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Les Picos de Europa à pied et en raquettes

5 jours de randonnée dans les Picos de Europa en Espagne. À pied et en raquettes, nous explorons le massif central et oriental du parc national. Un délice !

Focus Rando :Les Picos de Europa à pied et en raquettes
5 jours+2735 m/-3562 m62,3 km2
EspagnePas de transport en commun
MontagneJanvier, Février, Mars

Cela faisait un moment que le parc national des Picos de Europa me faisait de l'œil. C'est finalement avec La Balaguère que j'ai découvert le massif le plus élevé de la cordillère Cantabrique lors d'une randonnée de 5 jours. En raison du manque de neige lors de l'hiver 2025, le circuit a été découvert principalement à pied, un peu en raquettes à neige. Retour sur cette semaine formidable.

Les Picos de Europa

Les Picos de Europa, situés dans le nord de l'Espagne, forment une chaîne de montagne spectaculaire entre les régions des Asturies, de Castille-et-León et de Cantabrie. Ce massif, appartenant à la Cordillère Cantabrique, culmine à 2 648 mètres avec le pic Torre de Cerredo. Géologiquement, les Picos de Europa sont composés de calcaire, formant des falaises abruptes et des gorges profondes. La flore est variée, allant des forêts de chênes et de hêtres aux prairies alpines où poussent des plantes rares. La faune est riche, avec des espèces emblématiques telles que le gypaète barbu, l’isard, le chat sauvage et le loup.

L’origine du nom Picos de Europa vient des marins, car les montagnes étaient les premières terres visibles lorsqu’ils naviguaient à vue.

La région est un paradis pour les amateurs de randonnée. Des sentiers bien balisés permettent d'explorer des panoramas impressionnants, tels que le célèbre « El anillo de Picos », un itinéraire unique à travers les Picos de Europa. Pour ma part, c'est sur un circuit en étoile et en raquettes à neige dans les Picos de Europa que j'ai randonné.

Picos de Europa

J1 : Altos de Valdéon

+ 750 m / – 750 m 16,1 km

C’est depuis le cirque glaciaire de Fuente Dé que nous démarrons notre randonnée après un court transfert en véhicule. Nous n’avons pas les raquettes avec nous à cause du manque de neige. Le site est splendide. Inigo, notre accompagnateur La Balaguère commence par une explication sur les Picos de Europa.

Nous empruntons ensuite une piste forestière qui monte par la Ruta Vadiniense, un itinéraire de 215 km qui relie San Vicente de la Barquera à Mansilla de las Mulas. Il fait partie du réseau du réseau Camino de Santiago et permet de relier le Camino del norte au Camino Francés.

Notre objectif n’est pas de relier Saint-Jacques de Compostelle mais de monter au Collado de Remoña (1789 m). Première vue assez spectaculaire sur la Pena Remoña (2115 m). À la sortie du bois, nous passons devant la bergerie de la Fuente de Fonfria qui offre une belle vue sur les puertos de Salvorón.

L’ascension est régulière. Ça grimpe tout le temps mais ça n’est pas trop raide. Nous finissons par rejoindre le col de Remoña qui offre une jolie vue sur le village de Santa Maria de Valdeón. Le vent est glacial. Du coup, nous revenons un peu sur nos pas pour pique-niquer.

Une fois le repas avalé, nous redémarrons par un sentier en crête qui rejoint le collado de Valdeón (1779 m) puis nous entamons la descente par un sentier un peu plus sauvage. C’est mon coin préféré de la journée. Nous sommes sous le Torre de Salinas (2447 m) et le Tijo Pedavejo (2126 m). L’ambiance est résolument plus montagneuse. Nous ne sommes pourtant pas loin de la piste par laquelle nous sommes montés. Nous rejoignons le Majada Remoña, une petite cabane de montagne. Le chemin finit par rejoindre la piste de la Ruta Vadiniense jusqu’à Fuente Dé. Une première journée de randonnée sympathique malgré l’absence de neige.

