Marcher ? Ni Franck ni moi n'aurions parié un kopeck que nous prendrions goût à la randonnée ! Le goût du voyage, de la découverte, de la nature, ça oui, nous en étions déjà imprégnés… Et puis il y a eu le déclic « Africa trek » : merci Alexandre et Sonia de nous avoir montré le chemin !
Nous sommes partis d'Arcachon et avons relié le Cap-Ferret en 5 jours (soit une moyenne d’environ 20 km par jour), en empruntant le GR® de Pays du tour du Bassin d’Arcachon. Récit.
J1 : Arcachon – Gujan-Mestras
+ 84 m / – 91 m 20,6 km Hébergements à Gujan MestrasNous partons de la jetée Thiers d'Arcachon, avec sous les yeux la plaque du bassin et toutes les villes que nous allons traverser… Nous prenons le boulevard de la plage, et le comité d'encouragement est fidèle au poste devant la résidence ! Nous passons à côté de l'église St Ferdinand et nous nous dirigeons vers la pointe de l'Aiguillon…
L'Aiguillon est un quartier traditionnel d'Arcachon, derrière le port, dont les cabanes de pêcheurs contrastent avec les splendides villas de la Ville d'hiver. Le soleil joue à cache-cache, nous sommes heureux de commencer notre marche… et voici que se profile déjà la Teste-de-Buch !
Arrivés au charmant port de la Teste, nous décidons d'échanger les sacs à dos, car Chrys constate que l'eau pèse lourd… Dès lors, chacun porte sur le dos les affaires de l'autre ! Nous rejoignons le sentier du littoral qui mène aux prés salés ; les grenouilles disparaissent sous les lentilles d'eau à notre passage.
Les prés salés sont de vastes étendues découvertes par la mer et ne sont recouvertes que durant les grandes marées. On y trouve une végétation particulière et c'est le refuge d'une faune variée : crabes, coquillages et crustacés, qui font le régal de nombreuses espèces d'oiseaux !
Les petits ports pittoresques s'enchaînent : la Hume (plage magnifique), Meyran (Chrys se blesse au doigt) et enfin Gujan, après avoir essuyé une belle averse ! Nous mangeons un plateau de fruits de mer pour nous remettre de nos émotions et gagnons le quartier de Mestras. Nous posons les affaires à la chambre d'hôte et nous dirigeons vers le port de Larros.
Gujan-Metras est la capitale de l'ostréiculture : sur les ports, les cabanes et les tuiles chaulées témoignent de cette longue tradition. A Larros, à marée basse, nous observons les “plates”, bateau à fond plat, rentrer par les chenaux et rapporter la précieuse cargaison d'huître.
Nous avons tenu une bonne cadence pour ce premier jour, car il est encore tôt… Le soleil est au rendez-vous pour l'apéro, les boulistes et nos yeux emerveillés… qui se fermeront ensuite pour une bonne nuit de sommeil !
J2 : Gujan-Mestras – Audenge
+ 0 m / – 2 m 20 km Hébergements à AudengeNous nous réveillons après une bonne nuit de 10 heures environ… Après le petit déjeuner, nous nous mettons en route, lorsque après quelques dizaines de mètres, nous constatons que nous avons oublié nos bâtons de marche : demi-tour ! Un mal pour un bien : en revenant sur nos pas, nous retrouvons un de nos chapeaux, sans doute mal fixé au sac à dos… 2e départ, nous dépassons le port de Larros, passons à côté du Lycée de la mer et rejoignons le sentier qui traverse le parc ornithologique du Teich.
Extrait du site : “Le Parc ornithologique du Teich est un espace naturel préservé, aménagé pour accueillir les oiseaux sauvages, et favoriser leur observation par le public. 120 hectares, de forêts, roselières, prairies, marais maritimes et lagunes se répartissent du secteur continental jusqu'aux rivages maritimes du bassin d'Arcachon. Cette diversité d'habitats induit la présence d'un grand nombre d'espèces d'oiseaux, qui utilisent les lieux de manière permanente (oiseaux sédentaires) ou temporaire (migrateurs).”
Le soleil est au rendez-vous ! Nous arrivons en avance à la Maison de la nature, et nous nous changeons après avoir acheté nos billets… pour descendre la Leyre en canoë ! Les moniteurs embarquent le groupe dans des vans, nous déposent à Mios et tout le monde à l'eau… Le parcours n'est pas une sinécure ! Courants, troncs et branchages barrent la route : la rivière est laissée à l'état “sauvage” ! Nous pagayons efficacement – malgré quelques frayeurs – puisque nous terminons le parcours au bout d'1h50 au lieu des 2h30 annoncées…
De retour sur la terre ferme et le temps de panser un peu mes ampoules, nous embrayons la marche le ventre vide (les derniers sandwichs nous sont passés sous le nez : vive les barres énergétiques !) Nous longeons la Leyre dans l'autre sens cette fois-ci, au coeur du Parc naturel régional des Landes de Gascogne.
