statistiques Matomo

Ascension du Dôme des Ecrins

Ascension du Dôme des Ecrins (4015 m) en 2 jours depuis le Pré de Mme Carle... Une course facile, parfaite pour un premier 4000. Récit et trace gps.

Focus Rando :Ascension du Dôme des Ecrins
2 jours+2665 m/-2665 m26,7 km4
AlpinismeAller-RetourRefuge
MontagneJuin, Juillet, Août, Septembre

Télécharger la Trace GPS de l'ascension du Dôme des Ecrins (1 téléchargements)

Retour sur mon ascension du Dôme des Ecrins, un 4000 m facile et peu technique qui plaira aux amoureux de la montagne et qui se réalise en deux jours.

Le Dôme de Neige des Ecrins

Deuxième sommet du massif des Ecrins, le Dôme de neige des Ecrins est un sommet dit facile de plus de 4000 m. La beauté des lieux, baignée dans l'ambiance merveilleuse des glaciers et des tranches de séracs menaçantes qui se colorent au soleil, associées à la magie de faire un 4000 m font de ce sommet une course très convoitée. C´est en effet la course de neige la plus fréquentée du massif. Elle se déroule en haute altitude sur un glacier crevassé.

Les difficultés techniques nécessitent de savoir cramponner sur neige ; une bonne condition physique est recommandée.

Chaque journée d'été, des centaines d'amoureux des hauts sommets partent à l'assaut du Dôme depuis le refuge des Ecrins. D'autres personnes, préfèrent bivouaquer au pied du refuge pour la tranquillité de la formule.

J1 : Pré de Mme Carle – Refuge des Ecrins

+ 1629 m / – 1040 m 8,7 km Refuge des Ecrins

Il est 13h00, c'est le départ depuis le Pré de Madame Carle (1874 m) . Je grimpe seul jusqu'au refuge des Ecrins où je dois rejoindre le guide et le reste du groupe. Quatre personnes maximum peuvent gravir le sommet avec un guide en cette saison.

Peu avant, je suis allé louer mon matériel pour la course : chaussure rigide, piolet, crampons, mousquetons et baudrier. Mon sac à dos de 55 litres contient aussi : une veste imperméable Goretex, une paire de bâtons télescopiques, crème solaire, lunette de glacier, lampe frontale, sous vêtements thermiques, un pantalon adapté à la haute-montagne, une pipette, une boussole, la carte Top 25 Meije – Pelvoux, une pharmacie, un téléphone portable et de la nourriture. Les cordes sont emportées par le guide.

Le début du parcours rejoint le refuge du glacier blanc en 1h30. Je continue ma progression et rejoins la langue glacière. Si vous êtes plusieurs et disposez de l'ensemble du matériel de sécurité sur glacier, encordez-vous car bien que longeant le bord du glacier, des crevasses sont présentes d'une année sur l'autre, le danger peut varier). Si comme moi vous ne disposez pas de cordes, soyez vigilant !

Le refuge des Ecrins est en vue. Il surplombe le glacier blanc. Arrivée à son pied, il reste un dernier ressaut raide avant le réconfort du refuge. Mes compagnons d'ascension m'accostent en entrant dans la salle à manger : Estelle, Valérie et Fabrice. Ils ont gravit le Mont Blanc ensemble il y a quelques années. J'apprécie leur compagnie. Leur expérience m'inquiète. Je n'ai jamais chaussé de crampons et je crains de ne pas être à la hauteur de la course.

18h00 : l'heure de passer à table. Je n'ai pas vraiment faim mais il faut bien manger !

20h00 : l'heure de se coucher… Difficile de trouver le sommeil !

J2 : Refuge des Ecrins – Dôme des Ecrins – Pré de Mme Carle

+ 1038 m / – 2348 m 18,1 km

03h00 : lever et petit-déjeuner. Je n'ai que très peu dormi : beaucoup d'excitations pour mon second 4000 (après le M'Goun au Maroc) et un voisin bruyant comme on en trouve en refuge.

3h30 : c'est le moment du départ, lampe frontale allumée. Près de 100 personnes s'activent en même temps. C'est réellement impressionnant !

Du refuge des Ecrins, nous descendons sur le glacier par un grand couloir à l'est de l'éperon où est construit le refuge.

Une seule cordée nous devance.

Nous voyons leur avancée nocturne une centaine de mètres plus loin que nous par le balancier des lumières. Il fait doux ce matin.

Nous évoluons à la frontale, les uns derrière les autres à travers la trace et une succession d'éboulis et de neige.

