Carcasses de boeufs musqués

Destination : Canada » Amérique | Activité : Randonnée  | 


Carcasses de boeufs musqués - Trekking sur l'île de Banks
Posté le :


La nuit n’a pas été très réparatrice car nous avons eu froid et le "matelas" était très bosselé et peu confortable… Par contre, la progression ce matin est nettement plus rapide. Le terrain est nettement plus herbeux avec de l’eau stagnante. Cette journée est faste en observation. Les nombreux lacs hébergent une multitude d’oiseaux : hareldes boréales, grues, cygnes de toundra, eiders, oies des neiges, labbes. Nous avons pu photographier un pluvier argenté, son nid abritant trois œufs à même la toundra et un lagopède. Nous avons également vu notre premier renard polaire dont le pelage hivernal était encore bien présent mais il s’est sauvé bien trop rapidement pour être photographié.

Nous sommes surpris de rencontrer quelques chenilles noires très poilues et quelques cocons très opaques ; un autre où par transparence on aperçoit à l’intérieur la chenille en transformation. Nous sommes émerveillés de constater la force de la nature face aux conditions de vie, à la dureté du climat. Le soir venu, après le repas, nous avons effectué comme chaque jour notre balade digestive et avons vécu un grand moment d’émotion… Les bœufs musqués, nos premiers bœufs musqués aperçus à la jumelle ; trop loin, mais nous en avons compté facilement une trentaine.

C’est sous un beau ciel bleu et sans un souffle de vent que nous faisons quelques clichés de carcasses de bœufs musqués, près de nos tentes. Au moment de partir, nous avons la surprise de voir un lemming variable sortir de son trou, juste à l’endroit où nous avions planté notre tente. Nous avons dû l’empêcher de vivre, lui qui à une vie si courte. En effet, le lemming à une durée de vie de 12 mois seulement. Peu farouche, plutôt intrépide, nous avons eu loisir à faire de nombreuses photos, tous les quatre à plat ventre autour de lui, même avec un objectif macro…La progression est toujours difficile ; beaucoup de marécages, de polygones de toundra gorgés d’eau, traversées de névés et d’une rivière. Nous avons eu le loisir de voir courir un renard vêtu de son pelage blanc hivernal. Sur cette île, le renard est chassé par l’homme et est de ce fait peureux. Nous avons pu également observer au cours de cette journée particulièrement belle, sans nuage : des bernaches cravant, des eiders, des chouettes harfang, le bruant lapon, un chevalier et son nid. Une fois repérés, les bœufs musqués près de la rivière, nous avons planté le camp face à un magnifique paysage : rivières, lacs, névés et en arrière plan le lent déplacement des bœufs musqués.

Notre excitation est au maximum ce matin. Nous avons pour objectif la traversée de la rivière. Elle s’étend sur une dizaine de bras coupés de marécages d’après la carte, (cartographiée dans les années 50 par les Canadiens). Nous revêtons nos waders et chaussons les sandales. Après avoir traversé les trois premiers bras, dont un assez profond, nous avons cherché un passage pour franchir le quatrième. Jean-Marc a fait une tentative sans sac, mais le courant est fort et il a rapidement de l’eau à la taille. Nous avons rebroussé chemin, décidé à remonter le long de la rivière jusqu’à trouver un passage plus facile. Après maintes tentatives couronnées d’échecs, nous nous décidons à poser le camp afin de chercher un passage sans portage pour le lendemain. Nous en avons profité pour photographier le saxifrage œil de bouc, et la drave. Nous avons suivi le vol d’oies, de grues et de cygnes. L’Eider, le lagopède et l’Harelde boréale se sont laissés approcher, contrairement à la chouette harfang que nous ne réussissons pas à prendre en photo. Les bœufs musqués se rapprochent et nous avons fait une première photo, encore trop loin malgré tout. Après un camp sur une petite île entre les bras de rivière et un souper copieux, nous partons à la recherche d’un passage.

13 − douze =