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Trekking dans les Tian-Shan du Terskey Alatoo

Carnet de trekking dans les Tian-Shan au Kirghizstan, au cœur du Terskey Alatoo près de Karakol : lacs, alpages, hauts cols et sommets enneigés.

Focus Rando :Trekking dans les Tian-Shan du Terskey Alatoo
8 jours+4200 m/-4575 m3
RandonnéeLigneBivouac
MontagneJuin, Juillet, Août, Septembre

Télécharger la Trace gpx sommaire du trekking dans les Tian-Shan du Terskey Alatoo (74 téléchargements)

Carnet d'un trekking dans les Tian-Shan au Kirghizstan réalisé avec Nomad's Land. Longtemps demeuré inaccessible aux occidentaux, le massif du Terskey Alatoo au sud de Karakol est sans doute le plus fabuleux terrain de trek de l'ancienne république soviétique. Un savoureux mélange de lacs, d'alpages, de hauts cols et de montagnes enneigées.

Un trek sous haute tension

7 avril 2010. De violentes émeutes éclatent à Bishkek, la capitale kirghize. Le Président Kourmanbek Bakiev fuit la capitale après une journée d'affrontements sanglants et un gouvernement d'intérim se met en place, avec à sa tête Rosa Otounbaïeva, l'ex-ministre des Affaires Etrangères.

Mi-mai mi-juin 2010. Des affrontements violents éclatent dans les villes d'Och et Djalal-Abad, bastion du président déchu Kourmanbek Bakiev et fief de la minorité Ouzbek du Kirghizstan.
Depuis la nuit des temps, les batailles ont régné en Asie Centrale, depuis les victoires d'Alexandre le Grand sur Darius III, roi des Perses, jusqu'aux conquêtes de Gengis Khan et plus récemment avec l'arrivée des russes au XIXe siècle qui cherchaient à contrer l'expansion britannique en Asie.

Les derniers affrontements au Kirghizstan comme la révolution des tulipes au début des années 2000 sont le résultat de plusieurs facteurs : un héritage stalinien reposant sur un découpage des frontières cherchant à diviser les ethnies d'Asie Centrale, une incapacité des gouvernements successifs kirghizes à unifier les clans autour d'un Etat, une corruption grandissante et une situation économique qui se dégrade. De nombreux kirghizes regrettent l'époque de Lénine et lui voue un culte démesuré.

Dans les campagnes, tout es plus calme. La vie, plus simple, s'articule autour de l'élevage et du travail de la terre. Un monde bien différent de la frénésie qui a envahit les grandes villes du pays. C'est dans ce contexte que je m'envole pour Bishkek avec Johanne et Sabine.

Stigmates des émeutes à Bishkeck, Trekking dans les Tian-Shan du Terskey Alatoo
De violentes émeutes ont éclaté à Bishkek, la capitale kirghize. Le Président Kourmanbek Bakiev fuit la capitale après une journée d'affrontements sanglants et un gouvernement d'intérim se met en place, avec à sa tête Rosa Otounbaïeva, l'ex-ministre des Affaires Etrangères.

Un Kirghizstan russophone et un relief taillé pour l'aventure

Peu de monde savait où se trouvait le Kirghizstan, qu'on nomme aussi Kirghizie ou Kirghizistan, avant les affrontements sanglants du printemps 2010. Cette ancienne république soviétique, indépendante depuis 1991, se situe à l'est de l'Ouzbékistan et du Tadjikistan, au sud du Kazakhstan et au nord de la Chine, au cœur de l'Asie Centrale.

Bishkek se relie facilement en avion via Moscou, Saint Pétersbourg ou Istanbul. Un formidable terrain d'aventures s'ouvrent alors aux voyageurs de passage. Montagneux à 90%, la Kirghizie est une terre de trek par nature. Les possibilités semblent infinies de la randonnée facile à l'alpinisme le plus technique.

A Bishkek et à Karakol, on trouve des cartes topographiques en russe et en anglais au 1:100 000 de la région de Karakol. L'anglais et le français ne sont quasiment d'aucune aide au Kirghizstan. Pour se faire comprendre dans la région de Karakol, deux options : parler kirghize ou russe. Ne pratiquant ni l'une ni l'autre langue, nous avons préféré passer par une agence locale. Notre choix s'est arrêté sur Nomad's Land géré par un couple helvético-kirghize.

