Les 14 2000 des Bauges en trail en 3 jours

Destination : France » Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne : Alpes ; Bauges | Activité : Trail  | 
Nombre de jours : 3 jours | Dificulté : 5 | Dénivelé : +8860 m/-8860 m | Type d'itinéraire : Etoile | 
Ecosystème : Montagne | 
Meilleures Périodes : Juin, Juillet, Août, et Septembre
Récit et trace GPS des 14 2000 des Bauges réalisé en trail et en 3 jours. Plus de 8500 m de dénivelé positif sur 85 km. Un beau défi !
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Lf Hiker | E.Pointal contributor

Trace GPS des 14 2000 des Bauges   

Profile

50 100 150 200 5 10 15 Distance (km) Altitude (m)
Aucune donnée de dénivelé
Nom: Aucune donnée
Distance: Aucune donnée
Altitude minimum: Aucune donnée
Altitude maximum: Aucune donnée
Montée cumulée: Aucune donnée
Descente cumulée : Aucune donnée
Durée: Aucune donnée

Description

Trace GPS des 14 2000 des Bauges

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Il y a dans le monde 14 sommets qui dépassent les 8000 mètres d’altitude, tous en Himalaya. Leur ascension est réservée à une élite ou à de grandes fortunes, et reste pour nous autres communs des mortels un doux rêve d’alpiniste en herbe.

Il y a dans le massif des Bauges dans les Alpes 14 sommets qui dépassent les 2000 mètres d’altitude, ainsi les annéciens se plaisent à en faire un parallèle, parallèle extrêmement plus accessible. Habitant Annecy et étant très sportif, je me lance le défi de les monter tous en splitboard durant une seule et même saison hivernale. Échec ! La météo et les conditions nivologiques de cet hiver dernier auront eu raison de moi. Puis les beaux jours arrivant et faisant fondre la neige, je me relance ce même défi mais cette fois-ci de monter les 14 2000 des Bauges en trail, en l’espace de 3 jours, et en passant par les arêtes lorsque c’est possible.

Durant ma préparation de course, j’en parle à quelques amis pour ne pas être seul. Manque de chance, nous n’arrivons pas à faire concorder nos emplois du temps, ainsi qu’avec celui de la météo qui se montre capricieuse, et je me retrouve donc seul sur la quasi totalité de mes itinéraires.

Mes 14 2000 des Bauges en 3 jours

Après avoir étudié la faisabilité de passer au maximum par les arêtes grâce à Géoportail et surtout aux cartes de chaleur de Movescount, le programme arrêté est le suivant :

  • J1: Départ de la station de La Sambuy, aller chercher les deux sommets les plus éloignés que sont le Mont de la Coche et Tré le Molard (peu importe l’ordre), grimper sur l’Arcalod et revenir au Col d’Orgeval, puis suivre l’arête qui monte à la Chaurionde et finir par la Pointe de La Sambuy.
  • J2: Partir du parking se situant un peu au dessus du village d’École, monter le Pécloz, puis suivre l’arête pour enchaîner l’arc Arménaz, Pointe des Arces, Pointes des Arlicots, Grand Parra et Arclusaz.
  • J3: Gravir les 3 derniers sommets indépendamment car ils sont isolés, à savoir le Trélod, le Mont Colombier, et la Dent de Cons par l’arête de Belle Étoile en aller simple.

Bref trois belles grosses journées en perspective sur ce parcours des 14 2000 des Bauges, avec bivouac dans la voiture pour mes nuits.

J1 : Mont de la Coche – Tré le Molard – Arcalod – Chaurionde – Sambuy

 + 2470 m  26 km  8h00

Je mise sur un départ tôt le matin bien que la météo ne soit pas tant chaude, je quitte donc le parking de la station à 8:00. Au début, c’est sur une piste 4×4 que ça se passe, jusqu’au Chalet de l’Aulp de Seythenex. Ensuite, ce large chemin laisse place à un joli sentier. J’atteins le Col d’Orgeval en une heure à peine.

14 2000 des Bauges
Vue sur l’Arcalod qui peine à se dégager.

Après le Col d’Orgeval, deux choix s’offrent à moi. Soit je redescends un peu plus loin que les Chalets d’Orgeval et remonte la combe du même nom, soit je tire au mieux à flanc en passant par Banc Ferrand. Je choisis cette seconde option qui me fera faire moins de dénivelé, la journée va être longue et le défi aussi, autant que je me préserve. Sauf que rapidement l’itinéraire se gâte un peu. Non pas qu’il soit difficile, mais la neige est finalement encore bien présente, il est difficile de suivre le sentier et je suis souvent obligé de prendre des chemins de traverse pour éviter ces névés. Je dois remonter une grande combe pour atteindre un petit col séparant le Mont de la Coche de Tré le Molard.

