Refuge Agnel – L’Echalp

Destination : Italie » Europe | Montagne : Alpes | Activité : Randonnée  | Agence : Visages Trekking 


Refuge Agnel - L'Echalp - Hautes vallées piémontaises
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Carnet : Hautes vallées piémontaises

* Altitude maxi : 2805 m
* Dénivelé + : 225 m
* Dénivelé – : 1105 m
* Temps : 5h30

Dans la nuit, j’ai le sommeil difficile. Animé par une envie irrésistible de me soulager, je sors sans bruit du dortoir et me dirige à tâtons, les yeux encore endormis, vers les toilettes. En chemin, je passe par une petite salle où sont déjà attablé les volontaires avant leur ascension nocturne. Je leur fais un salut amical de la main, sans prononcer un mot et l’esprit ensommeillé. Puis je retourne me coucher.

Comment imaginer qu’après une telle traversée du piémont italien notre belle aventure aurait une fin ? En effet, nous allions vivre notre dernière journée de trekking. Nul doute que ces souvenirs seront impérissables.

A l’heure où la plupart d’entre nous s’apprêtent à entamer le petit-déjeuner, les cinq fameux volontaires et notre accompagnateur font irruption dans la salle. Ils reviennent de leur expédition au col de l’Eychassier et nous racontent avec moults détails le lever du soleil qu’ils ont eu la chance d’assister à haute altitude. Avant neuf heures, nous sommes déjà tous sur le départ. Nous nous éloignons du refuge Agnel par le GR58, en direction du col Vieux (2805 m). Le ciel radieux, malgré de gros nuages, nous assure un ensoleillement sans faille. Derrière nous, nous avons une vue d’ensemble de la montagne descendue la veille depuis le col de Saint Veran. Après une sévère grimpette, nous atteignons le col Vieux, magnifique belvédère sur un paysage où l’alternance ombre et soleil revêt un caractère royal, sublime. D’ici commence un nouveau périple, celui de plus de 1000 mètres de dénivelé en descente pour rejoindre le hameau de L’Echalp, fin de notre circuit. Une pelouse verdoyante est omni présente aussi loin que porte le regard. En contrebas, un premier lac se dessine ; d’autres suivront en cours de journée.

Le lac Foréant est un beau lac de montagne du Queyras, véritable témoin de l’époque glaciaire à l’instar de ses voisins. Voilà pourquoi ils sont intégrés dans le Parc Naturel Régional du Queyras. Situé à 2618 m, entre la vallée du Guil et de l’Aigue Agnelle, la pêche y est autorisée mais le permis est obligatoire. Nous longeons cette immense étendue et poursuivons sur le même sentier, de plus en plus fréquenté. A un moment, il monte en corniche le long d’une barre rocheuse, d’où nous découvrons la beauté du lac d’Egorgéou plus bas (2394 m). Depuis cette hauteur, nous apercevons des abris de pierre en amont du lac. Notre guide nous pose alors une énigme : celle de compter le nombre de maisons dans ce dédale pierreux.

Nous admirons les méandres des ruisseaux d’altitude et les abords du lac. Joncs et carex colonisent ce tableau bleuté empreint de fraicheur. En route, nous croisons une marmotte dans les hautes herbes. Non farouche et sûrement curieuse de nature, elle semble presque prendre la pose à chaque fois que des marcheurs s’arrêtent en extase ou l’immortalisent en photo. Puis elle se faufile rapidement dans son terrier et en sort déjà quelques secondes après, pour nous scruter avec son air coquin et faire sa vedette.

Sur la rive ouest du lac, nous faisons une courte pause. L’atmosphère lourde sous un ciel exempt de nuages nous amène à nous hydrater davantage que d’habitude. Nous cheminons ensuite sur une piste descendante bordée de montagnes et de cols, sans nous écarter un seul instant du GR58. L’alpage se poursuit dans une forêt ombragée de mélèzes. La pente devient sévère et nous épargne aucune douleur aux mollets. Par ici, les touristes deviennent moins nombreux.

C’est sur les berges du torrent de Bouchouse que nous prenons notre déjeuner, à l’ombre d’arbres épars. Certains profitent de la proximité du torrent pour faire trempette. Au bout d’une heure, nous talonnons à nouveau la piste qui serpentent à travers le vallon de verdure alpine. A une courbe, le mont Viso apparaît à l’est dans un lointain dégagé, affichant sa cime enneigée et encadré par la vallée de Guil. Après cette merveille, la poursuite dans le chemin descendant devient vite lassant. Nous nous enfonçons dans la forêt, les pierres parsèment notre passage ; certaines zones sont humides car le torrent de Bouchouse et ce chemin se confondent à maintes reprises.

A peine une heure après notre déjeuner, nous sortons de la forêt, mettant ainsi un terme à notre descente, et par extension à notre randonnée. Le hameau de L’Echalp est en vue (1700 m). Nous suivons le lit du torrent jusqu’à un pont en bois. Sur l’autre rive, deux minibus de Visages nous attendent. A bord, nous jetons un dernier regard sur les perspectives montagneuses et les versants verdoyants. Nous nous éloignons à regrets de ces belles choses. Retour à la gare de Mont-Dauphin / Guillestre où nous levons le verre de l’amitié. Fin de l’aventure. Ce carnet se ferme, dans l’attente de l’ouverture d’un futur récit. Avec l’espoir, à ma prochaine escapade montagnarde, que mes genoux continueront à me propulser jusqu’aux plus hauts sommets.

A propos de l'auteur

Je suis un passionné de montagne. J'aime prendre de l'altitude, à l'instar de ceux qui prennent du recul. Ma pratique du trek se compose en solitaire depuis de nombreuses années, en semi-autonomie sur plusieurs jours, souvent l'été, rarement l'hiver. Photographe passionné, j'apprécie de faire des reportage-photos pour exprimer la beaut...



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