Trek aux sources du Gange

Destination : Inde » Asie | Montagne : Himalaya | Activité : Randonnée  | Agence : Shanti Travel 
Nombre de jours : 4 jours | Difficulté : 2 | Dénivelé : +1425 m/-1425 m | Type d'itinéraire : Aller-Retour | 
Ecosystème : Montagne | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Mars, Avril, Mai, Octobre, et Novembre
Carnet d'un trek jusqu'à la source sacrée du Gange dans les montagnes du Garhwal dans l'Uttarakhand en Inde. Avec les yatris et sadhus, les pèlerins hindouistes, nous traçons notre chemin vers ce lieux Saint emprunt de spiritualité. Trouverons-nous la pureté à Gaumukh ou le Samādhi à Tapovan ?
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4.7
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La grande richesse de l’Inde est sa vie spirituelle. Au delà de Gangotri dans les montagnes du Garhwal, le pèlerinage à Gaumukh draine de mai à novembre plus de 150 000 hindouistes qui veulent se rendre aux sources mythique du Gange, le fleuve le plus sacré de l’Inde.

Avec les pèlerins, nous remontons le fleuve jusqu’à sa source et même au delà jusqu’à Tapovan au pied d’une kyrielle de sommets dont le sublime Shivling (6543 m).

Gangotri, royaume des Dieux

Gangotri, on y accède par une route vertigineuse depuis Latta où nous avons terminé notre première portion de trek sur l’ancien chemin des sannyasis. Avec la violente mousson, la route, déjà pas très large, est complètement défoncée. 64 km à parcourir pour trois heures de trajet.

On s’installe dans notre guest-house ; il fait déjà nuit. C’est simple et glacial. Gangotri est à 3100 mètres d’altitude quand même.

9 octobre. Gangotri est un des quatre Char Dham du Garhwal marquant les sources spirituelles des quatre fleuves sacrés : la Yamuna pour Yamunotri, la Mandakini pour Kedarnath, l’Alaknanda pour Badrinath et enfin le Gange pour Gangotri.
Nous passons la journée à Gangotri, ville sainte, lieu de pèlerinage de nombreux hindouistes. On y rencontre de nombreux sadhus. Pour distinguer les deux grandes sectes, il faut observer les peintures apposées sur les corps. Les Shivaïstes ont des marques horizontales auxquelles ont peut trouver un signe ovale ou semi-ovale représentant le 3e œil de Shiva. Les sadhus Vishnouïstes portent des traits verticaux et sont souvent habillés de blanc.

La visite du temple de Gangotri s’impose. Construit au 18ème siècle par le Général Gorkha Amar Singh, il rend hommage à la Déesse du Gange. D’après la mythologie hindouiste la mère Gange est descendue sur Terre le long de la chevelure du dieu Shiva, pour laver les péchés du monde.

Sur les ghats qui font face au temple, les pèlerins se baignent dans le Gange pour absoudre les fautes existentielles. Des pujas, des cérémonies hindouistes célébrées en l’honneur d’une divinité pour attirer ses faveurs, sont célébrées le long du fleuve. Nous en réalisons une pour réussir notre trek aux sources du Gange.

Dans l’après-midi, nous faisons une rencontre étonnante. Partis sur les rives du fleuve pour y découvrir comment vivent les sadhus, les ascètes qui ont renoncé au monde et rompu les liens avec la société pour se consacrer à la quête de l’absolu, nous faisons la connaissance de Nomi Gari, un sannyasi de la secte des Naga Baba. Son ordre forme une secte shivaïste de guerriers ascètes. Ils sont souvent nus (naga) et sont adeptes de la mortification de leur pénis dans le but de le désexualiser.

Il m’invite à venir avec lui le lendemain sur les hauteurs de Gangotri. Je réfute sa proposition partant en trek pour les sources du Gange mais l’invite en retour à se joindre à nous. Nous nous quittons et partons en fin de journée pour l’aarti donné au temple de Gangotri. C’est une cérémonie d’offrandes en l’honneur du Gange initiée par les prêtes Brahmanes à l’heure du coucher du soleil.

Demain, nous partons pour Gaumukh, les sources du Gange et Tapovan face au majestueux Shivling (6543 m).

Avec qui partir pour votre trek en Inde ?

Trekking en Inde réalisé avec Shanti Travel, spécialiste des randonnées et voyages d’aventures en Inde ainsi qu’avec le soutien de la compagnie Qatar Airways qui assure des vols quotidiens vers Delhi.

Gangotri – Bhojbasa

+ 850 m / – 150 m 5h30

Par la rive gauche, nous remontons la Bhagirathi valley. Très rapidement, nous rattrapons Nomi Gari, le sadhu que nous avons rencontré hier. Il a finalement répondu à mon invitation et nous accompagne sur le sentier. Très franchement, on ne s’y attendait pas !

Nous passons le check-point qui marque l’entrée du parc national de Gangotri. D’une superficie de 1553 km², il a été créé pour protéger la nature qui entoure le royaume des Dieux.

