Trek sur l’ancien chemin des Sannyasis

Destination : Inde » Asie | Montagne : Himalaya | Activité : Randonnée  | Agence : Shanti Travel 
Nombre de jours : 4 jours | Difficulté : 3 | Dénivelé : +2860 m/-2800 m | Type d'itinéraire : Ligne | 
Ecosystème : Forêt et Montagne | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Mars, Avril, Mai, Octobre, et Novembre
Les montagnes du Garhwal dans l'Uttarakhand indien sont le royaume des Dieux. Entre les villages de Ghutu et Latta, l'ancien chemin des Sannyasis, les sadhus qui se sont retirés de la vie mondaine, plonge le trekkeur dans l'univers de l'Hindouisme.
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Garhwal, les montagnes sacrées de l’Uttarakhand

L’Uttarakhand, et encore plus les montagnes du Garhwal, évoque chez tous les fervents hindouistes une dimension spirituelle sans égal. Cet engouement n’est pas le fruit du hasard.

Montagnes du Garhwal

Le Garhwal est la terre des Dieux. Depuis Haridwar jusqu’aux plus hauts sommets, la région regorge de lieux sacrés, temples, ashrams pour adorer les divinités hindoues.
C’est dans les hautes montagnes qu’on trouve le Gange, un des lieux les plus sacrés chez les Hindouistes. Ganga, l’épine dorsale de l’Uttarakhand apparaît à Gaumukh (la bouche de la vache) pour traverser la région du Garhwal et fertiliser l’Inde du nord. Le fleuve ne pouvait être que vénéré par les Hindous.

Ce trek est découpé en deux portions : l’ancien chemin de pèlerinage des Sannyasis et le chemin menant aux sources du Gange qui fera l’objet d’un second récit dans très peu de temps..

Delhi - Red Fort

Delhi, mon amour, ma haine !

Après un vol Paris Delhi via Doha avec Qatar Airways et avant de rejoindre Haridwar, la porte du Gange, par le train “Satabdi Express”, je me balade dans Delhi.

Jama Masjid

Delhi me fait l’effet d’une gueule de bois bien tassé. C’est bruyant, pollué, agité. Je n’aime pas Delhi ; je l’aime bien aussi. Contradictoire, attirante et repoussante, Delhi ne m’est pas insensible. C’est un amour haine continuel, une relation destructive. Lorsque les soupapes sont prêtes à pêter, rien de tel que de s’enfouir dans les quelques lieux calmes de la capitale. Jama Masjid a ma préférence. A l’intérieur, le calme règne en maître. Une enclave au cœur de l’agitation dantesque de Delhi. Autre lieu, autre ambiance : Connaught place et ses rangées de commerce pour étrangers et riches indiens. Les voir m’apaisent. Moi qui fuit habituellement les centres commerciaux, je fais du lèche-vitrine à Delhi.

Maché de Delhi

A Delhi, je suis toujours sur mes gardes, sur le qui-vive. Je ne pourrais pas vivre ici. C’est la seconde fois que j’y passe ; ça me suffit. Delhi, mon amour, ma hantise, ma haine. Vite partir et rejoindre la montagne, le Garhwal, les Dieux, le Gange, sa source, inspiration éternelle chez les dévots hindouistes.

Avec qui partir pour votre trek en Inde ?

Trekkking en Inde réalisé avec Shanti Travel, spécialiste des randonnées et voyages d’aventures en Inde ainsi qu’avec le soutien de la compagnie Qatar Airways qui assure des vols quotidiens vers Delhi.

Haridwar, la porte du Gange

Train pour Haridwar

6h50. Le train pour Haridwar quitte la gare de Delhi. Nous sommes huit en première classe. C’est confortable mais peut-être un poil trop guindé pour l’Inde. Les contacts ne sont pas évidents avec les autres voyageurs de la rame.

11h25 : Nos pas foulent la gare animée d’Haridwar, l’ancienne Gangadwar (la porte du Gange). Sans le savoir, nous sommes déjà dans les pas des pèlerins hindouistes. Par tradition, la ville est le point de départ de tout pèlerinage.