14 2000 des Bauges
Combe sans nom et Banc Ferrand, bien enneigée.

Ici l’ordre importe peu, qu’on commence par le Mont de la Coche ou par Tré le Molard, dans tous les cas il faut revenir au col pour revenir sur ses pas direction Arcalod. Je choisis arbitrairement de monter sur le Mont de la Coche, 1er 2000 (temps intermédiaire 2h00), puis sur Tré le Molard 2ème 2000 quinze minutes plus tard, avant de rebrousser chemin jusqu’au-dessus du Col d’Orgeval afin d’attaquer l’Arcalod par sa face Est. Ici pas de grandes difficultés, mais il faut tout de même poser les mains assez fréquemment, 3ème 2000 (temps intermédiaire 3h30).

14 2000 des Bauges
Arête Nord de l’Arcalod, par laquelle je ne suis pas monté. Elle fera l’objet d’une autre sortie 😉

Au sommet en prenant des photos, je vois un texto de mon ami Florent – qui malheureusement n’avait pas pu se libérer – qui me propose de me retrouver en début d’après-midi au dessus du Col d’Orgeval à la jonction de la montée à la Chaurionde, pour finir la journée avec moi. Le rendez-vous est donné une heure 15 minutes plus tard, ça me laisse le temps de prendre mon déjeuner tranquillement. L’heure du rendez-vous approche et toujours pas de nouvelle, entre temps le ciel s’est considérablement couvert. Puis un texto arrive pour me dire de monter un peu plus haut car il a pris un chemin de traverse. J’attaque donc l’arête facile de la face Ouest de la Chaurionde, et qui ne voilà-t-il pas sorti de nulle part ? Mon ami Flo, son appareil photo à la main, tout sourire de sa rencontre avec un troupeau d’une cinquantaine de bouquetins !

14 2000 des Bauges
Arête Chaurionde Sambuy.

Nous continuons donc l’ascension ensemble, nous dépêchant car la météo est de plus en plus dégradée. Nous passons par la Chaurionde, 4ème 2000 (temps intermédiaire 5h40), puis par la Petite Chaurionde que nous connaissons bien en hiver, puis nous butons sur la Sambuy. Mauvaise mémoire de lecture de topo, nous nous dirigeons sur la gauche alors que nous aurions dû prendre à droite. Nous cherchons notre itinéraire, que nous ne trouvons pas car nous ne sommes pas au bon endroit. Nous perdrons une heure dans la bataille et le rebroussement du chemin, avec une partie de désescalade (j’ai modifié le fichier GPX au cas où vous l’utilisiez). Pointe de la Sambuy enfin atteinte, 5ème sommet de plus de 2000 mètres de la journée (temps intermédiaire 7h00).

Arrivée sur la Pointe de la Sambuy depuis sa face Sud.

La descente à peine commencée que la pluie commence à tomber, nous enfilons nos vestes Gore-tex, rangeons nos téléphones et autre appareil photo dans des sacs étanches, et continuons la descente en courant à bon rythme en essayant de ne pas glisser pour écourter ce moment.

Arrivé au parking au bout de 8 heures d’effort, mes La Sportiva Primer Low GTX (eh oui, je cours en modèle femme), je décide de ne finalement pas dormir dans la voiture mais de rentrer chez moi, au sec, pour bien manger et changer de chaussures qui n’auront pas le temps de sécher durant la nuit.

J2 : Pécloz – Arménaz – Pointe des Arces – Pointes des Arlicots – Grand Parra – Arclusaz

 + 2700 m  27,6 km  9h50

Garé au parking de la Curiat, le ciel semble davantage dégagé qu’hier. Le début de la course commence sur un chemin goudronné, puis on trouve un sentier réellement à partir de la Chapelle Notre-Dame de Bellevaux. La montée jusqu’au Chalet des Gardes est encombrée d’un long névé, mais il passe bien. Ensuite le sentier jusqu’au col – côté 1995 entre Pécloz et Arménaz – est raide et bien boueux, avec même de longs passages de mélange neige-boue. Ça glisse un max et j’y laisse pas mal d’énergie. Ensuite la montée au Pécloz est agréable et ludique, avec quelques passages à poser les mains, 6ème 2000 (temps intermédiaire 2h15).

Vue sur le Pécloz depuis la Culaz.

Redescente au col 1995 puis la montée au Mont d’Arménaz est une formalité, 7ème 2000 (temps intermédiaire 2h45), sentier agréable et bien marqué ayant séché avec le vent. Après l’Arménaz, le sentier est encore bien marqué et facile, peu de dénivelé, ça déroule jusqu’au Passage de l’Arménaz.