Vallée d'Altyn-Arashan, Trekking dans les Tian-Shan du Terskey Alatoo
La Vallée d'Altyn Arashan à quelques encablures de Karakol est connue pour ses sources d'eaux chaudes naturelles et ses paysages de toute beauté.

Les vidéos du trekking dans les monts Célestes

Longtemps demeuré inaccessible aux occidentaux, le massif du Terskey Alatoo au sud de Karakol est sans doute le plus fabuleux terrain de trek du Kirghizstan. Retrouvez ici trois vidéos qui retracent ce Trek d'une semaine dans les Monts Célestes.

Les deux vidéos qui suivent notre aventure :

J1 : Chong Kyzyl Suu – rivière Kashka Toer

+ 490 m / – 75 m 3h30

Il y a deux jours, nous atterrissions au milieu de la nuit à Bishkek, la capitale du Kirghizstan. Quelques heures de sommeil avant de prendre la route pour les rives du lac Issyk Kul, littéralement le lac chaud, 2ème plus grand lac de montagne du monde après le Titicaca au Pérou et en Bolivie. C'est la principale attraction du pays. Kazakhs, russes et kirghizes sont nombreux à s'y rendre pour le farniente. Il faut dire que pour un lac situé à 1600 mètres d'altitude, la température de l'eau est particulièrement agréable (autour de 20 °C).

En route, petite halte à la tour de Burana à 70 km à l'est de la capitale. Vestige Karakhanide du 11ème siècle, il reste 24 mètres de l'ancien minaret et quelques tumulus. Un jardin de Tach Balbaldar, des statues funéraires d'origine ottomane, se visite derrière le petit musée.

Un peu plus loin, mise en jambe dans le canyon de Konorchek qui mène à un panorama surprenant semblable, dans des proportions plus restreintes, à des paysages du Colorado.
Après avoir rencontré un chasseur d'aigles à Bokonbaeva et passé une nuit dans une guesthouse de Tamga, nous démarrons le trek par une petite journée de marche le long de la vallée Chong Kyzyl Suu. On l'appelle ainsi en raison de la couleur rougeâtre de la rivière après la pluie.

L'entrée en matière est facile mais inaugure déjà les nombreux passages de rivière de l'itinéraire. A trois reprises, nous devons déchausser pour traverser les cours d'eau. Je me retrouve une fois dans l'eau en voulant traverser un rondin de bois imbibé d'eau.

Il manque un cheval à l'appel pour porter les bagages. Sacha, notre guide, et Azamat, en repérage sur l'itinéraire, portent les sacs qui ne peuvent être transportés par l'ongulé. J'ai beau dire à Sacha que je peux le délester de quelques affaires. Il refuse catégoriquement. La journée est courte fort heureusement.

A la station géophysique de Chong Kyzyl Suu, construite en 1948 et reconverti un temps en station météorologique, des enfants trient la cueillette de champignons avant d'être vendus au marché de Kyzyl Suu en bas de la vallée.
J'apprends de la bouche d'Azamat que l'attribution des noms est simple ; tout dans les vallées portent le même nom : la montagne, la rivière, le village et parfois même les plats.

Nous posons le bivouac après une courte montée sur les bords de la rivières Kashka Toer à 2750 mètres d'altitude. En fin de journée, le ciel se dégage laissant entrevoir le pic enneigé du Okus Baché (tête de taureau), haut de ses 5230 mètres.

20h30 : extinction des feux. Une longue étape nous attend demain !

J2 : Kashka Toer – Archa Toer

+ 1120 m / – 700 m 6h00

7h30. Le réveil sonne. La nuit n'a pas été des meilleures. Entre minuit et trois heures du matin, j'en ai compté des moutons. Sans doute pas tous les montons de Kirghizie mais quand même. Après le petit-déjeuner, nous plions les tentes et finissons d'empaqueter le matériel.

Les chevaux devaient être là à 9h00. 9h30, nous partons voir les nomades non loin de l'endroit où nous avons planté le bivouac. Les hommes sont partis à cheval emmener leurs troupeaux de vaches et de moutons dans les prairies d'altitude. 8 enfants et leurs deux petites tentes militaires russes vivent ici de juin à septembre. On nous fait goûter du lait fermenté de vache. Rien de comparable avec le Kumiss, le lait de jument fermenté, si j'en crois Azamat. Des grossistes en lait remonte la vallée dans de gros Kamaz russes pour y acheter le lait produit par les nomades. Une coopérative de Kyzyl Suu l'utilise ensuite pour en faire du fromage. Il est ensuite vendu en supermarché et se retrouve au menu des treks en Kirghizie.