Un peu de bitume après le relais nature Lamothe et nous nous dirigeons vers le petit port de Biganos. Petite pause, car nous sommes attendus par nos amis à Audenge : à cause d'une chambre d'hôte qui nous a fait faux-bond, nous retournons ce soir à Arcachon, sachant que nous repartirons le lendemain de l'endroit exact où nous nous sommes arrêtés.
Les derniers kilomètres sont difficiles, la journée a été longue, nous avons fait un petit détour à cause d'une erreur de balisage, mais le soleil et nos amis sont là pour nous encourager !
Le paysage défile en voiture, et arrivés “à la maison”, nous sommes bichonnés par nos anges-gardiens (ils sont gardiens de la résidence). Au dodo !
J3 : Audenge – Andernos-les-Bains
+ 0 m / – 4 m 22,5 km Hébergements à Andernos-les-BainsNous nous réveillons de bonne heure – car nous devons prendre la voiture pour reprendre la marche là où nous nous sommes arrêtés la veille au soir – et aïe ! Nous ressentons tous les deux une violente douleur à l'épaule gauche…
Connerie de canoë ! Notre petit extra va se payer cher aujourd'hui et les jours restants !
Arrivés au port d'Audenge, nous nous dirigeons vers le Domaine du Graveyron, puis vers le Domaine de Certes.
S'étirant sur près de 400 hectares, le Domaine de Certes forme une vaste mosaïque de digues, de réservoirs à poissons et de prairies humides où l'on peut observer de nombreux oiseaux migrateurs. Long de 9 km (sans compter les 4 km du Graveyron), le sentier paraît interminable et nous fatigue considérablement. La pointe de Branne et son panorama sur le bassin nous offrent une pause réconfortante…
Nous sortons (enfin !) du domaine et après avoir passé la plage aménagée de Lanton, nous arrivons au joli port de Cassy. C'est l'heure de déjeuner, nous sommes rompus et le ciel est menaçant… Nous échappons à l'averse en mangeant nos sandwichs dans un bar sympa.
Nous reprenons la route, et traversons la charmante commune de Taussat. Depuis hier, le sentier du littoral se confond avec celui de St Jacques de Compostelle : le balisage s'orne également d'une coquille. Les gens que nous croisons nous prennent parfois pour des pèlerins, mais quand nous discutons, ils semblent plus impressionnés que nous fassions le tour du bassin que le pèlerinage de plus de 1 500 km !
Nous gagnons ensuite Andernos-les-Bains, et nous nous réjouissons car nous savons que nous avons parcouru la moitié du chemin ! Nous marchons le long de l'allée des Tamaris, sur le front de mer, avec en face un ciel menaçant sur Arcachon et un orage sur la presqu'île du Cap Ferret. Nous hâtons le pas, et arrivons à la chambre d'hôte à temps pour éviter d'être trempés !
L'accueil est sympathique, la douche chaude apaisante… Malheureusement le temps est mauvais et le feu d'artifice du 15 août est compromis. Nous décidons de nous reposer, bien que nous ayons programmé cette étape pour voir les festivités…
Franck dort à poings fermés lorsque… pif ! paf ! pof ! Une accalmie permet de lancer le spectacle pyrotechnique…
Qu'à cela ne tienne ! On sera là l'année prochaine !
J4 : Andernos – Le Canon
+ 18 m / – 19 m 22 km Hébergements à Le CanonLa nuit fut agitée… Entre la déception d'entendre et de ne pouvoir voir le feu d'artifice et l'angoisse que les vêtements lavés la veille ne soient pas secs, je ne suis pas bien reposée, et les courbatures font rage dès le matin… Nous passons au marché couvert nous chercher des “chocolatines” (petits pains au chocolat) et nous nous dirigeons vers la jetée d'Andernos, la plus grande de France avec ses 232 mètres !
