3e jour : Glacier du Kailash
Au fil des siècles, le torrent alimenté par les eaux du glacier a creusé une vallée qui permet d'approcher la base Nord du Kailash. Le chemin pour y arriver est pentu, mais facilement accessible. Il a neigé dans la nuit, le froid en l'absence de soleil se fait plus ressentir. Mais la motivation pour approcher le "svastika" (ce sont les stries horizontales qui ont valus ce surnom au Kailash), permet d'oublier ces conditions climatiques imparfaites. Bientôt, le dôme du glacier se dresse devant nous, ses pentes arrondies, encadrées par des éboulis de pierres. Devant l'impossibilité de remonter plus loin la rivière, nous escaladons la moraine pour aller jusqu'au pied du Kailash. Sa paroi verticale recouverte de neige, se montre alors dans sa totalité. Le chemin de pèlerinage est à ce moment-là loin de nos pensées ; nous sommes seuls, confrontés au silence de ce lieu. Les nuages défilent à une vitesse vertigineuse ; jouant avec le sommet qu'ils soustraient, épisodiquement, à nos yeux.
Redescendre sur le chemin, c'est de nouveau se mêler aux pèlerins, s'imprégner de leur foi, s'arrêter devant leur feu de camp, répondre à l'invitation d'une tasse de thé salé au beurre de yak, se réchauffer auprès des flemmes.
Nous avons le privilège de dormir sous la tente, au chaud. Le cook, ce soir, a été particulièrement inspiré ; il nous a concocté un dîner qui restera dans les annales : se régaler d'une pizza et d'un gâteau au chocolat à 4800 m d'altitude n'est pas si courant ! D'humeur joyeuse, le spectacle au sortir de la tente mess est d'autant plus éblouissant : c'est jour de pleine lune, toutes les montagnes alentour sont éclairées, leurs faces enneigée rayonnant sous la nuit étoilée sans nuage.
Texte photos : Marie-Laure Vairelles, photographe (reportage et montage)
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