A 10h15, Sacha décide qu'il ne faut plus attendre. Nous levons le camp en laissant les bagages à même la terre. Azamat attendra seul les chevaux.

La journée de marche démarre par un sentier en zig-zag au dessus du campement que nous occupions. Splendide panorama sur la Tête de taureau, hélas à contre-jour.

Au bout de la large vallée que nous remontons se trouve le col d'Archa Toer situé à 3870 m. Belle vallée fleurie d'asters, de pensées, d'édeilweiss et de bien d'autres fleurs dont je ne connais pas les noms.

Nous croisons des cavaliers, dont l'un d'entre-eux, a une marmotte qui pend le long de sa monture. Les nomades posent des pièges à la sortie des terriers et vont les relever quand ils montent leurs troupeaux dans les pâturages.

Nous nous arrêtons à plusieurs reprises pour vérifier la progression des chevaux. Les voilà qui arrivent. Ils sont bien deux mais pas pour longtemps. Un jeune nomade nous a dépanné jusqu'à mi-chemin vers le col et redescend à son campement.
Comme hier, Sacha se charge de 10 kg supplémentaire pour alléger le cheval. Après le déjeuner, nous finissons notre montée au col. Vers 3500 mètres, le manque d'oxygène commence à se faire sentir sur nos organismes non acclimatés à l'altitude.

Un peu avant le col, le cheval n'arrive plus à avancer avec la charge. C'est trop raide et le sol se dérobe sous les sabots. Il faut décharger la bête de tout son paquetage. Azamat et Mirbek, notre cavalier, transportent les sacs de voyage sur le dos pendant que Sacha hisse le reste des sacs avec la force et la conviction d'un lutteur kirghize.

Au col, c'est une belle corniche qui nous accueille. Il faut maintenant descendre par un sentier raide et glissant. Ce n'est qu'un peu plus bas que le cheval pourra à nouveau être rechargé. Nous retrouvons une vallée verdoyante où nous installons le campement (3170 m) pour la nuit. Nous aurions dû, si nous avions respecté le programme, marcher encore 1h30, pour effectuer l'intégralité de l'étape prévue. Mais, les circonstances de la journée en ont décidé autrement.

Un mal de tête vient tambouriner aux quatre coins de mon crâne. Avec un aspirine et un repas chaud, ça finit par passer. Le froid tombe vite. Personne ne chôme dehors et tout le monde part se réfugier dans son sac de couchage.

J3 : Archa Toer – Jety Oguz

+ 140 m / – 1260 m 7h00

Au réveil, c'est le ciel bleu qui inonde l'horizon. Le paysage devient vite plus attrayant. Derrière nous, le col Archa Toer et sa montagne accolée dominent le panorama depuis le campement. Prendre le petit-déjeuner dans cet environnement est un vrai luxe. Nous en profitons. Il ne faut toutefois pas trop traîner car une longue étape nous attend.

Nous finissons de descendre la vallée d'Archa Toer sur un épais tapis floral. Plus bas, nous traversons une zone de cyprès avant de rejoindre la large vallée de Jety Oguz où nous avions prévu de planter le bivouac hier soir. Beau point de vue sur le glacier de la Tête de Taureau.

Nous longeons la rivière Jety Oguz parsemée de campements nomades. Les tentes russes sont toujours plus nombreuses que les yourtes. Cela pour deux raisons : elles coûtent bien moins chères et les camps n'accueillent pas de touristes. Ce sont de vrais nomades qui vivent de leurs troupeaux.

Plus en aval, nous traversons la rivière sur un cheval pour éviter d'être trempés voire emportés par le courant.

Juste avant de poursuivre par une large piste, nous rejoignons les prairies vertes, lieu de villégiature écotouristique à la Kirghize. C'est ici que les cosmonautes soviétiques comme Yuri Gargarine venaient se ressourcer après un vol dans l'espace. Aujourd'hui, les citadins de Bishkek ou de Karakol viennent ici en famille pour passer le week-end ou des vacances plus longues. Des camps de yourtes offrent hébergement et nourriture aux visiteurs de passage.