Arête Arménaz – Pointes des Arces, avant le pierrier 😉

Puis la montée à la Pointe des Arces se fait dans un pierrier bien effrité où on pose fréquemment les mains, mais sans être difficile ou exposé, 8ème 2000 (temps intermédiaire 3h55). La descente jusqu’au Passage de la Lanche est relativement bien marqué mais facile, c’est après que le sentier devient de plus en plus invisible, et il est parfois difficile de trouver son chemin. Je perds beaucoup de temps et d’énergie à trouver le meilleur passage, j’utilise pourtant iPhiGénie mais cela ne suffit pas pour ne pas se tromper.

Aucun sentier visible en direction de le Pointe des Arlicots, pas simple.

J’arrive tant bien que mal sur la Pointe des Arlicots où je croise un couple de trailers, les premières personnes que je croise de la journée tant les Bauges ne sont pas fréquentés, 9ème 2000 (temps intermédiaire 5h00). Je décide de faire ma pause déjeuner ici. La suite jusqu’au Grand Parra est reposante, le tracé est évident et très ludique, l’arête est très belle à cet endroit, mélange de sentes herbeuses et de passages rocheux. J’atteins rapidement le sommet du Grand Parra, 10ème 2000 (temps intermédiaire 5h35).

À partir de là, ça a été une grosse galère sans nom. Mon projet était de continuer sur l’arête pour rejoindre le Col d’Arclusaz en passant par La Cha et le Châpeau de Napoléon, mais le sentier, ou plutôt la sente, ou plutôt rien du tout, n’ai vraiment pas marqué. J’ai réussi à rejoindre La Cha tant bien que mal, la recherche de l’itinéraire m’a fait perdre beaucoup de temps, et les passages en escalade et désescalade (il y a même un rappel équipé) m’ont fait perdre beaucoup d’énergie. Pour finir que je me suis vraiment retrouvé coincé entre La Cha et le Châpeau de Napoléon, impossible à ce moment là de continuer sur l’arête alors que je venais de m’entêter pendant une heure et demi. Fin de la bataille, j’abdique, j’ai une réchappe qui me semble possible, je tente. La descente très raide dans les cailloux, puis la traversée dans la forêt pleine de broussailles est exténuante et chronophage, j’essaie maintenant de rester sur la courbe de niveau, et j’arrive enfin sous le Col d’Arclusaz à la jonction de la montée à la Dent du même nom, une heure quarante minutes après avoir quitté le Grand Parra ! Ouf je retrouve un vrai sentier !

Arête Pointes des Arlicots – Grand Parra.

La montée à la Dent d’Arclusaz est bien raide, et mes pieds commencent à me faire sentir que je porte mes Salomon X Ultra 3 GTX qui ne conviennent pas à leur morphologie (mes La Sportiva Primer Low GTX de la veille étant encore en train de sécher dans la voiture). Arrivé en haut, je suis bien fatigué et content que ce soit le dernier de la journée, 11ème 2000 (temps intermédiaire 8h00). Ma récompense, d’ici je peux voir tout mon itinéraire depuis ce matin, cet arc de sommets est vraiment magnifique !

Vue (ou pas) du Pécloz dans les nuages, suivi de l’arc du circuit des Ar depuis la Dent d’Arclusaz.

Dès le début de la descente, c’est la panne sèche, ma poche à eau est vide. Je suis bien fatigué et je sens que la descente va être longue, heureusement la gentille gardienne du Chalet des Arbets aura la gentillesse de me ravitailler en eau, je peux étancher ma soif !

Retour tranquille soutenu jusqu’au parking, où je croise mon ami Jérèm avec sa fille en train de répondre à un questionnaire d’enquête d’une étudiante sur les pratiques sportives en montagne, le couple de trailers est aussi présent. En discutant et racontant ma portion galère, nous sommes tous d’accord sur le fait qu’au Grand Parra il est préférable de rebrousser chemin jusqu’à la Pointes des Arlicots, puis de descendre dans le Vallon d’Arclusaz par la Montagne de la Lanche. Sur la carte, cela paraît être un grand détour, mais finalement en temps et en énergie consommée cela vaut vraiment le coup, d’autant plus que le morceau d’arête entre Grand Parra et Arlicots est vraiment le plus beau de la course.

J3 : Trélod – Mont Colombier – Dent de Cons

 + 3690 m  34 km  10h30

Après une nuit peu confortable dans ma voiture, l’objectif de la journée est clairement défini : aller au plus simple. Grimper le Trélod par la voie normale en aller/retour, de même avec le Mont Colombier, et enfin finir par la traversée de la Dent de Cons par Belle Étoile avec mon ami Flo et sa chérie.

