Crête de Boboty

Destination : Slovaquie » Europe | Montagne : Alpes | Activité : Randonnée  | 


Crête de Boboty - Randonnée dans les Mala Fatra slovaques
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N’ayant quasiment pas mangé, nous retournons à Stefanova pour déjeuner, et sécher, sous un soleil renaissant. Le reste de l’après-midi, nous allons nous balader en voiture hors de la vallée. Nous allons en premier au château de Strečno, non loin de Zilina, perché sur un éperon rocheux. Le cadre est joli, au bord de la Vah, rivière qui récolte toutes les eaux des Tatras et Fatra Slovaques. Nous allons ensuite à celui de Lietava, plus au Sud. Je suis déçu, j’avais lu qu’il s’agissait du 2nd plus grand du pays, il n’y a là que des murs en ruine perchés sur une colline. Il est déjà 21h. Dorota, qui commence à avoir faim, ne dit rien mais n’en pense pas moins ! Nous aurons cependant admiré les paysages variés de cette région, faits de jolis villages et des collines recouvertes de belles forêts de pins.

Il faut choisir un objectif raisonnable pour le dernier jour, dont la route du retour s’annonce longue, et chargée de bouchons. Boboty, crête qui surplombe Stefanova, convient parfaitement. Je me fixe le délai de midi, car Dorota en a eu pour sa part suffisamment, et choisit de m’accompagner uniquement jusqu’au petit col de la cabane. Le ciel est pur, l’herbe recouverte de rosée ; Rozsutec est pris dans une brume qui donne à son sommet l’allure d’un volcan.

La montée sur la crête, comme la veille, commence rude, sur quelques centaines de mètres en forêt ; je mets un coup d’accélérateur et j’arrive 30mn plus tard sur la ligne de crête. Cette dernière dresse des dents blanches de calcaire, que l’on voit bien depuis le village en bas. C’est l’occasion de les grimper les unes après les autres, admirant cette audacieuse végétation qui pousse au dessus du vide, sur fond de panorama toujours changeant.

Un instant, je m’étais dit qu’il était dommage que nous n’ayons pas fait Krivań, aujourd’hui au lieu de la veille, et que nous aurions ainsi été épargnés de l’orage ; tellement le ciel était pur. Mais de gros cumulus ne tardèrent pas à réinvestir les plus hautes cimes, obstruant très probablement la vue, sans allure orageuse toutefois.

Boboty, cette petite montagne allongée au nom curieux, forme en son autre extrémité l’un des deux pans rocheux qui ferment la vallée Vratna. Autant dire que la descente est le moment que j’attends avec le plus d’impatience, pour suivre le sentier qui se faufile astucieusement dans ce dédale de hautes pinacles. Je ne suis point déçu, d’autant plus que le soleil éclaire le pan opposé, là où les éperons et falaises sont encore plus impressionnants. Il y a quelques passages scabreux à descendre, équipés de chaînes. J’ai perdu un peu de temps contempler la vue depuis le haut, l’heure est déjà avancée, sans compter qu’il faut que je rejoigne Stefanova en longeant le long de la route, où Dorota m’attend.

Je déboule à toute allure au rythme des lacets vertigineux du sentier, m’aidant des mains ça et là. Il est vrai que tous ces endroits devaient constituer de sacrés cachettes et postes d’observations, pour tendre des embuscades et défendre ce repère secret. De temps à autre, je me surprends à rêver… Je suis Janosik.