La montée est douce et la température clémente pour marcher. Nous croisons quelques autres sadhus comme cet unijambiste qui souhaite rejoindre la source de Gaumukh demain pour s’y baigner. Quelques hindouistes, souvent en couple, redescendent sur Gangotri ; les moins courageux sont sur des mules.

Pause repas à Chirbasa (3600 m) à l’ombre des derniers pins himalayens. Quelques boulots complètent le paysage jusqu’à Bhojbasa. Ils sont encore utilisés comme feuille à papier par les populations les plus pauvres.

Deux petites heures supplémentaires et nous posons notre barda à Bhojbasa à 3800 m. Le site est composé de trois ashrams, d’un poste de police, d’une station météo et d’un emplacement pour les tentes.Le soleil est déjà passé derrière la montagne alors qu’il n’est que 15h30. Le froid couplé au vent nous glace les os. Les porteurs partent s’emmitoufler sous de fines couvertures et tentent de se réchauffer en buvant du thé. Je trouve une tente et des couvertures pour éviter à Nomi Gari de passer la nuit dehors. Il a beau être un sadhu, je n’en suis pas moins inhumain.

Les pèlerins-trekkeurs partent se réfugier dans leur sac de couchage. La différence de température avec la première portion de trek sur l’ancien chemin des Sannyasis est flagrante.
Je reste quelques instants dehors à regarder les derniers rayons du soleil se poser sur les trois pics du Bhagirathi numérotés en fonction de leur altitude : Le Bhagirathi I, point culminant du chainon, atteint l’altitude de 6856 m, le Bhagirathi II 6512 m, le III s’élève à 6454 m.

La nuit risque d’être froide et dire que demain nous dormons à tapovan à près de 4400 mètres d’altitude !

Bhojbasa – Tapovan

  • D+ : 600 m
  • D- : 50 m
  • Temps de marche : 4h00
+ 600 m / – 50 m 4h00

Au petit-déjeuner, le groupe décide de se diviser en deux. Les femmes iront jusqu’à Gaumukh, la source du Gange pendant que les hommes monteront sur Tapovan.

L’itinéraire est parait-il scabreux et les températures glaciales sur le plateau de Tapovan. En même temps, ce sont des indiens qui nous ont fourni ces infos et ils ne sont généralement pas de bons marcheurs et mal équipés. We will see !

Au temple de Gaumukh, Camille nous lâche. Cela fait plusieurs jours qu’il n’est pas au mieux. Il a cru un instant pouvoir faire l’étape avec nous mais son corps encore fragile l’a contraint à rejoindre les filles du groupe. Christian, Michel et moi avec Denzel et trois porteurs de l’équipe continuons pour le plateau de Tapovan. En chemin, des pèlerins ont érigé des sanctuaires où trônent le trident et le lingam de Shiva.

Nous laissons de côté la source du Gange pour l’explorer au retour. Le sentier se fraie un passage sur les moraines latérales du glacier de Gangotri long d’une trentaine de kilomètres. C’est une langue glaciaire recouverte d’une couche de débris rocheux qui cache la glace. Par endroit, les gros blocs de glace se laissent entrevoir.

Vers 4 100 m, il faut traverser le glacier pour gagner l’autre rive. L’altitude commence à peser sur les organismes et le souffle se fait plus court. Coute pause pour manger le pique-nique et reprendre des forces pour monter les 150 mètres d’éboulis qui nous font face. La pente est raide et d’en bas, nous ne voyons pas trop où nous allons passer.

L’ascension est rapide. Au sommet, nous sommes heureux de découvrir Suzanne et Pétra, deux randonneuses de Slovaquie et République Tchèque que nous avions rencontré hier à Bhojbasa. Nous allons partager le même ashram pour la nuit. Les prairies de Tapovan en comptent deux : chez une femme hindouiste et chez Baba, un sadhu qui a fait vœux de silence. C’est chez lui que nous allons tous.

Tapovan est un magnifique plateau d’altitude (4350 m) au pied du Shivling (6543 m), du Meru (6 660 m) et des pics Baghirathis. Sur le plateau, les bharals broutent paisiblement et se laissent approcher assez facilement si on sait rester silencieux. On les appelle parfois les moutons bleus en raison des reflets bleutés de leur pelage.

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Comme hier, le froid s’installe aux creux des os à la disparition du soleil. A 18h00, nous nous retrouvons tous chez Baba pour le dîner. En plein milieu, il réalise une puja. Il en fait de même chaque soir de l’année, même l’hiver par -40°C. Je l’aime bien ce Baba. Un visage jovial et une attitude très positive. Un bon gars.

En continuant plus à l’est, les pèlerins peuvent rejoindre Badrinath mais très peu se lancent dans cette aventure périlleuse si l’on n’a pas le pied montagnard et un équipement adéquat. Pour nous, il est l’heure de se glisser dans le sac de couchage et de rêver du Shivling et des kyrielles de montagne qui l’entourent.

