Amatlich- Plateau de Legleitate

Destination : Mauritanie » Afrique | Montagne : Sahara | Activité : Randonnée  | Agence : Point Afrique 


Amatlich - Plateau de Legleitate - Erg Amatlich
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Lever un peu plus tardif…vers 7h20. Le soleil monte lentement au-dessus des dunes, la journée sera belle.

L’erg Amatlich s’offre à nous en plénitude, exposé sur le fond bleu d’un ciel sans nuages et à la douceur d’un soleil généreux tempéré par un léger vent. 

De dépressions en dunes, de montées en descentes, d’ombres en lumières, chacun goûte cette matinée de marche dunaire

De la fesse au sein, tout le vocabulaire du corps humain est employé pour décrire les dunes. Monter toujours un peu plus haut, sur la crête, pour mieux apprécier l’immensité et la beauté du lieu !

Cheikh marche, fier et droit, son grand boubou blanc flottant au vent. Et si nous sommes sur une crête, vous pouvez être sûr que Jean est sur la voisine, ou mieux, dans la dépression entre les deux à chercher morceaux de poterie, fulgurite dunaire, ou autres traces de vie antédiluviennes.
Le bivouac du déjeuner se fait de l’autre côté de l’Amatlich, toujours à l’ombre d’un arbre, sur une brousse qui semblerait habitée. Quelques tikits, hutte ronde de pierre ou de feuilles de palmiers, trois ou quatre chèvres qui traînent, mais personne à l’horizon, si ce ne sont les traditionnelles, fidèles et opiniâtres vendeuses. Pour une fois, je vais voir. J’essaye même deux ou trois colliers, l’un d’eux est assez joli. Les théières ont de l’allure, le jeu en bois auquel nous avons fini par jouer avec Mohammed et l’une des vendeuses me plait bien aussi. Il s’agit d’une dizaine de morceaux de bois, taillés et décorés. Une face aplatie et blanche, et une face arrondie, noire et décorée. Le principe est simple : il faut prendre l’ensemble des bâtons dans une main, les lancer et les récupérer dans la même main (opération périlleuse qui demande de l’entraînement), puis les lancer à terre. Quatre blancs et vous marquez un point. A dix points, vous gagnez la partie. Une occupation simple qui laisse disponible pour prendre des nouvelles du cousin, du voisin, des parents ou amis, tout en buvant le thé.

Le soleil est haut dans le ciel et c’est la première fois que nous avons bien chaud, ce qui veut dire un peu trop chaud. Nous longeons maintenant la palmeraie d’El Medah. Et c’est la même impression que l’année dernière lorsque nous sommes arrivés à Meireth : des palmiers et le silence…un désert dans le désert. Nous croisons dans un enclos un très vieil homme en saroual fendu à l’arrière, une vareuse militaire sur le dos et le regard plus que souriant. C’est parait-il le gardien de la palmeraie. Est-il seul ? Mystère… de toute façon, il est temps de repartir, quelques petits pas au milieu des palmiers, une pause à l’ombre- l’occasion pour Cheikh de discuter avec un autre vieil homme- et nous voilà dans les rochers. Un serpent fuit à notre approche. Il ne semblait pas bien grand, tout blanc et malgré les coups de bâtons sur les rochers, il n’est pas ressorti. Nous sommes accompagnés un petit moment par plusieurs enfants, rapidement rappelés sous la tente familiale.

Très vite, nous arrivons au lieu de bivouac du soir, sublime encore une fois. Plateau de Legleitate : à gauche une barrière de roches d’environ 10 mètres de haut, à droite, un peu en contrebas, l’oued et au fond, une autre barrière. Quelques rochers épars, des buissons et du sable. La terre pour nous seuls et bientôt la lune et les étoiles aussi. Chacun trouve sa place. Avec un peu moins de vent, ce serait un avant-goût du paradis !

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