J2 : Objectif le refugio Cabaña Verónica

+ 350 m / – 350 m 7,5 km

Retour ce matin à Fuente Dé cette fois-ci pour emprunter son téléphérique. Long de 1840 m, il nous évite un dénivelé de 755 m tout en nous faisant gagner beaucoup de temps puisque le trajet s’effectue en seulement 3 minutes. Avant d'y monter, Inigo distribue pelles, sondes et Arvas et vérifie le bon fonctionnement du matériel.

Nous arrivons à la station supérieure nommée « El Cable » située à un peu plus de 1800 m d’altitude. Contrairement à la veille, nous avons les raquettes à neige accrochées sur nos sacs à dos. Nous espérons pouvoir les chausser un peu plus haut.

Bien couvert, nous empruntons le PR-24 que nous laissons de côté à Horcadina de Covarrobres (1934 m) pour poursuivre sur le PR-23. Nous contournons la Peña Olvidada (2406 m) qui me rappelle un peu certains sommets des Dolomites. Nous nous engageons sur une portion dans un cadre minéral que j'apprécie beaucoup. C'est grandiose. Nous observons deux isards coup sur coup mais je n'ai pas le temps de sortir mon 70-200 mm qui est logé dans mon sac à dos. Cet objectif fait partie prenante de mon matériel photo de base pour la montagne.

Vers 1950 m, nous chaussons les raquettes à neige. Nous sommes à une intersection du sentier : l'un va vers le collado de Fuente Escondida (2045 m), l'autre se dirige vers le refuge Cabaña Verónica où nous allons. Avec la neige, l'univers minéral se révèle davantage. Je suis fan. Le groupe progresse lentement, très lentement même. Une personne est malade et a la nausée, une autre a prévalu de son niveau en raquettes. Le vent se met à souffler plus fort, le brouillard et la neige s'invitent conformément aux prévisions météorologiques. Le refugio Cabaña Verónica, notre objectif de la journée, s'éloigne d'un coup. Pour la sécurité de tous, Inigo décide de pique-niquer vers 2175 m pour entamer ensuite la descente par le même itinéraire. Deux personnes du groupe n'auraient pas été capables ce jour-là de se rendre au refuge. Il est toujours primordial en montagne d'adapter le niveau aux plus faibles et pas l'inverse. Le groupe l'a bien pris. Le plus important est d'être ici et de profiter de l'instant présent.

Deux chocards à bec jaune s'approchent près de nous. Ils n'hésitent pas à picorer des miettes de pain ou des bouts de gras tombés sur la neige. Nous rentrons par le même chemin.

J3 : Direction Sotres

+ 200 m / – 1027 m 14 km

Pour ce 3ème jour de randonnée dans les Picos de Europa, nous retournons au téléphérique de Fuente Dé que nous empruntons en aller simple. À la station supérieure, nous commençons la journée de marche dans le brouillard. Nous croisons rapidement plusieurs isards. Plus loin, à Horcadina de Covarrobres, nous poursuivons en descente sur le PR-24 par un joli sentier qui longue la Peña Olvidada (2406 m) par sa face sud-est.

Sans même nous en rendre compte, nous rejoignons le collado Juan Toribio (1845 m) qui fait face aux Cuertos de Juan Toribio (1887 m). Rapidement, nous arrivons au chalet Real qui avec son toit rouge n'est pas sans nous rappeler quelques spots d'Islande, surtout que les nuages viennent entourer les montagnes d'un voile mystérieux. À peine plus loin, nous passons devant le Refugio de Áliva (1670 m). Nous poursuivons sur la moraine nommée la « llomba del torro » (le dos du taureau) par le GR202 qui n'offre aucune difficulté technique, car elle est stable et complètement recouverte d'herbe. Avec les années, le temps a modelé la moraine. Elle ressemble maintenant plus à une colline qu'à une moraine remplie de débris de roches et d'amas provenant d'un glacier.