Nous mangeons d'ailleurs dans une yourte pour éviter la pluie et repartons en direction de Jety Oguz. Le village de montagne est réputé pour ses eaux à base de radon. Il ne faut qu'un pas pour aller se baigner au sanatorium défraîchi de l'époque soviétique. Le radon est un gaz rare, radioactif, d'origine naturelle, qui est principalement formé par la désintégration du radium. A fortes doses, il est cancérigène. Je comprends mieux pourquoi, la baignade était limitée à 15 minutes !

Aujourd'hui, nous avons croisé de nombreuses familles kirghizes. Les touristes équipés d'un appareil photo ou d'un camescope nous alpaguent pour poser avec nous. Nous leur rendons l'appareil. Nous rencontrons notamment un policier de Bishkek avec sa famille qui nous remercie d'être venu et espère que nous donnerons une bonne image du pays, bien loin des affrontements de Bishkek, d'Och et de Djalal-Abad qui ont circulé sur les chaînes internationales. “Le Kirghizstan, ça n'est pas ça” nous dit-il. Il est vrai qu'ici dans les montagnes du Terskey Alatoo, on est bien loin des conflits qui ont eu lieu dans les trois villes.

Vu l'heure tardive, nous partons dormir chez l'habitant. Nous n'avons pas rattraper notre heure et demie de retard. Pourtant, nous n'avons pas chômer aujourd'hui… Profitant du luxe de l'électricité, nous rechargeons nos batteries d'appareils photos. J'ai bien emmené un panneau solaire 8 watts mais les pauses du midi sont trop courtes et le ciel bien trop couvert pour espérer recharger quoi que ce soit !

J4 : Jety Oguz – vallée d'Irdik

+ 1300 m / – 460 m 7h30

Depuis hier, nous faisons face au lac Issyk Kul. Nous le devinons à peine derrière les premiers contreforts du massif du Terskey Alatoo. La météo ne nous a pas épargné. Flash-back…

Nous sommes partis du village de Jety Oguz où nous avons dormi chez l'habitant au sens strict du terme. Au petit matin, nous nous sommes rendus compte que les propriétaires avaient passé la nuit dans leur vieille Moscovitch. C'est un peu honteux que je me suis engagé sur la piste qui rejoint la vallée de Kyzyl Unkur. C'est très vert de ce côté-ci du massif avec des rochers rouges comme à Kyzyl Jaar.

Deux jeunes bergers gardant leur troupeau viennent à notre rencontre. L'un d'eux porte une casquette arborée du drapeau du Kirghizstan. Adopté le 3 mars 1992, il se compose d'un fond rouge avec un soleil jaune comportant 40 rayons qui représentent les 40 tribus kirghizes. Au centre du soleil, un anneau rouge est coupé par deux séries de trois lignes, une représentation stylisée du toit de la traditionnelle yourte kirghize.

Après le repas, Sacha nous annonce qu'il reste environ deux heures à marcher. Mais le cheval ne passe pas par le chemin prévu : trop raide ou trop étroit avec les bagages qui débordent de par et d'autres de la bête. Nous sommes obligés de contourner notre itinéraire pour rejoindre le lac Irdik.

A un col sans nom, rencontre avec Kehjebek et son fils, deux bergers, assis sur leur monture. Ils surveillent, sur leur gauche, les 600 moutons qui paissent sur les hauteurs sous la barrière nuageuse. A leur droite, plus bas dans la vallée, une trentaine de chevaux broutent à souhait.

A 2950 m, nous sommes stoppés nets par la pluie et l'orage qui gronde. Le camp doit être monté en quatrième vitesse. Nous ne disposons pas de tente mess et devons donc manger à six dans une tente igloo 3 places. C'est très vite la fournaise là-dessous. Il pleuvra une bonne partie de la nuit.

J5 : Vallée d'Irdik – Vallée de Karakol

+ 785 m / – 1145 m 7h15

Ce matin, le ciel est toujours aussi bouché et les glaciers du Terskey Alatoo, tout proche, restent invisibles. Dommage ! Nous montons quand même voir le premier lac d'Irdik à dix minutes du bivouac.

Comme hier, les vallées se succèdent : Zindane, Chelpek puis Karakol où nous nous arrêtons pour manger car la pluie s'est mise à tomber violemment et les ventres crient famine. Pendant le repas, nous faisons le point sur la journée. Comme hier, nous sommes descendus plus bas que prévu pour faire passer le cheval. On évalue notre déviation à deux heures de marche.

