Randonnée dans les Abruzzes en Italie : sur les traces de l’ours et du loup

Destination : Europe » Italie | Montagne : Abruzzes | Activité : Randonnée  | Agence : Allibert Trekking 
Nombre de jours : 4 jours | Dificulté : 2 | Ecosystème : Montagne | Type d'itinéraire : Boucle | 
Hébergement : Hôtel | Meilleures Périodes : Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre, et Octobre
Avec pas moins de quatre parcs naturels, les Abruzzes sont le poumon vert de l’Italie centrale. La région est montagneuse, propice à de superbes randonnées. Dans ces décors contrastés, le marcheur admire les paysages, mais aussi les chamois, par dizaines. Et, avec de la chance, l’ours et le loup.


Fièrement dressés sur leurs rochers, les chamois sont aux aguets. Les quelques randonneurs qui les observent à seulement une dizaine de mètres ne les inquiètent guère. Sur ces hauteurs, dans le parc naturel des Abruzzes où la chasse est abolie depuis 90 ans, ils ne les craignent pas. Mais le renard à l’affût à peu près à la même distance, si. Pas pour eux-mêmes, pour les jeunes cabris rassemblés de l’autre côté de la crête et laissés à la garde des femelles. Finalement, après un long arrêt, le renard poursuit son chemin, mine de rien.

Les chamois, qui n’étaient plus que quelques poignées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sont maintenant 700 dans le parc des Abruzzes.

Huit naissances d’oursons

Créé en 1922, le parc des Abruzzes est l’un des deux plus anciens parcs naturels d’Italie, avec celui du Gran Paradiso dans le nord du pays. Voilà comment s’explique, sans doute, la richesse de sa faune. Le parc, l’un des moins étendus avec ses 500 km2, est le seul de la province à accueillir des ours. Il s’agit de la plus importante population de plantigrades d’Italie et même de toute l’Europe du sud ; on en dénombre une bonne quarantaine. L’ours des Abruzzes est un peu plus petit que celui de Slovénie mais de taille tout à fait respectable. Leur nombre connaît cependant une chute alarmante. Seulement vingt ans auparavant, ils étaient encore 120.

« En 2012 il y a eu huit naissances », explique Nadia Boccia, l’une des rares femmes parmi les 42 gardes du parc. Bien qu’il y ait eu deux décès parmi les oursons, elle estime que les effectifs pourraient se stabiliser. Ceux des loups, en revanche, n’ont aucun problème. Au contraire. Ils sont à peu près 150 dans la province des Abruzzes, toujours plus abondants. Mais comme les loups ont besoin d’un grand territoire, ils émigrent vers le nord. Vers la France, et le Mercantour notamment …

A la jumelle, Nadia cherche le loup ou l’ours. Ce jour-là nous n’en trouverons pas.

Quelques secondes dans les jumelles

« Voir des loups et des ours, ça n’a rien d’exceptionnel », assure Nadia. Même si elle ne cadre les premiers que de manière fugace dans les lentilles des jumelles. Quelques secondes, tout au plus. « A l’inverse, dit Nadia, quand on trouve un ours, on peut l’admirer longtemps. Parfois près d’une heure. » Ce jour-là, nous n’aurons pas ce privilège. Contrairement à un autre groupe de randonneurs dont l’un, resté en arrière, est presque tombé nez à nez avec un plantigrade !

C’est en été que l’ours se montre le plus volontiers. Il abandonne alors toute prudence pour se délecter des fruits du rhamnus, un arbuste de basse et moyenne altitude, auxquels il ne résiste pas malgré ses propriétés… laxatives. Quant au loup, s’il n’est pas très aisé à débusquer, il laisse beaucoup de traces. Par exemple des restes d’un chamois qui a eu le malheur de croiser la meute. Ou encore des excréments, garnis eux aussi de poils marrons.

A défaut de voir le loup en pleine nature, on peut l’admirer en semi-captivité.

150 itinéraires de randonnée

Les chamois, eux, se laissent admirer sans faire trop de manières. Parmi les 150 itinéraires de rando référencés dans le parc, il suffit d’en choisir un qui mène vers les sommets pour aller à leur rencontre. Celui qui part du joli village de Civitella Alfadena, avec ses maisons en pierres apparentes, vers le refuge de Forca Resuni est tout indiqué. Après les belles forêts de hêtre, il monte par le val di Rose jusqu’aux crêtes. Là, à près de 2 000 mètres d’altitude, les chamois s’ébattent à quelques pas des marcheurs. Si près qu’à certaines périodes il est obligatoire de se faire accompagner par un professionnel de la montagne pour ne pas risquer de perturber les animaux. Puis l’on descend par la valle i Iannghera avec ses superbes paysages.

De très beaux itinéraires, peu fréquentés. Les Italiens connaissent la montagne surtout pour le ski.

Plus à l’ouest, le parc naturel régional de Sirente et Velino, offre lui aussi de très beaux panoramas. Créé en 1989, il est moins fréquenté. Si ce n’est des amateurs de fleurs. Ceux-là viennent de loin pour admirer le sabot de venus, une rare orchidée, l’asphodèle, le lys rouge ou la gentiane. Les randonneurs sont à la fête aussi et trouvent des endroits très sauvages. Comme les piani di Pezza, un plateau de toute beauté que l’on admire depuis le monte Cannelle. Ou lorsque le randonneur part à l’assaut du monte Sirente, à 2 348 m, par son côté abrupt. Celui où l’on longe la valle Lupara, la vallée des loups. Leur présence ne remonte pas à hier.

Un important patrimoine culturel, de beaux villages aux maisons de pierre font le charme de cette province.

Les Abruzzes se distinguent aussi par leur patrimoine culturel avec nombre d’églises, couvents ou palais anciens. Et tout le charme de l’Italie traditionnelle : le marché sur la place d’un gros village, les caffe où l’on savoure un expresso tout simplement divin pour moins d’un euro, ces sympathiques auberges où c’est tellement copieux que l’on jure de ne pas toucher au plat suivant. En vain…

Informations pratiques

Allibert Trekking propose une randonnée de 7 jours dans les parcs naturels de Sirente-Velino et des Abruzzes, après la visite de Rome en début de séjour. Intitulée « A pas de loup dans les Abruzzes ».

Des hébergements pour un séjour en individuel dans les parcs. Dans celui du Sirente-Velino, en plein cœur à Ovindoli, le Park hôtel. Dans celui des Abruzzes, Il duca degli Abruzzi à Pescasseroli.

Un ouvrage avec de magnifiques photos de paysages et d’animaux du parc de Sirente-Velino, « Terra dell’anima » par Lucio Agnifili, disponible dans les librairies de la région.

Office de tourisme des Abruzzes, corso Vittorio Emmanuele II, 301 Pescara, Italie. www.abruzzoturismo.it

A propos de l'auteur

Journaliste professionnel venant de la presse régionale, j'ai toujours aimé bouger. Au fil de mes pérégrinations, j'ai découvert le voyage à pied et à vélo, que j'apprécie énormément. Et plus j'en fait, plus j'en redemande !...