Festival Sarala Saz

Destination : Kirghizstan » Asie | Activité : Randonnée  | 


Festival de Sarala Saz - En route vers Sarala Saz
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Samedi 28 juillet

Réveil avec le soleil vers 6h, la lumière inonde le plateau herbeux qui descend en pente douce. Derrière, les sommets sont blancs des chutes de neige de la veille. Je découvre la sérénité de l’endroit, d’autant plus appréciée après les tourmentes de la veille ! 6h30, peu de gens levés, si ce n’est ceux qui traient les juments. La lumière est magnifique, je m’approche du troupeau de chevaux, fait le portrait d’une femme. Peu à peu les hommes se lèvent. Ils m’invitent alors à prendre place avec eux, assis sur un grand shyrdak (tapis) posé dehors, face au soleil, et nous discutons. Pendant ce temps, les toutes femmes s’activent, font la vaisselle, nettoient les shyrdaks, de la grand-mère à la petite fille.
De notre côté, les hommes, enfants et vieillards buvons du kumiz, 4 bols cul sec(sinon ce n’est pas bon pour la santé me disent-ils). Beaucoup se rendront dans la matinée au festival, ) une heure de marche de là. Nous irons tous ensemble !

Vers 9h, c’est le "chaï" dans la grande yourte : thé, pain, pâtes, viandes de mouton. C’est en fait le gros repas de la journée (tant mieux !). Nous partons finalement à cheval vers les plateaux de l’ouest, en portant un carcasse de mouton sans tête (environ 15kg), non sans s’arrêter prendre un kumiz de plus dans la yourte d’un des jeune de notre groupe.

Mes compagnons sont sympathiques, joyeux et curieux. L’un d’eux m’explique comment il s’est fait une entorse au doigt ce matin en tordant la tête du mouton. Nous sommes à trois sur le cheval, et 2 autres chevaux se joindrons à nous pour atteindre le lieu du festival. Quelques touristes sont là, et beaucoup de kirghizes venus des jaïloo voisines.

Les chants traditionnels commencent, un vieil homme récite des mantras, en solo ou accompagné par un groupe avec accordéon et komuz, la petite guitare kirghize. Belle lumière, beaux costumes. Suivent les jeux : Kiz-Kumaï (course et baiser de la fille), Kurosh et Oodarysh (lutte à cheval et à terre). Les lutteurs sont chauds, tout cela peut dégénérer assez vite , tant du côté des lutteurs que du côté des spectateurs, quiencouragent leur champion. Le Tyiyn Enmey consiste à attraper un foulard posé par terre sur un cheval au trot ou au galop. Les kirghizes montrent là leur habileté à cheval – et ils en ont.
Enfin, vient le roi des jeux traditionnels, l’Ulak Tartysh : il faut noter qu’il n’y a pas de limite de terrain, les joueurs s’en vont parfois très loin. Le combat qu’ils se livrent est très rude, afin de récupérer la carcasse de mouton sans tête et venir la poser dans la cible. Pour l’un des match, la vistoire est contestée, tout le monde s’en mêle…

Le soir je resterai avec quelques touristes, dont deux journalistes de Geo Allemagne. Cela me vaudra un retour tardif à ma jaïloo sous la pleine lune, ce qui n’est vraiment pas évident sur ce plateau sans chemin pour s’orienter ! Arrivée "à la maison" vers 22h, ce n’est pas fini, oh non : c’est tout juste l’heure du souper ! On mangera, boiera jusqu’à tard dans la yourte,a vec de nouveaux amis et membres de la famille venus de Osh entre autre. De multiples toasts seront donnés sur un ton solennel, avec une éloquence toute kirghize, durant 10 minutes parfois.

dix-huit − 4 =