Nous poursuivons notre marche… En contemplant les vestiges d'une villa gallo-romaine du IVe siècle, découverte en 1904 à côté de l'église Ste Foy, on s'amuse à penser qu'à l'époque déjà, le bonheur ressemblait à une villa au bord du bassin d'Arcachon…
Nous arrivons bientôt à la conche St Brice, où nous souhaitions nous baigner, mais le temps (timing et météo) ne nous le permettra pas… Une conche est une dépression au milieu de dunes, assez profonde pour que la nappe phréatique y soit proche de la surface, et assez bien protégée du vent et des apports sableux…
Nous approchons d'Arès et l'état physique n'est pas au mieux… Nous ne pouvons apercevoir la plaque annonçant le seul ovniport au monde (oui ! aéroport pour OVNI) et décidons de faire une pause avant de nous engouffrer dans les prés salés d'Arès… Mais les envahisseurs ne devaient pas être très loin, car on chercha longtemps un raccourci qu'on ne trouva jamais : le sourire de la photo ne dura pas longtemps car entre le balisage aléatoire et les sentiers marécageux, nous avons tourné en rond plus d'une heure et épuisé nos dernières forces…
Nous rejoignons finalement la route pour atteindre le lieu-dit Jane de Boy et nous mettons les jambes en pilote automatique pour tenter de trouver un endroit où manger… 1er resto : nous nous affalons, et là ! Quel délice ! Franck se délecte des meilleures moules qu'il ait jamais mangées ! Nous rechargeons les batteries et suivons la route pour atteindre notre étape du soir. Les communes se succèdent : Claouey, Le Four, Les Jacquets, Petit Piquey, Grand Piquey, Piraillan… Un détour par la Pointe aux chevaux nous offre une belle vue panoramique sur le bassin !
Nous atteignons difficilement le Canon. Reste à trouver la chambre d'hôte. En haut de la colline ? Arf… Le claquage est proche, mais enfin ! Voilà…
Nous sommes venus à bout de l'étape la plus dure, il ne reste plus que le bout de la presqu'île, le lendemain…
J5 : Le Canon – Cap Ferret
+ 32 m / – 33 m 16,4 km Hébergements à ArcachonRéveil 7h30. Nuit agitée : bruit de la TV en anglais, bruit des voisins de chambrée et bruit de la pluie qui tombait ! Petit-dej copieux, mais nous déchantons à la vue de la facture… Nos trois expériences en chambres d'hôtes reflètent l'ambivalence de la nature humaine : pour certains, l'appât du gain prime sur l'intérêt pour autrui… mais le bilan est positif !
La pluie est passée, le soleil brille sur le beau littoral du Canon.
Nous poursuivons vers la commune de l'Herbe. Cette portion de la presqu'île est enchanteresse : nature, préservée… Le panorama à la sortie du village de pêcheurs est à couper le souffle ! Nous prenons le temps de nous en imprégner : l'île aux oiseaux, Arcachon en face et la dune du Pilat… Magique !
Nous étions curieux de découvrir la chapelle algérienne de l'Herbe… De style mauresque, l'édifice religieux voué au culte chrétien, marie croix du Christ et croissant musulman : une belle leçon de métissage 😉
Nous suivons toujours la route. Depuis hier, nous avons délibérément choisi de quitter le sentier, même si le bitume est moins agréable, car nous ne voulions pas manquer les communes de Lège-Cap Ferret. Après le port de la Vigne, nous entrons enfin dans le Cap ! Direction le phare, nous touchons au but !
Allez ! Encore un effort ! Malgré la douleur, l'envie folle de voir la pointe du Cap Ferret – ce bout du monde, lieu de rencontre entre l'océan et le bassin, lieu d'évanouissement de toute pensée – nous transporte. Nous l'avons fait ! Le spectacle est merveilleux.
Pas d'explosion de sentiments, simplement une sérénité infinie…
Nos amis sont là pour immortaliser le moment et partager notre joie. Nous revenons sur nos pas, en profitons pour voir la Conche, et nous dirigeons vers le Bélisaire pour embarquer sur le bateau navette de 15h30, et une demi-heure plus tard, nous revoilà à Arcachon : la boucle est bouclée !
Fatigués, fiers mais aussi un peu nostalgiques, nous balayons du regard la centaine de kilomètres parcourus… Sur le front de mer, en marchant vers la résidence, les sentiments multiples forment une bulle qui nous isole du reste du monde… Notre rite initiaque s'achève et désormais, nous avons un peu la présomption de dire : “notre” Bassin…
Informations pratiques
Comment s'y rendre ?
Archachon est accessible par le train.
Topoguides et cartes
Difficulté de l'itinéraire
Sentier sans difficulté. Pas de dénivelé, étapes pas trop longues. Parfait pour une première itinérance.
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