Moins connu que le très célèbre Kungsleden, l'Höga Kustenleden est un itinéraire pédestre suédois qui mérite toute l'attention des randonneurs. L'Höga Kustenleden, littéralement « le sentier de la Haute Côte », offre en effet des paysages de taïga typiquement scandinaves et exceptionnellement préservés, une immersion dans la culture suédoise et des journées de marche le long d'un trait de côte au bord de la mer de Bothnie (Baltique), unique par sa géologie. Nous l'avons parcouru à la mi-juillet et vous invitons à nous suivre sur ce sentier qui deviendra, bientôt, un classique de la randonnée en Europe.
J1 : Pont d’Höga Kusten – Valkallen
+ 550 m / – 376 m 13,7 kmMi-juillet, nous laissons derrière nous le pont rouge brique, véritable emblème de la région, qui enjambe l’imposante embouchure de l’Ångermanälven. Premiers pas dans la taïga, épicéas, trembles et saules ruissellent d’humidité. Au sol d’innombrables myrtilliers composent un jardin japonais naturel, ponctué de blocs de gneiss rose. Très vite, nous atteignons un minuscule port, un ponton de bois gris, quelques vieux voiliers, des maisons rouge de Falun rehaussées de peinture blanche aux angles, … nous sommes bien en Suède.
Le sentier enchaîne courtes montées et descentes brèves avant d’atteindre le pied du Valkallen. Avec ses 240 mètres d’altitude, cette colline est un des sommets de la région. L’ascension se fait par une succession de marches en bois si raides qu’on pourrait presque les qualifier d’échelle. Quelques cordes fixes finissent l’installation pour passer en sécurité les dalles rocheuses rendues glissantes par la pluie. Au sommet, un charmant refuge en bois, non gardienné, nous attend. La pluie du matin cède peu à peu la place à un soleil mêlé de brumes. Un panorama inouï s’ouvre sur un entrelacs de presqu'îles, de forêt et de mer. Bien qu’il soit assez tôt, nous décidons de passer ici la nuit, profitant des commodités et de la citerne d’eau de pluie.
J2 : Valkallen – Gavik
+ 519 m / – 736 m 21,6 kmNous décollons vers 7h00 après un dernier coup d’œil panoramique sur la Haute Côte. La descente demande un peu d’attention du fait de dalles de gneiss rendues glissantes avec l’humidité, mais elle reste beaucoup moins raide que la montée. Après quelques kilomètres dans une taïga jeune, nous atteignons le littoral. Un champ de galets situé à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau de la mer témoigne de l’étonnant phénomène géologique qui se produit ici, le rebond post-glaciaire. Libérées du poids des glaces lors de la fin de la dernière période glaciaire, les masses terrestres se sont élevées en altitude. Le phénomène atteignait 10 cm de gain par an à l’origine et se poursuit encore à la vitesse d’un centimètre, plaçant ainsi d’anciennes plages de galets bien plus haut que le niveau actuel de la mer. La région doit son nom d’Höga Kusten (Haute Côte en suédois) à ce phénomène, car c’est ici qu’il est le plus marqué en Europe.
Reste que traverser cette zone de galets n’est pas une sinécure, surtout avec des sacs chargés de cinq jours de nourriture et de l’équipement de bivouac. La progression demande un peu de concentration et n’est pas particulièrement rapide. Par bonheur, à cette époque de l’année, le soleil se couche à 22h30 et se lève à 3h30. Cela laisse donc une très grande amplitude d’organisation de nos étapes. Les brumes se levant, nous décidons de nous octroyer un rapide bain dans les eaux fraîches de la Baltique avant de poursuivre dans la taïga jusqu'au pique-nique, au bord du lac sauvage de Nördomstjärnen. En fin de journée, sous un soleil étonnamment chaud pour la latitude, nous atteignons le hameau de Gavik où quelques places de tente aménagées chez l’habitant et une douche chaude en plein air nous attendent.