Nous rejoignons notre hôtel, le Haveli Hari Ganga, en rikshaw et à pied. Il est situé sur le bord du Gange. En chemin, nous traversons les rues commerçantes du centre-ville. Toutes les boutiques s’adressent aux pèlerins hindouistes. Vente d’offrandes, souvenirs du Gange, bidon d’eau du Gange et autres babioles pour dévots. Pas un magasin pour touristes étrangers. ça paraît logique car nous n’en croisons presque aucun.

On prend le lunch dans un resto typique indien. Le ton est donné. Vegetarian food only. C’est ainsi dans tout le Garhwal. Carnivore, passez votre chemin.

Nous passons l’après-midi à découvrir des temples de la ville. Les plus connus sont sur la colline. On peut s’y rendre par téléphérique. Plus d’une heure d’attente. On les zappe. La visite est intéressante surtout pour les rencontre qu’on peut y faire. Des centaines de pèlerins défilent dans chaque temple ; telle famille vient du Gujarat, telle autre du Bengale. Et le défilé se poursuit devant l’appareil photo. Les femmes en saris sont très élégantes. La journée aurait pu se terminer sur cette note mais ce n’était pas sans compter l’aarti, la cérémonie du Gange.

Haridwar - Ghat Har-Ki-Pauri

Tous les soirs de l’année à 18h30, des milliers de pèlerins se réunissent autour du ghat Har-Ki-Pauri, où Vishnu aurait laissé l’empreinte de son pied, consacrant pour toujours la ville comme lieu saint. Pendant que des yatris se baignent dans le Gange pour se purifier, d’autres déposent des gerbes de fleurs et des bougies sur de frêles embarcations. Des prières mantriques sont récitées par les pèlerins alors que d’autres chantent des bhajans. Nous nous mêlons à ce rituel très ancien et sommes touchés par la force collective de la ferveur religieuse.

Ce soir, notre pèlerinage a commencé ! Demain soir, nous serons à Ghuttu, le point de départ de l’ancien chemin des Sannyasis.

Sadhu
Pèlerin hindouiste

Ghuttu – Bhairon Chatti

+ 1020 m / – 200 m 14 km 5h00

 

Ecole indienne

Après un transfert d’une journée en bus entre Haridwar et Ghuttu, nous débutons le trek par l’ancien chemin de pèlerinage Hindou. Depuis la création de la route pour Gangotri, un des quatre char dhams du Garhwal, il n’est utilisé que par quelques yatris (pèlerin en Hindi), surtout des sadhus.

A l’heure où nous quittons le village de Ghuttu, le long de la rivière Bhilangna, les enfants vont à l’école et les femmes rentrent des champs chargées de fourrage sur le dos. Nous quittons la piste et remontons un sentier qui nous conduit à une école où les enfants alignés en rang fredonnent militairement des airs religieux et patriotiques avant de pénétrer dans les classes.

Le sentier se met à grimper sérieusement. La chaleur devient étouffante. Il faut dire que Ghuttu n’est qu’à 1350 m d’altitude. Nous avons le temps d’admirer les cultures en terrasse : principalement du riz, mais aussi un peu de blé, du millet , des haricots ou du sorgho.

Au village de Batgan, nous rencontrons un couple qui nous disent être des descendants directs de Ghandi. Impossible à vérifier. A notre départ, ils nous offrent un concombre des montagnes. Les maisons en brique ont remplacé les habitations en terre sèche mais les petits temples ont gardé leur aspect traditionnel. Ce n’est pas une surprise quand on sait que l’Hindouisme a très peu évolué depuis les premiers textes védiques (1300-1000 ans avant Jésus Christ).

A la sortie du village, nous entrons dans une belle forêt de pins avant de nous poser à l’ombre d’un muret pour manger le pique-nique. Encore une dernière montée par une belle forêt de rhododendrons pour arriver à un col puis plonger vers Bhairon Chatti, son temple, son petit village en terre sèche et ses sadhus. Chatti est un lieu où il est possible de dormir ou de manger. Bhairon renvoie à Shiva sous son aspect terrifiant appelé Bhairana.