Avant de reprendre la piste de la vallée de Karakol, Azamat nous quitte. Sa reconnaissance se termine ici. Trois heures plus tard, nous atteignons le troisième pont où nous montons le campement. Trois porteurs nous y attendent. Le reste de l'itinéraire se déroulera sans le cheval. Trop galère !

Comme hier, repas sous la tente.

J6 : Vallée de Karakol – Keldike

+ 1455 m / – 425 m 7h30

8h30. Nous prenons le petit-déjeuner dans la tente de Mirbek et Sacha. Il pleut des cordes depuis trois heures du matin. Le ciel est gris, bas. Une belle journée de merde qui s'annonce.

9h15. Nous décidons de plier les tentes sous la pluie et de partir aussi vite en espérant que la météo s'améliore. Nous remontons un étroit sentier forestier. Tout le monde s'est engoncé dans sa veste imperméable et regarde ses pieds pour ne pas glisser sur une racine ou un rocher détrempés. Nous croisons un groupe de randonneurs de Karakol. Contre mauvaises fortunes, ils avancent, mal équipés, en faisant de nombreuses pauses. Ils n'ont pas l'air de marcher bien souvent. D'ailleurs, pour se redonner le moral, ils se grillent une cigarette à chacun de leurs arrêts.

Après deux heures de progression, nous atteignons le campement de Sirota qui signifie isolé. Quelques emplacements d'un bivouac près d'un petit lac ou plus loin sous d'énormes conifères. Une cabane permet aussi d'accueillir quelques randonneurs mais elle est vite prise d'assaut. Des personnages et des animaux en bois sculpté ornent les environs de la cabane. Nous croisons un randonneur solitaire dans sa tente que nous avions déjà croisé dans la vallée de Jety Oguz. Il ne sait pas s'il va attendre le beau temps ou s'il va partir. Il restera finalement. Nous croisons également un couple de randonneur français qui nous souhaite bon courage pour le reste de la montée. C'est le genre de propos qu'on n'aurait préféré ne pas entendre…

Quoiqu'il en soit, nous quittons la forêt pour continuer dans la moraine. Le sentier est bien raide par endroit. De temps en temps, la pluie s'arrête pour reprendre de plus belle quelques minutes plus tard.

Johanne semble retrouver son sourire au fur et à mesure que nous prenons de l'altitude. Elle s'est finalement faites à l'idée d'être trempée jusqu'aux os. Nous aussi !

Au bout de 4 heures, nous atteignons la rive ouest du lac glaciaire d'Ala Köl, littéralement le lac mâchuré, après avoir passé des chutes d'eau. C'est vrai qu'il est beau ce lac dans cet écrin de haute-montagne. Une aire de bivouac en plein courant d'air se trouve à l'extrémité du lac. Sacha nous propose de poser le camp ici, voyant que Johanne est fatiguée. Nous préférons continuer et passer le col.

Après un repas vite avalé sous la pression d'un ciel menaçant, nous longeons le lac par un pierrier raide qui rejoint le col d'Ala Köl (3860 m). De là haut, la vue sur le lac et les sommets du Tian-Shan est absolument magnifique. D'autant que monsieur météo nous a accordé une fenêtre magistrale. Au sud, les sommets Ala Köl Bache, Elephant, Karakol et Djegid s'égrainent devant nous.

Il ne reste plus qu'à descendre 300 mètres pour retrouver les porteurs au camp de Keldike (3520 m).

Au moment d'installer les tentes, la grêle se met à tomber et le vent se lève. Il faut très vite les installer et poser des pierres sur les sardines pour assurer (amarrer ?) le campement. Une heure plus tard, quelques centimètres de grêle recouvrent le sol. Régulièrement, nous devons taper sur la toile pour dégager la grêle qui se colle à la tente. Après le repas, nous nous engouffrons vite dans nos duvets. Dehors, la température est glaciale.

J7 : Keldike – Refuge d'Altyn Arashan

+ 35 m / – 1085 m 2h45

Voilà deux étapes que nous aurions largement pu faire en une. Mais, la très belle vallée d'Altyn Arashan, littéralement le spa d'or, compte plusieurs sources chaudes qui méritent qu'on s'y prélasse.