Tapovan – Gaumukh – Chirbasa

+ 50 m / – 850 m 5h00

Un peu avant 7h00, je suis à l’extérieur de l’ashram pour admirer les premiers rayons du soleil sur le Shivling. Quelle belle montagne ce Shivling ! Une belle pyramide de granit et de glace. Une des plus belles au monde avec le Cervin en Suisse, l’Ama Dablam au Népal et l’Alpamayo au Pérou.

Dans la mythologie hindoue, il symbolise le lingam (phallus) de Shiva, source de la vie et de la force vitale. On comprend mieux pourquoi, il est devenu le protecteur du Gange.

Etonnamment, il ne fait pas si froid que ça (-3°c). Les autres me rejoignent et ensemble, nous prenons notre petit-déjeuner avant de quitter Baba, presque à regret. Qu’est-ce qu’on est bien là haut sur sa montagne ?
Nous empruntons le même sentier qu’à l’aller. Descente sur le glacier de Gangotri. Un peu avant de rejoindre le glacier de Gaumukh, Suzanne et Pétra nous disent au revoir. Une belle rencontre comme on aimerait en faire davantage en voyage.
Découverte en 1817 par Hodgson & Herbert, les sources limoneuses du Gange sont souvent appelées Gaumukh, littéralement le museau de la vache. Elles émergent d’une ancienne grotte de glace à près de 4000 mètres d’altitude au pied du Bhagirathi.

Lors de notre passage, un pèlerin s’asperge d’eau du Gange pour se purifier et expier ses fautes. Un des rituels les plus importants chez les hindouistes. Si le vent qui a caressé les ondes du Gange touche la peau d’un homme, il emporte aussitôt tout le mal que celui-ci a pu commettre (Bhasma).
A la sortie du glacier, le fleuve porte encore le nom de Bhagirathi. Ce fleuve mêle ses eaux à celles de l’Alaknanda deux cent kilomètres plus au sud pour donner définitivement naissance au Gange.

Sur le chemin de Chirbasa, la marche dans ces montagnes mystiques permet d’investir notre silence intérieur et d’atteindre le namasmarana, le mystère de soi. A celles et ceux qui ne croient guère à cette recherche spirituelle, la nature offre de beaux paysages sauvages.

Bhojbasa se profile à l’horizon, puis Chirbasa où la température est bien plus agréable qu’à Tapovan. ça ne dure hélas pas car le soleil ne brille déjà plus dès le milieu d’après-midi.

Chirbasa – Gangotri – retour sur Delhi

+ 100 m / – 550 m 14 km 3h00

Le cœur est léger ce matin pour le retour sur Gangotri. En chemin, nous rencontrons de nombreux pèlerins que nous rassurons ; tous atteindront Gaumukh, beaucoup moins Tapovan mais l’essentiel est ailleurs, dans le cheminement intérieur mené le long de ce parcours initiatique.

Le trajet retour sur Delhi en bus, en taxi puis en train est un moment privilégié pour faire défiler toutes les images de ce voyage. Plus qu’un trek, plus qu’un pèlerinage, c’est un pilgrim trek. Je recommande !

Informations pratiques

Formalités

Visa indien à prendre avant votre départ. Le passeport doit être valide plus de 6 mois après la date de retour prévue d’Inde. Pour plus d’informations, consultez le site du Ministère des Affaires Etrangères

Comment y aller ?

Qatar Airways assure des départs quotidiens pour Delhi au départ de Paris CDG via Doha.

Actuellement, la compagnie exploite 87 appareils, vers 92 destinations de tourisme et d’affaires en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Inde, en Asie-Pacifique et en Amérique du Nord et du Sud. Qatar Airways est une des compagnies qui connaît la croissance la plus rapide au monde avec une offre de services reconnue pour son excellente qualité. Récemment élue la 3ème « Meilleure Compagnie au Monde » par Skytrax, la compagnie 5 Etoiles continue son développement avec l’ouverture prochaine de nouvelles destinations.

Quand partir ?

Le Garwhal est soumis à la mousson durant les mois d’été. Le printemps et l’automne sont les périodes les plus propices pour un voyage dans la région.

Avec qui partir ?

Shanti Travel, spécialiste des voyages et des trekkings en Inde a organisé ce trekking dans le Garhwal. Il se découpe en réalité en deux treks de quatre jours : sur l’ancien chemin des Sannyasis et aux sources du Gange.

Difficultés

Ce trek de 4 jours aux sources du Gange ne présente pas de difficultés techniques jusqu’à Gaumukh. La montée sur Tapovan par le glacier noir et à réserver aux bons marcheurs ayant le pied montagnard. L’altitude maxi est de 4350 mètres mais les étapes sont relativement courtes.

Bibliographie

Liens

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Grégory Rohart
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales. Ambassadeur Fujifilm...



https://www.gregoryrohart.com
Le Timelapse du Moment : Le Wilder Kaiser, Tyrol, Autriche
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