Légèrement en contrebas du sentier, nous voyons l'ermitage Nuestra Senora de las Nieves. Dans le même temps, sur l'autre versant de la moraine, une harde d'isards broute tranquillement. Nous faisons la halte pique-nique sur la moraine derrière un immense rocher charrié par un ancien glacier. Ainsi, nous sommes à l'abri du vent.

Une fois repartie, nous arrivons tranquillement à Las Vegas del Toro a de Sotres. Quelques chevaux, vaches, chèvres paissent autour ainsi qu'une harde d'isards d'une vingtaine d'individus. Ils ne sont pas trop éloignés du sentier, ce qui me permet de les approcher contre le vent et de faire quelques photos. L’Isard se distingue du chamois par sa plus petite taille, ses écharpes noires et blanches en hiver et sa rousseur en été. C'est en hiver que les deux espèces se différencient le mieux. Pour différencier l'âge des isards, il faut regarder les cornes. Si elles sont droites et petites, vous avez devant vous un chevreau de moins d'un an. Si les cornes sont courbées et ne dépassent pas les oreilles, c'est un éterlou pour un mâle et éterle pour une femelle. À partir de ses trois ans, l'isard devient adulte. Son espérance de vie est de 22 ans.

Plus bas dans la vallée, nous croisons des vaches du type asturienne des montagnes. Son autre nom, casina, vient de la commune de Caso. Elles sont splendides avec leur robe châtaine et leur partie sombre. L'une d'elle, curieuse, a été reniflé un blaireau assoupi, sans doute mal en point. Serait-il atteint de la tuberculose bovine ? Aucune idée…

Nous rejoignons Invernal del Texu parla vallée Duje avant de finir par la dernière montée de la journée pour arriver à notre hôtel à Sotres. Une très belle étape, facile, sous le signe des animaux.

J4 : Vers le Pico Urriellu

+ 880 m / – 880 m 15,6 km

Il est 9h00 quand nous quittons l'hôtel à pied. Nous retournons au niveau d'Invernal del Texu mais au lieu de remonter la vallée Duje, nous prenons direction le nord vers le col Cuaceya (1033 m) par un petit sentier qui rejoint le GR202. Du col, nous voyons la majada de Robre. Si j'imagine sans mal le monde qu'il doit y avoir l'été, il n'y a strictement personne l'hiver. Nous sommes seuls.

Nous marchons jusqu'au collado de Pandémabo (1219 m). D'ici, nous apercevons le sommet du Pico Urriellu, aussi connu sous le nom de Naranjo de Bulnes. Si ce n'est pas le plus haut sommet des Picos de Europa avec ses 2518 m, il constitue l'un des sommets emblématiques du massif grâce à sa forme et son histoire.

Nous laissons le GR202 de côté et nous nous dirigeons vers le refugio de la Tenerosa (1300 m). Nous y grignotons un morceau avant d'entamer les derniers mètres de la journée pour nous rapprocher de la paroi colossale du Pico Urriellu. Le sentier est un peu plus technique avec ses lapiaz qui jalonnent le chemin. En contrebas de la vallée, le village de Bulnes se laisse admirer. Il a la particularité de n'être accessible qu'à pied par un chemin sinueux et en funiculaire depuis peu. Aucune route n'y mène.

Environ 30 mn plus tard, nous atteignons le collado Valleju (1500 m) qui offre une vue imprenable sur le Naranjo de Bulnes. Nous décidons d'y pique-niquer en attendant que les nuages se dégagent de la calotte sommitale du Pico Urriellu. Sa paroi verticale atteint quasiment 600 m de haut. Elle est vraiment impressionnante. La première ascension a été réalisée en 1904 par Pedro Pidal, marquis de Villaviciosa avec le guide local Gregorio Pérez El Cainejo.

Lentement, nous rebroussons chemin vers Sotres en passant par le haut de Majada de Robre.