Nous nous encordons enfin. Nous remontons la pente douce du glacier jusqu'à hauteur du col des Ecrins (3367 m) où nous chaussons les crampons, signe que les choses sérieuses vont commencer…

Attention, car des séracs surplombent la zone…

Deux itinéraires sont ici possibles. Le premier est exposé aux chutes de sérac et tout le monde y passe, le second est plus sûr et plus raide, mais personne ne l´emprunte. Nous prenons la voie classique.

La pente se fait plus raide, nous progressons plus lentement. La nuit diminue toutefois l'impression de difficultés. Nous contournons une 1ère barre de séracs par l´est. Nous suivons les traces déjà bien marquées des précédents et nombreux randonneurs-alpinistes. Nous progressons en zig-zag car la pente est raide et devons contourner des crevasses et des séracs. Nous atteignons lentement et dans l'effort l'arête nord-est la barre à 3700 m d'altitude et avons ainsi éviter la grande tranche de sérac de la face nord du Dôme. A l'abri des séracs, nous faisons une courte halte…

C´est à cette altitude que la pente est la plus forte. Voilà pourquoi le guide nous a proposé une pause ! Les lacets s'enchaînent, le souffle s'accélère. Le jour se lève. Le spectacle est grandiose !

Ensuite c´est une longue traversée en pente douce vers la brèche Lory. Le passage de la rimaye est plus ou moins délicat suivant les saisons et l´enneigement. Nous sommes au pied du mur. Mes peurs du vide refont surface (c'est toujours dans les moments délicats !!). Finalement, l'escalade, crampons et piolets bien encrés dans la glace, se fera sans encombre. Plus de craintes que de mal !

Quelques signes du mal des montagnes (MAL) font surfaces : maux de tête et de ventre. Mais, je gère…

Il nous reste 10 minutes pour atteindre le Dôme. Nous poursuivons vers l'est et l'apercevons enfin. La première cordée est arrivée. Nous débouchons sur le Dôme de Neige des Ecrins (4015 m) et contemplons la vue. Le panorama par temps clair permet d'admirer le Mont Blanc et le Ventoux. Il nous aura fallu près de 4h00 pour atteindre le sommet. Estelle sort de sa poche un petit présent qui nous ravira tous : une fiole d'alcool traditionnel. Pas de quoi se saouler la gueule, mais nous sommes fiers de fêter notre ascension !

La descente s'effectue par le même itinéraire. La neige est molle. Les très rares personnes que nous croisons dans la montée souffrent de la chaleur. Attention donc car les ponts de neige sont devenus plus fragiles.

Au refuge des Ecrins, nous quittons notre guide et poursuivons notre route jusqu'au refuge du glacier blanc. Mes jambes et mes genoux sont en compote. Nous atteignons le refuge du glacier blanc à 11h00. Nous y faisons une halte. C'est ici que j'ai RDV avec Johanne qui est parti ce matin du Pré de Mme Carle. Elle arrive quand nous nous mettons en short. C'est ici que ma route avec Valérie, Estelle et Fabrice se sépare. Nous sommes heureux d'avoir progressé ensemble à vitesse constante et d'avoir partagé cette ascension.

Avec Johanne, nous pique-niquons sur le bord du torrent et retournons au Pré de Mme Carle. Une chose est sûre : je gravirai d'autres sommets dans les Alpes ou ailleurs…

Informations pratiques

  • Localisation : Parc National des Ecrins – Vallouise
  • Départ : Pré de Mme Carle
  • Altitude départ : 1874 m
  • Altitude arrivée : 4015 m
  • Dénivelé : 2665 m
  • Durée : 2 jours
  • Difficulté : III/F. Risque de chutes de séracs.

Conditions favorables : en toutes saisons, dès que la neige est stabilisée. En début ou fin de saison, il y aura moins de monde pour l'ascension.

INSCRIVEZ-VOUS A LA NEWSLETTER
Pour être tenu informé de la publication des nouveaux articles sur I-Trekkings, inscrivez-vous à la Newsletter (2 fois/mois).
  • Le Meilleur moyen de soutenir I-Trekkings
  • Garanti sans spam
  • Non cession de votre adresse email à des tiers
  • Désinscription en 1 clic
Grégory ROHART
Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My-Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires de bord de mer, montagneux ou désertiques, observer la faune sauvage et rencontrer les populations locales.Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales. J'accompagne également des voyages photo animaliers qui associent le plaisir d'être dans la nature et l'apprentissage ou le perfectionnement de la photographie animalière.

Laisser un commentaire


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Share via
Copy link
×