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Après avoir installé le camp, je pars à la rencontre des sadhus. Je reste près d’une heure à discuter avec l’un d’entre-eux dans un cabanon adjacent au temple. Il y a mille façons d’être sadhu en fonction de la secte à laquelle on adhère et de ses convictions personnelles. Il me dit ne plus être attaché à aucune secte. Pour lui, être sadhu, c’est un choix de vie où la méditation tient une place centrale pour atteindre la libération totale. C’est être dans le présent, jamais dans le passé ni même dans le futur. Il vit ici d’avril à novembre et se nourrit des offrandes des villageois, pèlerins et trekkeurs de passage. Il dort sur des poutres déposées sur le sol et recouvert d’une couverture. Sur lui, une simple tunique safran comme vêtement. Ses cheveux sont attachés, sa barbe longue et ne semble pas être sous l’emprise de drogue. Il est couvert de cendre pour témoigner de son détachement du monde des désirs. Dans le fond de la pièce, une autre couverture et un peu de matériel de cuisine. Ce soir, il mangera un peu de purée. Rien d’autre. Vous ne le verrez pas en photo. Sa dévotion lui en interdit !

Bhairon Chatti est un lieu sanctifié. Ici, quoiqu’on cherche, le chemin du salut (Karma marga) est en marche…

Bhairon Chatti – Agonda

+ 300 m / – 1050 m 14 km 5h00

Champs de riz en terrasse

Nous continuons notre pèlerinage un peu plus vers l’ouest. Les sommets enneigés du Garhwal se détachent du paysage. Dans le groupe, on distingue deux types de randonneurs : les pèlerins-marcheurs dont la première motivation est de découvrir l’Hindouisme dans son antre la plus pure et les marcheurs-pèlerins venus avant tout pour randonner dans les montagnes indiennes.

Indien rencontré dans un restaurant de village

A la sortie des forêts de rhododendrons, nous traversons des villages où les femmes s’affairent à la coupe des plans de riz alors que les hommes concassent les grains en les piétinant. La place de la femme en Inde peut choquer les occidentaux. Il faut savoir que depuis des siècles, elle est dictée par les lois de Manu composés entre le IIe siècle avant notre ère et le IIe siècle après.

Pas de machine à laver ; le linge se nettoie à la rivière

“Une petite fille, une jeune femme, une femme avancée en âge ne doivent jamais rien faire en suivant leur propre volonté, même dans leur maison. Pendant son enfance, une femme doit dépendre de son père ; pendant sa jeunesse, elle dépend de son mari ; son mari étant mort, de ses fils (…). Une femme ne doit jamais se gouverner à sa guise (…). Une femme vertueuse doit constamment révérer son époux comme un dieu.” (Chapitre V, page 148 et 154).
Les mentalités évoluent, surtout en ville.

Un des muletiers de l'équipe indienne
Villageoise triant les grains de riz

Le chemin se poursuit sous la pinède et rejoint Budda Keddar, à la confluence de deux rivières. Le nom du village n’a rien à voir avec Bouddha mais signifie Vieux Keddar. Petite halte pour y prendre le repas dans une échoppe locale.

L’après-midi, coute montée par la piste au village d’Agonda (1540 m). Installation du camp entre le village et la rivière Bal Ganga où je me décrasse de la journée.

Agonda – Belak

+ 1450 m / – 50 m 14 km 6h00

Pliage du bivouac

L’équipe locale m’apporte le thé dans la tente à 6h00. En 30 minutes, pliage du sac et de la toile pour prendre le petit-déjeuner. Quelques enfants bergers traînent autour du camp dans l’espoir d’obtenir un stylo. Ils semblent envier d’autres enfants du village qui bénéficie d’une éducation plus poussée. Selon les revenus des parents, la place des enfants diffèrent : chez les plus pauvres, les enfants sont une ressource humaine supplémentaire pour améliorer le quotidien alors que dans les familles plus aisées, l’éducation prime désormais.

Indienne de retour du champ avec son fagot

En quittant Agonda, nous assistons aux scènes quotidiennes des contreforts de l’Himalaya : les femmes coupent le riz et le rapportent à leur maison chargées sur le dos. Nous remontons la piste jusqu’à Jhala, un minuscule village réputé pour son ashram. Dans l’Inde ancienne, les ashram – un mot sanskrit – étaient des ermitages retirés dans la nature, dans la forêt ou la montagne, où les sages vivaient dans la paix et la tranquillité, loin de l’agitation du monde. Ici, la définition ne semble pas avoir pris une ride. Un sadhu aux cheveux gris sort de sa cellule pour remplir une vasque d’eau dans la rivière. Nous n’irons pas le déranger. Les lieux méritent d’être respectés.

