Randonnée sur les crêtes du massif du Luberon

Destination : Provence Alpes Côte d'Azur » France | Montagne : Luberon | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 5 jours | Difficulté : 3 | Dénivelé : +2955 m/-2436 m | Distance : 93 km | Type d'itinéraire : Ligne | 
Transport : Bus et Train | Ecosystème : Campagne, Forêt, et Montagne | Hébergement : Chambre d hôtes et Gite d étape
Meilleures Périodes : Mars, Avril, Mai, Juin, Septembre, Octobre, et Novembre
5 jours de randonnée sur les crêtes du massif du Luberon par le GR97, de Fontaine-de-Vaucluse à Viens. Une itinérance au cœur de la Provence. Récit et trace GPS.
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Le Massif du Luberon est un massif montagneux peu élevé qui s’étire d’ouest en est, long de 60 kilomètres entre le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence. Il désigne également les vallées et les villages autour du massif. Le Tour du Luberon est la randonnée la plus connue, comprenant des variantes de 4 à 10 jours. En vélo ou à pied, ce territoire est à découvrir de long en large grâce aux GR et GRP. Les sentiers les plus utilisés sont les GR4, GR6, GR9 et GR97. L’esprit de Marcel Pagnol plane sur l’ensemble du Luberon à travers les films racontant ses souvenirs d’enfance.

Durant l’été 2020, j’ai exploré le Nord Luberon en 4 jours à travers les ocres de Provence. Pour cette année 2022, quelques jours avant l’automne, j’ai décidé de sillonner cette fois le Sud Luberon, en 5 jours, en m’écartant parfois du tracé officiel. Ces deux circuits, avec les mêmes points de départ et d’arrivée, forme mon Tour du Luberon personnalisé. Le sentier du GR97 est peu fréquenté par les randonneurs. Si vous aimez la solitude des grands espaces, vous serez servi ! D’ailleurs, au-dessus des crêtes du massif du Luberon, vous pouvez admirer un très large panorama sur toute la Provence et les Alpes !

Attention : la signalisation dans le Luberon laisse à désirer. Les marques GR sont parfois effacées, voire camouflées derrière des arbres ou inexistantes. Il arrive que cela est du à des actes de malveillance ou à de l’usure. Il est fortement conseillé de se munir de la trace GPS, d’un topo-guide qui retrace chaque étape, en plus d’une carte IGN et éventuellement d’une boussole. Sinon, le risque est de prendre un mauvais chemin et de se retrouver dans un village opposé à celui prévu.

Jour 1 : L’Isle-sur-la-Sorgue – Fontaine-de-Vaucluse – Robion

+ 331 m / – 268 m 21 kms Maison d’hôtes « Fa-mille »

Dès le matin, je prends le TER PACA pour L’Isle-sur-la-Sorgue, point de départ. Il faut récupérer au Nord-Est une portion du canal de Carpentras, qui est un sentier de terre sans dénivelé pour aboutir (après trois kilomètres) au pont-aqueduc de Galas, à Fontaine-de-Vaucluse. Située dans une vallée close et au pied des Monts de Vaucluse, le village est surtout connu pour son gouffre et sa fontaine aux eaux couleur émeraude, où la rivière La Sorgue prend sa source. Juste avant le centre du village, un chemin monte jusqu’à la route touristique de Gordes. Au poteau “Font de l’Oule”, on atteint le GR97 qui fait le Tour du Luberon. À gauche, la piste grimpe le haut du vallon de la Fontaine de l’Oule pour effectuer le Nord Luberon. En poursuivant plus loin sur la même route de Gordes, au poteau “Valette” signalé rouge blanc, on démarre le côté Sud du Luberon. Là, le sentier s’enfonce dans un sous-bois pour remonter une combe. Je croise quelques personnes en sens inverse.

En se rapprochant du Vallon des Esperacons, le sentier caillouteux sort du sous-bois pour s’ouvrir sur des cèdres. On peut constater l’aspect calcaire du paysage avec les grottes creusées par l’eau, à l’ère secondaire, dans les falaises rocheuses. En amont, on aboutit à une colline où plusieurs sentiers PR et GR se croisent. Premières vues au loin de la ligne de crête du Luberon. Mon objectif pour les prochains jours !