J3 : Gavik – Lappuden
+ 244 m / – 265 m 10 kmLa météo ne laisse aucun doute sur la journée, des trombes d’eau vont s’abattre sur la région dès l’après-midi. Changeant nos plans, nous décidons de faire une étape courte, en matinée et de rejoindre Lappuden, au bord du lac de Vågsfärden. C’est bien installés à l’intérieur du badstuga – le sauna suédois – que nous regardons alors la météo se déchaîner. Le site de Lappuden propose non seulement ce service de sauna, mais également de quoi manger à l’abri et, quand les conditions le permettent, d’excellents canoës à louer pour un grand tour de lac. De quoi faire une pause d’un ou deux jours pour celles et ceux qui choisiraient de parcourir la Höga Kustenleden en mode slow hike.
J4 : Lappuden – Ullånger – lac Mäjasjön
+ 642 m / – 580 m 18 kmNotre tente, une Hilleberg Anjan 2, a vaillamment résisté aux assauts du vent et de la pluie de la nuit. Au matin, les précipitations se calment un peu et nous en profitons pour la plier rapidement. Malgré un secouage énergique, c’est bien alourdie par l’humidité qu’elle rejoint le fond du sac à dos. Les épaules promettent de tirer un peu en fin de journée.
L’étape du matin zigzague entre prairies, petits lacs et hameaux de fermes aux façades de bois peintes de rouge, de jaune ou de blanc. Le ciel reste chargé et ce n’est qu’à midi, que le soleil fait son apparition, au bord du lac Svartsjön. Le sentier pénètre alors dans le petit massif forestier de Ringråberget. C’est un condensé de ce que la Haute Côte a à offrir comme diversité de milieux forestiers. Là où le sol est un peu épais, s’installent sapins, épicéas et érables. Dans les creux humides, saules, aulnes et trembles agitent leurs feuillages à la moindre brise. Quelques platelages nous permettent de passer les cuvettes inondées où seules les plantes des tourbières résistent, droseras en tête. Ces minuscules plantes carnivores érigent leurs cils surmontés d’une gouttelette collante vers le ciel. Qu’un malheureux insecte passe là et il servira d’apport azoté à la plante, qui ne trouve pas suffisamment de nourriture dans ces sols pauvres et acides.
Le sommet du massif est occupé par de très vieux pins sylvestres et quelques bouleaux. Eux seuls parviennent à survivre sur les dalles rocheuses, au sol très sec et maigre. Les jours précédents, nous n’avions pas eu de difficulté à nous approvisionner en eau grâce à notre filtre, un Platypus Quickdraw qui nous permet d’utiliser sans risques des eaux dormantes. Mais aujourd'hui, nous ne pouvons que nous féliciter d’avoir prévu d’en transporter suffisamment, car il n’y en a pas sur le trajet. Cela nous permet de prendre le temps d’une bonne pause sans avoir soif sous le soleil qui, désormais, brille généreusement.
Ullånger, petite ville que nous croisons après notre traversée forestière, constitue notre halte de ravitaillement à mi-parcours de la Höga Kustenleden. Plusieurs commerces sont censés nous permettre de racheter les fruits secs qui composent nos petits déjeuners et nos déjeuners, les lyophilisés pour le soir et une cartouche de 110 g de gaz. Mais la minuscule boutique outdoor a vu son stock de gaz et de RealTurmat pris d’assaut et ce n’est que par chance que nous trouvons une cartouche – malheureusement bien trop grosse – dans une boutique de bricolage. Quelques kilomètres et un raidillon d’un peu moins de 200 mètres de dénivelé nous séparent alors des berges du lac Mäjasjön où nous plantons la tente après un bain délassant.
