Randonnée et kayak dans le parc national Saaristomeren kansallispuisto

Destination : Finlande » Europe | Activité : Kayak Randonnée  | 
Nombre de jours : 17 jours et + | Dificulté : 3 | Dénivelé : +0/-0 | Type d'itinéraire : Boucle | 
Ecosystème : Littoral et Mer | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Juin, Juillet, Août, et Septembre
21 jours de voyage alternant randonnée pédestre et kayak de mer dans l'est du parc national Saaristomeren kansallispuisto en Finlande.
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Saaristomeren kansallispuisto est un parc national finlandais qui abrite 6500 îles et îlots soit l’un des plus grands archipels de la planète. Entre Stockholm et Helsinki, il ferme le golfe de Bothnie. Ses îles offrent, l’été, un climat doux, des eaux relativement calmes et propices à de longues itinérances en kayak de mer.  Je vous avais raconté nos premiers coups de pagaies dans l’Ouest de cet archipel, dans la région d’Åland. Ce n’est finalement que bien des années plus tard que nous avons renoué, ma femme et moi, avec cette contrée magnifique, bien décidés d’en explorer la partie Est en kayak et à pied.

Bivouacs dans la taïga

Abrités dans notre petite tente Helsport, nous écoutons le vent et la pluie qui se déchaînent à l’extérieur. Fatigués de la longue route qui nous a conduit de la région lyonnaise aux côtes finlandaises, nous savourons ce repos forcé qui s’impose à nous dès le second jour. Chaque accalmie est néanmoins prétexte à se dégourdir les jambes dans la taïga proche de notre bivouac. Odeurs de lichens humides, de pins sylvestres, chants de gobemouches et traces omniprésentes d’élans, nous sommes bien en Scandinavie.

Après la pluie, la fin du vent … Au matin de ce troisième jour nous plions le camp. Chaque élément rejoint son sac étanche, se range dans un des caissons du kayak. En ce début de voyage, avec trois semaines de vivres à bord, la place est comptée. Malgré une nourriture et un équipement plutôt optimisés et malgré l’expérience acquise, il faut être méticuleux pour que tout rentre. Les kayaks quittent la berge, s’enfoncent dans l’eau jusqu’à la ligne de pont puis glissent cap Sud / Sud-Est. Le vent est tombé et seule une infime brise rafraîchit l’atmosphère. Nous en profitons pour flâner sur l’eau, longer la côte de chaque îlot croisé sur notre route, admirer les poussins des harles huppés, piquer une tête dans l’eau fraîche et si peu salée de la Baltique. En ce début juillet, par 60° Nord, les journées sont longues et le soleil ne se couche quasiment pas. Et c’est donc sans hâte que nous atteignons l’île de Stora Hästö, l’une des places de bivouac autorisée du Parc national de Saaristomeren kansallispuisto. Amarrée à l’aide de quelques gros galets, la tente est posée au sommet de l’île, sur la roche nue pour ne pas dégrader la très fragile végétation. Sans regret, le sol n’est de toute manière presque jamais assez profond dans l’archipel pour y planter des sardines.

Dans la lumière dorée du matin une grive litorne chante. Le ronflement du réchaud essence brise la quiétude, le temps de chauffer l’eau pour le thé. Quelques amandes et nos derniers fruits frais complètent le rapide petit déjeuner que nous prenons avant d’emprunter le sentier pédestre côtier. La végétation est typique de ces forêts du Sud scandinave. Les pins sylvestres dominent mais quelques chênes, bouleaux, aulnes, alisiers et sorbiers sont bien présents. Clairières et prairies prennent pour leur part d’étranges aspects méditerranéens où les crassulescentes le disputent aux géraniums sanguins et autres fleurs xérophiles colorées. Le relief de Stora Hästö, de quelques dizaines de mètres à peine, ne permet pas de s’élever bien haut mais ouvre tout de même la vue sur un entrelac d’îles qui semblent remplir la mer jusqu’à l’horizon.

