Tagouyamt – Gorges de Tislit

Destination : Maroc » Afrique | Montagne : Anti-Atlas | Activité : Randonnée  | Agence : Visages Trekking 


Tagouyamt – Gorges de Tislit - Randonnée au Djebel Siroua
Posté le :


Nous levons le camp vers 9h00 ; sous la brume. C’est une petite journée de marche, de villages en villages. Ça nous laissera le temps de la rencontre. A l’épicerie de Tagouyamt, petite halte pour acheter du safran. 35 dirhams le gramme. Avec 12m², les agriculteurs berbères du Siroua produisent 10 grammes de safran. Un travail de titan qui explique le prix élevé de l’épice. Avec un kilogramme de production en moyenne par famille et par an, le revenu du safran rapporte entre 3000 à 4000 €.

Nous restons sur le versant ouest de l’assif et passons le village d’Assaka dont le minaret jaune et longiligne tente de s’extirper du brouillard. Les amandiers sont nombreux dans le fond de vallée et les villages semblent se disputer le prix de la plus belle commune. Les enfants sont nombreux à venir à notre rencontre. Certains osent un « Bonjour stylo » en guise de présentation mais nombreux sont ceux qui restent sur le bord à nous regarder passer. Un sourire en appelle un autre. Un appareil photo et toute la bande de bambins part se cacher. L’appareil photo, c’est l’ustensile idéal pour lancer un cache-cache. Les filles dès 5 ans portent un hijab, le foulard islamique. Discret, voire coquet, il n’en n’est pas moins un acte de foi.

Nous traversons les villages d’Aït Amrane et d’Aït Marouf. Les hommes sont nombreux à faire du gros œuvre pour réparer les dégâts des pluies violentes qui se sont abattues sur la région il y a quelques semaines. Des murs à reconstruire, des maisons à étancher, des jardins à bêcher…

A Aït Sine, nous nous arrêtons chez Mohamed Zahir, un agriculteur berbère, pour prendre le thé. Bien que depuis quelques années la culture du safran souffre du manque d’eau (difficile à croire en ce mois de mars mais la météo est capricieuse), sa famille tire encore la majeure partie de son revenu de l’or rouge.

Nous poursuivons le long de l’oued, le plus souvent à sec. Aujourd’hui la rivière coule à flot. Nous traversons à guet plusieurs fois. Le paysage devient de plus en plus minéral. Les roches s’arrondissent jusqu’à former d’énormes boules rouges. Il s’agit de conglomérats, c’est-à-dire de roches détritiques consolidées et sédimentaires, sans doute volcaniques, constituées de fragments unis par un ciment naturel.

Nous sommes à l’entrée des gorges de Tislit. Les chameliers sont déjà là. Nous montons le camp immédiatement de peur de voir la pluie tomber. Après le repas, nous partons explorer la vallée qui part à l’est. Nous traversons le minuscule village de Tarsit, composé d’une dizaine de maisons, où nous rencontrons un père et son fils avant de déboucher sur un hameau encore plus petit où Brahim vient à notre rencontre. C’est un retraité des mines du Nord Pad de Calais qui est revenu sur ses terres pour finir ses jours. Il ne m’a pas l’air si âgé. Il a encore de beaux jours devant lui. Il faut vraiment être attaché à sa terre d’origine pour s’isoler ainsi du reste du monde. D’autant qu’il est seul avec une autre famille. A le voir nous accompagner un temps sur le bord du chemin, la compagnie semble lui manquer. Notre rencontre lui a sans doute fait resurgir de nombreux souvenirs de son passage en France.

  • D+ : 80 m
  • D- : 150 m
  • Temps de marche : 3h00

Randonnée au Djebel Siroua au Maroc organisée par Visages, spécialiste des voyages et randonnées dans les Alpes du sud et dans le reste du monde. Retrouvez toutes les randonnées et voyages Visages dans notre Comparateur de Trek.

A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer l...



https://www.gregoryrohart.com