Je commence donc ma journée par une montée glissante mais rapide. Pendant l’approche de la Dent des Portes, la vue sur mon second objectif de la journée est superbe !

Mont Colombier ensoleillé vu depuis le point côté 1680 sous la face Ouest de la Dent des Portes.

Arrivé au sommet du Trélod, 12ème 2000 (montée en 1h45), le vent souffle, je suis seul mais je ne m’éternise pas. D’ici la vue sur ma journée d’avant-veille est splendide ! Je me rends compte que je commence à identifier plus facilement les sommets qui m’entourent.

L’Arcalod en toile de fond vu depuis le Mont Trélod.

Descente rapide, en une heure 15 minutes par un itinéraire sensiblement différent histoire d’économiser mes genoux, et de varier les plaisirs (bifurcation sous la Dent des Portes au point côté 1680).

Petit trajet en voiture, qui mine de rien permet de reposer les jambes, puis deuxième sommet en ligne de mire, le Mont Colombier ! La première partie de la montée, dans la Combe du Cheval, est un peu raide et ne permet pas de courir. La seconde partie, depuis le Col du Colombier jusqu’au sommet est bien plus aisée. Au sommet même topo qu’au Trélod, la vue est magnifique mais le vent souffle et ne permet pas de de contempler sans avoir froid, 13ème 2000 (temps de montée 1h30). Beaucoup de monde, je ne reste pas longtemps, ma journée est encore longue.

Vue sur le lac d’Annecy depuis le Mont Colombier. Quand on le regarde depuis Annecy, ce sommet est le nez de la “Dame du lac”.

Le début de la descente se passe bien, puis la partie plus raide me fait souffrir les jambes, je prends un peu plus mon temps que les jours précédents. Beaucoup de trailers croisés au sommet me doublent, je m’économise.

Arrivé à la voiture, je contacte mon ami Flo pour savoir où ils en sont. Ils auront du retard. J’en profite donc pour prendre mon temps en voiture pour le trajet jusqu’au départ de la Dent de Cons, la route est belle autant en profiter. Le rendez-vous est donné au plus haut parking au-dessus du Col de Tamié. Ici le but est de faire le sommet en traversée par l’arête de Belle Étoile. Départ du Col de Tamié, arrivée au Raffort sous la face Nord Est de la Dent de Cons. Ils y ont déposé une voiture qui nous permettra de revenir chercher les deux autres restées au départ. Arrivé au parking, j’en profite pour faire ma pause déjeuner, et une petite sieste en les attendant.

À peine arrivent-ils que je suis réveillé. Ils sont frais comme des gardons et chauds pour en démordre avec cette arête, et sont heureux de m’accompagner pour le dernier sommet de ce défi (initialement on en avait beaucoup parlé ensemble). Je suis aussi très heureux qu’ils soient là pour me soutenir, je sens que mon corps est fatigué et leur soutien ne sera pas inutile.

La montée est facile et nous avançons rapidement, seulement, arrivé à la Croix de Perillet, Flo a un doute. Il vérifie. Et oui, il a laissé sa clef de voiture dans la voiture de sa chérie. Bravo ! Sa bêtise me donnera une pause de 45 minutes, je ne sais toujours pas si cela aura été bénéfique ou non 😉

Arête de Belle Étoile.

Nous continuons cette belle arête facile sur une jolie sente et nous atteignons rapidement la pointe de Belle Étoile. S’en poursuit cette magnifique arête, un peu plus difficile mais toujours bien marquée, et très sécurisée (des mains courantes à chaque passage exposé). Il fait chaud et je suis bien fatigué, aussi je suis heureux lorsque nous arrivons enfin au sommet de la Dent de Cons ! 14ème et dernier sommet de mon défi (montée en 3h50 pause attente comprise), avec mes amis pour partager ce soulagement.

Sommet de la Dent de Cons.

Dernier bout d’arête sur le Rocher Prani avant de descendre au parking du Raffort.

Arête Dent de Cons.

Arrivés au parking, nous sommes tous heureux. Une manipulation de voiture s’impose avant de terminer la journée par un dîner tous ensemble. Quelle belle aventure ces 14 2000 des Bauges !

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A propos de l'auteur

Instructeur en snowboard-alpinisme, c'est dans les Alpes autour d'Annecy que je passe mon hiver ; l'été je change de décors et pratique la plongée sous-marine de par le monde. Aux inter-saisons, randonnée, trekking, alpinisme, escalade et VTT viennent compléter ma passion pour les grands espaces !...



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