Ici, on rejoint le sentier historique du Mur de la peste. En 1720, pour se prémunir d’une épidémie de peste qui sévissait mortellement dans le Sud Luberon, un mur en pierres sèches de 2 mètres de haut et long de 25 kilomètres est érigé entre Monieux et Cabrières d’Avignon. Aujourd’hui, on peut longer les vestiges de cette muraille aménagée en balade. Ce parcours au milieu des cèdres et de la garrigue, ponctuée de bornes et stèles explicatives sur l’histoire de ce rempart sanitaire, mène à un flanc de montagne qui domine Cabrières d’Avignon et Coustellet.

C’est en contrebas sur une pente douce qu’on abandonne la colline et la pinède pour pénétrer dans la vallée de Calavon ; le chemin suit une petite route et traverse par moments la départementale D900. En un peu plus d’une heure, on parvient aux portes de Robion, petit village au pied Ouest de la face rocheuse du Petit Luberon et à proximité de Cavaillon. Après un arrêt à l’ombre à l’entrée du village, je me dirige vers la maison d’hôtes « Fa-mille », derrière le Café de la Poste.

L’originalité de cet hébergement est que toutes les chambres sont décorées par une thématique individuelle : chambre Disney, chambre Coquelicot, chambre Lavande, chambre mansardée et chambre d’antan. La propriétaire m’a mis dans la chambre Disney, avec le mur peint en bleu flashy et le plafond constellé de petits nuages ! Pour passer une nuit insolite dans un univers féérique, vous voilà conquis ! De plus, avec la fenêtre ouverte, le chant des cigales m’a offert un concert gratuit et typiquement provençal.

Jour 2 : Robion – Ascension du Petit Luberon – Lauris

+ 707 m / – 580 m 22 kms Gîte d’étape du Mas de Recaute

Le programme de cette deuxième journée de marche, qui s’annonçait longue, est de gravir le Petit Luberon du côté Nord, cheminer sur la crête, puis basculer sur l’autre versant par le côté Sud. Une nouvelle fois, le temps semblait au beau fixe avec un ciel clair et un agréable début de chaleur. Le clocher de l’église du village sonne les 8 heures. À partir du poteau “Cimetière de Robion”, on retrouve le GR6-GR97 qui relie Robion à Maubec, sous couvert d’arbres formant un tunnel végétal. Puis le sentier traverse la forêt communale de Maubec, aux abords d’une zone protégée par le label européen Natura 2000 qui a classé le massif calcaire du Petit Luberon comme un haut lieu de biodiversité visant à préserver la qualité des écosystèmes.

On quitte la forêt pour couper à travers le camping de Maubec, qui est également labellisé gîte d’étape “Les Royères du Prieuré”. C’est en suivant un chemin de gravier qu’on arrive presque au pied du Petit Luberon, avec des perspectives intéressantes sur les pentes boisées et rocheuses de la montagne. Pour envisager l’ascension jusqu’au sommet, il est nécessaire de continuer encore dans un sous-bois, puis franchir deux vallons avant d’arriver à Oppède-le-Vieux. C’est un village médiéval et assez touristique, perché sur un contrefort du Luberon. Mais aussi le point de départ pour l’ascension du Petit Luberon au départ du poteau “Vieil-Oppède” (225 m).

Le sentier s’élève vers le Sud dans un sous-bois, puis se transforme en lacets dans une combe. Le dénivelé est très pentu. Des collets offrent des passages dégagés sur la plaine du Luberon, la vallée du Calavon, les Monts de Vaucluse et au loin le Mont Ventoux. Quelques replats permettent de souffler un peu, avant de reprendre une montée raide à ciel ouvert. Le chemin serpente ensuite à travers la végétation et au milieu des buis.

Au bout de trois heures, j’accède enfin au plateau sommital du Petit Luberon (706 m) et à la route goudronnée et forestière qui délimite la crête. Le sentier GR6-GR97 se poursuit en face sous de grands cèdres jusqu’à la cabane du Bastidon du Pradon (petite cabane non gardée ouverte aux randonneurs en accès libre), puis longe le flanc Sud du Petit Luberon en lacets. Mais j’avais prévu un autre itinéraire. Je reste donc sur la large crête qui mène à la Forêt des Cèdres, à 9 kms de là vers l’Est. Une ancienne tendinite se réveille pour m’obliger à ralentir mon pas, cheminant entre grandes pelouses sèches et garrigues. J’en profite pour observer le climat méditerranéen et alpin combinés qui bordent la route.