Village de Belak

A partir d’ici débute véritablement la montée vers Belak. quasi entièrement sous le couvert des rhododendrons, elle abrite des animaux sauvages comme des entelles (espèce de singe), le léopard ou l’ours à collier, plus difficilement observable mais bien présent. Nous resterons un moment à observer plusieurs familles d’entelles se déplacer dans la forêt.

Chacun monte à son rythme ; le groupe s’étire. Alors que Michel, Marie-Jo et moi sommes arrivézs, le reste du groupe se fait attendre. Les voilà qui rejoignent le camp deux heures après nous. Ils s’étaient égarés dans la forêt.
A plus de 2900 mètres, le camp s’est installé à côté du petit village de Belak. Comme tous les soirs, les nuages ont recouverts l’horizon. Le froid s’installe et les porteurs s’attèlent à couper du bois en prévision de la soirée.
Après le repas, personne ne s’attarde trop longtemps et part se glisser dans son sac de couchage.

Belak – Latta

+ 90 m / – 1500 m 14 km 4h30

Village de Latta

Ce matin comme à chaque fois depuis notre arrivée dans le Garhwal, le ciel est très pur. Je monte au col à quelques centaines de mètres du camp pour profiter des belles vues sur les faces sud de l’Himalaya du Garwhal.
Longue descente sous le couvert forestier jusqu’à Latta le long de la Bhagirathi river, un affluent du Gange. En chemin, nous rencontrons des entelles qui dévorent un champ de sorgho. Si les singes sont là quand l’agriculteur va découvrir le saccage, ça va chauffer pour eux.

A Latta (1680 m), nous récupérons la route. Transfert en bus jusqu’à Gangotri, un des quatre plus importants lieux de pèlerinage du Garhwal, par une route hallucinante. Elle est aussi en partie détruite par la violente mousson qui a sévit récemment dans la région. Personnes sujettes au vertige : serrez les fesses !

Demain commence une autre randonnée : mon trek aux sources du Gange.

Informations pratiques

Formalités

Visa indien à prendre avant votre départ. Le passeport doit être valide plus de 6 mois après la date de retour prévue d’Inde. Pour plus d’informations, consultez le site du Ministère des Affaires Etrangères

Paysanne indienne revenant du champ avec du fourrage

Comment y aller ?

Qatar Airways assure des départs quotidiens pour Delhi au départ de Paris CDG via Doha.

Actuellement, la compagnie exploite 87 appareils, vers 92 destinations de tourisme et d’affaires en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Inde, en Asie-Pacifique et en Amérique du Nord et du Sud. Qatar Airways est une des compagnies qui connaît la croissance la plus rapide au monde avec une offre de services reconnue pour son excellente qualité. Récemment élue la 3ème « Meilleure Compagnie au Monde » par Skytrax, la compagnie 5 Etoiles continue son développement avec l’ouverture prochaine de nouvelles destinations.

Bivouac à Bhaion Chatti

Quand partir ?

Le Garwhal est soumis à la mousson durant les mois d’été. Le printemps et l’automne sont les périodes les plus propices pour un voyage dans la région.

Avec qui partir ?

Shanti Travel, spécialiste des voyages et des trekkings en Inde a organisé ce trekking dans le Garhwal. Il se découpe en réalité en deux treks de quatre jours : sur l’ancien chemin des Sannyasis et aux sources du Gange.

Culture en terrasse

Difficultés

Ce trek de 4 jours sur l’ancien chemin des Sannyasis ne présente pas de difficultés techniques. L’altitude ne dépasse pas 3000 mètres mais deux journées ont des dénivelés de plus de 1000 mètres positifs.

Bibliographie

Liens

Muletiers

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    Grégory Rohart
    A propos de l'auteur

    Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales. Ambassadeur Fujifilm...



    https://www.gregoryrohart.com
    La vidéo du Moment : Traversée du Massif Central à Pied
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