Björkö, perle de l’archipel

Nous sommes déjà au septième jour de notre périple. Je dis périple car tout ne fut pas simple. Après deux jours de brouillard impénétrable nous empêchant de quitter Stora Hästö, nous avons accepté avec bonheur la proposition d’un voilier de nous escorter dans la traversée des chenaux maritimes que notre itinéraire nous imposait de franchir. Nous avons ainsi atteint Aspö, l’une des rares îles habitées en permanence. Là, c’est un vent fort qui nous a maintenus à terre. Population accueillante, sauna et filets de perches fumés produits localement, nous ont rendu le séjour particulièrement doux. Mais il était temps de reprendre la mer pour une navigation de quelques heures jusqu’à Björkö, la perle de l’archipel de Saaristomeren kansallispuisto. Le bivouac est posé face au soleil couchant, sur le mince ruban de gneiss qui sépare la Baltique d’un joli lac intérieur. Quelques degrés de plus que la mer et la promesse de l’eau douce sur la peau, voilà qui sonne comme une invitation à un bain de minuit, au soleil couchant. Un sentier très varié fait le tour de l’île. Au Nord, de jolis bosquets d’aulnes abritent des marais, royaume des moustiques. Les fauvettes y chantent, innombrables. L’Est s’élève en une petite crête qui domine le lac et redescend au Sud. A l’Ouest, de grandes dalles rocheuses lissées par d’anciens glaciers s’abaissent en pente douce jusqu’à la mer.

Cap à l’Est

La météo du matin annonce un vent fort venant du Nord dans les heures à venir et pour plusieurs jours. Craignant de nous trouver coincés pour longtemps, nous abandonnons l’idée d’aller explorer les confins Sud de l’archipel, largement exposés aux fortes houles. Nous profitons au contraire du dense réseau d’îles situées à notre latitude pour continuer à naviguer, cap à l’Est. En passant au sud de chacune d’elle nous pouvons avancer passant d’un abri à un autre. Entre deux îles, dans les passes, le vent semble furieux de notre manœuvre et profite de l’effet Venturi pour s’engouffrer avec plus de violence et lever un clapot parfois inconfortable. Au fur et à mesure que nous avançons, les distances entre chaque îles s’allongent jusqu’à atteindre quelques kilomètres. L’orientation devient alors un jeu qui mobilise toute notre attention et nos connaissances. Ici, pas question de naviguer au jugé car rien ne ressemble plus à une île plate … qu’une autre île plate et ne parlons pas des effets trompeurs de perspectives qui vous feraient prendre trois petites terres pour une grande. Non, ici, nous prenons plaisir à renouer avec la navigation à la carte et au compas. Déterminer un cap, identifier un amer (point de repère) puis un second … et pagayer. Mettre toute son énergie pour avancer rapidement et réduire au maximum la dérive. En l’absence de marées et avec des courants plutôt faibles, la manoeuvre n’est pas si difficile et nous voici enfin à Vänö. Une grande plage de graviers, un petit cordon de dune que domine la reconstitution d’une chapelle du XVIIe. voilà notre camp pour laisser passer les 7 Bft annoncés pour le lendemain et se remettre de nos trois derniers jours de navigation.

La route du retour

Vingt-deuxième jour. Le vent semble avoir jeté ses dernières forces dans la nuit et une longue période de calme s’annonce enfin. Il ne nous reste qu’une petite semaine pour boucler la boucle alors que le bivouac de Vänö est le plus éloigné de notre point de départ. Nous faisons une petite visite à la colonie de phoque gris située à une demi-journée hors de notre parcours, puis naviguons plein Nord, cap sur Sandon. Avec nos kayaks qui s’allègent au fur et à mesure que nos stocks de nourriture baissent nous gagnons en rapidité. Savourant la glisse des kayaks sur l’eau, nous nous offrons de longues journées. Et après 22 miles nautiques et sept heures et demie sur l’eau, nous savourons le spectacle du soleil couchant sur la longue et rare langue de sable, lovés dans notre hamac.