En quelques enjambées, j’arrive au point culminant du Petit Luberon (720 m), illustré par le poteau “Les Hautes Plaines”. Débute un vaste replat avant une légère descente. Le paysage s’ouvre alors sur le Sud Luberon à 180°, dans une ambiance sauvage, au rebord des arbustes et des zones de chasse des grands rapaces. J’arpente seul ce bout de territoire, sous un ciel clair et ensoleillé, sans rencontrer personne. En deux heures et plus, me voilà à la lisière de la Forêt des Cèdres, située sur la partie occidentale du massif du Luberon. Le jour décline déjà, la fatigue me submergeant soudain. Je prévoyais de suivre le flanc Sud, en sachant toutefois que j’aurais besoin de deux heures au moins pour gagner mon hébergement du soir, localisé à Lauris. À la veille de l’automne, la nuit noire risquait d’arriver vite. Un coureur avec ses deux chiens, arrivant de l’Ouest, accepte de me conduire en voiture à Lauris. Il m’informe aussi que des loups circulent la nuit dans la forêt communale de Bonnieux, certes ils ne s’attaquent pas aux humains mais il est prudent de ne pas se manifester en leur présence.

Merci à cette personne qui m’a amené à la nuit tombée au gîte d’étape du Mas de Recaute, au pied du Luberon, en faisant un grand détour par Lourmarin, puis Lauris ! Sur place, le propriétaire du gîte m’accueille à la lumière d’une lampe et me conduit à une chambre. Ce soir, j’allais être seul dans le gîte. Repas vite avalé et sommeil rapidement gagné, complètement épuisé par ma journée avec le regret de ne pas avoir pu faire la descente depuis la crête du Petit Luberon.

Jour 3 : Lauris – Lourmarin – Cucuron

+ 544 m / – 455m 16 kms Maison d’hôtes « À la belle étoile »

Levée très matinale, même si la journée n’est pas prévue pour être longue. Le soleil pointe à peine ses rayons quand je m’éloigne du gîte d’étape, planté entre vignes et oliviers, situé sous la combe de Recaute. Sur un terrain plat, je rejoins une centaine de mètres plus loin une intersection (302 m) qui me fait reprendre le fil du GR97. Ici commence enfin ma troisième journée de marche.

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Direction nord-est, un chemin s’enfonce dans une combe et remonte le vallon de Seyes par un sentier très raide et caillouteux, puis se rétrécit à une intersection à flanc de montagne. J’arrive au sommet d’une colline appelée le Cap de Serre (610 m), au milieu des odeurs de thym ; c’est aussi un balcon panoramique sur le massif de la Sainte-Baume, la montagne Sainte-Victoire, l’étang de Berre, la Méditerranée au Sud ; et sur le Mont Ventoux, les Monts de Vaucluse et la montagne de Lure au Nord. La venue de nuages masque temporairement ce paysage et rafraîchit l’air.

Je déjeune à l’ombre d’un chêne, pour ensuite admirer la vue et faire des photos. Une sente balisée rouge-jaune suit la crête avant de plonger Sud-Est dans le vallon du Bon-Dieu à travers les pins. Une heure suffit pour déboucher sur une petite route menant au village de Lourmarin (200 m). Le long d’une allée de platanes, une file de voitures se dessine et des touristes saturent les trottoirs. Avec son château du 15è siècle, de style Renaissance, Lourmarin est une destination touristique très prisée en Provence. Situé à la sortie d’une combe portant son nom (“Combe de Lourmarin“), c’est aussi un passage routier qui sépare le Petit et le Grand Luberon en correspondant avec le village de Bonnieux au Nord.

Après la traversée de Lourmarin vers l’Est, la suite de la randonnée se fait sans dénivelé en suivant le GR97, matérialisé par le balisage jaune-rouge du GRP Luberon – Monts de Vaucluse. La carte IGN permet de pallier à l’absence parfois du marquage. Le tracé se sépare en deux au bout du “Chemin de Faraud”, jusqu’à un carrefour avec la départementale D45 à proximité du vieux village de Vaugines. Ici, deux balades champêtres se présentent à vous pour rejoindre le village de Cucuron, dernière étape du jour. La première continue en ligne droite avec le GR97, qui traverse des champs et des vignes. La deuxième monte au village Vaugines, jonction avec le GR9 qui passe par les crêtes du Luberon du nord au sud, et suit le balisage rouge-blanc.