J5 : lac Mäjasjön – Friluftsbyn
+ 252 m / – 395 m 12,5 kmAu bord du lac Mäjasjön, une association locale de sauvegarde du patrimoine a relocalisé quelques vieilles fermes et cabanes qui menaçaient d’être détruites là où elles étaient situées à l’origine. L’ensemble constitue aujourd'hui un site plein de charme, qui offre l’abri aux marcheurs pris par le mauvais temps. Pour notre part, c’est sous un soleil radieux que nous entamons notre cinquième étape de la Höga Kustenleden. Une étape dont on pourrait retenir – et regretter – les longueurs sur pistes et le long de la route E4, principal axe routier nord-sud de Suède. Mais une étape facile et vite parcourue, qui offre tout de même quelques pépites comme l’église de Gamla, un joyau du XIVe siècle, au toit de tuiles de bois, entourée de tapis d’épilobes roses en fleurs ou comme les premiers panoramas sur la face sud du Skuleberget, sommet de la région.
Halte à Friluftsbyn
Nous avons fait halte au bord du lac Gällstasjön, au pied du Skuleberget, à Friluftsbyn. Ce site, qui se décrit lui-même comme « village outdoor » offre emplacements de tente, de vans, cabanes à louer, restaurant, concerts de pop locale et d’innombrables commodités. On peut y louer un canoë pour faire le tour du lac, rejoindre à pied en trente minutes un itinéraire de via ferrata ou un centre de kayak de mer sur la Baltique. Pour nous, c’est l’occasion de reposer épaules et jambes avant deux sections réputées fatiguantes. Le randonneur de passage trouvera, finalement bien plus facilement qu’à Ullånger, quelques plats lyophilisés et cartouches de gaz pour se réapprovisionner.
J7 : Friluftsbyn – sommet du Skuleberget – baie de Kälaviken
+ 522 m / – 539 m 22 km6 heures du matin, nous nous mettons en route. L’objectif de ce lever matinal est de profiter du sommet avant qu’il ne soit assailli par la foule qui peut y accéder sans efforts grâce à un petit télésiège. Le chemin, lui, emprunte plusieurs volées d’escaliers métalliques, zigzague sur des dalles rocheuses inclinées, emprunte quelques platelages pour passer de minuscules tourbières accrochées à la pente. Nous atteignons la cime sous les croassements d’un couple de grands corbeaux. Un joli petit refuge, dont nous ne connaissions pas l’existence, nous fait regretter de ne pas avoir passé la dernière nuit ici. Rustique, tout en bois, il offre une vue exceptionnelle depuis ses grandes baies vitrées. Les croassements reprennent et semblent nous inciter à reprendre le chemin qui descend, tranquillement, sur le versant nord. La forêt, préservée par une réserve naturelle, est riche de vieux arbres, de troncs desséchés et de vieilles souches. D’innombrables petits oiseaux, mésanges boréales, roitelets huppés, bouvreuils, … animent le sous-bois. Nous avons même la chance d’observer un pic tridactyle enseignant à ses deux jeunes à chercher larves et insectes sous l’écorce des pins. Ils sont si affairés qu’ils se laissent observer au bord du sentier même. Après avoir quitté la réserve, nous poursuivons jusqu'à la baie de Kälaviken. Une grande plage et quelques petites dunes accueillent notre bivouac du soir. Un torrent coule à quelques centaines de mètres de là, parfait pour nos besoins en eau du soir et du matin.
