6 jours à pied sur le Grand Tour du Carlit dans les Pyrénées catalanes, entre crêtes rocheuses, lacs et plateaux. Récit de cette rando réalisée avec Randonades.
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Dans les Pyrénées catalanes, entre crêtes rocheuses, lacs et plateaux, j’ai fait le grand tour du Carlit. Autour de ce haut pic s’étale une région attachante, beaucoup plus variée que je ne le pensais. Je l’ai découverte avec Randonades, mon voyagiste à pied préféré. Une semaine de rando sans temps mort, où chaque jour amène son lot de paysages admirables.
La rando du Grand tour du Carlit débute à quelques pas de la frontière espagnole, sur le versant ouest des Pyrénées. En ce tout début de matinée d’été, il fait déjà chaud. L’altimètre affiche pourtant 1 560 m… En tout cas, la montée dans le maquis est belle. C’est une longue montée, pas très difficile, avec de temps à autre d’agréables effluves de thym ou de serpolet qui montent de la garrigue. Traversée d’un hameau, les quelques maisons qui forment Béna, puis nouvelle incursion dans les pâturages. Il y a des vaches, bien sûr, mais aussi beaucoup, sinon bien plus, de chevaux. C’est leur royaume, ici ! Longtemps, nous longeons un torrent : entendre son seul bouillonnement nous rafraîchit.
Le col de la journée, ce sera celui de l’Home Mort. A 2 290 m, l’endroit est bien plus joli que ne le laisse supposer son nom. Charmant même : de grands prés garnis de troupeaux de chevaux qui caracolent dans le vent. La descente sur l’autre versant, dans l’après-midi, réserve d’autres belles surprises. Tout de suite après le col, c’est un espace étonnant qui s’ouvre à nous : il tient à la fois du golf et du jardin anglais, tant l’herbe est verte. Tout cela semble parfaitement entretenu, alors qu’il n’en est absolument rien, bien au contraire. Et c’est sous les pins, bien à l’ombre sur des sentiers muletiers, que s’achève cette première journée de rando sur le Grand tour du Carlit.
C’est une longue journée, qui débute par… un pied-de-nez. Celui que je fais, dans ma tête, à la route et au tunnel de Puymorens, visibles de loin en ce milieu de matinée. Car rien de tout cela figure à notre menu : à nous la grande et belle montagne ! Mais il faut tout de même passer par le col, à 1 917m. On y traverse la route, sacrément fréquentée : c’est le point de passage vers le Pas-de-la-Case et Andorre. Et, sur les chemins qui s’en écartent, presque plus de camping-cars que de vaches dans les prés ! Plutôt téméraires, certains véhicules s’aventurent d’ailleurs loin vers les hauteurs pour cahoter le long du Carol. Ce n’est encore qu’un torrent ici, dans la combe d’En Garcia.
Après une montée plutôt sage, voici une grimpée autrement plus rude, le long de ce ruisseau mimi comme tout. Au-dessus, depuis le col à 2 534 m, tout à côté du pic de Tresponts, s’offre une belle vue. Le regard plonge dans une vallée rocailleuse au possible, franchement sauvage. Ce sera notre terrain de jeu cet après-midi. Après un crochet par un premier lac, sans âme qui vive dans les environs, le lac de la Coume d’Or servira de salle à manger pour le pique-nique. Pas mal du tout !
Dans l’après-midi, la descente dans la vallée est prodigieuse. Vraiment. L’endroit est isolé, d’une beauté farouche que rien ne vient entacher. C’est simple, sur les cartes, cette vallée est vierge. Même pas de pointillés pour désigner un quelconque itinéraire ou une piste hypothétique. Rien. Mais quel décor ! De part et d’autre, ce sont des barres rocheuses, des sommets effilés. J’y vis quelques moments exaltants, de ceux dont on a envie de se souvenir. Bien qu’en hors-piste, a descente dans cette combe est aisée. Plus bas, en lisière de forêt, plein de myrtilliers : ils sont garnis de fruits, mûrs à point. Mais on se garde bien d’y toucher, j’ai aussi vu pas mal de crottes de renard.
Notre but ce soir sur le Grand tour du Carlit, le refuge de Besines. Il apparaît de temps à temps ; si loin, si proche. Puis, il s’efface, englouti par la végétation. Les derniers km, des descentes mais aussi une bonne montée, comptent doubles tant il fait chaud. Et surtout parce qu’il faut crapahuter entre les ronces, franchir des gués.
Le soir venu, sur la terrasse du refuge, à 2 104 m, face au pic Pedros qui domine toute la région, je vois ou devine une bonne partie du chemin parcouru dans la journée. Eh ben, pas mal du tout…
Avant cela, j’ai adoré la douche. Certes, une installation très sommaire : quelques planches autour d’un tuyau amenant de l’eau de source. En plein air et à l’eau froide, sans savon. Mais, deux des côtés sont ouverts. Et, tout nu face à une montagne grandiose, c’est quelque chose !