 

Vingt-cinquième et avant dernier jour de notre voyage dans le parc national Saaristomeren kansallispuisto. A l’abri dans le sauna de Korpoström,  nous mesurons notre chance de ne plus être sur l’eau. Coups de vent, éclairs, un orage violent agite la mer et secoue la taïga. Nous quittons la pièce où le thermomètre affiche 92°C pour savourer sous l’auvent de bois le spectacle de la nature qui se déchaîne. Entre deux gorgées de Keisari Luomu Tumma, une bière finlandaise aux légères pointes d’amertumes,  nous ne pouvons nous empêcher d’imaginer une suite à ce périple. L’archipel de Saaristomeren kansallispuisto est si vaste qu’il offre d’infinies possibilités, des îles plus au Nord, à celles d’Ekenäs skärgårds, l’archipel voisin, à moins que nous n’allions explorer les côtes septentrionales de la Baltique, en Laponie.

Informations pratiques

Les îles sont presque entièrement protégées par le Parc National Saaristomeren kansallispuisto. Certains secteurs sont strictement interdits d’accès (navigation, bivouac) pour préserver la biodiversité.

Formalités

Pays membre de la communauté européenne et même de la zone euro, une simple carte d’identité vous permet de vous rendre en Finlande si vous êtes ressortissant de l’UE.

Accès

En transport en commun, l’accès se fait via Helsinki puis Turku, quelques bus desservent les îles. En voiture, il est possible d’emprunter les ferries de Finnlines pour Helsinki depuis Travemunde (Allemagne) puis de rejoindre les principales îles habitées via Turku et un important réseau de bacs.

Sécurité-santé

Les dangers sont faibles sur ces territoires. Soyez néanmoins vigilants aux risques de meningo-encéphalite, maladie à l’issue tragique véhiculée par les tiques, sales bêtes ici abondantes. Un vaccin existe et les populations locales bénéficient de campagnes de traitement, parlez-en à votre médecin.

Sachez également que la vipère péliade est très présente sur les îles. Il n’y a pas de danger particulier, l’animal étant très craintif mais sa présence justifie d’être vigilant dans les herbes hautes et sur les rochers quand les températures sont douces et que les reptiles s’y réchauffent.

Côté sécurité enfin, le kayak de mer est une activité de pleine nature qui ne doit être pratiquée, sans guide, qu’en pleine conscience de ses propres capacités physiques et techniques et avec une solide expérience de la mer. La mer baltique, sans marées ni courants se prête parfaitement à une première

Avec qui partir, préparer son voyage

Ce circuit a été réalisé en autonomie dans le parc national Saaristomeren kansallispuisto. Des doutes sur votre niveau de kayak, envie d’améliorer votre maîtrise technique ? L’agence Unghalak, spécialiste du voyage à la pagaie vous propose des stages sur le littoral breton ou méditerranéen pour vous préparer à de telles aventures.

Cartographie et lecture

  • Le site finlandais excursionmap est l’équivalent de notre geoportail et vous permettra de préparer votre parcours. Les cartes papiers au 1/50000 vous seront précieuses sur le terrain.
  • Le kayak de mer, de Bernard Moulin, Ed. Le Canotier, mai 2014. La référence en français, pour tout apprendre sur le kayak de mer.


Partir en kayak de mer en Finlande

  • Ressourcement en Finlande sauvage1705€
  • Aventure enneigée en Laponie sauvage1735€
  • Rendez-vous Nature1845€
  • Séjour libre à Kiilopaa425€
  • Ma cabane en Laponie450€
  • Multiactivités à Kiilopaa545€
  • Laponie Finlandaise : Kiilopää440€
  • Laponie Finlandaise, Saariselka, Séjour libre620€
  • Laponie Finlandaise : Äkäslompolo, séjour à l'hôtel Seita755€
  • Hossa, c'est bon !1529€
  • Ski nordique et pulka en Laponie finlandaise1739€
  • La Laponie pour tous1799€
  • fou de trek
    A propos de l'auteur

    Mammifère omnivore et dromomane....



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