Cucuron est un village typique de la Provence (340 m), posé au pied même du Grand Luberon et qui a conservé son passé médiéval. Le GR97 passe par une petite route qui donne sur le bassin de l’étang, à l’ombre de grands platanes bicentenaires. Je vous recommande, si le temps vous permet, de vous diriger vers la porte bleue de La Glacière, qui propose des glaces 100% artisanales et rafraîchissantes. Je discute avec la patronne, une enfant du pays, tandis qu’elle se prépare à fermer son établissement car on était déjà en fin d’après-midi.

Un gîte d’étape se trouve à 1 km au sud-est de Cucuron (gîte La Resparine) mais sa situation géographique était éloignée de mon lieu de départ pour le lendemain. Alors j’ai préféré rester au centre du village dans une maison d’hôtes : une seule chambre avec douche privative à l’étage et une cuisine privative au rez-de-chaussée. La nuit a été tranquille et douce.

Jour 4 : Cucuron – Ascension du Grand Luberon – Vitrolles-en-Luberon

+ 940 m / – 780 m 26 kms Gîte d’étape Le Vieux Presbytère

Cette nouvelle journée allait concrétiser la raison pour laquelle j’ai préparé mon trek pendant plusieurs mois : l’ascension du Grand Luberon ! Pour cette aventure au sommet, je me suis écarté du GR97 dont les premiers kilomètres sont visuellement peu attrayants. Au départ de l’étang de Cucuron, baigné par un soleil levant et généreux, j’ai préféré suivre le balisage PR pour monter jusqu’à la Chapelle de l’Ermitage (482 m). Ancien sanctuaire de pèlerinage, ce lieu perché et éloigné des habitations bénéficie d’un panorama exceptionnel sur la vallée d’Aigues et le Luberon Sud. Derrière, une piste forestière DFCI mène à un croisement après 1,5 kms. En quittant le balisage jaune, une sente presque en face s’enfonce dans la végétation qui permet de récupérer le GR97 sur une piste qui remonte vers le Nord.

Alors que les sentiers du Petit Luberon sont raides, étroits et tortueux, ceux du Grand Luberon s’étirent en longueur et sont ainsi plus faciles d’accès malgré une altitude plus élevée. À ciel ouvert sur les pentes verdoyantes du massif du Luberon, on arrive à l’intersection “Vallon de la Fayette” (598 m). Ici, le GR97 prend un chemin à droite qui franchit le talweg et qui, dans une succession de montées et de descentes, serpente sur le flanc sud de la montagne pour grimper ensuite par un chemin très raide jusqu’à la crête. Par choix, je n’ai pas suivi cet itinéraire et suis resté sur la piste initiale (balisage jaune) qui chemine en pente douce le long du vallon de la Glacière (direction L’Amourralhadou) sur pratiquement 2 kms. Ainsi, en amont, on sort de la piste forestière pour gagner la crête du Jas de Brémond, à la croisée de plusieurs ascensions depuis le Sud ou du Nord.

Depuis cette crête, la piste forestière se poursuit sans difficulté jusqu’au sommet arrondi du Mourre Nègre en longeant le versant Nord du Luberon (assez monotone). Une sente derrière une forêt de pins permet de rejoindre directement le sommet à travers la végétation et les pins parasols. Le Mourre Nègre (Museau Noir en provençal) est avec ses 1125 mètres le point culminant du massif du Luberon, reconnaissable de loin par son antenne hertzienne géante et hérissée de paraboles inesthétiques. Par temps clair, jolie vue panoramique du Sud au Nord sur les vallées, les plaines, la montagne Sainte-Victoire, les Alpilles, le Petit Luberon et sur le Mont Ventoux. Un enchantement à 360° !

Me voilà déjà sur le départ en prenant vers l’Est avec vue d’ensemble sur les crêtes à franchir. Une piste forestière va jusqu’au poteau “La Basse de Cabrières”, jonction avec le GR97 d’où débute le parcours en crête sur environ 6 kms. En juin et juillet, les pelouses sommitales du Grand Luberon sont utilisées comme pâturage pour les moutons. En septembre, cette terre baignée par le soleil méditerranéen, en bordure des pelouses sauvages et des pins noirs, se traverse sans rencontrer un seul randonneur, à l’exception parfois des VTTistes. En haut de chaque bosse, l’horizon se porte encore sur l’ensemble du massif du Luberon et des sommets des Alpes-de-Haute-Provence !

