Luxey -> Sabres – 24 km

Destination : Nouvelle-Aquitaine » France | Activité : Randonnée  | 


Circuit pédestre, plus de 210 kms, 3 départements parcourus, une quinzaine de villages traversés
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Carnet : Traversée des Landes

Le cri lointain des faisans, suivi des chants d’oiseaux, augurèrent un réveil matinal très original. Sur mes tartines, des produits naturels, faits maison, alimentaient mes envies de variation.

Quittant la table du petit-déjeuner, dans le salon, je déclenchai ma série de photos. A la demande de mes hôtes, j’immortalisai une chambre avec vue sur le jardin de derrière, puis je m’occupai des vues de la façade. La Centrale de réservation « Gîtes de France » a photographié la maison sous un angle qui déplaît au couple. Ils sont prêts à me les acheter si les miennes sont meilleures. Je parcourus ainsi les enclos. Poules, canards et autres volatiles, proche du potager, fournissaient un cadre campagnard sur un terrain d’un hectare, surmonté d’un bleu céleste propice à l’oisiveté. Les abords de la forêt procuraient une fraîcheur agréable en prévision des hautes températures de la journée.

Puis mon hôte a insisté pour m’accompagner en voiture jusqu’à la sortie de Luxey. Il me fit gagner pas loin de trois kilomètres ; une vingtaine me restait pour descendre vers Sabres, par une départementale en ligne droite. Ce fut à un croisement que débutait le véritable désert landais, avec cette forteresse végétale de chaque côté de la route et dont le sommet des pins me protégeait également du soleil-traître. Cette fois, les pieds feraient mieux l’affaire que l’agitation d’un pouce en raison du peu de passage routier.

Dans ce désert, personne ne vous entendra hurler. La solitude est votre seule alliée. L’ennemi, c’est le soleil qui vous brûle la face.

A l’arrêt sur l’herbe sablonneuse, à l’ombre des pins majestueux, la compagnie de petites bêtes rampantes ou volantes devint vite excessive.

Après une douzaine de kilomètres, les premières habitations isolées apparurent ; les lieux-dits se succédèrent comme indiqué sur ma carte IGN. Ainsi je mis un terme avec le fameux désert landais. L’apparition sur un ciel azuréen s’amorça à l’écartèlement progressif des hauts arbres. Bientôt, la route allait s’illuminer de pleins feux par des rayons perfides. Pour m’encourager, je me répétais cette maxime : « J’étais plus près de la fin que du début ! Allons-y donc ! »

L’espoir de dénicher un coin sombre, au bout de sept heures de marche, fut réduite à néant par un engourdissement général.

Avant d’être assuré de filer sur la bonne route pour Sabres, il fallut supporter une ultime agonie d’au moins une heure trente sur une route droite, dépassant des champs, à ciel ouvert, sans ombre, sans présence humaine, sans voiture prenant pitié pour vous.

A force d’avaler les kilomètres, je devins moi-même une bestiole rampante à l’approche de mon étape du jour. A un carrefour, j’évitai de prendre la direction pour Sabres afin d’emprunter, à droite, celle de Commensacq. A vingt heures dépassées, je m’engageai enfin dans un chemin de terre au début duquel un écriteau trônait et indiquait, à deux kilomètres, la maison d’hôtes.

Je suivis le fléchage à travers la forêt jusqu’au Plaisy, lieu-dit à proximité de l’Ecomusée de Marquèze. Une belle demeure landaise se dressa au milieu d’un immense parc, aux pieds d’un étang. Je m’avançai vers cette maison de maître et frappa à la porte. Un homme jeune me reçut, le fils de Madame Bacon, la propriétaire des lieux. Il me guida à une maisonnette sous les arbres, à l’arrière de la propriété familiale. Trois chambres meublées avec sanitaires privés y ont été construites de plain-pied. Le soleil couchant illuminait une terrasse, ainsi qu’une partie d’un barbecue.

Dans une chambre aux reflets saumon, je déposai mes affaires, que je laissai choir comme une enclume trop lourde à supporter. Puis l’homme (le propriétaire) me demanda si j’avais besoin de boire.

Assoiffé, je lui réclamais de l’eau ; il me tendit du jus d’orange. Dans une cuisine équipée, j’en vida au moins trois verres à la suite. Mon hôte me regardait patiemment. Peu bavard, il me sollicita sur mes projets pour le lendemain. Je lui narrai alors mon penchant pour le hameau de Marquèze. Il me remit des brochures à cette attention, pour parfaire ma curiosité et préparer une fois encore ma journée spéciale.

Philippe Manaël
A propos de l'auteur

Je suis un passionné de montagne. J'aime prendre de l'altitude, à l'instar de ceux qui prennent du recul. Ma pratique du trek se compose en solitaire depuis de nombreuses années, en semi-autonomie sur plusieurs jours, souvent l'été, rarement l'hiver. Photographe passionné, j'apprécie de faire des reportage-photos pour exprimer la beaut...



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