Petite journée aujourd’hui. Pas moyen de faire autrement, à moins de déplacer les refuges… De toute manière, c’est pas plus mal non plus. Cette fois, on démarre par un petit bout du GR 10, le fameux. Le refuge des Besines occupe un carrefour stratégique sur cet axe. Hier soir, je m’étonnais d’y trouver tant de monde alors qu’on ne voyait personne sur les sentiers. En fait, nous sommes arrivés par l’entrée des artistes, non par ce GR 10 mais sur un chemin peu fréquenté.
Pour autant, ce n’est pas la cohue sur le GR, loin de là. Tranquillement, on remonte le long d’un ruisseau, le coume d’Agnel. Arrivés au col, à 2 470 m, s’offre une vue superbe. Le panorama est largement ouvert, on découvre le paysage très loin. Et… le Carlit se montre, enfin, sur notre droite ! Il le fallait, sur le Grand tour du Carlit. Avec ses 2 921 m, c’est le plus haut sommet des Pyrénées-Orientales. Sur ses flancs se trouve la source du fleuve Têt. Toute la zone alentour est classée Natura 2000.
Quant à nous, nous entrons dans la réserve nationale de faune d’Orlu, en Ariège, d’ailleurs signalée par un joli panneau très ouvragé. Tout comme la fin de la montée, tout à l’heure, la première partie de la descente est escarpée. De temps à autre, il faut à nouveau s’aider des mains.
A mi-pente, l’endroit du pique-nique est tout trouvé : ce sera encore un lac, l’étang Faury. Des hirondelles virevoltent à seulement quelques dizaines de cm au-dessus de la surface de l’eau. Et, pas très haut dans le ciel, plane un grand vautour, un gypaète barbu. Paisible et majestueux. Le soir, au refuge d’En Beys que nous avons atteint dès le milieu d’après-midi, c’est un autre ballet qui s’offre à nous. Celui des isards, sur la montagne en face qui s’en donnent à cœur joie.
Ce matin, la mise en route de mon Grand tour du Carlit est chahutée. Sur l’étroit sentier qui borde le lac en contrebas du refuge arrive en sens inverse… un troupeau d’une centaine de vaches! Elles changent d’estive. Avec leurs cornes effilées, elles ont bien sûr la priorité. Grimpant là où c’est possible, tout le monde se met à l’abri et attend que la caravane passe.
De l’autre côté du petit lac, d’abord un magnifique sentier en balcon. Puis, on grimpe. Sec. On s’élève sur des lacets de plus en plus serrés, en direction du col de Portella Grande. Arrivés là, à un peu plus de 2 600 m tout de même, on s’offre une pause. Après 3 heures d’effort, on l’a bien méritée. Ne serait-ce que pour admirer le paysage, franchement sublime. Sur la gauche, le pic Peric avec, loin au fond, la silhouette caractéristique du Canigou. J’ai fait le tour du Canigou il n’y a pas si longtemps, également avec Randonades : un bon souvenir. A droite, le Carlit, que l’on distingue bien maintenant, avec son sommet toujours enneigé alors que l’été est déjà bien avancé. Et, en contrebas, une série de lacs d’un bleu étincelant, enchâssés dans la vallée de la Grave. Dont l’étang Bleu, le bien nommé. Le pique-nique va d’ailleurs se dérouler entre ses deux parties : une bien agréable salle à manger.
Dans la descente apparaissent encore une série de lacs et d’étangs. Une descente d’ailleurs bien roulante, agréable, dans la combe de la Liosa. D’autant plus que l’œil se régale des spectaculaires méandres que trace le fleuve Têt, en bas. Enfin, voici les rives du lac des Bouillouses, que l’on longe pendant une petite heure encore. Maintenant que l’orage ne menace plus, on prend notre temps.
Aujourd’hui, le Carlit, je le verrai sous toutes les coutures. Et pour cause, puisqu’il s’agit d’en faire l’ascension. Avec un départ matinal : en ce grand week-end estival, il s’agit d’éviter la foule. D’échapper à la chaleur aussi, car cela représente tout de même une grimpette de plus de 3 heures.
En tout cas, une très belle balade. Elle nous fait connaître l’étang de la Coumasse, à 2 160 m, puis tout une série de petits lacs, tous plutôt mimi. Il y en a encore un dernier, plus loin au pied du Carlit, d’origine glaciaire celui-ci.
La dernière partie de l’ascension du Carlit est franchement raide. D’abord, sur un sentier très caillouteux et étroit. Puis, mettant les mains où l’on peut, en se hissant de roche en roche. D’ailleurs, les 150 derniers mètres sont en sens unique, et la descente se fera sur un autre versant. Tant mieux, voilà qui est rassurant.
