La vallée blanche

Destination : Mauritanie » Afrique | Montagne : Sahara | Activité : Randonnée  | Agence : Point Afrique 


La vallée blanche - Erg Amatlich
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Un ciel un peu plus chargé que les autres jours, mais un lever de soleil encore de toute beauté. La lumière du matin, beaucoup plus froide, est souvent plus spectaculaire et poignante que celle du soir.

Après quelques minutes encore dans les dunes, nous rejoignons la vallée blanche. Le vent s’est maintenant levé et renforcé et c’est courbés, pas franchement causant, que nous marchons dans l’oued El Abiodh. Nous longeons une immense plantation d’euphorbes, plante dont la sève est très toxique ; nous pensions pourtant que cela poussait seulement à l’état sauvage. Marie-Hélène tente d’en savoir plus auprès de Cheikh qui n’apporte pas vraiment de réponse. Quelques mètres plus loin, dans l’oued, des 4×4, puis quelques bâtiments en dur. Nous approchons d’un village, c’est sûr !
Nous nous arrêtons à l’épicerie du coin dans laquelle tout se vend. Derrière le comptoir de très hautes étagères avec toute la marchandise qui attend là le chaland du désert. Savon, cigarettes, bonbons, déodorants, sardines, boubous, boîte de thé vert de chine (2 ou 10 kg), sacs de 10 ou 30 kg de biscuits de mer, chaussures, piles et même un téléphone satellite qui remplace le vieux téléphone à cadran des bistrots de nos campagnes… Il y a un monde fou et il faut presque faire la queue pour être servi. En attendant le thé à la menthe, nous nous asseyons sur les sacs, un peu à l’abri du vent qui n’a pas cessé de souffler depuis que nous sommes partis. Fascinant d’observer tous ces gens, des hommes surtout, venus faire leurs courses, papoter, s’informer ou rire. Un vrai lieu de rencontre et d’échanges.
L’équipe a fini ses courses, nous pouvons repartir à travers un immense reg surmonté de maisons à moitié construite…ou à moitié détruite, pas facile de savoir. Tout semble à la fois si abandonné et si vivant. Nous marchons maintenant face au vent et le bivouac du déjeuner se fait attendre. La première fois que je ressens un peu de fatigue où la constatation qu’il suffit parfois de peu de chose pour se laisser dépasser par ses petites souffrances.
Finalement, nous nous posons au pied de la montagne, plus ou moins protégés du vent. Comme à chaque fois, nous aidons à décharger les chameaux, installer la natte et les matelas sur l’espace que Cheikh a débarrassé des branches d’acacias et des crottes de chameau. Au loin, un vent de sable obscurcit l’horizon. Après le déjeuner, je pars en balade dans la montagne, sautant de rocher en rocher. Toujours ce besoin impérieux de prendre de la hauteur, de voir le monde d’un autre point de vue, de m’isoler aussi.
Reparti pour 1h 1/2 de marche sur un terrain difficile au creux d’un oued. Quelques damans courent le long de la montagne, un, deux, cinq, dix…

Dernier vrai bivouac, demain soir nous serons dans l’oasis de Terjit. Le lieu est très beau aussi, encore l’impression d’être seuls au monde. La kaima est montée dans un petit couloir dunaire, ma tente tout à côté. Pour la première fois, nous goûtons (galette et nutella, confiture ou miel). La préparation du dîner va être longue. Nous essayons d’en savoir plus, de percer le mystère de la cuisine, mais la kaima garde jalousement son secret. Les matelas se rapprochent du feu que chacun regarde avec autant de mélancolie que de joie.
Des crêpes au dessert, voilà la raison de cette longue préparation. Dernière fabrication de galette, deux pour le prix d’une. Bien différente, l’une bien ronde et bombée, l’autre plus conique. Caroline et moi sommes scotchées au feu et c’est Cheikh qui, en allant se coucher, nous "envoie" au dodo !

quinze − quatre =