J8 : Baie de Kälaviken – baie de Kälsviken
+ 668 m / – 665 m 22 kmNous nous réveillons au chant des grues. Ces immenses échassiers traversent la baie en vol et sonnent également notre départ, très tôt encore. Comme la veille, nous souhaitons profiter en toute quiétude d’un site réputé et donc, fréquenté. Il s’agit cette fois de Slåttdalsskrevan. C’est une entaille en plein relief, comme tranché au sabre ! Dans un paysage suédois plutôt composé de reliefs arrondis, cette crevasse fait figure de curiosité. Elle est même le symbole du Parc national que nous traverserons aujourd'hui. Mais, avant d’atteindre Slåttdalsskrevan, plus de deux heures de progression difficile nous attendent, de platelages étroits et glissants en champs de galets, de grimpées raides dans la boue en brèves descentes entre les racines d’épicéas. Le spectacle en vaut néanmoins la chandelle et cette faille taillée dans le granit dessine comme un immense passage vers la fin de notre itinéraire. L’étape du jour est assez longue et nous prenons le temps d’une longue pause fika au village de Näske. Fika, c’est la pause-café nordique, un véritable art de vivre. Un café filtre corsé, goûtu, qui se déguste accompagné de délicieuses pâtisseries comme la kardemmumabullar que nous savourons à l’ombre d’un sorbier. Notre bivouac se trouve encore à plusieurs heures de marche, sur la plage de la petite baie de Kälsviken.
J9 : Kälsviken – Örnsköldsvik
+ 415 m / – 10417m 18 kmVoici, déjà, notre dernière étape. Nous récupérons un peu d’eau au petit lac perché situé à une quinzaine de minutes du bivouac. Une multitude de minuscules crapauds et grenouilles s’affairent sur les berges et sur le sentier alentour. Pas plus gros qu’un centime d’euro, il faut faire preuve de beaucoup d’attention pour ne pas en écraser. Après un joli passage en forêt longeant la mer, le sentier se transforme peu à peu en large piste forestière. Cela manque de charme, mais nous offre d’innombrables opportunités de savourer myrtilles, framboises et fraises sauvages. Elles sont si nombreuses que nous délaissons les raisins d’ours, peu goûtus mais pourtant abondants.
La pluie est aujourd'hui de la partie et nous pousse à hâter le pas. Nous avalons les kilomètres et atteignons les faubourgs d’Örnsköldsvik. Le tracé officiel va jusqu’en centre-ville où une plaque d’information non loin du port marque la fin officielle. Mais nous ne pouvons que vous conseiller de vous épargner la fastidieuse heure et demie à longer axes routiers importants et zone industrielle. Ce serait finir sur une mauvaise note ce sentier qui nous a, par ailleurs, régalé d’innombrables et superbes panoramas, d’ambiances de taïga et de plus d’un petit hameau typiquement suédois.
En complément de ce récit, aller lire le récit de Grégory sur le Muttosbálges, un sentier de randonnée de 4 jours avec nuit en cabanes dans le parc national de Muddus en Laponie.
Carnet pratique pour l'Höga Kustenleden
Quand y aller ?
La période idéale est entre mi-juin et mi-août, que ce soit du point de vue météo comme de la durée de jour.
Comment y aller ?
En train : il est possible de rejoindre Örnsköldsvik depuis Paris, en passant par Bruxelles, Hambourg, Copenhague, Stockholm (environ 22 heures). Puis, on peut relier Örnsköldsvik soit en bus (environ 8 heures) soit en train (environ 6 heures).
En bus : il existe un réseau de bus qui permet de rejoindre Stockholm depuis Paris, en passant par Bruxelles, Brême et Copenhague (environ 2 jours). Puis, on peut rejoindre Örnsköldsvik depuis Stockholm en bus (environ 8 heures) ou en train (environ 6 heures). L’accès aux départs du sentier se fait grâce aux cars de la compagnie Y-bus. Ils desservent très efficacement les arrêts Hornöberget E4 (Sud) et Örnsköldsvik ReseCentrum, gare routière d’Örnsköldsvik toute proche du centre-ville.
En voiture : On emprunte une des routes structurantes du pays, la E4. Partis depuis Lyon avec nos kayaks sur le toit pour parcourir la Haute Côte à pied et en kayak, il nous a fallu environ 3 jours à 2 conducteurs pour parcourir les quelques 2.700 km nous séparant de Gullviks Havsbad. Le passage par la Suisse permet de limiter les frais d’autoroute.