En fin de matinée, c’est l’arrivée au sommet, à 2 921 m, avec son inévitable croix. Ça valait vraiment la peine : un magnifique panorama s’offre aux yeux. Loin là-bas au-dessus des lacs, voici le Canigou, dans toute sa splendeur. Et, accessoirement, notre groupe de randonneurs peut contempler tout le trajet parcouru depuis Porta : un sacré bout de chemin !
Après une descente prudente, et sans encombre, on rattrape la boucle des Étangs du Carlit. Ce matin, à l’aller, il s’agissait de couper au plus court, ne pas se faire surprendre par un orage qui nous aurait obligé à faire demi-tour. Cette fois, on peut se permettre quelques fantaisies dans l’itinéraire. Il sera donc fait de sous-bois, de marais romantiques et abondamment fleuris, de traversées de ruisseaux. Là où des troupeaux de chevaux, avec des cloches autour du cou, gambadent en liberté.
J6 : Lac des Bouillouses – Villeneuve-des-Escaldes
Un dernier coup d’œil à ce grand lac des Bouillouses, un site naturel classé depuis 1976. Même le barrage, construit au début du siècle dernier, est plutôt impressionnant. Ensuite, un petit crochet à l’un des lacs inférieurs.
Et on entame la descente , une agréable marche sur une pente plutôt douce. Elle se fait dans un tout autre décor que les jours précédents. La vallée de l’Angoustrine, qui relie le massif du Carlit à la Cerdagne, voit s’ébattre sur ses pâturages de grands troupeaux. Il y a là des chevaux, des vaches. Ces dernières sont avec leurs veaux. Ce qui implique la prudence à leur approche. Mieux vaut les contourner que se faire charger…
Entre les sous-bois ombragés, la rando suit pour le moment le GRP Tour du Carlit. Le long d’un ruisseau, il nous mène ainsi jusqu’à Sant Marti d’Envalis, une belle église romane du XIe s, d’une belle et touchante simplicité. Puis le paysage s’ouvre de plus en plus, tandis que le retour à la civilisation se fait de plus en plus certain. Ainsi, assez loin certes, voici la spectaculaire tour Themis. Visible de loin, elle concentre la réflexion de rayons du soleil.
Après le pique-nique, pris à l’ombre de beaux noisetiers tout en contemplant la plaine noyée dans une brume de chaleur, le Grand tour du Carlit me fait découvrir Dorres. Situé à près de 1 500 m, le sympathique village est la capitale du granite. Les tailleurs de pierre ont assis sa réputation au fil des siècles. Pour l’heure, ce sont ses bains romains, en contrebas, qui m’intéressent tout particulièrement. Car c’est là que se conclut pour moi, dans l’après-midi, le Grand tour du Carlit. En me prélassant dans des bassins -de granite évidemment- où s’écoule une eau chaude sulfureuse aux vertus avérées. Relaxant au possible : impérial !
Informations pratiques
Comment s'y rendre ?
Le circuit « Le grand tour du Carlit » organisé par Randonades commence et se finit un samedi matin tôt, devant la gare SNCF de Latour-de-Carol. Si vous prenez le train de nuit Intercités samedi soir pour regagner votre domicile via la gare Paris-Austerlitz, voici un excellent tuyau.
Profitez de cette journée libre pour aller visiter la petite cité de Mont-Louis et sa citadelle Vauban, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est située à une 30aine de km. Au départ de Latour-de-Carol, des bus de la Région font le trajet régulièrement, et à un prix canon : 1€ par voyage. Une belle sortie.
Difficulté de l'itinéraire
Ce reportage a été réalisé dans le cadre du circuit Le Grand tour du Carlit. D’un niveau 4 sur une échelle de 5, il s’agit d’un circuit de 7 jours, 6 nuits, comprenant 6 jours de randonnée. Il est proposé par Randonades, un voyagiste à pied 100 % Pyrénées. Car Randonades, une agence indépendante et artisanale, ne propose des séjours que dans les Pyrénées. Créée en 1990 par des accompagnateurs en montagne, cette agence « pas comme les autres » limite ses circuits à 12 personnes, garantit les mêmes prix tout au long de l’année et quelle que soit la date, sans frais d’inscription. De plus, à mes yeux, Randonades offre sans aucun doute le meilleur rapport qualité-prix dans son domaine.
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Journaliste professionnel venant de la presse régionale, j'ai toujours aimé bouger. Au fil de mes pérégrinations, j'ai découvert le voyage à pied et à vélo, que j'apprécie énormément l'un comme l'autre. Et plus j'en fais, plus j'en redemande !
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