Premières rencontres avec les nomades

Destination : Kirghizstan » Asie | Activité : Randonnée  | 


Premières rencontres avec les nomades - En route vers Sarala Saz
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Jeudi 26 Juillet

Durant la nuit, je m’étais dit que si le temps le permettait je ferais une grosse journée pour me rapprocher le plus possible du col, voire même le passer. Hélas, mes yeux s’ouvrent sur un paysage humide et un ciel bien bas… J’avance de 2 heures, abrité par mon poncho, un vieux berger me confirme ma route. Peu après, je suis accueilli par une famille chaleureuse habitant dans une maisonnette de bois. Thé, aïran, photos avec le bébé. Le père, bienveillant me conseillera en regardant la carte de la région que je possède. Nous attendons tous que la pluie passe.

A peine le temps de repartir et de retrouver mon rythme de marche qu’une autre famille vient me chercher pour m’offrir le thé. Je n’ai pas le droit de refuser, et en fait ces pauses au chaud à discuter, boire et manger sont plus importantes que la marche en soit ! Contrairement aux autres gens rencontrés plus bas, cette famille est d’origine russe, et 2 jeunes parlent anglais. Un grand repas familial se prépare ici, et l’on me donne un véritable festin de viande, de légume, de thé… La grand mère est adorable et m’accueille comme le ferai ma propre grand-mère ! Une nièce me rejoindra plus tard. Elle est mignonne et évidemment s’appelle Natacha.

Je continue ma marche sous la pluie. Mon objectif est alors d’arriver à un vieux wagon soviétique posé dans la vallée, juste avant que celle-ci ne se retrécisse. Durant l’après midi, la pluie a enfin cessée, mais je rencontre de gros problèmes pour franchir la rivière gonflée en de multiple points. Je perd une heure à chercher le meilleur endroit… mais rien à faire. Il me faudrait donc effectuer un détour de 4 heures… Non, je me lance. J’attache en hauteur toutes mes affaires, me met en petite tenu, pied nus. J’avance tout doucement dans l’eau glaciale. Non, je ne pourrait pas ici : l’eau m’arrive jusqu’à la taille, mais est trop puissante. Je reviens sur mes pas. Sur la berge, j’hésite à faire demi tour… Aller, je trouve un autre endroit un peu plus haut, la rivière y est plus profonde, mais la pente, donc la puissance est moindre… J’essaie encore, les 2 bâtons pour sonder le fond et me stabiliser ; descendre un peu dans le sens du courant pour ne pas perdre de l’énergie… Arriver au milieu, je me dis que je n’ai plus trop le choix ! De l’eau légèrement au dessus de la taille, je suis vouté pour ne pas trop être déséquilibré par le sac… ouf je suis de l’autre côté, sacrément heureux que mes affaires soient au secs ! Une chute, et c’était la perte du matériel photo, l’ensemble de mes affaires trempées, et peut-être bien que je n’arrivais même pas à me relever dans le courant avec ces 30 kilos…

En fin de journée, je trouverai le wagon recherché à côté d’une yourte; je ferai le camp non loin. Je suis alors joyeux, pensant que le plus dur était fait : en remontant une rivière, celle-ci ne peut que diminuer de taille !

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