J5 : Montée au refuge Casetón de Ándara

+ 555 m / – 555 m 9,1 km

C'est déjà la dernière journée de marche. Même si la neige est très peu présente dans le massif des pics de Europa cet hiver, les paysages sont splendides, les randonnées variées et l'ambiance vraiment excellente dans le groupe. Je ne compte plus les fois où j'ai eu une crise de fou rire.

Pour cet ultime jour, Inigo nous emmène en bus à quelques minutes du village de Sotres sur le parking non loin de Vega el Conde. Le vent est extrêmement violent et froid ce matin. Il dépasse très largement les 50 km/heure lorsque nous démarrons la randonnée. Nous laissons derrière nous la Majada del Oyo del Tejo et prenons le GR7 plein sud. Le vent est glacial, nous devons pour la plupart d'entre-nous porter gants, bonnet et coupe-vent ou doudoune.

Le sentier monte progressivement jusqu'au refuge Casetón de Ándara. Juste avant d'y arriver, nous croisons les vestiges de la mine de zinc d'Ándara dont l'activité débuta en 1852 et se termina définitivement en 1975. Le refuge se situe à 1725 m aux pieds du Pico Mancondiú (1998 m) là où se termine le canal de las Vacas. C'est le seul des 9 refuges du parc national des Picos de Europa situés dans le massif oriental. Je suis surpris de constater que le refuge est gardé. Nous nous y engouffrons pour nous mettre à l'abri du vent et prendre un thé ou un café chaud.

Nous reprenons notre chemin bien emmitouflé sous nos couches de vêtement. Nous suivons le GR7 qui contourne le Pico Mancondiú. Le vent souffle si fort qu'Inigo décide finalement de revenir à notre point de départ par un autre chemin. Nous revenons à hauteur du refuge et descendons par le Valdediezma, un petit vallon sauvage. Nous évoluons dans un premier temps au milieu de la bruyère. Des isards nous observent passer, plus bas des asturiennes des montagnes. Nous en faisons autant. Nous pique-niquons au pied de la majada de Jazuca et poursuivons au milieu des hêtres sur un terrain en hors piste.

Vers 1200 m, nous récupérons une piste qui nous conduit à notre point de départ. La randonnée est terminée. Certes, nous n'avons pas eu beaucoup de neige et les itinéraires en raquettes se sont transformés en randonnée pédestre. Mais quel pied. J'ai passé une très belle semaine et j'ai découvert un magnifique massif. C'est sûr, je reviendrai marcher dans les Picos de Europa, sans doute l'été.

Retrouvez sur I-Trekkings toutes nos randonnées réalisées dans les Pyrénées et ailleurs avec l'agence La Balaguère.

Informations pratiques

Avec qui partir ?

Cette randonnée intitulée « Picos de Europa, raquettes dans les Asturies et la Cantabrie » a été réalisée avec La Balaguère. Rien à redire sur le choix des hôtels à Espinama et à Sotres ni côté logistique et accompagnateur en montagne. Une organisation bien ficelée et au top.

Comment s'y rendre ?

La Balaguère donne deux points de rendez-vous possibles : à la gare de Saint-Jean de Luz ou à l'aéroport de Bilbao.

Quand y aller ?

Les mois les plus favorables pour la raquette à neige va de janvier à mars.

Difficulté de la randonnée

Cette randonnée n'est pas d'une grande difficulté technique ou physique. Niveau 2/5.

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Grégory ROHART
Fondateur d’I-Trekkings ainsi que des blogs I-Voyages et My-Wildlife, je privilégie la lenteur de la marche et les activités outdoor non motorisées pour explorer des territoires maritimes, montagneux ou désertiques. J’y observe la faune sauvage et vais à la rencontre des populations locales. Je randonne aussi bien en solo qu’avec des amis, ou aux côtés d’agences françaises et locales. J’accompagne également des voyages photo animaliers, mêlant immersion en pleine nature et apprentissage ou perfectionnement de la photographie animalière.

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