moins bien tracé que tout ce que nous avons emprunté jusqu'à présent, mais reste accessible jusqu'à la rivière. Celle-ci est très jolie, bien ombragée et fraîche, ce doit être un régal pendant les heures chaudes de l'été. Mais aujourd'hui, nous sommes absolument seuls.

rivière au bassin la Noix, Ilet à Malheur - Cayenne

La rivière est assez difficile à traverser, et comme le chemin vers Aurère est bien caché, nous devons donc la traverser trois fois : la trace que nous avions cru voir en face n'en est pas une, et il faut descendre un peu le cours d'eau avant de traverser.

Le sentier est de plus en plus étriqué, il faut avancer parmi les herbes de plus en plus hautes, je passe devant car les araignées (imposantes mais tout à fait pacifiques) sont de plus en plus proches. Nous nous demandons même s'il faudra faire demi-tour. Mais nous sommes finalement récompensés de nos efforts, en découvrant quelques nèfles, et surtout beaucoup de goyaviers, ce petit fruit rouge emblématique de l'île, légèrement acidulé, que l'on peut manger avec la peau qui apporte une touche poivrée.

Tout à coup, ce sentier étroit et très touffu s'ouvre devant nous, et nous arrivons directement en plein milieu d'Aurère. Étonnant contraste, car nous sommes tout à coup dans un nouvel ilet verdoyant avec un bar, une boîte aux lettres, un dispensaire, un hélico, …

A la sortie d'Aurère, Bord Bazar nous offre de belles vues sur le cirque, puis le chemin descend de façon assez abrupte jusqu'à la rivière des galets, nous croisons plusieurs groupes venant de Deux Bras, certains ont l'air au bout du rouleau…

vue depuis Bord Bazar, Ilet à Malheur - Cayenne

  Nous passons la Caverne du Moine, puis plusieurs ponts en métal bien pratiques car ils nous évitent de descendre jusqu'à la rivière. Dans cette zone très escarpée, nous nous demandons si nous trouverons un bivouac, et sommes tentés de prendre l'un des nombreux sentiers qui filent vers Deux Bras et la sortie du cirque.

zone escarpée, Ilet à Malheur - Cayenne

Nous croisons deux jeunes filles qui souhaitent rejoindre Ilet à Bourse. Ce n'est pas vraiment le chemin le plus court, mais elles ont l'air décidé alors nous n'insistons pas. Elles nous rejoignent une demi heure plus tard après avoir fait demi-tour, elles dormiront à Grand Place. Nous leur demandons si elles ont vu des emplacements de bivouac et elles nous suggèrent une zone en direction Cayenne. Ce n'est pas vraiment notre route, mais nous les suivons car nous préférons assurer.

Grâce à elles, nous seront encore très bien installés cette nuit, avec une belle vue en direction des Orangers, un petit ruisseau pour nous laver, et un bon feu pour nous réchauffer.

feu de camp, Ilet à Malheur - Cayenne

Jour 7 : Cayenne – Sans souci

 + 645 m / – : 754 m  16,8 km  8h50

Ce dernier jour dans le cirque s'annonce aussi comme le plus long. Il nous faut tout d'abord quitter les flancs du piton Tortue et rejoindre le versant ouest du cirque. Pour cela, nous descendons et traversons une nouvelle passerelle, celle des Lataniers !

passerelle des lataniers, Cayenne - Sans souci

Il nous faut maintenant remonter jusqu'à la hauteur du sentier de la canalisation, que nous voyons se découper dans la falaise depuis hier. Nous passons à proximité de l'îlet des Lataniers, d'où s'échappe une musique joyeuse qui nous donne de l'entrain pour continuer à monter et admirer les vues telles que celles-ci, avec ses nombreux pitons aux noms évocateurs : piton Calumet, piton Tortue, piton Cabris, ….

Une demi heure de plus et nous rejoignons le sentier de la canalisation des Orangers, où nous nous installons pour préparer notre dernier repas chaud. Nous avons un peu de nostalgie car nous allons bientôt quitter ce havre de paix, mais aussi beaucoup de joie avec tous ces souvenirs, et nous sommes heureux d'avoir réussi notre course sans anicroche et en pleine forme.

repas, Cayenne - Sans souci

finisher, Cayenne - Sans souci

Le retour vers Sans Souci est long mais facile car entièrement plat, finis les escaliers ! Nous croisons d'ailleurs trois vététistes, à déconseiller tout de même étant donné que le sentier est parfois assez étroit et vertigineux.
La canalisation qui suit le sentier est toujours utilisée et sous pression. Quelques petites fuites ici et là nous offrent des points d'eau facile. Le trajet propose de superbes vues sur Deux Bras et la rivière des Galets qui serpente à nos pieds.

Nous arrivons ensuite à la cascade Flamant, étonnant site qui offre une douche naturelle, et où nous sommes étonnés d'observer des oiseaux qui s'amusent, tout comme nous, à passer sous les gouttes, s'échapper, revenir encore et encore. cascade Flamant, Cayenne - Sans souci

Un dernier passage de végétation luxuriante nous est offert, comme un rappel de tout ce que nous avons pu découvrir pendant cette semaine si particulière.

sentier canalisation, Cayenne - Sans souci

Nous retrouvons tout à coup une vue sur la mer, sous un temps un peu étrange, mélange d'orage et de brouillard, signe que notre randonnée se termine cette fois pour de bon !

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blupin
Chaque année, une nouvelle randonnée sur plusieurs jours, et chaque année de nouvelles surprises. Mais avec toujours le même concept : autonomie totale, liberté, bivouac, découverte.

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