C’est près d’une citerne, au poteau “Coteau de la Combe” (944 m), que le chemin des crêtes se termine et qu’il retrouve la piste forestière. Le GR plonge alors sur le versant Nord du Luberon et traverse une zone boisée de cèdres. Plus bas, je débouche au Col de l’Aire dei Masco (696 m), à la bifurcation avec la route D33. Vitrolles est à une distance de plus de 2 kms, pour cela on suit un sentier raviné et dévale un vallon jusqu’à l’entrée du village (500 m).

Bâti sur les contreforts sud du Grand Luberon, le village médiéval de Vitrolles-en-Luberon est le point de passage entre le versant Sud et le versant Nord du Luberon, ainsi que la séparation entre le Grand Luberon et le Luberon Oriental, davantage à l’Est. Les GR9 et GR97 se croisent. Je suis le seul occupant du gîte d’étape “Le Vieux Presbytère”, juxtaposé à la mairie. Mon sommeil a été serein car non perturbé par des ronfleurs !

Jour 5 : Vitrolles-en-Luberon – Céreste – Viens

+ 433 m / – 354 m 14 kms Maison d’hôtes « Pied à terre au coeur du Luberon »

Dernière journée de marche. Je me réveille avant l’aube pour me préparer du thé dans la salle à manger du gîte d’étape. Dès la veille, j’ai été prévenu d’un changement de météo : la pluie était attendue en soirée, voire dans l’après-midi. Pour cause, j’ai modifié mon itinéraire : exit le Luberon Oriental pour m’écarter du GR97 et raccourcir l’étape. Malgré tout, en m’éloignant de Vitrolles-en-Luberon encore endormie, le ciel clair et le soleil généreux présagent une chaleur à venir.

Un circuit permet de gagner le village de Céreste en ligne droite (direction Nord), d’abord par un sentier raviné hors GR, coupe la route D33 et monte jusqu’à un plateau à ciel ouvert, au poteau “Carrefour de Piégros” (680 m). C’est ici qu’on passe du département du Vaucluse à celui des Alpes-de-Haute-Provence. De là, vue d’ensemble sur les Monts de Vaucluse. Descente vers Céreste, 5 kms en contrebas, sous un couvert végétal et boisé. Court passage en crête avant de couper la route D31.

Pendant que j’arrive à Céreste (370 m), le ciel se voile d’une horde de nuages moutonneux, malgré un ensoleillement localisé. Je me dirige vers l’Office de Tourisme pour obtenir des renseignements sur un éventuel raccourci pour accéder à Viens, ma dernière étape. L’hôtesse m’indique la route à suivre pour monter au prochain village hors GR. À la sortie de Céreste, je franchis le Pont de la Baou, de style roman, sous lequel coule l’Encrême. Il faut laisser le GR4-GR97 à droite pour tourner à gauche. Un chemin non balisé conduit à un ancien tunnel ferroviaire, passage obligé pour emprunter la voie dite “Route de Viens”. Une traversée originale dans une obscurité complète, pendant environ 200 mètres, car le tunnel est non éclairé (les gens ayant la phobie du noir, s’abstenir !).

Plus loin, au bout d’un chemin forestier, on accède facilement à la route D33. C’est ici qu’on quitte le département des Alpes-de-Haute-Provence pour le Vaucluse. Là, les nuages envahissent le ciel qui devient sombre. Au delà des branches d’arbres se hisse la face Nord du Grand Luberon, plongé dans une grisaille précoce et dont on aperçoit que la ligne de crête. Ce brusque changement du temps me conforte dans mon sentiment d’avoir modifié mon circuit pour me protéger d’une éventuelle douche froide. L’air chaud et moite perdure malgré tout.

Pendant un peu plus de deux heures, après avoir quitté la route, une dernière ascension le long d’une paroi rocheuse m’élève jusqu’à mon étape ultime. Ce parcours improvisé et ombragé jouit de différents balcons sur des gorges au loin et sur les vallées environnantes, couvertes de pins et d’oliveraies. Les premières maisons et fermes du village apparaissent sur les pentes orientales, tandis que les derniers rayons du soleil s’éteignent peu à peu au profit de denses nuages.