En avion : il y a une liaison régulière entre Paris CDG et Stockholm, puis un vol interne entre Stockholm et Sundsvall-Timrå (environ 8 heures). Ensuite, un service de bus (DIN TUR) vous emmène jusqu’à Örnsköldsvik (environ 2 heures).
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Höga Kustenleden, d’où partir ?
L’Höga Kustenleden peut être parcouru dans les sens Nord-Sud ou Sud-Nord. Le départ officiel Nord se situe au centre d’Örnsköldsvik. Le départ Sud se fait à proximité du Högakustenbron, le pont emblématique de la région. C’est le sens Sud-Nord qui nous est paru le plus pratique. Non seulement en termes d’organisation des transports mais parce qu’à Örnsköldsvik, vous trouverez une offre d'hébergements disponibles dans toutes les gammes de prix, toujours agréable pour s’offrir une bonne douche chaude et un repas de fin de trek.
Pour notre part, c’est à quelques kilomètres que nous avons trouvé le camp de base idéal : Gullviks Havsbad. Gullviks Havsbad est un camping très bien équipé (sanitaires, sauna, cuisines, piscine, mini-épicerie, restaurant…), qui propose emplacements de tente et hébergements en dur. Un grand parking permet, éventuellement, d’y laisser son véhicule. Situé en bord de mer, on peut y louer des kayaks de mer et poursuivre l’aventure avec quelques jours de randonnée en étoile à la pagaie ou pour les plus aguerris, partir sur une itinérance à la pagaie dans l'archipel de la Haute Côte. Un sentier et des petites routes relient, par une variante, en trois heures à pied, Gullviks Havsbad au tracé officiel de l’Höga Kustenleden. On peut, au passage, s'offrir le superbe panorama sur la côte et l’archipel depuis l’Ögeltjärnsberget.
Avec qui partir ?
Aucune agence ne commercialise, à notre connaissance, cet itinéraire. Bien balisé, couvert par de bonnes cartes topographiques et doté de bonnes infrastructures, il est parfaitement réalisable en autonomie.
Parcours et difficultés ?
Pas de difficultés côté orientation, l’itinéraire est marqué de balises orange, peintes sur des piquets, les arbres ou sur des rochers, et de panneaux directionnels réguliers. Le site Hogakusten.com détaille précisément chaque section. Munissez-vous d’une carte ou d’une application de cartographie embarquée. Pour notre part, nous avons utilisé IGN rando dont le fond opentopo map est largement suffisant.
Les derniers kilomètres, permettant d'atteindre le centre d'Örnsköldsvik, ne présentent que peu d'intérêt. Nous ne pouvons que vous conseiller, soit d’utiliser un bus de ville dont vous trouverez un arrêt sur la route Y923, à droite après son croisement avec le sentier. L'autre alternative est d'emprunter, quelques kilomètres plus tôt et à hauteur du lac de Smårtjärnarna, la variante qui part vers l'Est et rejoint la jolie baie de Gullviks par l'Ögeltjärnsberget, pour une vue unique sur l'archipel d'Höga Kusten.
Pour les randonneurs habitués à la montagne, ce parcours ne présentera pas de difficulté physique particulière, les dénivelés quotidiens étant autour de 500m. C’est plutôt de la nature du sol que viendront les écueils. Dalles rocheuses glissantes et passages en gros galets instables rendent certaines portions, notamment celle pour atteindre Slåttdalsskrevan, particulièrement fatigantes. Dans ce contexte, le poids de votre sac à dos est votre principal ennemi, aussi veillez à partir, avec le nécessaire, mais le plus léger possible.
Où dormir ?