C'est un ciel bleu profond qui nous accueille au réveil laissant entrevoir un paysage immaculé de neige. Nous prenons le temps de faire sécher les tentes et de déguster notre petit-déjeuner avec appétit. L'étape est courte, inutile de se presser.
Nous retrouvons les vertes prairies des vallées verdoyantes kirghizes et leur lot de troupeaux de moutons de vaches et de chevaux.

En moins de trois heures, nous voilà arrivé à l'Arashan Travel Hôtel (tel : 0(3948)60034). C'est un hôtel très simple, un peu défraîchi, avec des lits dans de vastes dortoirs. Ceux qui aiment les sommiers défoncés apprécieront (mais y en a t-il ?) ; les autres préfèreront mettre les matelas sur le sol pour éviter d'avoir le dos bloqué. Le refuge fait aussi office de petite supérette : vodka, bière, cigarettes, PQ à disposition et rien d'autre. L'établissement peut aussi préparer des repas et une salle hors sac est aussi à la disposition des randonneurs.

Ceci dit, nous ne sommes pas ici pour l'hôtel mais pour les sources qui le jouxtent. Six bassins en béton dissimulés dans de petites cabanes privatives, alimentés naturellement, empestent le souffre. Nous demandons la clef et allons nous délasser dans le bassin n°2. Nous en profitons aussi pour nous décrasser à l'extérieur des sources. Un vrai moment de plaisir…

Les sources chaudes sont aussi accessibles en 4×4. C'est l'occasion pour nous de croiser cinq familles de Karakol venues dans un énorme camion russe Kamaz. Ils doivent bien être 30 à monter à l'arrière du véhicule pour retourner chez eux.

J8 : Refuge d'Altyn Arashan – Pont d'Ak Suu

+ 60 m / – 570 m 2h30

Demain, il ne nous restera plus qu'à descendre la vallée d'Altyn Arashan jusqu'au pont d'Ak Suu, l'ancien village cosaque de Tieploklioutchenka, où un minibus viendra nous récupérer et nous conduira à notre guesthouse de Karakol avant de reprendre la route pour notre second trek de 5 jours dans l'or noir du Tian-Shan intérieur.

Trekking dans les Tian-Shan du Terskey Alatoo
La Vallée d'Altyn Arashan à quelques encablures de Karakol est connue pour ses sources d'eaux chaudes naturelles et ses paysages de toute beauté.

Informations pratiques

Comment y aller ?

Depuis Paris, on rejoint Bishkek via Moscou (Aeroflot), Saint-Pétersbourg (Rossiya Airlines) ou Istanbul (Turkish Airlines).

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Quand partir randonner dans les Tian-Shan du Terskey Alatoo ?

Le meilleur moment va de mi-juin à mi-septembre. Attention au névé présent sur les hauts cols en début et fin de saison.

Randonner en individuel ?

Randonner sans agence (française ou locale) est tout à fait possible. La carte de l'itinéraire se trouve assez facilement et les vallées sont assez larges pour ne pas se tromper. Par mauvais temps, c'est une autre paire de manche car aucun sentier n'est balisé. Il vous faudra aussi avoir des notions de russe pour se faire comprendre. Le français et l'anglais ne sont d'aucune aide ou presque. Mieux vaut avoir une bonne expérience de la montagne.

Avec qui partir ?

Ce trek a été réalisé avec l'agence Nomad's Land basé à Bishkek. Elle peut vous organiser vos voyages à pied, à VTT ou à cheval dans tout le Kirghizstan.

Difficultés

Randonnée sur des sentiers locaux, des pistes ou hors sentiers. L'itinéraire tel que décrit comporte de longues étapes qu'il est possible de raccourcir, voire même de rallonger. Aucune difficulté technique. L'altitude élevée (autour de 3800 m) de certains cols peut s'avérer délicate si le corps n'est pas encore acclimaté. Attention au mal des montagnes.

Bibliographie

Carte : Around Karakol – Enylchek Glacier. Carte au 1:100 000 qu'on peut trouver assez facilement dans des échoppes de Bishkek (Geoid) ou Karakol (Tourist Information Centre ou Ecotrek). En anglais ou en russe.

Guide :

Romans – récits :

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Grégory ROHART
Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My-Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires de bord de mer, montagneux ou désertiques, observer la faune sauvage et rencontrer les populations locales.Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales. J'accompagne également des voyages photo animaliers qui associent le plaisir d'être dans la nature et l'apprentissage ou le perfectionnement de la photographie animalière.

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