En vertu de l’Allemansrätten, qui se traduit littéralement par “le droit de tout un chacun (à la nature)”, le bivouac est autorisé dès lors que vous n’êtes pas proche des maisons ou dans un champ. Attention cependant, dans les réserves naturelles et dans le Skuleskogen National Park, il n’est possible de planter la tente que dans les zones prévues à cet effet. Vous trouverez différents types d’hébergement le long du sentier : abris ouverts, refuges, campings chez l’habitant, petits hôtels. Une page du site officiel du sentier est dédiée au détail des hébergements, par section, sur le parcours.
Eau et nourriture ?
Des ravitaillements en nourriture sont possibles sur le tracé, principalement à Ullånger, Docksta et Friluftsbyn. Google Maps ne les référence pas forcément et il peut être utile de consulter le carto-guide du sentier disponible en ligne et qui permet de repérer les différents services. Sur place, recherchez les enseignes ICA et COOP si vous souhaitez acheter des vivres en supérettes. L’été, des boutiques éphémères naissent, çà et là, dans des granges aménagées par les habitants. Elles ne sont référencées nulle part, et on en découvre l’existence sur des affichettes placées à l’entrée des villages. Vous pourrez y faire de délicieuses pauses fika. Lacs, ruisseaux et sources sont abondants presque sur toutes les étapes, ce qui permet d'éviter de transporter du poids inutile.
Précautions à prendre pour l’eau
Les points d’eau naturels ne présentent pas de risques de contamination virale. Mais helminthes, protozoaires et bactéries pourraient vous gâcher le voyage si vous aviez la mauvaise idée de ne pas traiter votre eau. Relisez nos conseils pour traiter l'eau en randonnée.
Quelles précautions de santé ?
Les dangers sont faibles sur ces territoires. Soyez néanmoins vigilants aux risques de meningo-encéphalite, maladie à l’issue tragique véhiculée par les tiques, et qui se diffuse en Europe (Suisse, Est de la France, …). Un vaccin existe.
Sachez également que la vipère péliade est très présente. Il n’y a pas de danger particulier, l’animal étant très craintif mais sa présence justifie d’être vigilant dans les herbes hautes et sur les rochers quand les températures sont douces et que les reptiles s’y réchauffent.
Quel équipement prévoir ?
Le traditionnel système trois couches, permettant de vous adapter aux variations météo, ainsi que des chaussures de randonnée adaptées sont indispensables. Les bâtons nous ont vraiment été utiles pour certains passages. Pensez au pantalon étanche, la pluie peut s’inviter à tout moment. On s’attend moins à devoir se protéger du soleil sous ces latitudes. On ne peut pourtant que vous conseiller de prévoir également un chapeau, des lunettes de soleil et de la crème solaire.
Avec un chien ?
Vous pouvez randonner avec votre chien sans problème. La condition sera de le tenir en laisse tout du long, pour des raisons de protection de la faune et sa sécurité du fait de la présence de vipères. Notez, en plus, que les suédois voient d'un très mauvais œil les chiens non attachés.
Comment voyager responsable ?
Déplacements
Se rendre sur place en train plutôt qu’en bus ou pire, en avion, est une évidence. Selon l'ADEME, les émissions de CO²e de l'aérien seraient ici vingt fois supérieures à celles du train.
Faune-flore
Restez, sur les sentiers comme au bivouac, le plus discret et silencieux possible. C’est non seulement une question de respect pour les autres marcheurs et la faune mais aussi la condition nécessaire pour avoir une chance d’observer les nombreuses espèces d'oiseaux, parmi lesquelles le pygargue. Ce grand aigle, le plus grand d’Europe est régulièrement visible depuis le sentier. Plus rares, mais néanmoins bien présents, lynx et ours fréquentent les forêts de la région. Veillez à bien utiliser les sentiers, et en particulier les platelages qui garantissent de ne pas piétiner la végétation et tasser les sols des zones humides, très fragiles.
Déchets / pollutions
Inutile, évidemment de rappeler qu’il est important de remporter tous ses déchets, y compris les restes de repas. La présence de ceux-ci modifie en effet les comportements de la faune et peut véhiculer des maladies. N’hésitez pas également à ramasser les éventuels déchets que vous rencontrez. Vous trouverez régulièrement des poubelles sur les endroits aménagés pour pouvoir les déposer.
A chaque fois que c’est possible, utilisez les toilettes sèches mises à disposition le long du parcours. Elles permettent d’éviter la contamination bactérienne des eaux alentour. Si vous n’avez pas le choix, faites un trou pour enterrer vos matières fécales et emportez votre papier toilette ou brûlez-le dans un foyer de feu.
Pour vous laver, utilisez un savon certifié bio. Prenez de l'eau dans un récipient, gourde, popote, etc et éloignez-vous du bord de l’eau afin que le savon ne coule pas directement dans la mer (ou le lac). Même bio, le savon est toxique pour les écosystèmes aquatiques.
Utiliser un anti-moustique efficace, mais le moins toxique c’est possible. Il n’y a aucun risque sanitaire ici et donc nul besoin d’utiliser les solutions à base de DEET, très toxiques. Nous avons testé – et approuvé, lors de notre Höga Kustenleden, le roll-on Puressentiel Anti-Pique Bio.
La pollution par dispersion des composants nocifs des crèmes solaires fait l'objet d'une préoccupation croissante, non seulement pour l'environnement mais également pour la santé humaine. Il n'existe pas, quoiqu'en disent les marques, de crème solaire idéale ou “protégeant les océans” ! Quelques conseils permettent de se protéger du soleil en réduisant son impact environnemental : Privilégiez la protection passive (t-shirt manches longues, chapeau, etc.) et ne traitez, avec de la crème solaire, que les zones restant exposées (mains, cou, visage). Privilégiez les produits certifiés bio, à indice de protection élevés et ne nécessitant pas d'application trop régulière et surtout ne vous baignez pas immédiatement après l’application. Pour en savoir plus sur la composition des crème solaires.
La mer baltique et les lacs que vous croiserez sont des écosystèmes quasi fermés. Les contaminants s’y diluent moins et cela affecte d’autant plus la faune et la flore.
Que faire d’autre dans la région ?
Visiter le Naturum Höga Kusten si vous voulez en apprendre davantage sur la nature et la géologie unique du site.
Découvrir, en canoë, le lac Vågsfärden
Découvrir, en kayak de mer, le sentier maritime qui parcourt le littoral et l'archipel d'Höga Kusten.
En savoir plus ?
Guide et cartographie officiels de l'itinéraire (en anglais)
L’éditeur suédois Calazo publie, en anglais toujours, le guide de Steven Ekholm « The High Coast | Best hiking in Sweden ». Il regorge de précieuses informations pour préparer votre voyage.
Vous trouverez, toujours chez Calazo, une carte topographique au 1:50000, la Höga Kusten Världsarvsleden, rassemblant les itinéraires pédestres, dont l’Höga Kustenleden, ainsi que ceux en canoë et kayak de mer.
Une application officielle Höga Kusten est également disponible sur Google Play et Apple Store.
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Merci pour ce beau reportage
Vous êtes vous faits vacciner ?
Avez vous eu beaucoup de tiques à retirer ?
J’imagine que le short est à proscrire ?
Les forestiers mettent du double face aux chevilles, les tiques y restent collés
Merci pour ce commentaire !
Oui, nous étions bien vaccinés tous les deux. Nous fréquentons beaucoup les massifs jurassiens et alpins qui sont, tout autant que la Suède, concernés par ce problème. Nous n’avons d’ailleurs pas de souvenirs d’avoir dû enlever plus de tique que sur une randonnée classique en France.
Nous vous déconseillons effectivement le short, la protection passive, c’est à dire chapeau, manches longues, pantalon (bas de pantalon dans les chaussettes) offrent une bonne protection et évite de trop utiliser des répulsifs dont les effets sur la santé ne sont sans doute pas neutres.
Bon trek !